ART. VIII. — MARA LE TENTATEUR ET SES LÉGIONS
Une dernière fois, Shreshti voulut persuader à Mara, son père, de renoncer à sa téméraire entreprise: «Je supplie le roi mon père de ne pas s'attirer l'inimitié de ce fils des Çakyas. Vos innombrables légions et tout leur formidable armement ne pourront gagner les faveurs de la victoire ; que pensez-vous faire seul, en face de Siddhartha assis au pied de son arbre, calme, imperturbable, entouré d'une légion de devas, qui, les mains jointes lui présentent leurs devoirs? 11 serait plus aisé de peindre un tableau dans le vide, de renverser le mont Suméru avec le doigt, de traverser la mer à la nage, d'un rivage à l'autre, d'enchaîner les vents, de faire tomber sur terre tous les astres du firmament, que d'enrayer le projet de ce prédestiné.»
Mara, le Méchant, irrité par les justes conseils de son fils, lui répondit avec dédain:
Retire-toi; tu n'es plus mon fils, mais mon ennemi.
Ne reparais plus jamais en ma présence;
Puisque ton cœur te porte vers cet ermite.
Va rejoindre le fils des Çakyas <1).
ARTICLE IX