‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 122 sur 176 · I.e jiigomeiil. SeiiU'iice et exécution · texte numérisé non relu

I.e jiigomeiil. SeiiU'iice et exécution

Le dialogue terminé. P'an-koan cria : '■Rasseml)lez-vous tous, criminels, pour entendre votre jugement". Le roi des enfers prononça d'abord son verdict général i)()ur la métempsycose: sur mille morts, 752 furent condamnés à rentrer dans le cycle des migrations. Il leur fît remettre un certificat, et les expédia au souverain du mont sacré de l'Est, chargé de leur distribuer de nouvelles existences et de les faire renaître dans le monde des vivants.

Paradis.

Restaient les sujets destinés au ciel, et ceux voués aux tourments de l'enfer. Yen-wang commença par déclarer aux premiers la bienheureuse sentence. Ils étaient au nombre de trois seulement : c'étaient précisément les trois personnes cpie Lin Se-k'i a\ait trouvées dans le parloir de l'Ouest: une femme et deux hommes.

La femme se nommait Lieou {^l: elle s'était coupé un morceau de chair au bras pour en préparer un remède à sa bellemère et lui sau\er la vie ; elle avait fait d'abondantes aumônes aux bonzes, contril:)ué à la réparation des ])onts et des routes ; rien absolument de répréhensible dans toutes ses actions, pensées et paroles; de plus, elle avait recité les prières appelées P'ou-menp'in-k'ing ■|^- ^^ ^ f«^, et observait depuis plus de cin(|uantc ans les al^stinences en l'honneur de Koan-in (1).

Le second juste était un homme du peuple nommé Yang Cheng -J^^ ^. vertueux, plein de piété filiale et de déférence à regard de ses frères aînés, aimable et conciliant, d'une justice

(1) Cf. Vie de Koan-in fi 7^-, II Partie.

Il est bon de faire remarquer cjuc les femmes sont admises dans le Ciel occidental: nous en avons Ici la preuve; mais après la renaissance d'un lotus, il n'y a plus distinction de sexe ni de parenté.

236 CHAP. IV, — l'amidisme contemporain, la morale.

irréprochable aussi bien dans les petites choses que dans les grandes, toujours prêt à secourir son prochain ; des dizaines de familles et des centaines de personnes avaient profité de ses aumônes. Cet homme s'était acquis des mérites extraordinaires.

Le troisième était un vertueux lettré, nommé Tchang Koang-yao ^ ^ M' P^^^vre, mais toujours résigné et homme de devoir, auteur de plusieurs centaines de livres (kiuen ^), traitant des vertus de justice, de loyauté, de sincérité, et contenant une doctrine fort utile pour l'amélioration des relations sociales. Bien que cet homme de lettres n'eût point gardé l'abstinence bouddhique ni récité de prières, cependant chacune de ses pensées, chacune de ses paroles avait eu tout le mérite des abstinences et des prières. Toutes ses afifections et toutes ses actions avaient été d'une pureté sans tache (1).

La sentence fut: "Ces trois justes renaîtront des plus nobles fleurs de lotus dans le Paradis d'Amida".

Aussitôt après le prononcé de cette sentence, Yen-wang expédia une invitation à Kin-tong ^ m et Vu-niu, pour les prier de venir avec des drapeaux et des parasols d'honneur, conduire ces trois élus dans le Paradis d'Occident. Il commanda aussi à ses officiers de faire préparer les tambours, les choeurs de musiciens, les bouquets de fleurs parfumées, les grues et autres oiseaux transcendants, qui devaient faire partie du cortège triomphal.

Enfer.

Tous les méchants destinés à l'enfer furent ensuite traduits tour à tour devant le tribunal du juge pour y entendre leur jugement et la sentence finale. Deux noms figuraient sur la première accusation :

1" Le premier qui comparut fut un nommé Yu {j^, de Canton, docteur ès-lettres. d'abord sous-préfet de Sieou-choei-hien

(1) Ce verdict est, comme on le voit, une flatterie A l'adresse des lettrés, dans le l)Ut de se concilier leurs iDonnes grâces.

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