‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 123 sur 176 · ART. IV. — LE JUGEMENT. SENTENCE ET EXÉCUTION. 2M · texte numérisé non relu

ART. IV. — LE JUGEMENT. SENTENCE ET EXÉCUTION. 2M

^ 7}\M- SOUS la dynastie des Ta Ts'ing ^^ J^, et qui avait exercé tour à tour les hautes charges de Président des Ministères de la Justice, des Travaux publics, des Finances et des Rites; il était mort 5 mois après son élévation à cette dernière dignité. — En examinant toutes les actions de sa vie. on trouve que cet accusé. depuis son admission au I^accalauréat jusqu'à son doctorat, n'a tait aucune bonne œuvre. Devenu président du Ministère de la Justice il a fait exécuter 13 personnes. Pendant sa présidence au Ministère des Travaux publics, il n'a été préoccupé que du désir de s'enrichir: il a empoché des sommes considérables lors de son passage au ^Ministère des Finances, et a redoublé d'audace après être parNenu à la dignité de Président du Ministère des Rites, vendant les charges au plus offrant, au grand désespoir de tous les mandarins. Ce coupable tombera dans la neuvième section infernale, (1) et ne devra plus jamais reprendre une nouvelle vie.

L'accusé se leva, fit une révérence au roi et lui dit: "]\Ioi, votre mandarin coupable, j'ai occupé dans le monde une haute position: vous daignerez, j'espère me donner un peu la face.'' — Le roi riposta avec colère: "Chien d'esclave, dans le monde on a eu égard à ta haute dignité, mais moi, dans ce monde des morts, je n'estime que la vertu, et je fais fi des dignités: je traite avec honneur les gens de grande vertu, fussent-ils des mendiants, et toi, tu viens encore te prévaloir de tes titres ])our entrer en discussion avec moi ?

Satellites, prenez vos marteaux de fer. et frappez sans ménagement sur les chevilles de ce vil esclave." — L'accusé reprit: "Moi. votre mandarin coupable, j'ai récité des prières et observé des abstinences en l'honneur de Tchoen-t'i i|| ^."

Yen-wang répondit: "Tu n'as récité ces prières cpie dans le but d'obtenir des dignités; sais-tu bien la signification de ces deux caractères: Tchoen-fi i|i j^?

(1) Cet enfer se nomme souvent Ngo-pi ti-yu psj M- Hl ^» ^t se trouve clans la fle section, sous la garde de P'ing-tens wang ^p f^^ ZE- Cf. Yu-li-tchao-tchoan 3g M é^ #, P- 20.

238 CHAP. IV. — l'amidisme contemporain, le morale.

Tout homme qui le prie pour ùl)tenir le bonheur et les riehesses, des titres, des descendants ou une longue vie, doit nécessairement éviter le mal et s'adonner à la pratique des bonnes œuvres, et réciter chaque jour le Kan-ing-pien j^ f^ ^, avec régularité et avec attention. En observant ainsi les abstinences en l'honneur de Tchoen-t'i, et en lui adressant des prières, jOn touchera nécessairement le cœur de Yu-ti 3£ ^. Mais toi. dont la vie n'a été qu'une suite de mau\■ai^es actions, tu oses te réclamer du nom de Tchoen-t'i ip ^ pour obtenir des faveurs! C'est prendre l'accessoire pour le principal : comment obtiendraistu miséricorde? De plus tu as souvent oublié d'observer ces abstinences le jt)ur même où elles étaient de rigueur ; d'autres fois tu les as renvoyées à un autre jour, ou tu as cru pouvoir }' suppléer un autre jour. Tout cela ce sont des erreurs; les abstinences ne peuvent être ni suppléées, ni renvoyées ; on doit les observer le jour où elles tombent, autrement on n'obtient rien, et même on ajoute encore à sa culpabilité. Inutile d'en dire da^'antage. \'ite, (ju'on le jette dans la neuvième secticm infernale."

2° Le deuxième incriminé est un homme de Han-yang (Hou-pé) : il se nomme Ts'in ^; bachelier, puis docteur, il est parvenu à la charge de préfet de T"ai-}uen-fou (Chan-si). où il est mort après trois ans. — "Ce bandit s'est joué des lois de l'Etat aussi bien c|ue de la vie des hommes: pendant ses trois années d'administration, i! a trouvé mo}en de réaliser une fortune de plus de cent mille taëls et n'a ])as même eu l'arrière-pensée de se rendre utile à son pa}S. Il a été promu aux grades uni\ ersitaires i)cndant sa dernière existence, parce que. dans une vie précédente, il a\ait été bonze, et s'était acquis de grands mérites, en faisant tailler dans la montagne un sentier de plusieurs milliers de pieds. Oui aurait ])U ])ré\-oir (|u"il en viendrait à ce point? Il n'a payé que par l'ingratitude toutes les !)ontés de Yu-ti ï ^.

— îlélas! <lit le défunt ainsi accusé, votre mandarin

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