CHAP. IV. — L AMIDISME CONTEMPORAIN. LE MORALE
ARTICLE V
I>iverses seiitenees.
(Nous en do7inons deux sur liuit.)
1" Tchcng [5|î. de Kin-choei-hien ^ 7}; |^,, (1) l^rigand. ^'en-\vang". après lecture de raccusation, lui dit : "Tu as eu la chance de renaître sous la forme humaine ; comment as-tu osé faire le métier de brigand?" L'accusé répondit: ''Moi, votre petit serviteur, je n'avais ni pain ni habits au temps de ma jeunesse; dans ma famille jeunes et vieux se lamentaient et souffraient de la faim; les années de stérilité, les vivres étaient fort chers, puis les satellites venaient exiger le trilmt; il ne me restait d'autre ressource que de me faire brigand. D'ailleurs, même dans la bonne société, (.jui n'est pas un peu brigand ou voleur?"
Le roi des enfers dit à P'an-koan : "Cet homme, tout brigand ciu'il est, raisonne parfaitement juste. \'oyez donc sur vos registres le motif de sa condamnation. P'an-koan ouvrit son livre et lut: "Le nommé Tcheng, de Kin-choei, a pillé les marchandises d'un voyageur dans la passe de ^lei-ling -)^ ^. Il fut saisi et traduit devant le mandarin; alors il demanda un pinceau et écrivit le cjuatrain suivant:
"Ne m'éprouve ni par les coups, ni par les tourments. Pour voler, bien plus magiques sont tes expédients: D'un signe du doigt, tu prends le foie et le cerveau des gens; Ton ventre est rempli de poignards sanglants." Le sous-préfet était un homme de r)u-hicn ^ %, du Sou-tcheou-fou, et se nommait Siu f^. Après avoir lu ces bouts rimes, il dit: "De fait, nous sommes tous des brigands ; comment pourrions-nous condamner un brigand? Vous, scribes ou satellites, quand vous parcourez le pays en mon nom, vous êtes de vrais pillards. Xous ferions
(1) Sous-préfecture de Hoang--tcheou-fou au Iloupé.