‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 126 sur 176 · ART. V. — DIVERSES SENTENCES · texte numérisé non relu

ART. V. — DIVERSES SENTENCES

mieux de nous mettre à pratiquer sérieusement la vertu. ])()ur éviter l'enfer." Tout son entourai>"e reprit: "C'est pour subvenir aux besoins de notre famille, que nous avons peu à peu contracté ces habitudes de rapine; il est bien à craindre que nous ne puissions plus nous en défaire: elles sont devenues chez nous comme une seconde nature." Le sous-préfet reprit: ''Qu'\- a-t-il de si dif^cile? Il sufîit d'avoir un peu plus de courage que le comnuni des hommes: par exemple, d'être courageux comme ces brigands fpii \-ont de l'avant avec l)ravoure. enfoncent les portes et s'emparent de toutes les richesses d'autrui. sans même trouver de résistance: l'audace est toute la raison de leur succès. Croyezvous qu'avec le même courage nous n'arriverions pas à de\enir vertueux?" Une dizaine d'employés du trilmnal. touchés de cette exhortation si juste, prirent l'habit des bonzes."

Le roi des enfers, après avoir écouté ce récit, dit à P'ankoan : "Cette bonne action mérite c|u'on lui pardonne ; en déiinitive il n'a tué personne, il a seulement enlevé des marchandises: il faut donc lui faire grâce. Les voluptueux, nourris au sein du luxe et de l'abondance, ne méritent aucun pttrdon cpiand ils se laissent aller au gré de leurs passions, mais les brigands, éprouvés par le froid et la misère, sont plus dignes de pardon. J'accorde donc au brigand Tcheng |îj|j la faveur de rentrer dans la métempsycose. Qu'on lui donne un certificat et qu'on le remette à la juridiction du souverain de T'ai-chan ; il renaîtra comme bonze vovageur : s'il supporte bien les fatigues de sa nouvelle vie, et s'il pratique la vertu, il pourra remonter dans l'échelle de la perfection.

2^" Un pécheur de profession nommé Wang -J£. "Cet homme n'a pas écouté les bonnes exhortations de son père; il s'est fait pêcheur et a pris un nond)re prodigieux de poissons, de crabes et de tortues, il ne s'est pas privé non plus d'invectiver son père. Cependant, il s'est coupé un morceau de chair au bras, pour procurer la guérison de sa mère. Le dieu du foyer, Tsao kiun ft :ë", a fait connaître cette bonne action à Yu-ti 31 î^.

242 CHAP. IV. — l'amidisme contemporain, la morale.

"Cet homme, dit le roi à son huissier, ne s'est pas conformé aux intentions de Yu-ti ; quel mal lui ont fait tous ces poissons?

Tout au moins aurait-il dû se borner à en prendre quelques-uns, s'il 3- avait une vraie nécessité. C'est pourquoi les anciens péchaient seulement à l'hameçon, et n'employaient pas les filets, afin de ne pas trop nuire à l'espèce. Si tout le monde t'imitait, il ne resterait plus de poissons, la race en serait éteinte, et dix mille existences ne te suf^raient pas pour rendre vie pour vie. De plus tu as injurié ton père: c'est un crime qui crie vengeance; vite, conduisez cet homme en enfer." P'an-koan intercéda en disant: '"Prenez en considération sa piété filiale en\ers sa mère : il s'est coupé un mc^rceau de chair pour la sauver." Le roi répliqua: "Sa piété filiale envers sa mère efface ses fautes à l'égard de son père. Mais quelle compensation donnera-t-il pour les vies ravies à tant de poissons? Qu'il soit réincarné dans la personne d'un homme violent, qui tombera sous le sabre du l)Ourreau. vers l'âge de vingt ans. Qu'on exécute mes ordres."

ARTICLE VL

Soiileiices prononcées coiilre des fenimes, des bonzes, un enfant et Iroi.s bouelici'S.

P "Tsien Ming-niang ^ ^j( ^^, de Kia-yu bien ^ ;fe j|| : caractère emporté, et sans égards pour son beau-père et sa belle-mère."'

Yen-wang lui dit: "Le mancpie de piété liliale à l'endroit des beaux-parents est une faute (|ui mérite les peines de l'enfer Ngo-])i jifij .^L (9® section) ; inutile de poursuivre l'examen de sa cause." (1). L'inculpée reprit: "Je suis innocente du crime

(1) Le roi de.s enfers juge sommairement les femmes, réputées êtres inférieurs. Il y a même souvent injustice évidente.

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