CHAP. IV. — L'AMIDISME CONTEMPORAIN. LA MORALE
Yen-wang f^ '^, j'ordonne qu'on le jette dans la ville embrasée, et qu'il soit exclu de la métempsycose à tout jamais.''
7° Arrivèrent trois Ixnichers : un tueur de bœufs nommé Tcheou )/i). un tueur de chiens nommé Chen yJi, un tueur de porcs nommé Yang if^.
Le roi des enfers fulmina que tous trois seraient précipités sur les pointes aiguës des rochers de l'enfer.
Le tueur de porcs répliqua en sanglotant: "]\Ioi. votre humble serviteur, j'ai gardé pendant trois ans l'abstinence dite du "Lac sanglant'' (1). D'ailleurs, y a-t-il comparaison entre tuer les porcs et tuer les bœufs ou les chiens? — En faveur de quelle personne as-tu observé ral:)Stinence du "Lac sanglant" ? — C'est pour ma mère. — Bien, tu sais te montrer reconnaissant envers ta mère; mais pourquoi as-tu tué les porcs? — Permettezmoi, je vous prie, de vous en faire connaître toutes les raisons. D'abord ce fut mon père c|ui me commanda d'apprendre ce métier. "On ne nourrit les porcs (|ue pour les manger, répétait-il; ces animaux n'ont pas d'autre utilité." Puis les tueurs de porcs sont fort nombreux et qui ne mange pas de la viande de porc ? Je vous en supplie, pardonnez-moi."' — Yen-wang poursuivit: "Tout en observant tes abstinences, récitais-tu les prières du "Lac sanglant"? (2) — Oui. je les récitais. — Ces prières du "Lac sanglant", c'est par lialMtude qu'on est arrivé peu à peu à les réciter. Si tu avais récité le "Kin-kang-king ^ p|J ^'\ tu n'aurais pas seulement sauvé ta mère, mais encore une multitude d'antres âmes de défunts jusriu'à la troisième génération. Ta piété filiale et les prières (|ue tu as récitées efïacent tes péchés: je te permets de rentrer dans le cycle des transmigrations. Voici un certificat (|ue tu remettras au Souverain du pic sacré de l'Est, qui te fera renaître sous la forme d'un homme de peine.
(1) Cf. le Partie, Tom. I, No 1, p. 83.
(2) Hiué-p'en king jfit ^ i^- Prières du "baquet sanglant".