ART. VII. — DERNIERS JUGEMENTS
moins coupables: l'un renaîtra a\eug"le et paralyti([ue, l'autre aveugle. Conduisez ces cinq morts au souverain de T'ai-chan. pour qu'il pourvoie à leur réincarnation."
8° "Le bachelier ]\Ia j^, maître d'école, n'a aucun soin de faire recueillir les morceaux de ])apier que ses élèves foulent aux pieds; lui-même ne s'en fait pas scrupule; depuis 22 ans il méprise ainsi les caractères écrits."
Yen-wang" dit: "Parmi ces caractères, il }■ a les noms du ciel, de la terre, des esprits, des saints, des sages, des ancêtres; il y a aussi Texposé de la doctrine des trois religions. C'est grâce aux caractères que la \raie doctrine a pu se répandre dans le monde. Mépriser les caractères, c'est donc mépriser le ciel, la terre, les esprits, les saints, les sage>, les ancêtres et les trois religions. Toi, tout particulièrement, dit-il au maître d'école, tu devrais les avoir en grande estime: ils font toute ta gloire et sont ton gagne-pain. Or voilà 22 ans que, par ta négligence et par tes mauvais exemples, tu accoutumes tes élèves à salir, à fouler aux pieds le papier cou\ ert de caractères ; tu portes la responsabilité de toutes ces fautes. Je te condamne à l'enfer Ngo-pi, (9*^ section), sans espoir de jamais rentrer dans la métempsycose (1)."
Les assises terminées. Yen-vang fit reconduire Lin Se-k'i ^ M M sur terre, après lui avoir recommandé de raconter aux hommes tout ce qu'il venait de voir et d'entendre. Pour se conformer aux ordres du roi des enfers. Lin écrivit le présent ouvrage, et rintit'-da : In-kouo-che-lou H ^ ^ ^•
(1) Concession faite au Confucêlsme, et au respect pharisaïque des lettrés pour les caractères écrits.
254 CHAP. IV. — l'amidisme contemporain, la morale.
ARTICLE VIII
Conclusions sui* la théorie de la rétribiilion dans l'Ainidisme conleniporaiii.
L'.Vmiclisme explique le grand problème de la Providence dans la ^•ie présente par l'hypothèse des vies antérieures. Tout mal, dit-il, est puni d'une manière adéquate; tout bien reçoit sa récompense pleine et entière. Pourquoi le méchant est-il heureux dans la vie présente? Parce que dans une vie précédente il a acquis des mérites, ou bien parce (jue l'heure de la punition n'a pas sonné, ou enfin parce qu'il ne doit être puni que dans une existence future. Quelquefois même ses descendants porteront la peine de ses fautes.
Pourquoi les bon sont-iis souvent malheureux pendant la vie présente? Parce que dans une existence antécédente ils ont commis des fautes qu'ils expient maintenant, ou bien parce que l'heure de la récompense n'est point encore venue; parfois même ils ne l'obtiendront (|ue dans une vie subséquente, ou bien leurs descendants recueilleront les fruits de leurs mérites.
Pourquoi les enfants privés de l'usage de la raison sont-ils heureux ou malheureux? Les malheurs qu'ils éprouvent sont une punition des fautes (|u"ils ont commises dans une vie antérieure, les joies (|u'ils goûtent sont la récompense des vertus qu'ils ont pratiquées dans leurs précédentes existences. Les vices et les vertus de leurs ancêtres influent également sur la somme de leurs maux et de leurs biens dans la vie présente.
L'Amidisme contemporain plaide avec habileté tous les bénéfices d'une fausse hypothèse. Il suppose, sans la prouver^ une suite de vies antérieures, dont les bonnes ou mauvaises actions portent leurs fruits dans la \ic actuelle. D'après cette doctrine, le monde se trouve changé en un immense bagne, où