ART. X. — LA VALEUR DU BOUDDHISME
mettait le ■'Xirwina". c'est-à-dire l'annihilation pratique, une sorte d'inconsciente réalité, intermédiaire entre l'être et le néant.
Le Bouddhisme moderne, ou l'Amidisme, remplace, en partie du moins, la trop longue série des transmigrations par l'obtention plus abordable du Paradis de l'Ouest, moyennant l'invocation du Bouddha Amitabha (Xgo-mi-touo-fou), le dieu de cet Elysée, séjour de toutes les félicités.
Amitabha est un Bouddha m}'thique. souverain d'un paradis mythique: le néant promettant le néant...
Note 1. Si nous examinons le Bouddhisme ïantrigwe, mi Bouddhisme, mi-paganisme, son panthéon, ses rites, en ne peut rien concevoir de plus horrible. Dieux monstrueux et obscènes, déités féminines nues, échevelécs et dansantes; on ne trouve qu'un mot pour caractériser tant d'horreurs: ce sont autant de diables et de diablesses; Is ciel et la terre se détournent pour ne les pas voir.
Cf. La Vallée-Poussin. Bouddhisme, p. 378 389. Note 2. Vices des Bonzes.
10 La fainéantise: "la paresse en boîte." Vn bonze est moins utile que le ver à soie dans son cocon, dit le proverbe.
2° Les bonzes viennent surtout des bas-fonds de la société; très peu de gens honorables prennent leur habit. - Ce sont quelquefois des lettrés refusés aux examens, des mandarins dégradés, des officiers découragés après une bataille perdue...
3° Peu de formation littéraire. Même ceux qui étudient pendant leur noviciat ont une orientation vers les livris de littérature bouddhique, de source indienne, et étant donné le nombre des caractères chinois, les livres classiques restent fermés pour eux.
40 Leur occupation est purement machinale, sans idéal, sans désir d'arriver à se rendre utiles à leurs semblables.
50 Ils reçoivent toujour.<^, demandent toujours, et acceptent tout pour la pagode, et même pour les particuliers (contre leur règle bouddhique); ils ne donnent jamais rien.
6° Ils fument souvent l'opium, et se livrent au jeu dans leurs pagodes, pour passer le temps.
70 Ils vagabondent de pagode en pagode: ils ont droit d'être admis en présentant le "Kiai tan" (certificat d'ordination).
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8° Leur.s mœurs sont peu édifiantes, souvent même ouvertement scandaleuses, et ont forcé les autorités civiles à brûler leurs pagodes, à Fou tcheou, à Soutcheou en ]S40, etc.
II. — Emprise du Bouddhisme sur la Chine. On ne conçoit pas une Chine sans bonzes et sans pagodes : ce ne serait plus la Chine. A tout carrefour, aux abords des villages, le lons' des canaux, sur le l:)ord des rivières, sur les ccjjlinei et les montagnes, partout, des pagodes ou des pagodins, des statuettes, des grottes, des inscriptions bouddhiques. Les tours bouddhiques sont devenues des "palladium."
Dans toutes les difficultés de la vie, on va à la pagode, brûler de l'encens, faire le pou-koa, le tcheou tsien, prier telle ou telle divinité, acheter telle supplique ou tel talisman.
Les pèlerinages bouddhiques sont communs en Chine; de même les abstinences, cà l'occasion d'une fête, d^une calamité.
Les maladies des enfants, les malheurs de famille, sont attribués aux diables perturbateurs; on in\ite des bonzes dans les maisons pour prier, surtout à l'occasion des funérailles.
La littérature, la peinture, l'architecture, l'art décoratif, tout est bouddhiste ou imprégné de Bouddhisme. Grottes, tableaux de Ou-tao-tse, de Koan-hieou, etc..
III. Le l'ouddhisme jugé pur les lettrés cliinois modernes. "Voyez nos concitovens bouddhistes, vraiment croyants. Il n'y a pas dans l'Etat de meilleures gens, ni de citoyens plus foncièrement ineptes. Ils passent leur vie à savourer leur paix intime. Peu leur importe, à eux, nos angoisses éct)nt)miques, la pourriture de notre administration, les violences de nos chefs militaires, la misère de notre peuple. Le IJouddha n'a-t-il pas enseigné qu'il ne faut pas lutter contre les éléments; (|u"il faut souffrir patiemment les inondations, les sécheresses, toutes les calamités? Est-ce que ces principes-là sont faits pour améliorer notre situation?" (Le Bouddhisme narcotise et i)aralyse !) (1).
(1) Cf. Revue de l'Education. Xo d'Avril 1922. — "vVieger: llcmous et Ecume.