‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 139 sur 176 · ART. 1. — POPULARISATION PAR LE CALENDRIER, ETC · texte numérisé non relu

ART. 1. — POPULARISATION PAR LE CALENDRIER, ETC

sont toujours sûrs de trouver le débit. Depuis une dizaine d'années surtout, les grandes maisons de commerce, les sociétés d'assurance, les grands industriels répandent aussi dans le public leurs superbes calendriers-réclames qui, comme leurs confirères plus modestes, représentent la plupart du temps un sujet tiré d'une des trois religions chinoises. Ces calendriers sont imprimés sur une seule feuille; au bas, douze petites colonnes indiquent les mois lunaires de l'année; tout le reste de la feuille est consacré au tableau cjue l'artiste a voulu représenter.

Voici les sujets Ijouddhiques le plus souvent peints sur ces images-calendriers.

Les trois principes bouddhiques; la déesse Koan-in délivrant les damnés de l'enfer; Houodio ^ ^ ; le palais de Long-wang f| 5E> le dieu-dragon des eaux, et tous ses officiers, représentés avec des têtes de poissons, de crabes, de grenouilles» etc.. ; le gros ventru Maitreya, ou le dieu bouddhi(|ue de la richesse, Tsiu-pao-pen ^ ^ ^, ([ui lui ressemble à première vue, mais qui a pt)Ur caractéristique sa cassette aux trésors, tandis que Maitreya tient ordinairement son chapelet à la main, ou sa poche sous le bras.

Ce sont surtout les sujets d'origine taoïste qui fournissent les motifs peints sur les calendriers.

Les plus communs sont: les "pa-sien A fllj." Huit Immortels; — Tchang-Tao-ling ^ ^. ^ ; — Tong-wang-kong j|i 3E ^ et Si-\vang-mou "gj ^ -{^, le dîeu et la déesse des Immortels; — Lieou-hai-sien :§lj ^^ f[|j a\'ec son crapaud à trois pattes; — les cinq dieux des 5 monts sacrés; — les dieux du bonheur; — Tchang sien ^M f[lji le pourvoyeur d'enfants; — Eul-Lang Zi t^S et le chien céleste ; — Fou-lou-cheou san-sing f§ ;|^ ^ H M ^'" les trois esprits du lx)nheur. des dignités et de la longévité; — Wen-tchang ^ ^. le dieu des lettrés; — Koan-kong gg ^, le dieu de la guerre; — Tsao-kiun '{^ ^, le dieu du fo\er ; — Koei-sing i*|^ ^, divinité stellaire, honorée maintenant i)ar les païens des trois religions.

B. Le Temps, le grand quotidien de Chang-hai, ouvre volontiers ses colonnes aux réclames bouddhiques. Par exemple, en l'année 1913, pendant près de deux mois, ses nombreux lecteurs ont pu remarquer le fac-similé d'une chromolithographie représentant une triade amidiste, exécutée l'an 1'''" de la République, à la X® lune, dans une grande imprimerie de Chang-hai. Les conditions de vente, l'exposé de cette religion, sa nécessité et tous ses avantages sont énumérés dans la longue légende qui accompagne la figure. Les trois Bouddhas de la triade sont Ngomi-touo-fou PpJ M l^'Ê f* (Amida), Koan-in ^ ^, Ta Che-tche

Résumé de la légende : "Amida est le Bouddha du Paradis de délices de l'Ouest, Çakyamouni nous en a donné l'assurance ; pour renaître dans cet Eden, il suffit d'invoquer avec ferveur le nom d'Amida. Cette religion est le dernier mot de l'évolution ; elle a supplanté toutes les écoles diverses, elle nous donne un moyen facile d'échapper aux misères de la vie présente, à la maladie et à la mort, en nous arrachant à la roue fatale de la métempsycose et en nous faisant renaître d'un lotus pour jouir de l'éternel bonheur dans le Ciel occidental.

Pourquoi faut-il que tant de dévotes, assidues à réciter des prières, ignorent encore cette voie si courte et si assurée du bonheur sans nuage ! Une montagne de pierres précieuses s'élève devant elles, et elles rejettent ces pierreries d'un prix inestimable pour ramasser péniblement de vils morceaux de tuiles!"

Le même journal donnait le 18 Décembre un échantillon de la rondelle connue sous le nom de: Wang-cheng-chen-tcheou ^ ^ ifl^ 3t' qu'une presse de Chang-hai a imprimée sur papier jaune. Cette figure contient les caractères indiens et les caractères chinois imprimés lisiblement. Le journal faisait remarquer cet avantage et exaltait le bon marché : 10.000 feuilles pour 1 dollar. Suivait la liste de tous les fruits de cette prière récitée en l'honneur d'Amida. Elle fait gagner d'abondants mérites, brise les liens i\m attachent l'âme à la métempsycose et procure la faveur de renaître dans l'Elysée de l'Ouest.

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