‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 145 sur 176 · V. Pose de la première pierre · texte numérisé non relu

V. Pose de la première pierre

Les païens chinois ont, pour les édifices de quelque importance, une cérémonie qui correspond à la pose de la première pierre. Ils font tailler une pierre de moyenne grandeur, sur laquelle ou grave l'inscription '-T-ai-chan-che kan-tang" ^ \U ^ ^ ^. Une double signification est attachée à cette pierre. C'est d'abord une pierre d'assise, avec le souhait: "Oue ce monument repose sur le roi de T'ai-chan"; c'est-cà-dire : qu'il demeure stable, que rien ne puisse l'ébranler ni le détériorer. Ensuite cette pierre a une vertu défensive, préservatrice, contre toutes les influences néfastes, et les vexations des malins esprits.

B. Les arcs de triomphe, ou portiques d'honneur.

Les portiques d'honneur élevés à la mémoire des femmes cpii ont gardé la viduité après la mort de leur premier mari, et en l'honneur des hommes qui se sont distingués par leur piété filiale, sont, avec les pagodes, à peu près les seuls monuments d'architecture en Chine. Ces ouvrages, nommés P'ai-fang jj$ i)^ ou P'ai-leou ^. ;j;{^!, sont construits en pierre ; quatre ou six i)iliers réunis par des architraves ouvrent trois ou cinq baies, et un cartouche surmonté de 3 hallebardes occupe le point culminant. Ces monuments se ressemblent tous; seuls les motifs d'ornementation diffèrent, et encore il suffit d'en examiner attentivement une dizaine pour se convaincre que les graveurs et les sculpteurs suivent presque toujours l'ornière. Dans certains

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pays riches, comme le Hoeitcheou fou ^ j'\] }^, on trouve de vraiment belles sculptures, très bien fouillées (1). Les basreliels c[ni courent le long" des architraves et des piliers représentent c|uel((ue trait de i)iété filiale, où d'autre vertu, comme ceux que nous avons cités en étudiant le Confucéisme Les motifs généraux sont toujours les "cinq bonheurs": les richesses, la longue vie, le bonheur, les dignités, la joie. Tous les emblèmes de ces cinc] félicités forment donc le fond de l'ornementation. On y voit par exemple: une chauve-souris tenant une sapèque dan.-, sa bouche, c'est-à-dire: l)onheur et richesse ; un cerf sous un sapin: dignités à demeure dans la famille: le phénix regardant le soleil: présage de gloire; la licorne portant un enfant: présage d'une nombreuse postérité. Les sujets les plus communs sont: 1" deux lions et deux dragons sur les architraves; 2° les insignes des huit Immortels; o" Houo Ho 7^ ^\ -i" deux dragons se jouant avec une perle précieuse; 0° Le dieu du bonheur et un cerf (bonheur et dignités) ; 6" Une chauve-souris et un cerf (même signification) ; 7° deux phénix contemplant le soleil : cS" un cerf au pied d'un sapin (dignités et longévité.)

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