C. Les monuments funèbres
Sur les portiques élevés devant la tombe, ou trouve quelquefois la tleur de lotus: c'est une allusion au paradis d'Amida. où le mort renaît d'une fleur de lotus. Parfois le nom même "Ngo mi-touo-fou" PpJ ^f pg #, est gravé sur la pierre. Le reste ne sort guère du commun ; ou trouve le cerf, les grues, le sajjin. la branche de bambou, rimmortelle chinoise, \Van-nien-ts'ing "^ ^ ^, pour symboliser la longévité. Le coq annonce la chance, parce que son nom Ki || a le même son que Ki ^, heureux présage. Tous les fruits à pépins: la grenade, le nénuphar, la courge.
(1) On pourra voir la belle collection de photographies et l'intéressante étude du R. P. Hermand .sur ce sujet artistique, dans les Relations de Chine, années 1913 et 11114.
272 CHAF. V. — LE liOUDDHlSMK DANS LA VIE FRATJOUE.
symboles d'une postérité noml)reiise. et ceux dont le nom est d'heureux augure: la châtaigne, Li tse ^- -^. qui se prononce comme Li tse j^^ ^ : fonder une famille; la jujul)e, Tsao tse ^ -^. qui par jeu de mot signihe: "Vite un fils" (Tsao tse Jp. ^-) ; tous ces fruits servent d\. moment le plus ordinaire à ces monuments funèbres. Ne sont ce ])as en effet les nouveaux-nés qui comblent les vides creusés par la mort?
Devant la tombe d'un riche, on dispose deux rangées d'animaux en pierre sculptée. Les tom Idéaux des empereurs ont souvent été décrits; je me borne à rapi^eler la coutume des riches. On voit donc pour l'ordinaire en axant de la tom1)e:
1'' Des statues de pierre, figurant les offfciers, les servants du défunt.
2° Deux ou quatre tortues. La tortue vit très vieille ; c'est l'emblème de la longévité.
3" Deux chevaux sellés et harnachés; ils symbolisent la réussite aux exaniens pour les descendants du mort. Le premier académicien e.-^t toujours représenté à cheval, pour faire ses visites après son admission.
4° Deux chèvres. 3^. C'est l'homophone de Yang |î^, principe masculin: dans la famille du mort il y aura toujours des descendants masculins; elle ne sera pas éteinte. Les chèvres de pierre devant les tombeaux remontent à King-ti. des premiers Han(15f)-141 av. J.-C.) Sieou-yang-wong fi^ ^ ^. tao che de Wei, médita 00 ans couché sur une pierre. Après sa mort, au l)alais impérial, dans son alcôxe. ou trou\a une chèvre de pierre. King-ti lui ht l)âtir un temple, parce qu'elle portait une inscription gravée sur son ilanc : "Moi présente, l'empereur \i\ra." L'n jour elle dis])arut et l'emijcreur King-ti mourut. (Chen-sien-tongkien, K. \II1. art. I. p. 2. -i.)
5' PUis rarement deux éléphants. Cet animal est la monture de liouddha s'incar; ant en ce monde. C'est un acte de foi au lîouddhisme.
ART. It. — LE BOUDDHISME DANS L*ARCHITECTURE. 273
Sur récusson (jui en-ne la tête du cercueil, il est d'usag^e de dessiner la figure appelée Ou-fou-pan-cheou //. Ègfl ^' : cin(i chauves-souris en lH)rdure autour du caractère Cheou ^ : longévité. Le même caractère Cheou ^ est aussi quelc[uefois entouré par des Jou-i ^p ^ : 'au gré des désirs", en bordure. On se contente souvent d'écrire simplement le caractère Fou fg : bonheur, ou Hi ^ : joie.
Le stoupâ d'iin borne, à T'ai-hing ^ M.
Ce sloupâ est orné de bas-relief.s représentant:
a) Les quatre plantes mei, lan, tchou, k'iu tl M 't^ ^' c'est-à-dire: le "la-mei M. 'ffe" (chimonarthe odorant), l'orchis, le bambou et le chrysanthème.
b) Les caractéristiques des Huit Immortels (T).
c) Le livre de prières bouddhiques et un brûle-encens.
D. Les tours de pagodes.
C'est là surtout qu'on retrouve tous les emblèmes bouddhiques.
1" Les huit joyaux.
2° Les dragons enr.julés autour des colonnes.
3° Les treillis des balustrades sont composés en grande partie de caractères superstitieux et symboliques: Hi ^ joie Cheou ^ longévité, Fou |g bonheur.
4° Le swastika et le Jou-i -^w ^i alterné sont utilisés en bordure avec le plus grand succès artistique.
5° Des tiges de sésame, garnies de leurs cosses. Ces cosses figurent les degrés d'une échelle, et servent aux habitants de l'autre monde à monter au ciel et à en descendre. C'est ainsi que les païens disposent une tige de sésame au-dessus de la porte, à la naissance du toit, pour servir d'échelle au dieu du foyer, quand il monte au ciel, le 2-'! de la XI I'' lune, au soir.
On trouvera les plus beaux spécimens de tours bouddiiiques dans l'ouvrage : Collection of China's pagodas, achieved
by the Siccawei CathoHc Mission Technical Schoo! to the AVorld's Panama Pacific Exposition 1915.
La collection des maquettes a été achetée par le Musée
de Washington.
E. Les balustrades en pierre.
Voici les sujets de décoration étudiés sur la balustrade monumentale qui entoure la pièce d'eau en a\ant du temple de Confucius à T'ai-hing bien ^ M. j|^^. Tous ces motifs sont des bas-reliefs sculptés sur pierre.
1° Ngan-pa-sien ÏÏq A f[|| : les caractéristiques des Huit Immortels.
2° Ki-ling tchao-yang JH i!f ^ P^ : la licorne qui contemple le soleil.
8** Fou koei yeou-yu g" ;^ ^ |i^ : "Bonheur et richesse surabondants". L^n poisson dans un vase rempli d'eau: jeu de mots entre Yu â^, poisson, et Yu f^, superflu.
4° Li-yu tiao long-men ^ ^ ^^ f|i P^ : la carpe remontant les rapides: symbole des grades littéraires et des succès aux concours uni\ersitaires.
5° Un che\'al blanc : c'est le cheval de A\"en-tchang "^ ^, le dieu de la littérature.
6° Bouddha montant un éléphant blanc.
7° Un brûle-parfums: porte-bonheur.
8° Un fruit nommé: main de Bouddha.
9° Les fleurs: la-mei ^ )^. orchis. chrysanthème et une tige de bambou (Longévité et bonheur.)
10° Un cerf au pied d'un sapin. (Dignités et longue vie).
11° Les huit trigrammes entourant le symbole du In et du Yang. Ce motif se trouve juste en face de la grande porte d'entrée du temple; c'est un porte-Vjonheur et en même temps un écarte-malheur: "pi sié'".
ART. III. — LE BOUDDHISME DANS l'amEUBLEMENT. 275
ARTICLE III
Le Uouddhisuie dans ranieublenient.