III. Le bouddhisme sous les "Cinq Dynasties
A. Nouvelle Ecole: la secte Fa-yen-mé -^ 0^ M-
Branche de la Grande Ecole Ts'ing-yuen tcheng-tscng. Elle fut fondée par Fa-yen Wen-i ;^ 0g ;^ ^. mort en 958.
Plusieurs auteurs renvoient à 940 la mort de Yun-men A\'en-\en et la fondation de la secte Yun-men-mé ^ f^ Hj^.
Le système contemplatif a produit tous ses fruits: déjà même il perd de sa première vigueur, et bientôt ses adhérents vont se porter en masse \crs l'amidisme. qui marche de triomphe en triomphe, et qui peu à peu va aV^sorl^.er tontes les autres écoles. L'air aml)iant est comme imprégné de ses doctrines.
B. Koan hieou. le peintre des Arhats.
Ce peintre, spécialiste pour les tableaux d'.Vrhats. contribua puissamment à ré|)andre leur culte en Chine. Dans la suite, chaque pagode tint à honneur de posséder ses '"Dix-huit Lo-han" (c'est le nom \ulgaire sous lequel les Arhats sont désignés en Chine).
L'origine de ce culte viendrait de Çakyamouni lui-même, qui, dans un dialogue avec Kâçyapa, désigna quatre grands Srâvaka (disciples). c[ui devaient protéger le bouddhisme et n'entrer au nirvana qu'après l'extinction de sa loi. Les quatre discijdes désignés étaient : Mahâ-Kâçyapa. Kundopadhaniya, (Kundadhâna). Pindola et Rahula. Ils devaient rester sur terre pour protéger le bouddhisme jusqu'à la venue du nouveau Bouddha Maitreya. qui doit succéder à Çakyamouni. "Ces grands Arhats possédaient au complet les mérites illimités, qui sont les trois sciences, les six pénétrations et les huit délivrances". Telle fut l'idée mère de l'institution des Lo-han ou Arhats.
(1) T'ien-t'ai-hicn tche, K. 11, p. 22.
Le nombre de 4 passa à 16. après les traductions du bonze Tao-fai et du bonze Hiuen-tsang. Ce fut ce dernier qui divulgua le fameux traité intitulé. Relation du grand Arhat Nandimitra sur la durée de la Loi (1).
Sous le règne de Kien-long. les Arhats montèrent définitivement au nombre de 1<'^ : c'est le nombre reçu ordinairement dans les pagodes. En fait leur nomljre est illimité, et les grandes pagodes tiennent à honneur de représenter cinq cents "Lo-han". Il }' a beaucoup d'arbitraire dans le choix des sujets et des poses.
lahleavx d' Arhats uu Japon.
Le Japon possède de pi-écieux tableaux d'Arhats, peints par des artistes chinois. En voici quelques-uns plus remarquables:
lo Les 16 Kakémonos du temple Kodaiji.
Chef d'œuvre du bonze Koan-hieou "^ f;^. Ces tableaux furent portés au Japon, très-probablement par le Supérieur du temple Senskyôji, lors de son voyage en Chine, à l'époque Kamakoura en 1211 (2).
20 Les 16 Arhats du peintre Lou Sin tchong fÉ fs * ■
Style indo-chinois, plutôt type chinois. La collection appartient à la pagode Shj-okokou ji. Par la variété de la composition, par la finesse du dessin et l'harmonie des couleurs, elle mérite d'être citée parmi les tableaux typiques des Arhats (3). Certes Lou S;n tchorg M "fl -t ■ peintre ningpouonais de la fin des Song, fut un artiste de mérite: il sut harmoniser dans ses tableaux les deux styles chinois et hindou.
3^1 Les deux Arhats artistiques de l'Ecole des Arts à Tokyo.
Ces deux tableaux sont attribués au peintre Li Longmien ^H^j^. qui fit école à l'époque des Song (4).
4° De nombreux tableaux d'Arhats de l'époque de.s Song et des Yuen.
50 Les 500 Arhats du temple Daitokouji.
Ces tableaux portent des indications de peintres chinois qui en furent les auteurs, par exemple Tcheou Ki-tch'ang j^ ^ ■j^ et Lin T'ingkoei i^ 0 ^, artistes de l'époque des Song (5).
(1) Tok. XXIV. 8, p. 30-32.
(2) Journal illustré Kolclca, Xo 253 (Figures et Xotices).
(3) Ilndcvi, No 2 55 (Planches I— VI). p. 33.
(4) Ibidem. p. 33, 34.
(5) Ibidem.