‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 4)Chapitre 25 sur 87 · II. Le Che-king §f g (Odes · texte numérisé non relu

II. Le Che-king §f g (Odes

La grande collection des Odes conservée dans la bibliothèque impériale des Tcheou jjHJ, comprenait plus de 3000 pièces; le recueil de Confucius en contenait 311, six ont été perdues, il n'en reste que 305. Confucius copia les odes qui lui parurent plus belles, ou qui s'adaptaient le mieux à ses goûts personnels. La collection impériale fut réduite en cendres, il n'en resta plus rien, seule la petite sélection faite par Confucius, et recopiée ensuite à plusieurs exemplaires, put être reconstituée, partie de mémoire, partie avec les fragments de tablettes retrouvées plus tard dans les cachettes. Le caractère Che f$, de CJie-hing $^ $£, signifie vers, poésies, c'est donc le Livre des Vers, il ne contient en effet que des odes ou poésies composées, en grande majorité du moins, sous la troisième dynastie des Tcheou ji). On y voit surtout décrites les mœurs, les coutumes, les maximes des rois vassaux, qui pendant la féodalité gouvernaient leurs fiefs sous la suzeraineté de l'empereur. Le laconisme et les obscurités même qu'on y trouve leur concilient la vénération des lettrés chinois.

Ces poésies se divisent en 4 catégories.

La première intitulée Kouo-fong H M, : Mœurs des royaumes, comprend chansons, vaudevilles, ou sortes de romans en vers et satyres, ayant trait aux princes feudataires, aux peuples des quinze Etats, qui sont énumérés. C'est une peinture de mœurs, une censure des défauts des gouvernants et des gouvernés.

Les empereurs avaient ordonné de recueillir ces chants populaires en traversant les royaumes des princes vassaux, pour faire la visite de l'empire. Le ton et les maximes de ces poésies étaient comme le tableau du caractère de ces peuples, le reflet et l'épanouissement des mœurs, des dispositions hostiles ou bienveillantes des populations de ces régions. Aussi les princes tributaires en se rendant à la cour pour présenter leurs hommages à l'empereur, devaient y apporter quelques-unes de ces poésies des troubadours de l'époque.

La 2e et la 3e section sont intitulées Siao-ya >J> Jf£, Ta-ya Jt jJ(É. Petite excellence, Grande excellence. Elles contiennent aussi

satyres.

La 4' partie a pour titre Song ^, Cantates ou louanges. C'est

une sélectiou d'hymnes, d'éloges funèbres, d'oraisons sacrificales,

qu'on déclamait ou qu'on chantait au temps des sacrifices, dans

les circonstances solennelles, pendant les cérémonies en l'honneur

Quelques-unes de Ces pièces datent de la seconde

-lie des Chang ®, la plupart furent composées au temps de la dynastie des Tcheou J'iJ. Ces pièces de poésie sont importantes pour l'étude des mu-urs et des coutumes de ces temps reculés, elles sont comme la floraison des idées nationales.

Les lettrés chinois donnent volontiers le "Livre des Vers"

comme un code de morale et le proposent pour lecture spirituelle

à leurs élèves. Malheureusement, il est plus facile encore d'en tirer autre chose que d'édifiantes instructions. Objectivement

parlant, il n'y a aucune de ces chansons antiques, qui soit absolument immorale, mais plusieurs sont de nature à susciter des -, et les jeunes élèves païens, bien trop portés déjà interprétations déplacées, y trouvent un aliment quotidien à de vilaines allusions et à des conversations grivoises. Les maîtres païens, pour qui Cette atmosphère est bêlement ambiant, privent pas d'ailleurs, de souligner tel passage, par un mot à double sens, ou par un sourire qui en dit long. Ce qu'on peut dire de plus charitable sur ce code de morale en vers, c'est qu'il

nit rien.

On attribue généralement la préface du Livre des Vers à 7*86hia ï1 ££, disciple de Confucius. Les Odes du Grand Recueil de la bibliothèque impériale furent toutes brûlées en 213, aucune ippa, on ne put recomposer que celles qui faisaient partie du Manuel de Confucius. Ces dernières furent reconstituées soit de mémoire, soit à l'aide des tablettes retrouvées après l'incendie.

Voici d'après les lettrés le résumé sur l'historique de la transmission des Odes et les diverses Ecoles établies pour donner les explications traditionnelles de ce livre. Confucius le transmit à Tse-hia ïf £, celui-ci le passa à Lou Chen # $, des mains de ce lettré il fut successivement confié à Li K*6 $ ;£, Mong Tchong-

tse jJÊ W ^ , Ken Meou-tse fà Q ^ et Suen ^mgf M 0. Ce dernier le donna à Mao Heng ^ ^f surnommé Ta-Mao-kong ^c ^ ^ ou Mao l'Ancien, natif du Ho-kien */mJ |b], qui composa l'ouvrage : Che-hiun-kou |f |)|| f£, ou Explications traditionnelles des Odes. Son fils Mao Tch'ang ^ J||, surnommé Mao le Jeune, (Siao Mao-kong <]<» ^ &) fut un des Encyclopédistes du prince Lieou Té §lj fê, roi du Ho-kien }pj RU, d30 av. J.C Ce prince se montra très zélé pour la restauration des Lettres, comme il achetait libéralement les anciens manuscrits, on vint lui présenter le vieux texte du "Ta ya" ^c jjfl, 3e section du Livre des Odes, retrouvé sur de vieilles planchettes. A l'occasion d'une de ses visites à la capitale, il offrit lui-même à l'empereur ces vieilles tablettes, ainsi que l'ancien manuscrit du Yo-ki ^ JE> Traité sur la Musique.

Mao Tch'ang ^ 3=b qui se trouvait alors à la cour de Lieou Té 91 1^» put donc utiliser à loisir cet ancien manuscrit pour reconstituer le texte du Livre des Odes, et écrire son célèbre commentaire sur ce vieux canonique. Lieou Té #J ®, plus souvent appelé Hien-wang jj|R 3E, aimait à l'entendre expliquer le Livre des Vers, et estimait grandement son érudition. Au titre de son commentaire: Che-tch'oan %% %, il fit ajouter le nom de l'auteur, et l'ouvrage porta dès ce jour le titre de Mao-che-tch' oan ^ H ^. Lieou Té flj iS en agissant ainsi avait pour but de bien différencier l'Ecole de ce savant homme, des trois autres Ecoles déjà existantes, à savoir celles: du royaume de Ts'i ^, du royaume de Lou iff* et du royaume de H an |^.

Mao Tch'ang ^ $| ou Mao Je Jeune, transmit son ouvrage à Koan Tch'ang-h'ing Jï jk #jp, celui-ci le légua à Kiai Yen-nien $? $j| 4p, il passa ensuite tour à tour aux mains des lettrés Siu Ngao #St Tch'en Hia $M K, Sié Man-k'ing Ut H |ÉP et Wei Hong % g;. Ce dernier fit quelques modifications à l'ouvrage, puis les trois lettrés Tcheng Tchong ift JR, Kia K'oei H gf et Ma Yong ^ !& refondirent le commentaire Mao-che-tch' oan ^ f$ fi$, de Mao Tch'ang ^ ^.

De son côté, le lettré Tcheng K'ang-tch'eng ift |g J$, sous les Han Orientaux, composa un nouveau commentaire des Odes,

intitulé Che-tsien j^F§|. Désormais cinq Ecoles furent en présence.

1° L'Ecole de Mao Tch'ûng ^ |g, Mao leJeune.

2° L'Ecole de Tcheng K'ang-tch'eng i§P J^ $.

3° L'Ecole du royaume de Lou 'ff».

4° L'Ecole du royaume de Ts'i %.

5° L'Ecole du royaume de Han #.

I ■ s Ecoles de Lou # et de 7s'/ 5^ s'éteignirent, elles n'eurent plus d'hommes marquants pour chefs de file.

L*Ecole de lia» •}£ finit aussi par disparaître, ou plutôt par se fondre avec l'Ecole de Tcheng K'ang-tch'eng $T> §jg $, et en voici la raison. Les tenants de l'Ecole de Han ##, commentaient le te\! d vieux caractères, or Tcheng K'ang-tch'eng 9$

l)k )& fît précisément sur ce même texte- son commentaire Chetsien f| ''^j. il devint par le l'ait, le seul continuateur autorisé de l'Ecole de Han fit, qu'il s'assimila pour ainsi parler.

De la sorte, il ne testait plus que deux Ecoles, Celle de M/m

Tch'ang -G R et celle de Tcheng K'ang-tch'eng f$ |jt $, pour

transmettre les explications traditionnelles des Odes.

Ces Ecoles furent les seules ;iu torisées, jusqu'au temps de

K'ong Tng-ta JL SB il- lettré des 7\//<r/ J,ly. qui fut l'auteur d'un

DOUVeau commentaire. Les explications de K'ong Tng-ta ^L H ;iii lierai plus entachées encore de rationalisme que celles de Tcheng K'ang-tch'eng W> (t J$, furent adoptées par les écoles officielles jusqu'à l'époque du Néo-confucéismè des Song 'M< où parurent les commentaires panthéistes et athées «les deux Tch'eng Tchou Hi % ><;. (1)

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