III. Le l-klng g, (g (Mutations
Livre divinatoire ou sibyllin chinois, est une sorte de sémaphore construit avec des images du monde visible, pour reconnaître l'invisible intention du Ciel et l'avenir dss hommes.
Les légendes racontent que /uni Ifi fie (§, le premier des souverains chinois, 4477-4362 av. J. C, vit sortir du fleuve Jaune
(1) Tche-na-wen-hio p. 9 12.
I; [II. Partie, Notices de Mon Tch'angei de Tcheng K'ang-tch'eng.
un Cheval-Dragon, portant écrits sur son dos huit diagrammes. Fou Hi fjç ^É les dessina et ces figures devinrent la base du Livre des Mutations.
Tcheng Hiuen Jt|$ 3£ en attribue la paternité à Chen-nong f$ J|, 3217-3078 av. J. C.
Suen Cheng ^ ^ donne au grand Yu flf l'honneur d'avoir inventé ces symboles : bref, tout est légendaire jusqu'à Wen-wang 3$C ï- qui dans sa prison de Yeou-li ^ M, où il fut jeté par le tyran TcJieou |t> en 1144 av. J. C, adoucit les ennuis de sa captivité, en agençant ce nouveau système de divination. Il a pour base 8 trigrammes composés de 3 lignes entières ou brisées. Ces figures sont assez connues pour qu'on nous dispense de les insérer ici dans cet aperçu historique.
Ces huit trigrammes superposés deux à deux, donnent 64 combinaisons possibles, chacune de ces combinaisons composée de deux trigrammes, indépendants l'un de l'autre, se nomme Hexagramme, c'est-à-dire une figure à six lignes, entières ou brisées.
Les 64 Hexagrammes de 6 lignes, donnent 384 lignes entières ou brisées, appelées Kieou % et Lou y\. Ce nombre 384 figure le nombre de jours de Tannée que les Chinois appellent intercallaire. Jusqu'ici, c'est simplement un dessin : 8 Trigrammes et 64 Hexagrammes formés par la juxtaposition des trigrammes deux à deux.
Pour expliquer cette œuvre graphique, il fallait un texte et divers éléments d'interprétation ; trois hommes se chargèrent de ce travail: Wen-wang "$C 3E, son fils Tcheou-kong jo) ^ et plus tard Confucius.
Pour ce motif, les lettrés chinois nomment quelquefois ce livre: Les Mutations des trois Saints, parce que ces trois personnages sont considérés comme les Saints de l'Ecole.
Notons brièvement la part que prit chacun d'eux à la composition de ce livre.
1° Wen-wang ^fc 3E.
a) Il donna un nom à chacun des Huit Trigrammes et des
64 Hexagrammes.
h) Il joignit aux <>'i Hexagrammes une sentence brève et symbolique appropriée au nom de chacun d'eux. Cette courte sent» suivie d'une élucubration plutôt nuageuse, mais soi-
disant explicative, c'est ce qu'on appelle Toan éfc-
T Tcheou-kong Jfl &.
Il composa une double série d'explications, pour chacune des i Hexagrammes, soit des lignes brisées, soit des lignes entier
La première série explicative est assez longue et diffuse, la seconde série est brève, précise, c'est comme la mise au point en quelques mots laconiques.
- prétendues explications sont une obscurité' de plus ajoutée à un énigme.
nfucius.
nfucius sur le déclin de l'âge aimait ce livre de divination, il écrivit un appendice, y ajouta des explications et des gloses.
fut même sur quelques termes vagues de ce commentaire Confucéen, que s'appuyèrent les lettrés des Song 'M, Tcheou Toen-i I'.) '';■'< f$l et autres, pour bâtir leur système de l'éternité de la matière qui les conduisit au panthéisme et à l'athéisme.
i nt toujours eu une tendance marquée pour la divination : d'une nature vacillante, irrésolue, changeante, ils ont de la peine à prendre une résolution arrêtée, alors ils jettent les sorts et le coup du hasard les dispense de conclure.
Avant les Tcheou Jm], la divination par la tortue et l'achillée était d'un usage fréquent, comme l'attestent tous les récits historiques. Après la composition du T-king hjj $?, par Wen-wang
# ï et TcheOU-kong J/ï] 2\. au début de la dynastie des Tcheou,
mmencèrent à scruter l'avenir au moyen des Diagramn
i en deux mots la méthode employée.
Voulait-on scruter la volonté du Ciel, ou connaître d'avance un événement important, par exemple le résultat d'une bataille, alors on jetait les sorts avec des brins d'achillée pour trouver le
N° de l'Hexagramme à consulter. Le sort ayant désigné celui des 64 Hexagrammes qui donnerait la réponse typique pour le cas proposé, on examinait chacun des deux trigrammes composants, le supérieur et l'inférieur. Il ne restait plus qu'à voir si la substitution du trigramme supérieur au trigramme inférieur, en d'autres termes, si la Mutation du trigramme inférieur au trigramme supérieur était faste ou néfaste, par rapporta la question pendante. Ceci fait, on consultait aussi les sentences et les explications ci-jointes, pour en tirer des présages.
Le nom de Mutations, comme on le voit, vient de cette pratique, ce genre de divination suppose toujours la Mutation du trigramme inférieur dans le trigramme supérieur, et c'est du présage faste ou néfaste, qui résulte de cette mutation, qu'on argue pour tirer la conclusion du sort. Par exemple: Vent en bas, terre en haut, s'interprétera suivant les besoins de la cause 1° Au trouble succède la stabilité. 2° L'ouragan ravage le sol. On fait dire aux sorts ce qu'on désire.
Les plus grands lettrés et surtout les esprits forts, les philosophes incrédules des Song 7^, Tchou Hi ^ Jjf et autres, eurent toujours une foi robuste dans la divination au moyen des Mutations.
Voici brièvement le sort de ce livre étrange, pendant le cours des âges.
D'abord le I-king J0j $g ne fut point brûlé en 213 par Tsin Che-hoang-ti ff| jà M iff, il n'entrait point dans la catégorie des livres, qui portaient ombrage à la nouvelle dynastie, du reste l'empereur lui-même était fort superstitieux; il fut donc laissé en circulation, comme par le passé.
Tout au début, Confucius passa son travail sur le I-king ^j g ou Mutations, à son disciple Chang Kiu "$j Jgg (Tse-mou :f 7J0, né en 533. Tse-mou ï1 /f; le transmit à un lettré du royaume de Tcli ou j§Ë, nommé H an Pi If W» ce dernier le légua à Kiaots'e fâ $E, du Kiang-tong fS. ^, puis ce trosième le passa à Tcheou Chou JU g, du duché de Yen $fe.
Des mains de Tcheou Chou J$ g, il passa aux mains de Choen-yu Koang-tch'eng VÎ ^ zfc ^, qui le transmit à T'ien Ho
ffl fà du duché de Ts'i R. Z*ten Ho ffl fa tint école à Tou-ling 41; Hg, en littérature il est connu sous le nom de Ton Ticn-cJtcng tfc ffl ife, le lettré Tien de Tou-ling) il fut le commentateur auto- 1S esPn ai rs //rm, et l'empereur Hoei-ti X ^ le chargea d'expliquer ce livre en sa présence, — Une 1*™ branche de l'Ecole
't'en //« Hl M fut continuée parles lettrés Wang T'ong 3E PI ng-ou M ut et >'mK, Hoiftfa.derc/ie-fc/i'oan gjl|. Une 2 branche fut propagée par 7ïng A"orm T Jet Wang Stien 3; Kl, de Tang-ficn £ 111.
Sous les empereurs Siucn (i Vf Vi? et Yuoi-ti Jt ^, 73-32 av.J.C, trois lettrés de renom, disciples de Wang Suen ZE ï&, expliquèrent à la cour le texte des Mutations, ce furent:
ÇA,- Tch'eou M fc, <^1 P'# fflï. ^»"<7 7/< Si S. de Tong-hai ft $ et Liang-kHeou Ho %k fl$ ^, de Lang-ya 3& 3Pf.
Tels furent les commentateurs qui passèrent les traditions anciennes aux lettrés des Hun yf\.
Mais parmi les lettrés de l'époque, une autre école s'était formée sous l'influence des deux lettrés Fei S et fiTao Sf, qui avaient divisé différemment le texte des Mutations. Bien que divergentes en quelques points, les deux écoles remontaient à une source commune d'interprétation et se glorifiaient de descendre de Chang Kiu jgj £.
te divergence dans le texte et les commentaires du ï-hing S)j #£ explique l'embarras des Encyclopédistes, chargés par l'empereur Siuen-ti Vi" Vi? de reconstituer le vrai texte de l'ouvrage.
Ils n'arrivaient pas à s'entendre, chacune des deux écoles comptait
des partisans dans la noble assemblée, et l'empereur dut trancher
la difficulté en imposant par décret, en 51 av. J.C, que dorénavant on devrait adopter pour texte officiel celui du I-king \)} $£ de Liang-k'ieou ffo S Ir|S fâ. (1) Au temps de l'empereur Tch'engti h\c vi'r. 32 av. J. C, Lieou Wang $\ |pj, président de la commission des Encyclopédistes, confronta un vieux manuscrit du I-king
(I) Chang Kiu. Recherches. III. Partie. Textes-historiques.
$j $£, de la bibliothèque impériale, avec les textes des lettrés Che Tch'eou JE «f , Mong Hi ^ |£, Liang-k'ieou #o S fl5 3ï et Fei H, or il se trouva que le texte du vieux manuscrit, à part un chapitre, concordait parfaitement avec l'exemplaire du lettré Fei JÇ.
Mong Hi JE H, condisciple de Liang-k'ieou Ho Wl J$ ^, et de la même Ecole, eut pour disciple Yu Fan |J f$, et sur la fin des Han d'Orient, cette école compta encore un homme célèbre, Wang Pi 3: ^, auteur de commentaires qui furent suivis sous les Soei |îjf et les T'ang J|f, jusqu'à l'époque des Song ?fc.
Le lettré Ho Yen fpj §, disciple de Wang Pi 3£ 555, vécut à la fin des Han ^|.
A partir de l'époque des Trois Royaumes, 221 ap. J. C, les Taoïstes s'emparèrent du livre des Mutations et le commentèrent à leur fantaisie, les règles traditionnelles tombèrent presque complètement dans l'oubli. Ce livre ne fut plus guère considéré que comme un traité de sorts, de pronostics et de magie.
A l'époque des Soei |5jj et sous la dynastie des T'ang jj, le commentaire de Wang Pi 3E $& fut le seul suivi dans les écoles. Le lettré Fan Ning le juge très sévèrement. Après l'établissement de la dynastie des Song % , les lettrés philosophes de l'époque se mirent à interpréter le livre des Mutations à leur guise, c'en fut fait des anciens commentaires. Du T(ai-ki -fc /g, expression vague, tombée du pinceau de Confucius dans ses commentaires sur le I-king Ji S, va naître toute une école matérialiste et athée. L'obscurité du texte et des commentaires permet en effet d'y trouver tout ce qu'on veut: dans le monde des rêves, il n'y a pas de bornes. Chao Yong <8ft |S exposera ses rêveuses conceptions dans un gros ouvrage de 60 livres, le Hoang-ki-king-che-chou Jl § $g ifr <r. Puis le célèbre Tcheou Toen-i fâ |fc Eg, le maître des 2 Tch'eng fj|, exposera dans son T' ai-ki-t' ou-chou ~fc § H If, (encore un commentaire des Mutations.) les lois imaginaires sur l'origine du monde et les composants de tous les êtres.
L'an 1056, les 2 Tch'eng H, disciples de Tcheou Toen-i JD jfc I5jf, eurent une conférence avec le célèbre lettré Tchang Tsai 55 J|c, leur oncle, qui commentait alors avec éclat le Livre des
Mutations à la capitale. Il avait pour insigne de sa dignité de commentateur officiel, une peau de tigre, qui recouvrait le siège de son estrade. Il fut émerveillé de la science des deux lettrés, il leur céda sa chaire et sa peau de tigre, non sans avoir préalablement recommandé à ses auditeurs, d'adopter les théories des deux novateurs. (1)
IVi San Li S J& (Les 3 Rituels;
Le caractère Li ^S signifie : rite religieux, cérémonie civile, poiitesse. loi morale ou sociale, rituel, cérémonial.
Les trois ouvrages dont nous allons parler, sont donc des recueils de rites religieux ou civils des temps anciens. Ils se divisent en trois catégories.
1° Le l-Hi$ fiH, appelé encore Chc-li i AU, par 5e-ma Ts'ien fij )% JH et les biographes des H an ^. On le nomme aussi Liking jâ #£, ou tout court King ft.
Le Tcheou-li Jr| ^£, autrefois intitulé : Tcl\cou-koan J^J fë, officiers des Tcheou }$, est un traité sur les institutions des Tcheou.
3° Le Li-ki jg |E, Rituel.
Cet ouvrage contient des pièces peut-être plus anciennes que celles des deux précédents, mais il est de formation plus récente, car il n'a été complété qu'au 11e siècle de l'ère chrétienne-
Ces trois ouvrages étaient de ceux particulièrement visés par ledit destructeur de 213, aussi furent-ils réduits en cendres. Nous passerons rapidement en revue l'historique de chacun de
\ ieux monuments du pass
i i <• in m m.-
Rituel pour la réception du bonnet viril, les mariages, les funérailles, les offrandes, [es sacrifices etc..
ne .le Hun Ou 11 $ g VJ?, 130 av. .! . (\, on trouva
(1) 'J'che-nawen-hio-che. I.iv. 69. p. 12. 13.
lies. p, 080.
Recherches: III. Partie. Notice sur Fan Nina.
à Yen-tchong fâ + un vieux manuscrit ; le texte était écrit en caractères antiques, sur des tablettes ou fiches, retirées d'un vieux mur.
Lieou Té #J ^g, roi du Ho-kien |pj" faî, bibliophile et collectionneur intelligent, toujours à l'affût d'une bonne découverte, s'empressa d'acheter les vieilles tablettes.
C'était un précieux manuscrit du I-li Ifj Ht, qui contenait 56 chapitres; par malheur, il était écrit en caractères antiques et fort difficiles à déchiffrer. Un seul lettré put les lire et les expliquer en partie, ce fut Kao-t' ang-cheng Ttj ^ ^j£, de la famille royale de Ts'i Jf, et nommé Kao-t(ang "^j ^, du nom de sa résidence dans le royaume de Lou §•. C'était le temps de la renaissance des études classiques, les explications traditionnelles étaient presque totalement tombées en oubli, depuis les lois persécutrices de 213. Kao-t' ang-cheng ïtj ^ ^ était un des rares lettrés, sinon le seul, capable d'expliquer le I-li fl| f§, pas en entier cependant, comme nous allons voir.
Il en possédait lui-même une copie en 17 chapitres, dont il pouvait donner le sens traditionnel. Lieou Té |flj t§i, roi de Hokien jpj fa), le fit venir pour confronter le texte de son vieux manuscrit avec celui des 17 chapitres du livre qu'il possédait. Ces 17 chapitres concordaient, au moins pour l'essentiel, seulement bon nombre de caractères différaient. Kao-t' ang-cheng ïtj ^ & recopia le manuscrit en caractères du temps.
Quant aux 39 chapitres qui se trouvaient en plus sur le manuscrit de Lieou Té fPJ $§., personne ne voulut risquer une interprétation, les commentaires traditionnels étaient perdus, et Kao-t' ang-cheng "ïtj ^ §i lui-même n'osa pas tenter un commentaire de ce texte, laconique et fort difficile à comprendre.
Ils restèrent donc sans commentaires et incompris. Ce vieux manuscrit placé ensuite dans la bibliothèque inpériale, fut détruit dans l'incendie qui ruina ces documents quelques siècles après.
Le catalogue de Lieou Hin HJ |ffc, rédigé quelques années avant l'ère chrétienne, mentionne parfaitement ces 56 chapitres du I-li Ht 8L écrits en caractères antiques, et 17 chapitres écrits en
caractères récents.
s 66 chapitres du vieux manuscrit écrit en caractères anse oomrae Kou-wen-i-li "A" # ffi; 0: "Le /-//en caractères antiques".
I.,s 17 chapitres que Kao-t'ang-cheng ïfj ^ ^ transcrivit en caractères usités à cette époque, s'appela Kin-wen-i-li ^ ~& M jjg: "Le /-// en caractères modernes". C'est le l-li flg S. actuel, Tckou-Hi & DE en convient.
Kao-t'ang-cheng ^^ $£. et Pérudit Tcheng Itang-tch'eng W> $£ /& donnèrent une édition nouvelle avec commentaires du Kin- -f' 'v* "& flÊ $ï f/-K en caractères récents.) (4)
2° Le Tchi'ou-li $ jjft ou Tclwou-koan JgJ *g\
Il traite des différents offices et des règlements administratifs, établis au début de la dynastie des '/'chenu fô], puis rédigés par Tcheou-kong J5) &, frère de Ou-wang ]êÇ 3E-
heng K'ang-tch'eng gjtf $ /& dit que le Tcheou-li M WL actuel fut retrouvé dans un vieux mur, au début de la dynastie des llan $|. Ce manuscrit fut découvert par un nommé Li, qui le vendit m Té S>J tfg, roi du Ho-kien iiïf |îî) ; la 6e partie de l'ouvrage manquait. Lieou Tè ffl| fë promit 4000 onces d'or à celui qui la lui procurerait, mais on ne put la retrouver. Kn désespoir de cause, on composa un traité sur les travaux des artisans, pour y suppléer. Cette sixième section traitait des Officiers dépendants du Ministère des Travaux Publics. Le prince Lieou Te 9] ^ offrit le manuscrit à l'empereur, et il fut déposé dans la bibliothèque du palais, ce ne fut que sous le règne de Tch'eng-ti )& ^, 32-7 av. |ue I.iiou Bin |?lj |)C, président des Encyclopédistes et chargé de la classification des livres, inscrivit sur son catalogue le Tcheouli J9 Si ou Tcheou-koan JpJ *[=?•
(Cf. Han-chou 30. T-wen-tche. 10).
(1) ng-cheng et de Tcheng-K'ang-tcheng :
•ie.
<hou. I.iv. 32.
istoriques p. 4G4.
Philosophe Tchou Ni p. 3—17.
Lieou Hin HlJ afc chercha ensuite un lettré qui pût expliquer cet ancien livre; parmi tous les savants de l'époque, on ne trouva que Ton Tch'oen ^t ^, né en 31 av. J.C, qui tenait école à Xanchan, et enseignait cet ouvrage à ses élèves. Par le fait il devint le chef d'Ecole pour l'interprétation du Tcheou-li JU S|.
Le lettré Tcheng Tcheng composa ensuite ses Commentaires du Tcheou-koan, intitulés: Tcheou-hoan-kiai Jpj fÊT $?> puis Ma Yong t§ §J écrivit le Tcheou-koan-tch1 oan Jpj *§" flj, qu'il donna à son élève Tcheng K'ang-tch'eng fîRj§£J!jS, ou Tcheng fliuen §15 $, et ce fut ce dernier qui fut l'auteur du commentaire définitif adopté officiellement jusqu'à l'époque du Néo-Confucéisme sous les Song $.
Le véritable chef d'Ecole pour l'interprétation de cet ouvrage fut Ton Tch'oen # M- (1)
3° Le Li-ki S |E. Rituel.
a) Le Li-ki f§ |E avant l'incendie de 213.
Le Li-ki f§, ÏE est une compilation de mémoires sur les Rites, les cérémonies religieuses et civiles, les observances antiques, les lois sociales des anciennes d}Tnasties. C'est un rituel, un cérémonial, qui fut, dit-on, en grande partie composé par Tcheou-kong Jcî] fè, fils de Wen-wang "£ 3E-
Quelques-unes de ces observances remontent aux anciens empereurs, les autres aux deux premières d3Tnasties, la plupart ont rapport à la 3e dynastie des Tcheou ^). Dans la suite Confucius y aurait ajouté 10 chapitres, comprenant une compilation de documents anciens.
Ce recueil subit diverses modifications. Dès le IVe siècle av. J.C, quand les grands princes feudataires commencèrent à secouer le joug du pouvoir central et à se proclamer indépendants dans leurs principautés, ils n'eurent rien de plus pressé que de supprimer les vieux documents où étaient consignés l'investiture de leurs fiefs et les arrangements conclus pour l'exercice de leur pouvoir. De cette façon, ils se mettaient à l'abri des reproches qu'on était
(t) Cf. Recherches' III. Partie. Notice sur Tou Tch'oen et Tcheng K'angtch'eng.
en droit de leur faire, pour protester contre leur usurpation. Donc, comme moyen radical, ils supprimèrent ces règlements. (1)
Vint ensuite le grand cataclysme de 213, le Li-hi jjj& |B périt avec toute la littérature ancienne, ce ne fut que sous les Han xk qu'on commença à réparer, autant que faire se pouvait, les pertes de ces documents antiques. Déjà Siao Ho jR fui, ministre de Licou Pang 91 #[$, fit bâtir à la capitale de Tch'ang-ngan J| #, un édifice nommé Che-hiu-ho 5 SI l$I- Pavillon du canal de pierre, où on déposa les débris des anciens ouvrages, recueillis après la tempête.
b) Li-hi flU flH, retrouvé et reconstitué.
Sous le règne de l'empereur Ou-ti $Ç ^, le prince Kong ^, roi de Loi* £>, lit démolir une vieille maison ayant appartenu à Confucius ; dans les masures ou trouva une cachette contenant avec le Chang-chou {Aï ,',•, un exemplaire du Li-hi fllj ffi, écrit en caractères antiques.
De son côté, Licou Té §'| ®, le zélé collectionneur du Ho-hien jpj Iî'i], put acquérir 431 chapitres des M. 'moires écrits jadis par les disciples de Confucius ou les lettrés postérieurs.
En cataloguant les livres de la bibliothèque impériale, Licou Hiang 3?'J |n] n'en trouva plus que I 30 chapitres, qu'il mit en ordre. tablettes avaient été adjointes d'autres trouvailles, de sorte qu'il put cataloguer un total de '214 chapitres.
Le célèbre lettré Heou Ts'ang h'i Jf- prénom Kin-kiun ffi /',". avait reçu de son maître Mong K'ing ï& JJfll la volumineuse compilation; il tenait école à KHu-t'ai |H| S> OU il commentait ces anciens documents du Rituel. En souvenir de ces premiers débuts, le Li-hi ffi S est souvent désigné sous le nom de: Mémoires de l'Ecole de Heou Ts'ang Ki Yi-
Heou '/Vain/ /§ |f eut pour disciple 'lui Té ft j&, de 7V)np-
leang, et son neveu 7Yn Cheng-té wÇ H @.
7V// 7V £ ^g «'monda [a grande collection de Lteoti Hiang $\ |nj, en 214 chapitres, et la réduisit à 85 chapitres. Cet ouvrage ainsi réduit, reçut le nom de Ta Tai-hi ^ w£ HH, Mémoires de
(t) M \v. v. chap. II. p. 2.
Tai l'Ancien. Son neveu Tai Cheng-té ^ H fê trouvant encore le recueil trop volumineux, en supprima une moitié et le réduisit à 46 chapitres; ce dernier résumé porta le nom de Siao Tai- ki *h J|( ÏE, Mémoires de Tai le Jeune.
Le lettré Ma Yong § jjJÈ se fit le continuateur de cette école de Tai le Jeune, il composa les trois chapitres Yu-ling, Ming-tangwei, Yo-ki et les ajouta aux 46 chapitres de Tai le Jeune, on eut ainsi le nouveau Rituel en 49 chapitres. Tcheng K'ang-tch'eng ftft jg J$ (127-200 ap. J.C), disciple de Ma Yong ,I§ g$, écrivit ses commentaires sur le Li-ki H SE, et ils firent autorité jusqu'au temps de K'ong Ing-ta ^L IM JÊ> de la dynastie des T'ang Jjf. Ce dernier, en collaboration avec les lettrés de son époque, les remania, et les nouveaux commentaires furent suivis dans les écoles jusqu'à la réaction des Néo-confucéistes Song 7^, qui infiltrèrent le venin de leurs idées panthéistes et athées dans les nouveaux commentaires qu'ils écrivirent sur cet ouvrage (4).
c) Les auteurs du Li-ki §. |E-
Voici le jugement de K'ong Ing-ta^[tf^jjt sur cette question. Le Li-ki jjg |E, dit-il, fut en majeure partie l'œuvre des lettrés postérieurs à l'époque de Confucius. Ces hommes mirent en commun ce qu'ils savaient sur les anciens Rites et composèrent ces Mémoires.
Le Tche-i, 306 chapitre, eut pour auteur K'ong-suen Ni-tse ; le Yué-Jing serait l'œuvre de Liu Pou-wei g sfi ^ ; le chapitre Wang-tche fut écrit par un lettré sous le règne de Han Wen-ti
Le Rituel ou Li-ki fut rangé au nombre des Canoniques par l'empereur Hiuen-tsong 3£ ^, période K'ai-yuen J}§ 7c, 713-742. Les auteurs de ce Rituel, quoique postérieurs à Confucius, furent formés soit par ses disciples, soit d'après les traditions de son Fxole et conformément à ses principes, en sorte que la doctrine qui se dégage de ce livre, peut être considérée comme la pure doctrine Confucéenne.
(1) Cf. Notice de Heou T'sang. Recherches III. Partie Histoire des Han Liv. 30.
Histoire des Soei. Liv. 32 (King-tsié).