‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 4)Chapitre 38 sur 87 · I. Le Kiliialismc antique · texte numérisé non relu

I. Le Kiliialismc antique

Le fondateur Lieou Pang #J ^ disait au lettré Lou Kia |^ S[, qui lui faisait l'éloge des Canoniques: "Que m'importe vos Odes et vos Annales, j'ai conquis l'empire de dessus mon cheval, sans avoir besoin de vos Canoniques !" — Le fin lettré, bon politique et homme de bon sens, venait de traiter, à la satisfaction de tous, une difficile question de suzeraineté avec Tchao T'ouo $§ ft;, roi de Canton, ce succès lui avait déjà gagné les bonnes grâces du rude guerrier, peu disposé à favoriser les lettres. A la boutade de l'empereur, il répondit : "Vous avez conquis l'empire de dessus votre cheval, mais le gouvernerez-vous aussi de dessus votre cheval ?"

ffan Koa-tsou $| "jfj jjH pria alors Lou Kia |ê| 3f , de lui exposer clairement les causes de succès et d'infortune des précédentes dynasties. Lou Kia (H JC composa ses Nouvelles Conférences Sin-yu ^ff |§, où il fit ressortir le profit qu'un gouvernement éclairé peut retirer des lettres, pour l'administration de l'Etat.

Ce fut le premier pas dans la voie de la restauration des Canoniques. Peu après Lieou Pang %D\ ~J$, par politique et pour flatter les lettrés, alla même offrir un sacrifice sur la tombe de Confucius au Clian-tong ijj ]f(.

Les deux hommes, qui incontestablement contribuèrent pour la plus large part au relèvement des lettres, furent Lieou Kiao §lj ^C et Lieou Té #J ig.

Lieou Kiao #J ^ était le propre frère de Lieou Pang #J $$, il était roi de Tch'ou $& et protecteur des lettrés. Aussi tous les érudits accoururent à sa cour, son palais devint comme le centre des lettres, où se réunirent tous les anciens lettrés. Là on vit Mao Heng ^ Ç ou Ta Mao-kong ^ ^ fè Mao l'Ancien, le commentateur des Odes ; Kin Fong ^ $|, une des célébrités pour

l'interprétation du livre des Mutations; Kao-t'ang Cheng "jtj j£ ^fe, le maître incontesté des interprètes du livre des Rites; Tchang Cheng 3S :4< émule de Fou Cheng {ji )$f, pour l'intelligence de la Chronique de Confucius. La cour de Tch'on ^ devenait ainsi la terre native des écoles littéraires et philosophiques, qui bientôt vont prendre un merveilleux essor, et s'ingénier à réparer, dans la mesure du possible, la perte lamentable de l'ancienne littérature. De la famille de Lieou Kiao %\ $£ sortiront Lieou Wang fl) [fij et Lieou Ilin §1] jîfc, son fils, les auteurs du catalogue des Han, un peu avant l'ère chrétienne.

Lieou Té $\ fêji — Le second protecteur des lettrés fut le prince Lieou Té 9\ $&, fils de l'empereur King-ti j% if? et roi du Ho-kien jïïj |h], à partir de 455 av. J.C.

Sa cour fut une véritable académie de savants, de plus il fut un intelligent collectionneur de tous les anciens manuscrits échapl'incendie de 213, il n'épargna ni son or ni sa peine, pour réunir ces débris de l'antiquité, et fournir aux savants de précieux documents pour rétablir les textes antiques des Canoniques Mao Tch'ang ^ jf , aussi nommé Siao Mao-hong j\* ^ & ou Mao le Jeune, trouva à sa cour les matériaux documentaires, qui lui servirent à restaurer le texte des Odes. Lieou Té #J ?j} par considération pour ce lettré éminent, voulut que le titre de son ouvrage, contenant le texte des Odes et son commentaire, portât le nom même de son auteur et l'appela Mao-che-tch'oan ^ |£ f# ou Odes de Mao Tch'ang, pour bien différencier son école des trois autres déjà existantes, à savoir: l'Ecole de Lou ^, l'Ecole de Ts'i 5§ et l'Ecole de H an &.

Voilà les deux principaux centres, où se réunirent dans les débuts de la restauration des Canoniques, les lettrés célèbres qui vont faire refleurir l'étude de l'antiquité et de ses antiques manuscrits sortis de leurs cachettes, après l'abrogation de la loi contre les anciens livres. Cette loi fut rapportée en 491, sous Hoei~ti]& ïj?. Les empereurs nommèrent ensuite des comités de savants, ou encyclopédistes, chargés de la rédaction des textes, qu'ils eurent mission de reconstituer avec les débris des manuscrits.

Travail ingrat et qui ne donna pas tous les fruits désirables car ce corps de savants, réuni en 51 par Siuen-ti j|f $p, dans le pavillon Che-hiu-ho ^S SI K!> n'arrivait pas à s'entendre pour adopter le texte officiel des Canoniques. Le grand Précepteur Siao Wangtche H H ^1 dut recourir à l'autorité impériale, la priant de trancher la question, et de déterminer lequel de tous ces textes serait admis comme officiel. Siuen-ti iÈf ^ décréta que le texte officiel des Mutations serait celui de Liang Klicou-ho %k $f> ^. Pour les Annales le texte de Hia-heou Cheng H f^ Mi et Pour le Tch' oen-ts ieou ^ fk le texte de Kou-liang Tch'e j| |f£ îff feraient loi. Tous les ouvrages anciens qui purent être recontitués furent classés par séries sur le catalogue commencé par Lieou Hiang S|| |n] et terminé par son fils Lieou Hin |P] \% sous le règne de Ngai-ti g f , 6 à 1 av. J.C.

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