III. Lettrés plus remarquables <los Premiers llau yfr
Ite période revêt un intérêt tout spécial en raison de la restauration des Lettres, après l'incendie des livres en 213, nous croyons devoir indiquer les principaux lettrés qui parurent pendant cette époque (4).
1° Loti Kia g K-
Bon lettré et bon politique, envoyé par Ifan Kao-tsou yji flj II, (206-194), comme ambassadeur au roi de Nan-yué ~$j |É, nommé Tchao T'ouo ffî fË> qui s'était proclamé indépendant. Lou Kia H îï réussit dans cette difficile mission, devint le conseiller de i'empereur, puis, par ses discours et par ses écrits, l'amena à une politique plus conciliante à l'égard des Lettrés.
(1) Voir Article I. I. et très commentateurs dea Mutations, Odes, Histoire
Dans ce but il composa douze Conférences, qui réunies formèrent l'ouvrage Sin-yu j$f f§: Discours nouveaux. Cet ouvrage existe encore, le thème fondamental est la démonstration historique de ce fait: Les dynasties qui ont montré trop de mépris pour les lettres et les anciennes traditions ont péri misérablement comme les Ts'in; au contraire tous les souverains, sages protecteurs des doctrines traditionnelles ont eu un règne glorieux. Il fut encore Fauteur d'un livre historique intitulé: Tch( ou-Han-tch' oen-ts( ieou ^| §| ^ %fc, Résumé année par année des principaux événements des royaumes de Tch'ou ^Ë et de Han §|. Cet ouvrage rendit de grands services à Se-ma Ts'ien "p\ M) M pour la composition de son Che-ki i£ ÏB (1).
2° Kin Fong £ $§.
Natif de Ts'iuen-tsiao ife ||j(, remarquable pour ses études sur le livre des Mutations, il passait pour un des lettrés les mieux renseignés sur la manière traditionnelle d'interpréter cet ancien ouvrage. Le prince Lieou Kiao JflJ ^, roi de Tch'ou J§; l'admit à sa cour au nombre des savants qui s'y étaient donné rendezvous (2).
3° Tchang Cheng H ±.
Originaire de Tsi-nan-fou tlf ïS Jïï, au Chan-tong I Li jf[, compatriote de Fou Cheng ffi JHf et très réputé pour ses connaissances historiques et sa compétence pour l'explication du Changchou fà ^ (Annales). Lui aussi fut un des encyclopédistes à la cour de Tch'ou Yuen-wang ^| yc 3Î, le frère de Lieou Pang
4° Mao Heng ^ ^.
Ce lettré avait, dit on, fait graver sur la paroi d'une grotte le texte des Odes, pour le sauver, au temps où Ts'in-che-hoang-ti^
(1) Cf. Tong-kien-lan-yao.
Textes histoiriques.
Tche-na-ioen-hio-che .
(2) Cf. id.
Liv. II, p. 28 — Liv. III. p. 2. 3.
të H Vf? lit brûler les Anciens Livres. A la cour de Lieou Kiao fij £, roi de Tch'ou S, il aurait reconstitué le texte ancien des Odes, qu'il transmit à son fils Mao Tch'ang ^ |{. Ces deux lettrés furent donc les canaux de transmission des anciennes explications du livre des Odes, qui par eux passèrent aux lettrés des Hem g{.
Mao Ifoig -£ 'r composa l'ouvrage Che-hiun-hou H |JI| j&,
Anciennes explications des Odes. Eo littérature, il est nommé Ta Mao-kong 'X -£ &i Mao l'Ancien, pour le distinguer de son fils Miao Tch'ang ^ Ji", appelé Siao Mao-hong >J> ^ ^ ou Mao
une (1).
5° Lou Chen <J| \\\ ou Chen-kong r|i &.
Lettré du royaume de /.<m 'tf», nommé Chen fjï, de là son nom ordinaire: C/ien de Lou ou /.oh C/n*» §• ^. Il fut disciple de Suen K'ing -j& J/f'jl, ou plutôt de l'Ecole de Suen K'ing, dont il avait reçu les traditions pour le commentaire de la Chronique de Confucius Tch'oen-ts'ieou). Licou l\iao$\\ sfc lui donna une charge officielle a sa cour de Tch'ou JK, mais quand son petit-lils Ou ,'Jc, ennemi des lettrés, prit le gouvernement de ses Etats, Lou Chen § tfl donna sa démission ^2).
6° Kao-t'ang-cheng ]\:'} ''•£ £.
Erudit fort remarquable, descendant de la famille princière de 0$, il habitait alors Kao-t'ang J$ %£ au Chan-tong li| Mi, et on l'avait surnommé Kao-t'ang-cheng "j^ j£ ^ le Maître de /i'r/ot'ang. Il fut un des familiers de Lzeou Kiao #J 3fe à la cour de Tch'ou î±l- Plus tard, quand on eut retrouvé 17 chapitres du Che-li 1; fS. il ne se trouva que Kao-t'ang-cheng, parmi tous les lettrés, qui pût reconstituer le texte en entier et l'expliquer. Ces
(1) Ci Tch'ang III. Partie.
Confucéis
t'ong-kien Liv. VII. art. VI. p. 7. s.
(inic se-che-ch< Liv. I. p. 4.
('-) ' ien-t'ong-h Liv. VII. art. VI, p. 7.
Liv. VII. art. IX. p. 7.
M chapitres, reconstitués par Kao-t'ang-cheng , se trouvèrent conformes avec les chapitres correspondants, d'un vieux manuscrit, qu'on retrouva ensuite à Yen-tchong \1& 41 > et qui fut collectionné par le prince Lieou Té §lj |§, frère de Han Ou-ti )H ttÇ ^- Cepeneant bon nombre de caractères étaient différents bien que le texte fut le même pour le fond.
Kao-tlang-ckeng put aussi, à l'aide d'autres tablettes retrouvées après l'incendie, reconstituer le texte entier du manuscrit de Yen-tcJiong $£ ef» mais il ne put donner les explications traditionnelles que pour les 17 chapitres, qu'il avait jadis étudiés. Quant aux 39 autres, (le manuscrit en comprenait 56,', personne ne put les commenter. Cet ouvrage disparut plus tard dans la ruine de la bibliothèque impériale, et ne put être utilisé.
Le texte des 17 chapitres transmis à la postérité par Kaot'ang-clieng, s'appelle Kin-wen-I-U ^ ]ÎC U SI Rituel en caractères récents, pour le différencier du vieux manuscrit de Lieou Té #J @>, qu'on nomme Kou-wen-I-li "é* "^ jj jjft, Rituel en caractères antiques. La raison est que ce dernier était écrit en Tchoantse JU -j:, vieux caractères. Ce lettré fut le chef d'école pour l'enseignement du Rituel, après la restauration des lettres sous les Han d'Occident. Au temps des Han postérieurs, Tcheng K'angtch'eng jlï> Jg fà écrivit son commentaire, qui fut transmis aux nouvelles générations de lettrés (1).
7° K'ong Fou Q gft (Kia Ep).
Huitième descendant direct de Confucius, appelle encore Tseyu ^ ^â, très érudit dans la science des anciens canoniques. Ts'in-che-Jioang |j! Ja iH lui-même l'avait honoré du titre de Wen-t'ong-hiun $ j| ^, pendant un temps, il fut même second admoniteur à sa cour. Dès qu'il connut les intentions de cet empereur relativement aux anciens écrits, il s'empressa de faire construire une bonne cachette, à l'intérieur d'un mur, et y déposa ses tablettes, où était transcrit le texte du Luen-yu ffr f§, du
(1) Cf. Recherches. IIIe. Partie. Notice sur Kao-t'ang-cheng.
Chen-sien-t'ong-kien Liv. VII. art. VI. p. 7.
Chang-chou f/ij ,',', du Hiao-king fy $£ et de plusieurs autres canoniques, après quoi, il s'enfuit à Song-chan -$£ |Jj . où il ouvrit une école qui compta des centaines de lettrés.
Tch'en Cheng |$ J$/, après s'être déclaré roi de Tch'ou 6, en 209, lit venir Kong Fou ^L iM* et le nomma son Grand Admoniteur, mais au bout de six mois, le lettré prétexta une maladie et se retira à K'iu-feou-hien \\\\ /,•. S£. Quand Han Kao-tsou $. ïfî jfjîfl. vint visiter le tombeau de Confucius, et lui offrir un sacrifice, le vieux lettré tira de leur cachette ses anciens manuscrits, et en fit présent à l'empereur. Ce geste du descendant de Confucius était une finesse diplomatique, qui produisit le meilleur effet sur l'esprit du souverain. Le fait même de recevoir en présent ces fameux Canoniques voués jadis à la destruction totale, fut comme le premier pas dans la voie de la restauration. Kao-tsou ^ jjill nomma K'ong Fou 3L $ft premier encyclopédiste Chang-pouo-c lie
Il fut l'auteur du K'ông-ts'ong-tse ^L jK: "Pi en 20 chapil
Faits et gestes de Confucius et de ses disciples (i).
8° rien Ho m fa (Tse-tchoang T &).
Originaire de Tche-tch'oan f$ Jl|, il menait une vie pauvre et studieuse, l'empereur lloei li ^5 ffî (194-188) lui demanda personnellement des explications sur le livre des Mutations, qu'il commentait avec grands succès dans son école de Ton- lin g #. |^\ au royaume de 7Vt j8, d'où son surnom littéraire 'l'on T'ien-cheng tt ffl ^, Maître Tien III de Tou-ling #. R. Les lettrés de Lou ^- et de Ts'i ï'j le regardaient tous comme leur Maître (2).
9° Fou Cheng ft JS (Tse-tsien ^ |§).
Vieil académicien du règne de ZVin Che-hoang-ti ff| jtu jf| ^? et originaire de Tsi-nan-fou \'H lïJ tëf. U niit tout en œuvre pour la conservation des livres anciens, et après avoir caché
(1) Cf. Chensien^ong-hien.
Biao-tcheng-chang-yeou-lou.
(2) Cf. Chensien-Vong-hien.
Yrir Article I. T-king.
I i\. VII. art. VII. p. 2.