LES THOIS ROYAUMES ET LES TSIN
Les :{ Royaumes (220-265).
Les littérateurs et philosophes de la période Kien-ngan <l£ ■^C et des premiers temps des Trois Royaumes, lurent rationalistes ou taoïstes. Ces hommes sont désignés sous l'appellation générique de : Les sept lettrés de la cour de Yé f$.
D'abord le prince Ts'ao Pei l,lli1 3i, fils de Ts'ao Tsao ',"/ $$, et devenu l'empereur Wen-ti ~$£ rfr, était un bon littérateur. Mais son frère Ts'ao Tchê Y1/ tt> prénom Tse-hien ^ JE, fut un poète improvisateur remarquable. "Ts'ao Tchc. d'après le dicton de l'époque, rimait une pièce de vers en faisant sept pas". Bon poëte, bon buveur et bon taoïste, menant joyeuse vie.
Les sept lettrés de la cour de Yé j||{ étaient à l'instar.
V K'ong Yong ^L §& prénom Wen-hiu ~$£ ?{h, du royaume de Lou, avait été grand dignitaire sous Hien-ti J® ïfr. fut mis à mort par Ts'ao Ts'ao "ff $g.
2° Tch'en Lin ffi $$ prénom ICong-tchang Q ï'*, de Koangling |5 |§8 , passa au parti de Ts''ao Ts'ao >,,!/ $|, et eut une charge officielle.
3° Wang Ts'an 3E ^1, prénom Tchong-siuen fif1 jtf , de Chanyang \[} |||, fut un des plus célèbres de la pléiade, et devint conseiller à la cour de Wei §|.
4° Siu Kan # $£, prénom VW^c/<V/?î# f$: ■§, de /\>-/mi
5° ywen Fu Pic ï$h prénom Yuen-yu yt ï^, de Tch'en-lieou Hl {if, au Ilo-nan -jïïj ]^j, fut disciple du célèbre V'.sV/z r<mg ^ £3, l'admirateur des doctrines de l'incrédule Wang Tch'ong 3Î 3fë, et partagea les idées de son maître (1).
6° Ing Yang J#, ï§, prénom Té-tien {g §|}, de Jou-nan fa '|fj .
7° LieoM Tcheng flj tj=j, prénom Kong -kan fè f£, natif de Tong-p'ing ]g ^, est regardé par les littérateurs comme le plus
(1) Cf. lliao-tcheng-chang-ycou-lou. Liv. XV. p. 15.
marquant de cette société de savants (1).
Les Tsin § 265-420.
Les dernières années du royaume de Wei §t, et les premiers temps de la dynastie des Tsin §, virent un nombre considérable de gens de lettres, dont plusieurs se firent une réputation bien méritée. En littérature ils sont groupés sous 5 titres généraux.
1° Les trois ermites de Sin-yang-san-in jÇ fj| j£ HÉ-
2° Les sept sages de la Bambouseraie.
3° Les trois "Tchang" 51 les deux liLou" H les deux uP(an,: i# "Tsouo" £.
4° Les deux historiens Fou Hiuen et Tcli'en Cheou.
5° Le commentateur du Tsouo-tchoan nommé Tou Yu.
A Les trois ermites de Sin-yang }Ç |^.
1° Tao Tsien p§J g, prénom Yuen-ming $j| $]. Ce fut un lettré distingué, il naquit à Tch1 ai-sang ^ J|, dépendant de Sinyang J|}l PJ§ et devint sous-préfet de P'ang-tché J£ ilp. Bientôt il se démit de sa charge pour avoir le loisir de s'occuper de littérature. Ses ouvrages en huit livres sont intitulés : Yuen-ming tsi Si M A- Le fragment : Koei-k'iu-lai-ts'e i§ * * i$ du Kouvoen é* 3C est son œuvre. Il mourut en 283, à l'âge de 63 ans. Il fut l'homme marquant de cette époque.
2° Tcheou Siu-tche JH $| £, mandarin démissionnaire, se retira chez les bonzes de Liu-chan JE jlj et se fit le disciple du bouze Hoei-yuen J| 3Ë,
3° Lieou I-min #J jg J£ de P'ang-tch'eng ~% ^, démissionna et se retira à K'oang-chon |M |Jj.
Ces trois mandarins démissionnaires, lettrés de mérite, formèrent un trio, que les gens de l'époque nommèrent : Les trois
(1) Cf. Hiao-tchenç-chang-yeou-lou. Liv. XIV. p. 4. — liv. XIV. p. 1.— Liv. IX. p. 4.
Tche-na-wen-hio-che. p. 43.
Le courant rationaliste et athée de Wang Tch'ong 3E ~9t passe ainai par l'entremise de son lecteur assidu Ts'aiYong^ |£, à cette société de lettrés de la fin des Han ^ Orientaux et de la période des Trois Royaumes.
solitaires de Sinyang j§J |^. A part celui qui se mit à étudier le bouddhisme avec le bonze Hoei-yuen J| £§, ils paraissent avoir suivi le sentier des croyances communes aux lettrés de l'époque.
B Les sept sage* de la Bambouseraie.
Ici les tendances taoïstes sont manifestes, leur mode de vie, leurs œuvres, leurs études d'alchimie pour composer la pilule d'immortalité, ne laissent aucun doute sur leurs croyances.
Du reste, ils se vantaient d'être disciples de Lao-tse Je ^ et de Tchoang-tse JjiË-'F', et se moquaient des Canoniques à l'occasion.
1° Ki Ivang %g />)t prénom Chou-yé >U 4L* habitait Tche g au Ts'iao-houo M [M- Sema Tchao n| ),!.) 08 vint lui-même écouter ses conférences sur le taoïsme et l'alchimie. Le conférencier ne daigna pas même se lever. Cet homme avait le titre de grand préfet, sa conduite et son laisser aller fournirent des preuves de culpabilité et il fut mis à mort. Il fut l'auteur des ouvrages: Tsiue-hiao-chou $8 $5 S et Yang cheng-luen££ffî. Ce fut lui qui organisa la société des sept sages de la Bambouseraie. Se-ma Tchao iij FJJ, \\(\ eut la main forcée et dut le faire exécuter à contre cœur (1).
2° Chan 7*ao (ij jj£, très ivrogne; l'empereur voulut expérimenter quelle quantité de vin il pouvait absorber avant d'en arriver à l'ivresse. Chaque fois qu'il se rendait à un lieu quelconque, il fallait au préalable lui préparer du vin. Il habitait Ping-tcheou f^ j\], et aimait à festoyer sur les bords de la pièce d'eau Kaoyang-tch'e « g | (2).
3° Yuen Tsi \hi ft, fils de Yuen Yu gc 3t, et prénom Sé-tsong p) ^, officier militaire et lettré capable, il est l'auteur de Yong-hoai ,.>K tï< eo 80 chapitres. — Ta-tchoang-luen }+, JE {&, Ta-jcn-sicn-chcng-tcli'oan ^ A % ëi (#• Au reçu de la nouvelle de la mort de sa mère, il continua à jouer aux échecs. De ce fait on prit prétexte de l'accuser et le faire exiler (3).
(1) Cf. Cnic-se-che-che-lou. Liv. IV. p. (i.
(2) Cf. Hiao~tcheng-chang-yeou-lou. Liv. V. p. 15.
(3) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou-lou. Liv. KV. p. 15.
4° Yucn Hien $ji f^, fils du frère aîné de Yuen Tsi fit j|, son prénom était Tckong-yong fff1 ;§. Il n'aimait pas moins le vin que les lettres.
5° Hiang Sieou |fï] $$, prénom Tse-ki ^ $$\, originaire de Hoai ffi, du Ho-nei ]pj ft, écrivain aux nuances fort taoïstes, il écrivit deux ouvrages, qui furent retouchés et publiés par Kouo Siang ||S j|, du Ho-nan |pJ ]^j , les titres sont : Ts( ieou-choei fJC 7K et Tche-lô 31 !SI en deux livres. Il fut écuyer de l'empereur (1).
6Û Wang Jong 3£ ^, prénom Siun-tchong j§* (4", habitait JLin-z @| JJf, à Lang-ya 3j|| 3^F; c'était le grand ami de Yuen Tsi PtC Wî mais il était plus jeune que lui de ving ans. Il fut président du ministère des Rites, ministre, après quoi il démissionna et fit partie de la société des Sept Sages du "Bosquet de Bambous"(2).
7° Lieou Ling §|) fn lun des plus célèbres de la bande, mais aussi l'un des plus ivrognes. Son prénom était Pê-luen \fa flf, il était natif de P'ei jrff, taillé en hercule et fort laid, il aimait à se faire trainer dans une petite voiture attelée de cerfs. Dans ses voyages, il faisait toujours porter avec lui une jarre de vin, et il avait recommandé à ses suivants de l'enfouir à côté de sa tombe, s'il venait à mourir en route. Il écrivit des vers pour chanter le vin. Tsieou-té-song jj @> $j|. Joyeux viveurs, faisant fi de toutes les croyances antiques, et cherchant la pilule de longue vie, pour jouir plus longtemps, telle est bien la doctrine de cette célèbre société de lettrés (3).
C Les 3 Tchang ?g, les 2 Lou gt, les 2 P'an if et Tsouo £.
Ie Les 3 Tchang «f.
1° Tchang Hoa 58 ¥> prénom Meou-sien /3c $t, habitait Fang-tch'eng "ff i$, dans le Fan-yang yS |H : il devint conseiller à la cour et fut tué par le rebelle Tchao-wang-luen Jï 3£ jfô, à l'époque Yong-k'ang tJ< Jf§, en 300. Un de ses ouvrages est intitulé Pouo-ou-tche if tift) jfe (4).
(1) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou-loa Liv. IV. p. 6.
(2) Cf. id. Liv. IV. p. 5.
(3) Cf. Gnié-se che-che-lio Liv. IV. p. 6. 7.
(4) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou- lou Liv. VIII. p. 5.
2" Tchang Tsai »jjt ^. prénom Mong-yang ^ %, habitant de Ngan-p'ing %*£. Sous la période T'ai-k'ang * Ji (280-289) il fut conseiller d'Etat (1).
3° Tchang Hic ?g %, prénom King-yang S %, ^\'c du
précédent, et mandarin à Ho-kicn-fou \\\) iîî] )f)\ il démissionna au moment des troubles.
Ces trois hommes sont désignés dans les ouvrages de littérature et d'histoire, sous le nom générique des "Trois Tchang W '2).
IIe Les 2 Lou |'^;.
1° Lou Ki g? $8« prénom Che-heng ± $r, le 4e fils de Loti K'ang |£| $fc. H fut mis à mort par /ng JÏÏ, roi de Tch'eng-tou
rk « (3).
2° Loti >"un |>5| H, prénom Che-long |; ffi, frère du précédent. Ii devint Grand Maréchal et ministre de la Guerre, puis fut mis à mort avec son frère. Ces deux lettrés distingués sont appelés : Les Deux Lou |H (4).
IIIe Les 2 P'an J#.
1° P'an M jjjr JE,, prénom Tchcng-chou JE sfit, lettré très en vogue qui écrivit l'ouvrage Ngan-cheng-luen ■$" ^ f mf (5).
2° PV/?! >ro iif> |Fr- prénom Ngan-jan $ fc. natif de Yongyang $& R§. D'abord sous préfet de Eo-yang "ji'J fê§, il parvint à de hautes charges et fut nommé duc de Ngan-tch'ang -^c m- Ces deux lettrés sont désignés sous l'appellatif commun des deux
IVe Tsouo &.
Tsouo Se 7r ,@Li prénom 7*ai-tch'ong k <'|', habitait Lin-tche Uî, fëj, du pays de V'n'/' rf . I! fut membre de la société académique
des lettrés, et se piquait de connaissances peu communes dans les sciences occultes. Il écrivit le T'si-tou-fou fi M M *t '(' >s'""-
(1) C. Hiao-tcheng-chang-yeou-lou. Liv. VIII. |>. 5.
. id.
(3) Cf. id. Liv. XIX. p. 12.
(4) Cf. id.
(5) Cf. id. Liv. V. p. 10.
tou-fou H M M» fut directeur de l'Ecole impériale, puis mandarin de KUcheou % j'H (1).
D Les Deux historiens.
r Fou Hiuen #- £•
Sur la liste des lettrés célèbres de l'époque il convient d'ajouter les noms de 2 historiens de mérite. Le 1er composa une histoire du royaume de Wei f|, Wei-chou ffe Iff. Il se nommait Fou Hiaen ft| £, prénom Hieou-i jfc ^ et habitait Ning-tcheou %
2° Tch'en Cheou |*$ j|, prénom Tch'eng-tsou ^ fi^, de Nganhan ^t Si, au Pays de Pa E (Se-tch'oan). Son maître dans les lettres fut Ts'iao Tcheou H JD, grand dignitaire à la cour de Lieow Pei |flj f§j. La carrière de Tch'eng Cheou |^ jj se déroula sous la dynastie des Tsin -ff d'Occident, après la chute des Wei ffe, en 265. Il avait subi avec succès ses examens de licence et était annaliste â la cour des Tsin ^J : c'est le célèbre auteur de l'Histoire des "Trois Royaumes" San-kouo-tche £ | |i, justement recommandable par la perfection de son style. Du reste ses contemporains le mettaient de pair avec Se-ma Ts'ien io] Jjg j|§, l'auteur du Che-hi & ffi (2).
E Le commentateur du Tsouo-tch' oan 2È i$..
Ton Yu $: % (Yuen-k'ai tC il) 222-284.
Lettré très distingué et fort bien renseigné sur toutes les questions de l'art militaire. Les officiers de la cour de Tsin Outi fï îK îfî l'avaient surnommé : Tou Ou-k'ou ^h |^ ^. Tou 1" 'Arsenal", en raison de sa compétence pour les affaires militaires. Pendant la période T'ai-che % jtë, 265-274, il était préfet au Honan jpj ]|). Il fut promu grand général au moment de l'expédition contre le royaume de Ou ^, et il s'empara de la ville de Kiangling fX US (Nan-king). L'empereur l'honora du titre de Marquis de Fou-yang g" ||, en 280 ap. J. C.
Tou Yu ^t ^ après ce succès demanda à se retirer dans la
(1) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou-lou. Liv. XVI. p. 6.
(2) Cf. id. Liv. IV. p. 2.
vie privée, pour se livrer à l'étude qui était sa joie et sa passion. Il disait plaisamment à l'empereur, qu'il était atteint de la maladie du Tsouo-tclioan £. U» parce qu'il aimait tout spécialement cet ouvrage, qu'il enrichit de précieux commentaires. Ses travaux lui ont valu une vraie célébrité, ils sont intitulés : Tch'oen-ts'ieou ^ ffc, sTouo-tch'oan-tsi-kiai & f# % M (1).
(1) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou-lou. Liv. XV. p. 7.
Textes historiques p. 1015.
ARTICLE V