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impérial (1).
E) Les >i Lettres de Ou ^ (Ou-tchong-se-che ^ + m ±). 1° Tchang Jo-hiu ?Jf S? j^; paraît avoir été comme le prince des lettrés au début des T'ang Jf ; beaucoup le mettent au-dessus de Chen et Song \% %, dont nous venons de parler. Avec ses trois amis Ho Tche-tchang ^ £fl Jp:, Pao Yong tS M et Tchang Hin 'jg jiQ, ils formaient le célèbre quatuor des "Quatre lettrés de Ou -,/l'\ 11 est à noter que deux d'entre eux, Ho Tche-tchang ^ £p ïjï: et Tchang Hin tyi j^\, firent aussi partie du groupe mémorable des Huit Immortels Ivrognes, présidé par Li T'ai-pê
Cette simple constatation nous donne de suite l'idée des mœurs et de la mentalité de cette pléiade de Ou -^: Grands poètes et grands buveurs, joyeux vivants, rationalistes ou athées, faisant bon marché de la philosophie et des croyances religieuses. Tour à tour Confucéistes, Taoïstes ou Bouddhistes suivant le milieu et les circonstances (2).
2° Ho Tche-tchang $R #P «jî, prénom Ki-tchen ^ jR, originaire de Yong -hin g tJ< H, du Yuê-tcheou $£ j\\ ; pendant la période K'ai-yuen |)|J tc, 713-741, il fut promu au doctorat et à l'académie; chez lui la dissolution et l'ivrognerie le disputaient au talent. Très jovial et fort spirituel dans ses saillies, l'empereur Hiuen-tsong S 7^ lui avait donné le sobriquet de "Ho-koei" •}£ Jfô, on dirait en argot : Le "Diable de Ho". Il donna sa démission et se lit tao-che, il mourut à 86 ans. Un jour qu'il était ivre, et c'était coutume, il tomba de cheval et se noya dans un puits (3).
3° Pao Yong fg Sfc, de Ou-hien 'y| f$, docteur et membre de l'académie (4),
4° Tchang Hin »jj<- ;J([J, prénom Pé-kao ffj ïtj. homme de
(1) Cf. Gni he-lio I.iv. VIII. p. <>.
Synchronisait p. 195. 22',». 2'iT.
(2) Cf. Tche-na-wen-hio-che p. 52.
(3) Cf. Recherches Tom. XI. p. 1025.
Hiao-tcheng-chang-yeou-lou I.iv. XVIII. p. 12.
(4) Cf. id. Liv. VII. p. 1.
lettres, calligraphe admiré. Son écriture cursive et ses inscriptions composées pendant ses fantaisies d'ivrogne, jouissent d'une réputation universelle. Il fut mandarin de Tch'ang-chou % |& et grand ami de Li T'ai-pé $i Ê- Ses tendances étaient plutôt taoïstes, sa vie du reste l'indique suffisamment (i).
F) Tcli en Tse-ngang [^ ^ |p, prénom Pé-yu fÈ IE, habitait Ché-hong $ft ^ji. Reçu docteur en 684, premier secrétaire d'Etat sous l'impératrice Ou-heou jéÇ Jp, il donna sa démission en 698. De retour dans sa ville natale, il y trouva en charge un de ses ennemis, qui le fit incarcérer et il mourut en prison. Ce lettré avait une grande réputation d'érudition (2).
Etat des croyances pendant cette première période.
Le fondateur T'ang Kao-tsou Jj "jtj ffL pour donner à sa nouvelle dynastie le prestige du merveilleux, eut recours au Taoïsme et à une prétendue apparition de Lao-tse fé ^f, qui se déclara l'ancêtre de la famille Li ^ et le protecteur du nouveau gouvernement. En conséquence il fit bâtir un temple à Lao-kiun 3é 1Êî au lieu même de l'apparition, sur le mont Yang-Jcio-chan ^ ^ iil : c'était le préambule du rôle important que joueront les tao-che à cette époque de l'histoire.
Li Che-ming ^ ft jg, l'année qui précéda son élévation au trône, sembla prendre des mesures sévères contre les bonzes et les tao-che. L'Annaliste Fou 1 ff| ^, l'ennemi du Bouddhisme, fit son fameux réquisitoire contre les bonzes. Le projet, déféré au conseil d'Etat, ne trouva qu'un seul défenseur î Tchang Tao-yuen 3j| M t!§ osa seul appuyer une politique défavorable aux tao-che et aux bonzes, c'est, assez dire que l'opinion générale était pour eux. Du reste Fou I {if ^ lui-même était un parfait sceptique, comme il l'avoua à l'empereur dans un entretien particulier.
T'ang Tcai-tsong $% jk r& devenu empereur favorisa tous les cultes, sa capitale devint le musée des Religions ; aimable pour tous, il fut aimé de tous, comme plus tard le seront les deux grands
(1) Cf. Hiao-tcheng-chang-yeou-lou Liv. VIII. p. 8.
(2) Cf. Tche-na-wen-hio-che p. 51.
empereurs Yuen Che-tsou yt jtt; ffl (Koublaïkhan) et K'ang-hi j^ J&.
Kao Tsong !& ^ son successeur eut toutes les dévotions. En 666 il visite le tombeau de Confucius, lui sacrifie 2 victimes, et lui donne le titre posthume de Maître suprême, 'Fai-che k fii|j. De là il passe à Pouo-tcheou ^ ]•{], visite le tombeau de Laotse i£ T, l'ancêtre de la dynastie, et lui décerne le titre pompeux d'"Empereur suprême de l'origine mystérieuse1'.
Sous l'impératrice Ou-hcou ]j£ fë, c'est le triomphe du bouddhisme. Le bonze Boai I \% K, après avoir été son grand architecte pour la construction du Ming-t'ang ftfi 'je* et du Temple du Ciel, fut nommé général de la garde impériale. Les choses en arrivèrent à ce point que le bonze Fa-ming jg? H£j déclara sans rire que l'impératrice était Maitreya, le Bouddha promis !
L'empereur Joei-tsong # 9r;\ en 710, la première année de son gouvernement, consacre ses deux filles au culte de la divinité T'ietiheou 3^ Jn> Les bonzes et les tao-che sont devenus si riches et si puissants, que le censeur Ning Yuen-ti Vu JBÎ % croit devoir demander des mesures restrictive!
Enfin Hiueyi-tsong ]£ tl; l'ut l'un des plus superstitieux empereurs ; par son ordre, Wang Yu 3£ ïpl inaugure officiellement, en 738, l'usage de brûler dn papier-monnaie pour les morts. 11 est à noter que ce fut à cette époque que les bonzes commencèrent à répandre ces genres de superstitions par toute la Chine: ce fut le succès du Bouddhisme, toute la Chine devint bouddhiste. Une nuée de bonzes habitaient la cour de Hiuen-tsong '{/[ tH, entre autres : Vajramati, le favori de la concubine Koei-fei h ili, Amoghavadjra ou Pou-h'ong ^ S etc. Quelques années plus tard arriva le fameux bonze Ti-tsang-wang JtJJ H 3:, (Mou-lien @ jjt), honoré à Kieou-hoa-chan j\. ij| |L| , un des plus grands propagateurs de ces nouvelles inventions superstitieuses. Li T'ai-pé $ -jk, É3 et tous les grands poètes de l'époque eurent des pièces de vers à l'éloge du bouddhisme. Li Tcai-pê fut aussi le contemporain du célèbre bonze Seng-k'iè-ta-che fft ftll ^ ±, du Tarim, un des hommes qui exerça la plus profonde influence pour la propagation du bouddhisme. Son pèlerinage à Lang-chan <jtë iXï attire encore chaque année des centaines de mille de pèlerins.
En 739, Fliuen-tsong ."£ rfc voulut que Confucius eut aussi part à ses faveurs, il lui accorda le titre de Roi : Wen-siuen-wang ZÎC J=t 3E : Roi de la diffusion des lettres; ses disciples furent faits ducs ou marquis.
En 741, l'empereur compléta ses libéralités en comblant les taoïstes de privilèges et de faveurs. Lao-tse $£ ^f eut ses sacrifices et le titre d" 'Empereur de l'origine mystérieuse de la grande voie", et un des meilleurs procédés pour gagner les bonnes grâces de l'empereur était de bâtir des temples taoïstes. Comme l'immense majorité des lettrés se tourne toujours du côté du soleil levant, brigue les dignités et les faveurs, on peut s'imaginer l'état des croyances dans un pareil milieu. De la doctrine primitive du Jou-hiao fit ;|fc, il n'allait bientôt plus rester que le scepticisme de Fou I i^. s^ chez les chauvins, et un mélange sans nom d'idées taoïstes, bouddhistes et confucéistes dans le corps des lettrés. Le terrain était préparé pour la pleine floraison des principes de Wang Tch'ong 3E 3fé- Tchou Hi ^ ^ et ses collègues n'auront guère qu'à cueillir les fruits et à les présenter à leurs contemporains (4).
Il est à noter que ce fut pendant cette période que le Nestorianisme fut introduit en Chine, sous le règne de Tcang Tl ai-tsong M ~k tk, et il commença à se répandre sous Kao-tsong "jfj ^ (650-683), qui fit ériger des temples nestoriens (2).