III. Les Yuen
A) Avant l'avènement de Koublaï khan. Yé-liu Tch'ou-tsai M # $è #.
Mandchou d'origine, du sang royal desLiaojgf, il était officier au service des Kin ^ du Liao-tong jjî 3|C, quand il fut fait prisonnier par les Mongols. Gengis khan frappé de sa distinction et de la sagesse de ses conseils le prit pour son conseiller intime. Son influence sur ce farouche conquérant sauva la vie à des millions d'hommes. Il servit avec le même dévouement éclairé le nouveau souverain Octaï khan, à qui il suggéra des mesures pleines de prudence, pour l'administration des nouvelles provinces chinoises qu'il venait de conquérir.
Pendant toute sa longue carrière, cet homme fut le protecteur né des lettres et des gens de lettres. Dès 1227, quand Gengiskan eut exterminé les Ifia J[, Yé-liu Tch'ou-ts'ai au milieu de l'immense butin s'adjugea les livres et les sauva de la ruine. Dès que Octaï khan fut monté sur le trône, il sut gagner son estime, si bien qu'en 1233, après la prise de K'ai-fong-fbu ffi i?J" jff, la capitale des Kin ^, il obtint la vie sauve pour les malheureux assiégés, qui, d'après les lois mongoles, devaient être tous passés au fil de l'épée, pour refus de soumission aux conquérants. Alors se posa le difficile problème d'administration pour les provinces annexées. L'habile ministre et conseiller, distilla pour ainsi dire goutte à goutte dans l'esprit du guerrier, les sages avis donnés jadis à Lieou Pang §PJ ^R par le lettré Lou Kia |§? j!f. Il saisissait toutes les occasions pour lui faire comprendre qu'au point de vue politique, il avait tout avantage à favoriser la secte des lettrés et à se montrer le protecteur des lettres. Octaï khan goûta peu à peu ces avis, entre deux coupes de vin, et finit par donner carte blanche à son ministre. Il obtint tout d'abord la mise en liberté de tous les lettrés captifs, les fit examiner sur les Canoniques, 4030 d'entre eux, jugés les plus érudits, furent choisis comme fonctionnaires civils, et chargés de percevoir le nouveau tribut imposé aux Chinois.
Nous avons vu à la fin de la dynastie des Song $£, comment
le lettré Yang Wei-tchong $j '|f(i 4L à son retour du Se-tch'oan P9 Jlj, avait introduit la philosophie des Song $£, dans la capitale ,1,' Pê-kin, en 1238. Ce fut avec le consentement de Octaï khan et sons la haute protection du ministre Yc-Uu Tch'ou-t&'ai, qu'il fonda la célèbre bibliothèque du T'ai-hi jk g: Premier Principe, tous les ouvrages de la Nouvelle Ecole, enlevés dans les bibliothèques des Kin £, après la prise de K'ai-fong-fou [$ $i jff. Et pour qu'il ne manquât rien au plein épanouissement de ce mouvement littéraire et philosophique, un nouveau Temple des Lettres fut érigé à la capitale. Tcheou Toen-i lu] $c BU, le père du Néoconfucéisme, y siégeait à la place de Confucius, les six assesseurs du nouveau prince des philosophes étaient: Les 2 Tch'eng @, Tchang Tsai >M & Yang Che M B#, Yeou Tsouo W f\\\ et Tchou Hi fc }'?r. Ainsi grâce en partie à la protection du ministre Yéliu Tch'ou-ts'ai, le Tchouchisme avait fait son entrée triomphale à la capitale des Mongols à Pé-hin, dès le règne d'Octaî kan, 1229- 1241 (1).
B) Après l'avènement de Koublaï UJian, le fondateur des Yuen ïc> 1" Vu Tsi j£ tfi, fils de Vu Ki Jt R, de Tch'ong-jen # fc
au Ling-tch'oan Ui, )\\. Il fut redevable de son éducation à sa mère née Yang 1$, d'une extraordinaire érudition. Elle lui apprit de vive voix, pendant son enfance, le Luen-yu %m |§, Mong-tse JÊ rp, le Tsouo-tch* oan /£ f#., la plupart des écrits de Ngeou-yang Sieou [îift |^J frj£ et de .Soi* Tong-p'ouo M Jk' $• Aussi ce jeune homme, parfaitement doué du reste de toutes les qualités de l'intelligence, devint-il ensuite un érudit distingué.
Après l'avènement de Wen-tsong ^ >-£, en 1328, il fut choisi
comme historiographe en collaboration avec Tchao Che-yen j$i
■lit $L Ils avaient ordre de rédiger l'histoire des ancêtres de la
Yuen 7C- Tchao Che-yen Jiï [11; JE se retira avant la lin
long travail et ce fut Yu YW j( ^|, qui l'acheva seul. Il est
(i) I bistoriqui p. 1925 1928. 1937. 1938.
ang-yeou-lou (Chou-tsi) I.iv. 20. p. 3. 4.
intitulé Tsou-tsongche-lou jjjg. ^ ff §|. Une ophtalmie l'obligea bientôt après à se retirer dans la vie privée (1).
2° Yang Tsai j§£ M, prénom Tchong-hong ft* g;, né à P'outch'eng \$ j$, alla ensuite habiter Hang-tcheou $t )]]. Bon littérateur et encore meilleur poète, il pensait se retirer des affaires, quand le Ministre de l'Intérieur, nommé Kia Kouo-ing Jf g 5£, le proposa comme candidat à l'académie, il avait alors 40 ans, et i était docteur de la promotion 1314. Il mourut préfet de Ningkouo-fou $ H Jff, au Ngan-hoei ^ % (2).
3J Kié Hi-se $| \% $f, prénom Man-che H ïjfî, originaire de Fou-tcheou & )]]. Un grand dignitaire de la cour le patronna auprès de l'empereur, il fut admis au rang d'académicien, puis en 1328 il fut nommé Grand Précepteur des princes de la famille impériale.
L'empereur Wen-tsong ^C rfr ^m confia la tâche de rédiger l'Histoire des Liao jg, des Kin ^ et des Song ^. Il ne put terminer que l'Histoire des Liao 38, il tomba malade au moment où il entreprenait celle des Kin ^ et mourut au bout de sept jours. Un de ses autres ouvrages est le Kong-tch{ en-lié-tch' 'oan ?}) |5 M 1» (3).
4° Yang Wei-tchen j§} $É |j=[, prénom Lien-fou j$| 5^, habitait Chan-in il] [§£. Sa mère, née Li ^, vit en songe une pièce d'or tomber de la lune et descendre dans son sein, à son réveil elle était enceinte. L'enfant qu'elle mit au monde fut Wei-tchen $É ||j. Il avait une si prodigieuse mémoire, que, dans un seul jour, il pouvait apprendre plusieurs milliers de caractères. Son père Hong % lui bâtit un pavillon sur la montagne de T'ie-ya-chan jfe JS il], pour lui permettre de se livrer à l'étude avec plus de tranquillité. Ce fut dans ce pavillon qu'il passa cinq ans, tout entier à l'étude. Dans la suite il prit pour surnom littéraire le nom de cette montagne et s'intitula '"T'ié-ya" $k JE-
(1) Cf. Gnié-se-che-che-lio Liv. VIII. p. 16. 17.
(2) Cf. id. p. 19.
(3) Cf. id. p. 17.
Docteur en 1327, il fut mandarin de T'ien-tai 3R -£}, puis préposé aux salines de Ts'ien-ts'ing-tch'ang $$ gÇ JjJ environ ÎO ans, après quoi on le nomma chef des lettres au Kiang-si }X H- Pendant les troubles qui survinrent il se sauva à Ts'ien-t'ang-hien SE Hf S£ puis à Song-kiang ©il., où il s'acquit une grande renora-
comme littérateur et érudit. En 1369, Hong-ou $& Ht l'appela ;'i sa cour pour travailler aux Annales, il y resta 110 jours et dut rentrer dans son pays natal où il mourut.
Il est l'auteur du Tcheng-i* ong-pien JE $£ $$ (1).
T'ouo Tovo lift )ft, Mongol, fils de Ma-tcha-cul-tai Jfg ft j/d fY. de Sou-wei j§ flfî; son talent supérieur se manifesta dès sa plus tendre jeunesse, il étudia sous la direction d'un maître capable, nommé Ou Tche-fang -^ Hï if, de P'ou-hiang \fô fc.
T'ouo T'ouo JJft jjft n'était pas seulement un savant mais aussi un athlète d'une force physique au-dessus du commun et bon archer, il accompagna souvent l'empereur pendant ses chasses et fut nommé ministre en 1341. L'empereur Choen-ti .'fi ïi?, To-hoan Témour, lui confia la rédaction définitive des trois Histoires officielles des Liao j]Çf. des Kin <fe et des Song 'M- Nous avons déjà vu que le lettré Kié Ili-sc #J f% j[lf vers la même époque, avait terminé l'Histoire des Liao i£ê et déjà commencé l'Histoire des Kin ^, quand il mourut. Le travail était donc déjà à peu près tout fait, du moins pour la première de ces trois Histoires.
T'ouo T'ouo )\St %l. après avoir terminé son travail, se retira en 1344, il n'y passa donc que h aimées, ce qui prouve qu'il ne s'agissait que de mettre la dernière main à des travaux depuis longtemps commencés. Nommé ensuite grand tuteur, il reçut mission ds combattre le rebelle Tchang Che-tch'eng 5J* ± Wt en 1352, Après avoir lutté 3 mois sans succès, il fut accusé de détourner les fonds destinés à l'armée, privé de sa dignité et envoyé en disgrâce à Hoai-ngan ;ff:. 'le- Un de ses ennemis, le mongol Ha-ma, supposa un ordre impérial et lui envoya l'ordre de s'empoisonner. Ainsi mourut le grand historien (2).
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (Uia). Liv. X. p. 1.
(2) Cf. i H,, Liv. XIII. p. G. 7.
6° H ion g P'ong-lai M Jj)J jfe, prénom Yu-k'o M pf, natif de Yu-tchang % ^, (Nan-tch'ang-fou ]§ || jff, au Kiang-si fc M), était un docteur de la période Hien-choen |,t ï$, 1265-1274. Il était préfet de Pao-k'ing fou 'jjf J| /H', à la fin des Song $£.
Au changement de dynastie, il se retira à Tcli ou-tcheou $& }]}, ouvrit une école et chiffra ses élèves par centaines. C'était un tenant de la nouvelle Ecole de TcJiou-Hi ^ ^, dont il enseignait les ouvrages. Il fut choisi pour chef des lettrés du Fou-kien fi $i et sur ses derniers jours devint juge de Fou-ts'ing-tcheou jfg ïfi M- Les lettrés ses contemporains lui avaient donné le surnom de " T' ien-yong -sien-cheng ^ f$f ^t £fe" Maître à la science infuse. Il excellait surtout comme commentateur des trois Rituels, San-li H WL, là, il n'avait point d'égal. Il mourut pendant la période Tche-tche M in (1321-1323). Il fut l'auteur des deux ouvrages: Kia-tsi % 3$. en 3 livres, et King-chouo $£ fft, en 7 livres (1).
7° Ou Che-tao -^ (jjjj $,, prénom Tcheng-tch'oan JE fïj, de Lan-h'i Hjf }JI> au Ou-tcheou §£ ')]]. Reçu au degré de docteur en 1321, il remplit des charges mandarinales à Kao-yeou ~$) §p, au Kiang-sou, à Ning-kouo-fou % [U Jff, Tche-tcheou "ftjî ffl, Kien-té 3Ê fê, au Ngan-hoei, puis fut mandé à la cour pour y expliquer les Canoniques. C'était un partisan arrêté de la doctrine philosophique de Tchou-Hi 9f. ;ïjj?, dont il propageait les idées. Devenu assesseur au Ministère des Rites, il démissionna et écrivit les ouvrages: 1-çhe-chou J^ jf #, Tsa-chouo $| t£, Wen-tsi ]$C j|t, en 20 livres. Il fut aussi l'auteur de commentaires sur l'Histoire des luttes féodales (2).
8° Lou Wen-koei HÉ 3C ëë> prénom Tse-fang ^ if, habitait Kiang-in {£ FÊ- Les Canoniques et les traités de divination n'avaient plus de secret pour lui. Ces derniers semblent avoir occupé une place de choix dans ses études. Bachelier pendant la péride Hien-choen /^ W-> 1265-1274, il se retira dans la vie privée après la chute des Song % et ouvrit une école, à l'est de la ville
(1) Cf. id. Gnié-se-che-che-Uo. Liv. XIII. p. 22.
(2) Cf. id.
de Kiang-in ?J'. |£, hors les murs, ses nombreux élèves le surnommèrent : "Ts'iang-tong-sien-cheng ft jK 3fc ^, Maître à l'est de la muraille". Il obtint le grade de licencié pendant la période
Yen-yeou J§ jfô, 1314-1320. Plusieurs fois l'empereur le fit mander à la cour, mais la vieillesse et ses infirmités ne lui permirent pas d'accepter. Il prédit qu'après 20 ans naîtraient de nouveaux troubles et défendit à ses élèves d'élever un tumulus sur sa tombe, pour éviter la profanation de ses restes. Le tout arriva comme il l'avait prédit, les tombes furent violées en grand nombre, la sienne n'ayant aucune marque extérieure passa inaperçue. Il composa un ouvrage intitulé Ts'iàng-tong-lei-kao K" jft :Jifl ^ en 20 livres (1).
9° Li Hiao-koang ^ ^ )t prénom Ki-houo ?pi fil de Lôts'ing K*- jpf, du Wen-tcheou $j. j'\'\. Célèbre littérateur qui tint école à Yen-tang-chan JffR M |J|. En -1347, il fut appelé à la cour comme rédacteur des pièces officielles. Il offrit à l'empereur un commentaire du Hiao-hing £ fS, intitulé: Hictù-lting-tou-chouo
f- & H tft- Ses autres ouvrages sont: Wen-tsi ~$C Î6 en 20 livres; Yen-chan-che-fti Jfft llj -f- fid, 1 livre
10° Les Trois Hou ,'.)}.
r/,) Bon Te h' an g- j ou "$ j.4; j§§, prénom Ki-tchong j$ f'i' habitait Yong-h'ang 7k l\k- Ce lettré est un disciple bien authentique de l'Ecole panthéiste et athée de Tchou Ifi ^ ;;£. Il eut pour maître Yu Hio-hou & *r^ Vi\ de Ts'ing-t'ien ff II), qui luimême avait étudié à l'école de Wtnip Mong-song 5E ''^': fë, son compatriote. Or Wang Mong-song 3E 2j£ fe avait eu pour maître }'é Wei-tao ^ % lil'. le propre disciple de Tchou 111 !]< ;;V.
ETou Tck'ang-jou M) U- |fj fut préfet de Fou-ning-tcheou H m' W pendant la période ///V» c/mjch j„\£ Vf- 1265-1274, puis lors de la chute de la dynastie il se retira à Yong-Ji'ang-chan 7]< Q| |I| . En 1288 les lettrés le proposèrent à la cour, où il fut admis en sa qualité d'érudit et incorporé au comité des docteurs. En L>14, il
(1) Cf. I Uo. I iv. XIII. p. 22.
(2) Cf. id. p. 23.
était préposé aux salines du Tché-kiang $f JX. Une maladie l'obligea à se retirer à Eou-ling-chan $£ ffi \U, près de Hangtcheou ^t j'\], où il mourut. Voici les titres de ses ouvrages : Wa-feon-pien % fa $1 — JS'an-tcli'ang-isi ~$j g ^ — Ning-liaiman-tch'ao ^ M Jg # Yen-yo-tchai-kao fg H H |g (1).
6j 7/o« Tche-kang #j ;£ |2), prénom Jen-tchong \?) fy , parent du précédent, et renommé pour sa science des Canoniques. Sa réputation comme littérateur était bien établie dans toutes les contrées voisines (2).
c) Hou Tche-clioen "fâ £ $£, cousin du précédent, son prénom était Mou-tchong Q ftf1, très bon littérateur et fort érudit, il fut admis au grade de docteur, durant la période Hien-choen /$ jg 1265-1274.
Les lettrés contemporains désignaient ordinairement ces trois doctes personnages, sous le nom collectif: Les Trois Hou f$ (3).
C) Les Romanciers.
Sous les Yuen yt on fît encore plus de littérature légère que de philosophie, et les nombreux romans, qui parurent pendant le règne des Mongols, continuent encore à avoir plus de lecteurs que les sèches thèses panthéistes des disciples du Néo-confucéisme. Voici quelques noms cités pendant cette période.
1° Sa Tou-ts'e $Ë $5 $lj.
2° Wang Che-fou 3£ 'X "if, auteur du Si-siang-ki H M !E.
3° Kao Tsé-tchceng ^ |lj |jc, prénom Tong-kia % |g, qui vécut à la fin des Yuen jt et fut l'auteur du P'i-p'aîd S§ H SB-
4° Là Koan H Jf, prénom Pen-tchong Tfc 41 de Hangtcheou ^ j>\], auteur du roman San-kouo-tclie H B ÎÊ-
5° Li Tcho-ou ^ ^ j§- romancier du temps des Yuen tc, qui écrivit le Cli ' oei-hou-tcJi oan 7K ÏÊf r# (£)•
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan. (Tchong). t.iv. 10. p. 21.
(2) Cf. id.
(3) Cf. id.
(4) Cf. Tche-na-wen-hio-che (Hia-pien) p. 22—25.
La caractéristique du règne des Mongols fut la tolérance. "Dans le monde, disait Koublaï khan, on vénère surtout 4 grands hommes, les chrétiens adorent Jésus, les Juifs vénèrent Moïse, les Mahométans Mahomet, les Bouddhistes Çakyamouni. Pour moi, je les~vénère tous quatre, afin qu'ils me protègent". 'YcWc fut en miniature la cour des Mongols, qui avait quelque ressemblance avec une "Assemblée des religions". Le souverain les tolérait toutes, donnait à chacune d'elles des marques de son respect et finalement n'en n'avait aucune. Au fond ces princes étaient surtout superstitieux, et Koublaï khan surtout paraît avoir eu ses préférences intimes pour le Bouddhisme. La même politique de tolérance pour tous les cultes et toutes les croyances persista sous jes règnes suivants. Ainsi Jen-tsong qui ordonne des sacrifices en l'honneur des philosophes Tcheou Toen-i et autres en 4313, faisait copier cinq ans après en lettres d'or la collection des Sutras bouddhiques, et de riches subventions annuelles étaient p aux pagodes — Les Chinois, passionnés pour la comédie et les romans, profitèrent de cette tolérance pour se livrer à cœur joie à leurs deux passions favorites, aussi on peut dire que la dynastie mongole vit plus de romanciers, d'auteurs de littérature légère, que de philosophes. Les mœurs des lettrés n'avaient pas grand chose à perdre, mais la moralité du peuple fut plutôt en baisse.
ARTICLE IX
LES M1NG B^ I:ï(Î8-1(>28.
Nous venons de voir les Yuen jc se montrer les protecteurs des lettres, et par une habile politique, flatter les lettrés, pour faire ublier leur titre odieux de conquérants étrangers, nous constaterons sous les Ming B£j, la dynastie nationale, une ère de progrès, comparable aux plus beaux jours de la littérature. Tclwu Hi /fc 7^ et sa doctrine seront particulièrement en honneur, la famille impériale considérera en lui une des gloires de son nom : Tchon ■%:, nom de famille du fondateur Tchou Hong -ou ^ £& ;jfÇ. Ce fut en 1415, sous Yong-lô yjc ICI, que fut publiée la grande collection Sing-li-ta-ts' iuen 'ft S ^C &, contenant les aperçus philosophiques de 120 lettrés du Néo-confucéisme, apothéose de la nouvelle doctrine rationaliste athée.
En 1416, un décret impérial commandait dans toutes les écoles renseignement des Canoniques, des quatre Livres, et rendait obligatoires les commentaires conformes à la doctrine du Sing-lita-ts iuen '|É SI ^C ^. L'importance de cet édit impérial n'échappera à personne, c'était fermer l'entrée dans la carrière littéraire, refuser les grades universitaires et par conséquent les charges officielles, à tous ceux qui refuseraient de s'y conformer.
Quelques lettrés rirent une motion en 1522, pour substituer aux commentaires du Sing-li-ta-ts1 iuen j£ 3 ^ i& ceux du lettré Lou Kieou-yuen @| % $$, 1140-1192, mais cette tentative même indique clairement l'esprit qui animait ces novateurs, puisque Lou Kieou-yuen @? jl JJfK était un rationaliste renforcé, qui ne croyait à rien. Du reste les censeurs n'acceptèrent pas cette réforme et Tchou Hi ^ ^ continua à jouir d'une autorité sans conteste (1).
Hommes remarquables par leur érudition.
A) Les Sept hommes célèbres (Ts'i-tsai-tse <*C ~3f ^f ).
1° Li P' an-long ^ jl fï, prénom Yu-ling -^ $|, habitait
(1) Cf. Textes historiques p. 2008. 2022. 2025. 2034.
Le philosophe Tchou Hi. p. 18.
la ville de Li-tch'eng-hien /g i$ $£. Ses succès à son examen de doctorat en 45A4 lui valurent sa nomination à la présidence du Ministère de la Justice. Grand Examinateur au Chensi |$£ ï't[, au Tché-kiang $f i£, au Ho-nan jnj ïfj. partout il se fit une réputation de littérateur éminent (4).
2° Wang Che-tcheng 3î iMr j(, prénom Yuen-mei je ^< de
T'ai-ts'ang Jk ft. Littérateur et poète à ses heures, il fut reçu au doctorat en 4547, à l'Age de 49 ans. Président du Ministère des Peines et chargé de différentes fonctions importantes à la cour, et en province et mourut en 4593, pendant son stage à Nan-king |fj M, comme Président de Ministère.
Ce lettré célèbre eut beaucoup de relations avec les bon/es et les tao-clie (2 .
3° Sié Tchen M ¥Â> prénom Meou-ts'in /£ $%, habitait Ling-ts'ing {?$ ffi, il était borgne. Dès l'âge de 40 ans, il se fit
remarquer par ses poésies. Il se rencontra à la capitale avec Li P' an-long ^ %ft fil. lit même partie de la société des "Sept hommes célèbres", mais, comme il se brouilla avec lui, on le biffa de la liste. En 1573, il se dirigea vers Tchang-té-fou % {§ Jff ; Mouwang @ 3E était alors maître du pays et ses poésies eurent tant de succès à sa cour, que le souverain lui fit cadeau d'une de ses concubines nommée Kia-ki jrf %\ (3).
t Tsong Tch'en \\l j=£, prénom Tse-siang ^f- |Jj, natif de Uing-hoa #& fa< au Yang-tcheou \\)j j\\. Docteur de la promotion 1550, puis chargé du Ministère de la Justice, il donna sa démission par suite d'une brouille avec ses collègues. Tl passa au Fou-kien |i JÉ£, où il Put nommé examinateur et mourut (4).
5° Leang Yeou-yu |j£ %\ ;§£, remarquable littérateur; après avoir conquis ses grades de docteur en 1550, il remplit l'offii Président du Ministère des Châtiments pendant trois années, puis
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan. (llia) Liv. X
(2) Cf. id.
(3) Cf. id.
(4) (T. id,
rentra dans sa famille pour assister sa vieille mère, et y mourut à l'âge de 36 ans. (1)
6° Siu Tchong-hing fâ •+• îf> prénom Tse-yu ï1 I& de Tcliang-hing -ft f|. Passa brillamment ses examens de doctorat en 1550, fut Intendant du Ministère des Peines, puis préfet de T'ing-tcheou-fou ff j\\ jff, au Fou-hien fl 3É et de f/ou-hoang M M au Kiang-si yX ïf • Il mourut en 1578 (2).
7° Ow Kouo-luen J% g ffà, prénom Ming-h'ing Kfi #]!, habitait Hing-houo |P| g. Docteur de la même promotion de 1550. Ce grand lettré fut Ministre de la Guerre et grand Inspecteur au Kiang-si -/X H (3).
8° Li Sien-fang $ % 3JF, de Pou-tcheou $| ffl, ne resta qu'un an dans la société des "Sept hommes célèbres", il se retira et devint mandarin dans un poste de province (4).
9° Ou Wei-yo J& $| -g-, du Uiao-fong # g, fit partie lui aussi de l'association des "Sept hommes célèbres11, sous la présidence de Li P'an-long ^ ^ ']}{£, qui le chassa de l'association quelque temps après Sic Tchen HJ" $$. Donc deux de chassés sur neuf (5).
B) Les Quatre Génies (Se Kié ffl W-
Nom générique donné en littérature à quatre lettrés du pays de Ou -^1, qui vécurent à la fin des Yuen yt et au début des Ming 0^. Voici leurs noms :
1° Kao Kci "jij Mi, prénom Ki-ti Éf: jS, de Tch' an g-tcheou J| M du pays de Ou-hiun J% |ft. En 1353, rc/mngf Che-tch'eng 31 db t& leva l'étendard de la révolte, s'empara de la ville de /f«o- ?yecm "0) §p puis d'une partie du Kiang-sou jj\ $| alors 7T«o /iT^z "^ $fc, plus poète et littérateur que guerrier, se sauva à Ts'ing-lc'ieou
Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan.
(Hia)
Cf. id.
Cf. id.
Cf. id.
Cf. id.
Liv. X. p. 11
ff ffî dans le Song-kiang-fou fe & Jff et adopta pour surnom, le nom môme de sa nouvelle habitation. Dès lors, il s'intitula: T&Hng-k'ieou V'f W- I /empereur Hong-ou £ft jfÇ, dès la première année de son règne, i:îG8. le fit venir à sa cour, lui donna rang d'académicien et le lit travailler à la compilation de l'histoire «les Yiioi vû. puis le nomma commentateur des Canoniques à la cour. Kao liH Wi $C était un fin poète, une épigramme avec une allusion malicieuse à l'adresse de l'empereur fut cause de sa disgrâce. Il rentra dans sa retraite de Ts'ing-k'ieou ff JrR en J370, et y ouvrit une école- Le préfet de Kiang-hia i\\ 5 nommé Wei-koan |t K restaurait alors son tribunal, le poète Kao K'i l6j & se permit encore à cette occasion une maligne stance à l'endroit de Eong-OU jih fÇ, et, pour son malheur, elle tomba aux mains de l'empereur: ce fut le coup de grâce, il fut exécuté; il n'avait que .39 ans (4).
'!" Yang Ki H )}<, prénom Mong-tsai f&î 1$< sa famille était originaire de Kia-tcheou $& j'\], mais son père étant mandarin dans le pays de Ou ';!-• il naquit dans cette contrée. Dès l'âge de (.) ans, il pouvait réciter de mémoire les Cinq Canoniques. A l'arrivée des bandes de Tchang Che-tch'eng 3fî ± fS dans le pays, il se sauva à Tch'e-chan ffi [JL|. Le rebelle, après avoir organisé je de son gouvernement vers 1353, fit venir Yang Ki )§j ^ dans son palais et le lit travailler à la rédaction des pièces officielles. Il donna sa démission et se retira puis après l'avènement de la nouvelle dynastie, en J369, il fut sous-préfet de Yong-yang '!$ %. Vers 1373, il était inspecteur au Uou-koang $ H, puis devint assistant du Ministère de lit Guerre. Finalement il fut dégradé et condamné aux travaux forcés. Il écrivit un ouvrage intitulé : Luen-kien m S (-)•
3° Tchang Yu 5S ^]. prénom Lai-i ?fc H, bien que son père fût originaire de Siun-yang }■$ |%, il exerçait une charge officielle dans le pays de Ou -l)i. et ce fut dans cette région que Tchang Yu 3S M vint au monde à Hing-ling-hiang -SI i>K #$. Il se fit tao-che,
(1) Cf. ÏY/.V- hio-pei-Uo LÎV. X. p. ï.
(2) Cf. id. „ „
ouvrit une école et eut bon nombre de disciples. Ensuite il fut bibliothécaire à Ngan-ting % %, puis se rendit à la capitale; Hong-ou $t ^ ne lui accorda ancune faveur et il rentra dans son pays. Il fut plus heureux la fois suivante, en 1383, il était nommé Grand Cérémoniaire, et entre tous les lettrés, il fut choisi pour composer l'inscription, qui fut gravée sur une stèle de pierre au temple des ancêtres de la nouvelle dynastie. Comme la plupart de ces courtisans, il fut accusé, condamné à l'exil et déporté à Ling-nan % ]g. Mais voici qu'à mi-route un contre-ordre le rappela à la capitale; il comprit que la mort l'y attendait, il la prévint en se noyant dans le Long-hiang f| fx (!)•
4° Siu Pi % Jt, prénom Yeou-wen ij) #, originaire du Seich'oang 153 Jlj, vint habiter Tch'ang-tcheou 1$ )]] et P'ing-hiang ^ ££. Comme les trois précédents ce fut un très bon littérateur, de plus il était poète et paysagiste. Le rebelle Tchang Chetch'eng j/jf -± f$ le prit à sa cour. Bien qu'il eût donné sa démission, il fut quand même accusé auprès du fondateur des Ming R^, d'avoir prêté son concours à la rébellion, et après la mort de ce rebelle en 1327, Siu Pi # % fut exilé à Ling-hao W» & Une année après, les lettrés le recommandèrent à la clémence de l'empereur, il fut gracié, nommé Censeur, puis Inspecteur au Koangtong Jli ^C et enfin Ministre de la Justice. Il se trouvait en tournée d'inspection au Ho-nan */pJ "jff, quand passa un corps de troupes; s'étant montré trop sévère, il fut jeté aux fers et mourut d'inanition (2).
C) Les Dix lettrés illustres (Clie-tsai-tse + ^f -f).
1° Li Mong-yang ^ ^ p§, prénom Hien-ki HR § de K'ingyang j|| |^. Sa mère vit en songe le globe solaire descendre dans son sein, après ce rêve, elle se trouva enceinte, puis plus tard donna à son nouveau-né le nom de Mong-yang ^ p§.
En 1494 il obtint ses grades de docteur, devint Président du Ministère des Finances, suivit la voie habituelle de ces grands
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (hia) Liv. X. p. 4.
(2) Cf. id.
dignitaires, c'est-à-dire qu'il fut accusé, dégradé, réhabilité. Sous Ou-tsong jÇ 9^, 1506-1521, il revint à flots comme examinateur au Kiang-si f£ ]M ; l'eunuque Licou Kin §J î^\ le fit de nouveau dégrader. Cette fois il rentra dans la vie privée et résolut de passer le reste de ses jours en fêtes et en chasses avec ses amis les lettrés. Il prit alors le surnom de (t Kong -ton g-tse" , le "Tuyau Vide", pour bien marquer qu'il se désintéressait de toutes les aftaires officielles. Malgré tout, il fut quand même accusé de complicité avec le rebelle Ning-wang % 3î, et quand ce dernier eut été exécuté en 1520, l'empereur voulut aussi le condamner à mort. Des amis influents obtinrent sa grâce, et il mourut peu de temps après (1).
2° Ho King-m'ing f5J Jp; R^, prénom Tchong-me f't1 f$, de Sin-yang fë |^|. Dès l'âgé de 8 ans, il commença à composer des poésies, et à 19 ans il avait conquis son grade de docteur. Assistant au Ministère des Rites, puis Grand Examinateur au Chen-si R W, il donna sa démission en 1522, pour raison de santé. Pour la perfection du style, il n'atteignait pas Li Mon'g-yang $ ^ |j§, mais comme poète il le dépassait. Aussi les lettrés, leurs contemporains, avaient associé ces deux noms : Ho Li '(nj $, comme types de la poésie et du style (2).
3° Siu Tcheng-k'ing fâ %M 0* prénom Tch(ang-kouo |d jft,
de Ou-hien -^ ]$f,, au Sou-tcheou M j\], poète et chansonnier. Docteur de la promotion 1505, puis premier assistant du Tribunal de Cassation, il fut accusé et privé de son office, mais resta membre du collège des académiciens, à la cour. Il fut le poète le plus brillant de son époque, sa poésie frise le genre poétique de Pé L<>t'ien É| ^ \ 7i. Il n'avait encore que 32 ans quand il fut enlevé par une mort prématurée (3).
4° Pien Kong %k%, prénom Ting-che fê, ff, de Li-tch'eng
i$. Après son admission au doctorat en 1496, il passa par tous les degrés de l'échelle mandarinale : Grand Cérémoniaire,
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (Hia). I.iv. X. p. 6. 7.
(2 Cf. id. p. 7.
(3) Cf. id.
censeur, puis sous l'empereur Ou-tsong fâ ^, préfet de Wei-hoeifou % f$ jff et de King-tcheoa-fou M j'\] M, Grand Examinateur au Chen-si |$£ |M et au Ho-nan jpj iff, finalement il fut promu Ministre des Finances par l'empereur Che-tsong j£ 9r; 1522-1566, puis finit par être accusé, dégradé et vint finir ses jours dans son pays natal (1).
5° Tchou Ing-teng ^ Jj| ^, prénom Cheng-tche 5t IL natif de Pao-ing 'j| ,fi(§. Très habile lettré, il fut admis au degré de docteur durant la période Hong-tche 5A fp 1488-1505. Grand Examinateur au Yun-nan jj| ]^; il devint membre du Conseil d'Etat; son caractère orgueilleux et hautain lui attira des ennemis et il dut donner sa démission pour rentrer dans la vie privée (2).
6° Kou Ling H §$, prénom Hoa-yu ijjl 3L de Chang-yuenhien fc 7C JS- Reçu docteur en 1496, il débuta par être souspréfet de Koang-p'ing Ji ^, monta à la dignité de Ministre des Rites à Nan-lcing ]|f ^, puis à partir de 1509 suivit une courbe rentrante. Préfet de K'ai-fong-fou f$ 3^" Jff, préfet de second rang à Ts'iuen-tcheou & )]\, de nouveau remonta au faîte des honneurs et démissionna pendant qu'il exerçait la haute fonction de Ministre de la Justice. 11 mourut âgé de plus de 70 ans.
7° Tcli en I f$ \}x, prénom Lou-nan §• ]§, était un docteur de la période Tcheng-té JE i§, 1506-1521.
Il fut successivement Expositeur des Classiques au palais impérial, mandarin au Chan-tong \\j ^, puis Chef des équipages et des haras. Sur ses vieux jours il donna sa démission et se retira des affaires (3).
8° Tch'eng Chan-fou i|$ # £, prénom Ki-tche ff ±, de Ming-kien pj S?>, poète remarquable. Il passa son doctorat en 1505, fut Ministre des Finances en 4511, puis devint Président du Ministère des Rites. Pour avoir osé s'opposer au voyage que
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (Hia) Liv. X. p. 7.
(2) Cf. id. P- 8-
(3) Cf. id. „ „
l'empereur méditait de faire dans le Sud, il fut châtié et dut rester à genoux cinq jours entiers pour obtenir sa grâce. L'année suivante il démissionna, puis en 1522, il revint de nouveau assumer le même office, mais les fatigues du voyage, les intempéries lui causèrent une grave maladie, qui le conduisit au tombeau à l'âge de 39 ans.
9° K'ang Hai $k M, prénoms Té-han fâ ftS et Toei-chan fjlil, était originaire de Ou-kong fâ J#. A son examen de doctorat en 1602, il fut reçu premier, puis devint un des Annalistes de la Cour. En 1506, l'eunuque Lieou Kin §lj Q| l'attira dans son parti et ne négligea rien pour s'attacher cet homme d'un talent bien au-dessus du commun.
Après l'exécution de Lieou Kin §l] J|| en 4510, K'ang liai Jj M fut englobé dans la ruine de son parti et dégradé (1).
4 0° Wang Kieou-se j£ X S, prénom Ring-fou %fa 5&, de Hou :||J au Si-ngan-fou "|M ^c Jft. Admis au degré de docteur en l'an 1496, il fut nommé assistant au Ministère des Rites, mais ne tarda pas à être victime d'une accusation et fut dégradé, à cause de sa complicité avec l'eunuque Lieou Kin #J jj£ et sa bande. Devenu simple mandarin de Cheou-tckeou j$ j'\], il fut une seconde fois victime d'une accusation, dégradé définitivement et renvoyé dans la vie privée (2).
D) Quelques autres lettrés marquants des Ming.
1° Song Lien ££ |$t, l'historien de la dynastie des Yuen yt. Son prénom était Kin-lien ^ j$J, il habitait Tsien-lti ?ff {Jl, de Kin-hoa £ 0 puis alla sa fixer à P( ou-hiang \fâ ÏL- Son premier maître fut Mong Ki $É ^, son second fut Ou Lai ^ M, littérateur célèbre. Les lettrés le patronnèrent pour le faire admettre au collège académique. Pendant une di/aine d'années il vécut dans sa solitude de Long-men-chan nÈ P^ |Jj, où il passait son temps à composer des ouvrages. L'empereur Ming T'ai-tsou BÉj Jk jjfl.
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-isoan (liai) Liv. X. p
(2) Cf. id. „ „
le fit venir à sa cour, le nomma chef des lettrés du Kiang-nan fx. ]§ et précepteur du prince héritier.
Il le désigna ensuite pour écrire l'Histoire officielle de Yuen 7C. Cette énorme collection de documents, qui embrasse la période de 1280 à 1367, comprend 210 livres et est intitulée Yuen-chou % If- Les lettrés ses contemporains l'avaient surnommé T'aiche-kong yk $* fè ce qui dans leur pensée signifiait : L'Historien par excellence. En fait de science historique, il était unique.
L'un de ses petits-fils ayant été impliqué dans une tentative de révolte avec le rebelle Flou Wei-yong $j f(É /Jf, l'empereur, oublieux des services de Song Lien ^ $g, voulut le faire mettre à mort- L'impératrice et le prince héritier son élève lui obtinrent grâce pour la vie, il fut condamné au bannissement à Meou-tcheou j$ M- Arrivé à K( oei-tcheou §j ji\, environ à mi-route, il tomba malade et mourut [1).
2° Lieou Ki 91 S prénom Pé-wen \fa $| de Ts'ing-t'ien fj ffl, eut pour maître Tch'eng Fou-tchou §|5 tf[ ffl. Parvenu à l'âge de 14 ans, il possédait parfaitement le Tek' oen-ts ieou ^ $Jç et passait déjà pour bon lettré. Ses connaissances en astronomie et sur l'art militaire, mais surtout sa compétence sur les questions philosophiques alors en vogue, le rendirent célèbre dès la période finale des Yuen j£. Après avoir passé brillamment ses examens pour le doctorat, il avait été désigné pour Grand Examinateur au Tché-hiang ffi f£. Un jour qu'il se promenait sur les bords du Si-hou H $j], raconte la légende, il aperçut dans la direction du N.E. un nuage mystérieux qui lui sembla présager l'apparition d'un nouvel empereur à Nan-hing ]§ /£. Il prit dès lors la résolution d'embrasser son parti. Cette légende paraît avoir été ajoutée aux détails historiques de son existence.
En fait il se mit avec dévouement au service du fondateur des Ming $ft, et l'accompagna souvent pendant ses campagnes, il devint son conseiller intime et plus tard l'empereur ne l'appelait jamais que du nom familier de Lao Sien-cheng $£•%;§£. "Son
(1) Cf. Ggié-se-che-che-lio. Liv. XIV. p. 8.
Vieux maître" ce qui en chinois marque tout à la fois con6ance et respect. Il lui décerna le titre de Comte de Tch'eng-i f&ifS. A la cour et dans les milieux lettrés, Licou Ki |?lj ^ était regardé comme un des maîtres de la philosophie et des lettres. 11 était partisan avéré du Néo-confucéisme des Song 7^. L'empereur ayant dessein de nommer Hou Wei-yong Wi \% M ministre d'Etat, Licou Ki $1) j| crut devoir s'y opposer ; par vengeance Hou Weiyong iSjfl tfë /ftï 'e fit empoisonner.
II écrivit les ouvrages : Yu-li-tsc $|$ $j| ^ , en 10 livres : Foup'eou-tsi M. tïi % et Li-mei-hong-tsi *,'-! g ï\ îfe(4).
3° Fang Hiao-jou Jf Jf: Ui avait deux prénoms: Hi-tche # DE et Hi-kou jfe "à", il était natit de Ning-hai *$• Si et eut pour maître le lettré Sorig LÀcn ^&$. Sous le règne de Hong -ou $t fÇ il fut chef des lettrés de Han-tchong $ 4" En 1399, l'empereur Hoei-ti 3§ 'rfr le chargea d'expliquer les Canoniques à la cour.
Il écrivit les ouvrages : 'L'ai-tsou-cJic-lou -fc jjî§ J*f" $$ ; Lci-j/ao $3? etc..
En 1 402, le roi de Ken ?$ devenu empereur, s'empara de Fang Hiao-jou jf Jf: §§ après la prise de Nan-hing rf/ ?i<, et voulut lui persuader de passer a son service; il refusa énergiquement de prêter son- concours à l'ennemi de son souverain légitime et fut exécuté (2).
4° Yuen K'ai Jç $![, prénom King-wen j?; "£ de Hoa-tinghien Ëjl Ç- Sf> au Song-hiang-fou fô fX Jff, où il occupait un petit poste comme subalterne du préfet. Bientôt il se fit une grande réputation comme littérateur et poète, et fut choisi pour Censeur en 1370. Il composa alors une pièce de poésie intitulée Pc-yen È %fc l'Hirondelle blanche. Yang Wei-tcheng #} j£ ^' et les autres grands lettrés admirèrent tant cette poésie, qu'ils lui donnèrent pour surnom le titre même de son poème : Pé-yen ÉJ j$?. Aux questions que l'empereur lui posait, il répondait toujours d'une façon évasive, pour ne pas se compromettre, aussi il ne fut pas
(1) Cf. Gniése-che-che-lio Liv. XIV. p. 7. 8.
(2) Cf. id. p. 15.
en faveur et démissionna. Dans sa retraite sur ses vieux jours, il se nomma "Hai-seou" fft j£ le "Vieillard de la mer". Sa manière de vivre était fort originale, on le voyait souvent se promener dans le massif montagneux de Kieou-fong ji ||^. Il montait à rebours un bœuf noir, et portait son chapeau suspendu en bandoulière. Les peintres de l'époque se mirent à le peindre dans cet attirail (1).
5° Tchang Kien 5g fS, prénom Tchong-kien f+ fÊg, habitait Ou-hien ^ S£, au Sou-tcheou M JH; pendant sa jeunesse il se fit tao-che et eut pour maître le tao-che Tchang Yu 3|| M, l'un des "4 Génies". Ses études achevées, il se retira dans la solitude de Flong-chan jï| |Ij. Après l'avènement des Ming B£J, il quitta l'habit de tao-che qu'il échangea contre celui des lettrés, et rentra dans son pays natal où il eut soin de sa vieille mère.
En 1370, il fut admis à la cour de Nan-king ~ïfà S, où il travailla à la rédaction de l'Histoire des Yuen ?£■ II eut grande réputation comme littérateur et surtout comme poète (2).
61 Licou Song |flj $>, prénom Tse-kao -? "j^, de T'ai-houo if? ^0. Licencié à la fin des Yuen yc, docteur en 1370, il fut nommé assistant au Ministère de la Guerre, puis collecteur du tribut à Tcheng-kiang jji yX- N'ayant pas réussi à recueillir le montant de la somme exigée, il fut abaissé de plusieurs degrés dans la hiérarchie officielle. Après avoir fait sa pénitence à Pé-p'ing 4b ^P, il rentra au palais devint grand dignitaire et l'empereur venait de le choisir pour son familier depuis dix jours seulement, quand il mourut. C'était un distingué littérateur (3).
7° Ts'ao Toan ff S), prénom Tcheng-fou JE &, de Mientche-hien jg ftjj 3&. Il fut admis à la licence sous Yong-lô tK ^ 1403-1424; chaud partisan des nouvelles doctrines, il étudia à fond le T'ai-ki-tou-chou :fc fi M # et le T'ong-chou jg # de Tcheou Toen-i j$ |£ [5J}, puis composa un ouvrage intitulé : Ting-tcli ouliang tchoan % JE M Mj, où il réfutait les pratiques superstitieuses
(1) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (Hia). Liv. X. p. 4.
(2) Cf. id. p. 3.
(3) Cf. Gnié-se-che-che-lio. Liv. XIV. p. 13.
des bonzes et des tao-che et s'attaquait au Fong-choei M ?K- H obtint aussi des mandarins locaux la prohibition d'une centaine de romans licencieux.
On le nomma chef des lettrés à Houo-tcheou %l ffl, mais au moment des troubles, il rentra dans son pays natal, où il ouvrit une école qui devint fort célèbre. Il fut Fauteur des ouvrages suivants: Hiaohing-chou-hiai %■ $2 j$È $?• Se-chou-siang-chouo ffl .'.- W M- Tcheou-I-k'ien-k'oen-eul-koa-kiai-i ^ %h $£ b)i Z il #£ H. Tch'oan-yué-hiao-yang-t'ou )\\ ft ^CÏÏ^M- Ses nombreux disciples lui donnèrent le surnom littéraire de Tch* ' oan-yuè-siencheng )\\ f\ J)t $L- Allusion aux deux premiers caractères du titre de son dernier ouvrage. Son école fut nettement Tchouchiste (4).
8° Sic Siuen fft- îrf. prénom Té-wen £§ j^îî., de Ho-tsing fpj :{$1. Ses premières années dans la carrière littéraire furent emplo- ,i l'étude de la poésie, pour laquelle il avait d'heureuses dispositions. Dès qu'il eut connu les ouvrages des 2 Tch'eng ^ et de Tcheou Toen-i lu) j$ H;.l'(\ il brûla ses recueils de vers et se mit à étudier avec ardeur le nouveau système philosophique.
Après son admission au doctorat en 1436, il futpromu censeur et Grand Examinateur des lettrés au Chan-tong \1] j&. Tous les gens de Lettres l'avaient surnommé Sié-fou-tse ffti- k T" "Maître Sir". Il fut accusé par un de ses ennemis et tomba en disgrâce, mais l'empereur Tng-tsong $£ ',!; le rappela à la capitale et le nomma ministre d'Etat. Il démissionna pour cause de maladie; pendant quelques années encore, il put tenir école, tous les lettrés des pays voisins affluaient dans ce centre d'études. Il écrivit le Tou-chou-lou ,j# ,'}-' $$ en 20 livres. Sous le règne de Wan-li "j^ Iff il fut introduit dans le temple de Confucius (2).
9" Li Tong-yang $ & |%. né en 1447, à Tou-ling >£ HJ, son prénom était Ping-tche 5( ;£. Il était né calligraphe et avait des aptitudes extraordinaires pour l'étude. Dès l'âge de 4 ans, il pouvait déjà tracer de grands caractères de \ pied carre'.
(1) (7. Gnié-ae-che-che-lio. Liv. XIV. p. 45
(2) Cf. id. „ .,
L'empereur King-ti jf: *$■ 4450-1456, le fît venir au palais en qualité de calligraphe hors paire il était encore tout enfant, et il fut reçu docteur à 18 ans, en 1464. Nommé ensuite expositeur officiel des Canoniques, puis Ministre des Rites en 1492, il se retira sous le règne de Ou-tsong fà 9^ et finit ses jours dans son pays natal (1).
10° Koei Yeou-hoang §§ % ^, prénom Hi-fou gB "jf, de K'oen-chan-hien g I L| JRI. II eut pour maître Wei Hiao %& /g, son compatriote, et devint fort habile dans la science des Canoniques. Licencié en 1540, il alla s'établir à Kia-ting % % où il ouvrit une école, qui fut fréquentée par des centaines de disciples. En 1565, il passait son doctorat, avec succès sa réputation devint si grande, que les lettrés le surnommèrent Tcheng-tch* oan-siencheng Jj| )\\ % £ : Maître à la renommée retentissante (comme le roulement du tonnerre). Il fut quelque temps sous-préfet de Tch'ang-hing -Ji: H-, puis fut mandé à la capitale, où il devint Chef des équipages et des haras, puis conseiller d'Etat. Il est l'auteur du Che-tsong-che-lou $k 9* % M (2).
11° Mao K'oen ^ j$, de Koei-ngan §§ #, il avait un double prénom : Choen-fou jl|| "S" et Lou-men $& P*). Après avoir conquis son titre de docteur en 1538, il fut successivement sous-préfet de Ts'ing-yang ^ % et de Tan-t'ou -ft $£, puis Ministre des Rites et Inspecteur général du Ministère des Rites. Par suite d'une accusation on l'envoya en disgrâce à Koang-p'ing M 2P-
Après un succès dans une expédition militaire au Koang-si M. Wj il fut élevé au second degré dans la hiérarchie, mais la mauvaise conduite de ses parents le fit de nouveau dégrader et il mourut en 1681, à l'âge de 90 ans.
Ce distingué littérateur avait modelé son style sur les grands maîtres des T'ang jg, Han Yu |? ^ et autres (3).
12° Kao Pi an-long "^ Éjl f|, prénom Ts'uen-tche fê £, âe
(1) Cf. Gnié-se-che-che-lio.
(2) Cf. id.
(3) Cf. Tch'é-hio-pei-tsoan (Hia).
Liv. XIV.
Liv. X.
Ou- si $& |g. il avait eu pour maître Tch'ao Nan-sin «g ]$j j|i grand admirateur des 2 Tch'eng @ et de Tchou Hi >Jc jjf. Sous
le règne de Wian-ïî ^| M il subit avec succès les épreuves du doctorat, puis fut promu Grand Cérémoniaire. Mais ayant accusé Wei Tchong-hien §| ,$> jf auprès de l'empereur, ce méchant homme simula un ordre impérial et envoya des gens pour s'emparer de lui. Kao Pi an-long "jtj £J£ Ïj| se voyant perdu, prit le parti de se noyer dans la pièce d'eau de son parc {V.
13° Wang Tchang 3E jf\ prénom Han-tch'en ^| gî, habitait Ou-tsing ji-Ç $j. Docteur de 1528, il débuta par les sous-préfectures de Tchou-hi ^ fi et de King-hien ® 8$. S'étant acquitté de ces emplois à la satisfaction de tous, il fut élevé à la dignité de censeur et de Ministre des Travaux publics. Pendant une tournée d'inspection sur les remparts, au fort des troubles, une troupe de révoltés escalada la muraille. Wang Tchang fut blessé, précipité du haut des murs et massacré (2).
E) L'Ecole de Lou Kieou-yuen H ji j)Jî|.
Cette branche du Confucéisme qui se base sur le néant absolu. précédant le T'ai-!>i, eut pour continuateur le lettré Wang Cheoujen 3E t}- fc, plus connu sous le nom de Wang Yang-ming 3E % OJJ. Vers la fin des Ming Ijj], il tenta de discréditer le Tchouchisme et de rallier à sa nouvelle doctrine les lettrés de l'époque. Cette secte philosophique passa même au Japon, où elle obtint des succès. Cette secte du Confucéisme est moins réfractaire aux idées de progrès que le Tchouchisme proprement dit. Wang Yang-ming y joignit certaines théories sur le savoir inné : c'est le Confucéisme Subjectivistr.
Wang Cheou-jen ï ^ t 1472-1528, prénom Pé-ngan fÈ $c, plus connu sous le nom de Wang Yang-ming 3î PU ^, était originaire de Yu-yao-hien fi£ #fc %. Il fut promu au doctorat en 1499, devint Ministre de la Guerre, puis dut se retirer en 1506, en raison de son opposition à l'eunuque Licou King |PJ ':!§§, qui le
(1) Cf. Gnié-ae-ehe-che-lio l.iv. XIV. p. 45.
(2) Cf. id. p. 51.
fit bannir à Long -t eh1 an g fl i§. En 1509, il reprit ses fonctions officielles, fut d'abord sous-préfet de Liu-ling K |§|, puis censeur de province. Avec le concours du Ou Wen-ting f£ ~$C %, il put s'emparer du rebelle Ning-wang ^ 3E et en récompense reçut le titre de comte de Sin-hien $r S*. Dans la suite, il fut nommé vice-roi des deux Koang Ji et mourut à Nan-ngan ~\fâ #. Sous Wan-li ^Éj Jff il fut admis dans la pagode de Confucius.
Il affirme dans ses écrits que Tcliou Hi -fc JÏ, vers la fin de sa vie, eut la pensée de faire une révision générale de ses écrits, et de rétracter les nombreuses erreurs et contradictions, qui défigurent ses ouvrages, la mort ne lui en laissa pas le temps. Un fait est certain, c'est que Wang Yang-ming essaya de diminuer à son profit l'influence toujours grandissante de Tcliou Hi ^ Jï il eut désiré rallier à son nouveau système du Confucéisme intuitif les nombreux tenants du Tchouchisme. Mais l'orgueilleux Tcliou Hi, infatué de son savoir, a-t-il eu vraiment l'idée d'une rétractation ? voilà un point qui reste obscur. En tout cas Wang Yangming ne cite aucun texte formel de Tchou Hi, qui nous oblige à le croire.
Les Japonais connaissent Wang Yang-ming sous le nom de Oyomei (1).
Deux tenants du Confucéisme de Wang Yang-ming furent Tcheng Hien-tchang et If ou Kiu-jen.
Nous avons donné leur notice dans la Galerie des grands lettrés introduits dans le temple de Confucius ; nous y renvoyons le lecteur. (Recherches III Partie Confucéisme).
Sous la dynastie des Mandchoux, Ta-tsling ^c jpf, l'Ecole eut ses continuateurs Suen Hia-fong ^ S tt> T'ang Wen-tcheng ^r £ iE, Li Eul-liiu $ n ft, Pcong Tch'e-mou % K %, Tch'eng Yu-men %k M H. Nous en dirons un mot en passant en revue cette dernière période.
(1) Cf. Le philosophe Tchou Hu p. 15 et 17.
Gnié-se-che-che-lio Liv. p. 36. 37.
Histoire des Ecoles et croyances. Wieger S. J. p. 664.
Recherches Notice de Wang Cheou-jen. (Confucéisme).
F) Romans et Théâtre.
1° Les Romanciers.
a) Tch'ang Tch'oen-tchen-jen jk fê 9t À, Tao-che du début des Ming tift, l'auteur du célèbre roman Si-yeon-ki M jÊ 8E: Voyage au Ciel occidental. Ce roman est basé sur le fait historique du voyage du bonze T'ang Seng fé ff" ou Tang-san-ts'ang jj H ^, dans l'Inde, pendant le règne de T'ang T'ai-tsong J$t -Jk S^, d'où il rapporta C57 ouvrages bouddhiques. Le romancier Tcli'ang Tch'oen Jl ^ invente les personnages qui firent parti de la députation, dramatise le voyage, invente les obstacles les plus invraisemblables, et, avec un art magique, met en scène tous les immortels taoïstes, tous les saints bouddhiques, de telle sorte que ce roman, au style fascinant, est devenu comme la somme doctrinale du peuple chinois. Le style, et la mise en scène absolument originale, gravent inoubliablement dans la mémoire toutes ces scènes du bouddhisme et du taoïsme. De plus ses personnages sont une peinture vivante des mœurs et de la mentalité des bonzes. Ce roman a été édité par centaines de milliers d'exemplaires, il eut une vogue immense et contribua beaucoup à répandre les doctrines bouddhiques. L'auteur, tout en se moquant finement des travers des bonzes, a été un intense propagateur de leur doctrine (4).
b) Yang Hien-tsou $§ $§ /fil, prénom Jo-clie 3a i, de Lingtch'oan Ë£ Jl|, promu au doctorat sous les Ming $J, fut Grand Cérémoniaire à Nan-king ffj S et président du Ministère des Rites. Un mémorial, présenté à l'empereur à l'occasion d'un phénomène stellaire, lui attira une disgrâce, il fut éloigné de la cour et envoyé au Siu-tcheou-fou %fe j'\] $f. Après avoir été mandarin pendant quelque temps a Snei-tch'ang jË H, il fut de nouveau accusé et dégradé, il rentra dans la vie privée, où pendant 20 ans il occupa ses loisirs à composer des romans. Il devint le chef de l'Ecole romantique de Yu-ming-t'ang 3£ 3? ^, nom de la maison d'habitation. L'idée mère de toute cette catégorie de romans est
(1) Cf. Recherches. Tom. VII. p. 342 à 357. p. 454.
le rêve. Ce ne sont pas des choses réelles, mais des choses rêvées. Comme peintures de mœurs, portraitiste, il n'atteint point la finesse d'observation et l'étonnante justesse d'expression de son rival Tch'ang Tch'oen Jt '^. De plus, ses romans transportent le lecteur dans une atmosphère méphitique de froides équivoques, d'anecdotes égrillardes, et de plaisanteries scabreuses, qui souillent sa réputation et son talent. Voici les quatre romans célèbres qu'il composa : Mou-tai-ting -wai-wen-ld i(;t fl* ^ M *M, p£ > llan-tanmang H|3 V ^ ; Nan-ko-ki jf fif |E ; Tse-tch'ai-id & gg % (1).
2° Auteurs de ballets et pièces théâtrales.
a) Kin Ping-mei ^ $j| #| du temps des Ming B£j. écrivit des comédies et des pièces théâtrales.
b) Chen Ts'ing-men #C ff ?*].
c) Tch'en Ta-cheng |$ * ».
(1) Cf. Tche-na-hio-wen (Hia-pien) p. 32.
ARTICLE X