S 11. SECONDE SE TUE
1er Exemple.
Tcheou Wen-siuen f) # fi, sous la dynastie des Ming rJJf, fut absent pendant trois ans, pour subir les examens du doctorat à la capitale. Son épouse Lieou §1], se voyant dans l'impossibité de se procurer l'argent suffisant pour l'entretien des parents de son mari, vendit son enfant, et avec la somme reçue put nourrir et ensevelir son beau-père (*).
2e Exemple.
— Li Che-ming ^ $t JS . —
Le père de Li Che-ming $ # jj± fut Li Yuan *£ $j), le fondateur de la dynastie des T'ang }§£, qui régna sous le nom de Kaotsou US ffi 620-627 ap. J. C. Li Che-ming ^ # |S, aussi habile capitaine que vaillant soldat, remporta une suite de brillantes victoires, qui consolidèrent la dynastie. Jalousé par ses frères qui essayèrent tour à tour le poison et les armes pour lui enlever la vie, il devint suspect à son père lui-même qu'on finit par indisposer contre lui.
Son courage et ses éminentes qualités le tirent triompher de tous les obstacles, il devint empereur sous le nom de Fai-tsong >k ^ et eut un règne des plus glorieux.
Quand son père tomba malade, il voulut préparer lui-même les remèdes prescrits par les médecins.
(*) >'otc. — Ces exemples el autres semblables ont exercé un effet délétère sur les mœurs chinoises: on a dit avec quelque raison, que le Chinois à la mort de ses parents perd sa raison, i.ui. si pratique en toute autre circonstance, devient comme incapable de raisonnement pondéré, et sujet à toutes ances. Dépenses e\ iour l'achat du cercueil, des habits
du mort : achats de victuaille pour des centaines de personnes, qui viennent r; musique à tout rompre: pétards; emprunts déraisonnables et à de gros intérêts ; bref on se ruine en un mois, mais c'est de la piété filiale; on fait parler de soi, on fait du bruit dans le pays: tout est sauvé !
3e Exemple.
— Kao Tch'ai ^ Jfe —
Kao Tch'ai ]ft Jfë, ou Tse-kao ^ ï£, avait 30 ans de moins que Confucius; d'une taille herculéenne, laid comme une horreur, mais par ailleurs bon mandarin, sachant allier la sévérité à la douceur, il remplit des fonctions officielles dans la ville de Tclieng $ et dans le royaume de Wei fëj. Si ses parents ne fussent morts si tôt, il eût pu suivre la doctrine de Confucius sur la piété filiale.
Voilà la seule note sur son compte, c'est sobre de documents! Cependant il fut un fils pieux, à n'en point douter; c'est écrit, donc c'est vrai.
4e Exemple.
Sous la dynastie des Tsin §•, l'épouse de M1' Tchang j|g soignait avec de délicates attentions son vieux père âgé de plus de 90 ans. Ce vieillard ne pouvant expectorer des glaires, elle colla sa bouche sur la sienne pour l'en débarrasser.
5e Exemple.
Tsong Tcheng-t'ai ^ JE ^ fut envoyé par Ts'in Che-hoangti lii ia jH îff, sur les bords de la mer de Chine, pour y chercher l'herbe de l'immortalité; ne l'ayant point trouvée, il se noya. Sa fille Ts'ai %£ alla à la recherche de son cadavre.
Un autre trait plus historique qui date de la même époque est ainsi raconté.
Louo Khin-yong $fe M fîl, nommé mandarin de Ou-ling jgj Ht, se mit en route pour prendre possession de sa charge, il se noya en passant le fleuve Siang-kiang jffi/X- Sa fille et son fils, après de minutieuses mais inutiles recherches sur les bords du fleuve, pour retrouver le cadavre de leur père, se jetèrent dans les flots et se noyèrent.
Ts'in Che-hoang |j| Jq J[ apprit cet acte de vertu, et loua grandement ces deux martyrs de la piété filiale (1).
(1) Chen-sien-t'ong-hien jjjiji ffl M fgj£. Liv. 7. art. 3. p. 5.
6e Exemple.
Ts'ao Tchoang ~$ ?|ft dans sa jeunesse exerçait le métier de bûcheron, pour gagner sa vie et nourrir sa vieille mère.
Un jour il apprit que sa femme ne lui donnait pas des soins assez assidus ; enflammé de colère, il saisit un couteau et l'eût égorgée si sa mère ne l'eût retenu (*).
7e Exemple.
Sous la dynastie des Flan fH, une jeune fille nommée Li N'gots'in ^ j#< ?R, orginaire de Tsieou-ts'iuen jjf ^, vit son père tomber sous les coups d'un meurtrier appelé Tchao Cheou 01^. Peu après, sa mère mourut, elle resta seule pour prendre soin de ses trois jeunes frères, et plus tard fut mariée à P'ang YuenflU /il-
Le désir de venger la mort de son père la tourmentait jour et nuit, vainement elle combinait des plans avec ses trois frères, ils étaient pauvres, et le meurtrier était puissant; pour comble survint une épidémie qui emporta les trois frères. Tchao Cheou J§ ^ se crut dès lors assuré de l'impunité.
Sur ces entrefaites, Li Ngo-ts'in ^ #ic $i donna le jour à un fils. "Maintenant, se dit-elle, mon mari a une descendance assurée, je puis me venger sans crainte de mourir". Elle prit donc un poignard, et se mit à la recherche du meurtrier, elle le rencontra sur la route, il était à cheval et demi-ivre. Bravement elle se précipite sur lui, le perce d'un coup de poignard et le renverse de sa monture. Sans tarder elle va droit au tribunal du sous-préfet, lui avoue sou crime, et en donne le motif. Le mandarin la félicita grandement de sa bravoure et de sa piété filiale, et demanda luimême à l'empereur le pardon de l'homicide.
Non seulement elle fut pardonnée, mais l'empereur lui fit remettre une inscription honorifique, pour louer sa piété filiale (1).
(*) Note. — D'après la doctrine confucéiste, le mari est quasi tenu de répudier s<>u épouse, si clic est Importune à ses parents, quand même il n'aurait aucune autre plainte à lui faire: du moins c'est la théorie.
(1) Koang-je-ki-ko h Hia-kiuen) $ B !E #c W- ( l; #) P- 43.
8e Exemple.
Sous la dynastie des T'ang Jg, 77 Jen-kié Rt H remplissait la charge de légiste dans la ville de Ping-tcheou ft >}\] ; son père habitait Lô-yang fê %. Un jour le légiste vit un nuage s'élever du côté de cette dernière ville, il ne pouvait en détacher ses yeux, parce qu'il lui rappelait le souvenir du pays où habitait son père.
Pendant la période Chengli M Jl, 698-700 ap. J.C., sous le règne de l'impératrice Ou-heou f$ fë, il fut gouverneur de Soutcheou II $, et fit détruire plus de 1700 pagodes de bonzes et tao-che. Il reçut la faveur de porter la robe violette avec ceinture d'or.
Précédemment, alors qu'il était sous-préfet de P'ang-tche % #, il s'attira si bien la reconnaissance de ses administrés, qu'on éleva un pavillon en son honneur, on l'appela Wang-yun-t'ing gl H <x* : "Le pavillon de celui qui regarde le nuage", en souvenir de sa piété filiale à l'endroit de son père (1).
9e Exemple.
A Kiao-tcheou JP j>\], au Chan-tong I Lf ]f(, vivait un fils pieux nommé Kao Lang ï^j jjj, sa vieille mère manquait d'appétit, il n'omettait jamais d'aller lui-même examiner pendant ses repas, si elle avait suffisamment pris de nourriture.
L'empereur Tao-koang ^H ^t lui éleva un arc-de-triomphe pour rappeler aux générations futures la mémoire de sa piété filiale.
10e Exemple.
Siu Tsi fâ ^jç surnommé Tchong-tch'é \$ ^ donna un bel exemple de piété filiale. Son pays natal était Chan-yang li| %, il était encore en bas âge quand mourut son père, il resta trois ans entiers à le pleurer près de son tombeau. Dès qu'il put
(1) Hiao-tcheng-chang-yeou-lou i£ JE fpf 2* #&• Liv. 21. p. 5.
étudier, sa mère lui apprit le Hiao-king f- g (traité de la piété filiale de Confucius\ Chaque fois qu'il le lisait, il ne pouvait retenir ses larmes : il fut admis plus tard au baccalauréat. Son père s'appelait Siu Cite f.j; fi. Le caractère Che fi signifie pierre; par respect pour le nom paternel. Siu Tsi fff; fu ne voulut jamais se servir d'ustensiles en pierre.
Dans la suite, il fut promu au grade de licencié, et devint chef des lettrés de la ville de Te h* ou-tcheou 2É W- On le gratifia du titre posthume de Tsié-hiao-sien-cheng t|i # % £ '■ Maître modéré et pieux (1).
IIe Exemple.
Tchao Pien j$i ffi était très pauvre, c'est avec beaucoup de difficulté qu'il arrivait à procurer à sa vieille mère sa subsistance de chaque jour. Son petit enfant demandait toujours à partager le pain qu'il donnait à la vieille. Tchao Pien jffi ||»i peiné de voir sa mère se priver de son pain pour le lui donner, jeta l'enfant dans un réchaud pour le brider vif. Koan-yng fj| 1g . touchée de cet acte de piété filiale, descendit des cieux et sauva le petit (2).
12e Exemple.
Pendant les troubles qui eurent lieu sous les Ming H£j, un mandarin fort riche perdit son fils, il se mit à la recherche pour le trouver. Wang l/oci j£ ffc, lui, n'avait plus de père, l'idée lui vint d'en acheter un. Juste il trouva le vieillard ci-dessus mentionné, il lui fit cette proposition pour le moins originale, et le vieux consentit à le suivre.
Arrivé au logis, le nouveau venu, peu accoutumé à l'épargne. but, festoya si bien, que Wang Hoa 3; ft et son fils n'arrivèrent pas à lui procurer l'argent suffisant à ses dépenses, ils durent vendre tout, pour satisfaire ses désirs. Le vieillard reconnut à
(1) S,, „ç, che che-lio 'M £. & $ Liv. 10. p. 45.
(2) Voilà un trait capable de donner ;'i réfléchir aux écrivains qui ont attaqué l'infanticide en Chine; ce trait franchement immoral est présenté comme un acte héroïque de vertu et sanctionné par un prétendu prodige.
cette marque que c'était un fils pieux, et lui donna toutes ses richesses. Plus tard il fut prouvé que Wang Hoa 3E fa n'était autre que son propre fils qu'il cherchait de ville en ville.
13e Exemple.
Leng Cheng # .j^, lettré du Chan-tong iJj ^, habitait I-tou |fc M; son père nommé Leng Tche-yuen tft $[ yc aimait passionément les voyages, il partit pour Ling-piao |g ^ l'an 1399. Trente ans se passèrent, il ne revint plus. Son fils, accompagné de Tchao K(ing-tao 2fi J| 31 et de Tchao Tsing-mei ;® jg H, se mit en route pour Toan-tcheou ^ >}\] dans le but de le retrouver, mais ce fut sans succès. Il fit la rencontre fortuite d'un Chantonnais, nommé K'iao |§, qui partait pour le Koang-si J| W; il se jeta à ses genoux et le supplia de bien vouloir s'informer si son père était allé dans ce pays. Un an après, Mr ïCiao ^ était de retour, et lui apprenait que son père était mort à Long-tcheou f| f\]. Leng Cheng ïjï J^ fondit en larmes, et partit sans tarder pour ce lointain pays. Deux vieillards nommés Ts'ai ^ et Tch'eng ^E l'y conduisirent, et ils eurent la chance de trouver celui-là même qui avait inhumé Leng Tche-yuen tft ^| j£. Sa tombe se trouvait hors la porte du Nord, près d'un pont. Leng Cheng 1$ ^ trouva le corps de son père réduit en poussière, il prit ses os, les chargea sur ses épaules et les rapporta dans son pays natal. Les annales de la ville de Long-tcheou fi j'H ont consigné ce beau trait de piété filiale (i).
14e Exemple.
Sous la dynastie des Ming B^, au nord de T'ien-tsing 3^ '/$> un nommé Toan g£ avait une petite fille appelée Hiang-tsié §®, âgée de douze à treize ans. Sa mère tomba malade au milieu de l'hiver, et conçut le désir de manger des melons. Impossible, bien entendu, de s'en procurer à pareille époque. La petite fille se jeta à genoux et pria. Au même instant, deux gros melons sortirent
(1) Koan-ti-pao-hiun-siang-tchou jff ^ f| fjlf $£ \&.
Liv. I. p. 6.
de terre, elle les porta à sa mère, qui fut guérie aussitôt qu'elle en eut mangé.
Une légende à peu près semblable circule sur le compte de T'eng T'an-hong jj$ 'j| ifè de Nan-tch'ang ]§ H au Kiang-si ?X M- On voulut lui donner un mandarinat la première année de T'ien-kien Ji S;, 502 ap. J. C, il refusa. On l'appelait communément: "Teng le parfait fils" (1).
15e Exemple.
Tse-yeou "f ^", disciple de Confucius, lui demanda comment il faut pratiquer la piété filiale envers ceux à qui nous devons le bienfait de l'existence. Confucius répopdit : ''Les hommes à notre époque la font consister à nourrir leurs parents, mais les chiens et les chevaux en font autant. Si vous voulez les surpasser, il faut de plus honorer vos parents". Comme preuve prodigieuse voici un exemple. Pao Che-fou Q jff ^ de Tsing-hien-hien jf§ jf Sf, au Kiang-si |X VLl\ vivait sous le règne de Hong- ou $t jtÇ, 1368-1399 ap. J. C. Un tigre fond sur lui, l'emporte dans la forêt. et le dépose au pied d'un arbre. L'enfant se prosterne devant le fauve, le supplie de lui laisser la vie pour honorer ses vieux parents et les nourrir, de suite le fauve s'enfuit. On montre encore de nos jours le théâtre de ce prodige, les habitants ont appelé ce lieu Pai-hou-hang pf- fâ [S] : "Butte où (Che-fou flf 5fe) fît sa prostration au tigre" (2).
16e Exemple.
Tendant la révolution excitée par l'usurpateur Wang Mang -. Yao Ki #fe S dut s'enfuir avec sa mère fort avancée en âge. Réduit à la pauvreté, il allait couper du bois de chauffage et le vendait pour procurer à sa mère son pain de chaque jour. L'ordre rétabli, il se mit au service de Koang Ou-ti it ïït 'S?» 25-58 ap. J. C, et devint un des 28 grands dignitaires de la cour.
(1) Hiao-tcheng-chang-yeou-lou $£ J£ fêj" jx $$. I iv. 11. p. 13.
(2) Ming-che-che-lio UJ\ j£ £ § Liv. 14. p. 62. 63.
vivai
17e Exemple.
Pendant le règne de Soei Yang-ti [Jf <)# ^, 605-618 ap. J. C, it un nommé Che Siun-siun fi '|£f '|£j, qui, par respect pour le nom paternel, prenait le plus grand soin de ne jamais heurter une pierre. (Che fi, le nom familial de son père, veut dire pierre). Un jour en marchant, il lui arriva d'en heurter une par mégarde, il en fut fort attristé, et se reprochait cet incident comme un manque de piété filiale.
18e Exemple.
A l'époque des Song % méridionaux Yo Fei -g- ^ alla combattre les ennemis de l'empire, qui avaient envahi les provinces septentrionales. Dans un mois il avait rétabli la paix; il profita de ce court répit pour revenir en toute hâte revoir sa mère. Cette brave femme lui tint ce langage: "A la maison, tu dois honorer tes parents; à la cour, tu dois servir l'empereur. Qui sert l'empire satisfait au devoir de la piété filiale". Yo Fei -g- fH, d'après une légende écrite, était une incarnation du grand oiseau au plumage doré, qui plane au-dessus de la tète de Jou-lai jtfl ?fc (Bouddha). Cet oiseau, appelé Ta-pong-king-tse-niao ^ PJ| ^ 0, t%, est représenté sur beaucoup d'images de Bouddha, c'est un oiseau transcendant. A la mort de Yo Fei -g- fH, l'oiseau reprit sa forme primitive, s'envola au paradis de l'Ouest, et recommença ses circonvolutions autour de la tête de Jou-lai jtfl ?fc. — Nieou Kao ^r JfL, un des frères jurés de Yo Fei -g- Jfè, était une réincarnation du tigre noir, monté par Tchao Kong-ming ^ fè B£J, le dieu des richesses (1).
19e Exemple.
Tchou Cheou-teli ang ^ jj ^ n'avait que 7 ans, quand il vit sa propre mère chassée de la maison par son père, parce que sa
(1) Hoei-tou Yo Fei-tsing-tchong-tch'oan $# M -fè M fflf & % Hoei [H 80.
concubine la jalousait. Pendant 50 ans il ne la revit plus. Sous l'empereur Chen-tsong fl$ tN, il donna sa démission de mandarin, pour aller rechercher sa mère, qu'il trouva à T'ong-tcheou (0) j"\].
20e Exemple.
A l'époque des T'ang Jj- vivait à Koang-ling Ht |§£ un nommé ChengYen $t j§, dont le prénom était Tse-ioong ^ f|. Sa mère, née Wang 3E, devint aveugle sur ses vieux jours. Cheng Yen $jt /S pleurait, était inconsolable, chaque jour il servait lui-même les repas à sa mère. Un jour étant sorti pour affaires, son épouse, ennuyée de cette vieille aveugle à qui elle devait prodiguer ses soins, fît cuire des vers de terre et les lui donna à manger. Elle trouva ce mets assez agréable au goût, cependant elle eut des doutes sur sa provenance, elle en cacha une part dans le dessein de la montrer à son fils après son retour. A peine eut-il jeté les yeux sur cet aliment, qu'il embrassa sa mère en pleurant, et répudia son épouse. Sa mère recouvra la vue instantanément. On attribua ce prodige à la grande piété filiale de Cheng Yen $£
21e Exemple.
Ngeou-yang Cheou-tao ifc $§ tf ^f, célèbre lettré du XIIIe siècle, habitait Liu-ling JfM. K- Il était encore tout jeune quand la mort frappa son père; comme il était pauvre, il n'eut point de maître pour lui apprendre les lettres, il étudia seul à la maison.
Les villageois ses voisins le choisirent comme maître d'école pour enseigner les livres à leurs enfants. Chaque fois qu'un plat de viande paraissait sur sa table, il ne manquait jamais de le faire porter à sa mère, aussi dans tout le pays on ne l'appelait que le "Pieux". Pendant la période Choen-yeou jg jjfè, l'an 1241 ap. J. C, sous Song Li-t*ong % 3 3^, il fut admis au doctorat,
(1) Koang-je-ki-kou-che (Flia-kiuen) Jffi 0 !E #C ^f (T #) p. 5.
puis il fut choisi pour expliquer les livres canoniques au palais impérial (1).
22e Exemple.
Sous la dynastie des Tang jg vivait à Kien-yang @ |f|, au Fou-kien |g $É, un homme. qui devint célèbre pour sa piété filiale, il se nommait Hiong Koen jjfè |J, et son prénom était Tong-yang ]|f PJ|. Il avait au cœur deux amours, l'amour de sa mère et l'amour de l'étude ; peu à peu il fit son chemin dans la carrière mandarinale et parvint jusqu'à la dignité de censeur impérial. D'une intégrité parfaite, et au-dessus de toute manœuvre louche, il était si pauvre qu'après la mort de son père il se vit sans ressource pour faire face aux dépenses nécessitées par les obsèques. Tout le jour il pleurait en pensant qu'il ne pourrait s'acquitter selon les rites de ce grand devoir de la piété filiale. Le ciel le prit en pitié, une pluie de pièces d'argent tomba des nues, il en recueillit plus de dix mille. Sur cette somme il préleva les dépenses exigées pour la cérémonie funèbre, le reste fut versé dans le trésor de la ville. On lui décerna le titre honorifique de Tchong-hiao-liang-tsiuen : Intégrité et piété filiales parfaites (2).
23e Exemple,
Au temps des H an ^| Postérieurs, Tchao Tse $§ ^ habitait Tong-p'ing jfl2^ , il se rendit recommandable par sa grande affection pour sa mère. Un jour une horde de brigands accourut avec le dessein bien arrêté de piller la maison. Tchao Tse ^ ^ craignant que sa mère, déjà souffrante, ne fut prise de terreur à la vue de ces hôtes dangereux, courut au-devant d'eux, se jeta à leurs genoux, les supplia de ne pas effrayer sa vieille mère. "Laissez seulement ses habits et quelques provisions de bouche pour son usage, tout le reste je vous l'abandonne volontiers".
(1) Chang-yeou-lou-shi-tsi fà $t. 0. M * Liv- 22' p" 7' Koang-je-ki-kou-che (Hia-kiuen) fc 0 |E #C 9 ("F =#) P- 5'
(2) id. »
Le chef de bande le voyant rentrer pour leur remettre ce qu'il possédait, dit à ses compagnons: "Cet homme est un fils pieux, ne lui faisons aucun mal". Sur ce, ils s'en retournèrent, et quand Tchao Tse Jg ^ revint, chargé de ses habits, et de ceux de sa femme, déjà la bande s'était éloignée (1).
24e Exemple.
Siu Hien-tchang $fc J$È # vécut sous la dynastie des Ming B£j, il habitait Song-hiang fe jX., au Kiang-sou £L &■ II était âgé de 16 ans, quand son père Siu Ta-ts'ai fâ jj| $* fut affligé d'une maladie grave qui le mena jusqu'au bord delà tombe; les médecins désespéraient de le sauver. Son fils tout en pleurs, pria le Ciel de le faire mourir à la place de son père. Les voisins, émus de tant d'affection, lui conseillèrent de goûter les excréments de son père, pour savoir s'ils étaient doux ou amers (2), Hientchang jSR J>i'C les goûta et les trouva d'une très grande amertume, c'était donc l'espoir qui renaissait.
Le soir venu, son père s'endormit, et pendant la nuit un vieillard à barbe blanche lui apparut, s'approcha de sa couche, lui passa la main sur le ventre, et disparut. Le malade entra de suite en convalescence et guérit. La croyance universelle fut que la piété filiale de Hien-tchang JSfJf *fi avait obtenu du ciel cette guérison inespérée, et parmi le peuple, il n'était plus appelé que Siu-hiao-tse $? Jf: ^p : Siu le fils pieux.
Douze ans après la mort de ses parents, il habitait encore tout près de leurs tombes, et ne cessait de les pleurer. Le mandarin local lui fit offrir en présents du riz et des pièces de soie, en témoignage de vénération pour sa piété filiale (3).
I Koang-je-ki-lcou-chc (llia-kuien ft H IE #C 9 ("H *) P- 4-
(2) Quand les excréments d'un malade sont doux, disent les formul médicaux chinois, toute espérance de salut est perdue, du moins pour l'immense majorité des cas.
(3) Roang-je-ki-kou-che (Uia-kiuen) $ g |£ #c * (T =#) P- 5-
Fig. 170
(Civilité) Tcheou Kong travaille à la composition du rituel chinois
ARTICLE II