I.a grainle assemblée du liliolan (Yu-tien =f
Le roi du Khotan, apprenant la prochaine arrivée de Lao-tse et de In-Hi, alla les recevoir au Sud de la capitale, aux montagnes de Kiu-chan ^^ [Jj (aliâs Tan-té-chan ^^ i}^f |1|), et fit construire un temple ])our leur habitation. Lao-tse y résida, mais il ne l)ut ni ne mangea. Le roi et ses ministres venaient fréquemment conférer avec lui et lui demander de les instruire. Lao-tse leur explif|uait les défenses et les cérémonies rituelles (Tchai '0-), les trois parties du Canon taoïste (san tong tchen l<ing H m M fM)' les ;36 sections (san che Ion pou H + :^ Ifp)
(1) Hoen-yupn Cheng-ki. K. IV, p. 1.5-18.
et les 18.000 articles, les devoirs des princes et des sujets, la récompense et les châtiments, les mo}ens à prendre pour parvenir aux trois degrés des génies: saints, héros, génies terrestres et célestes. Il expliquait aussi l'aérothérapie, la g^ninasticjue respiratoire, la vertu des herl)es des génies (ling tche ts'ao f| ^ ^), le procédé à prendre pour se métamorphoser, les incantations par lesquelles on peut appeler les génies, l'art de dessiner les talismans, etc. etc.
Le roi dit alors: "J'ai entendu dire qu'au Cachemire un Fou-t'ouo (^ 1^*^ (Bouddha) vient de paraître sur terre, pour apporter aux hommes la doctrine du salut; cet homme n'est-il pas un saint maître? — Cette doctrine du Fou-t'ouo fi|(', \>^ (doctrine bouddhique) est la religion du Si-}u ]?§" ^ (l'arim) et de tous les royaumes voisins; rois et peuples, tous la pratiquent. Ils s'abstiennent de tuer les êtres vivants, ils ne commettent ni impureté, ni cruauté: ils en seront récompensés pour toujours dans les cieux. Vous devez suivre leur exemple, pratiquer la même religion avec zèle et persévérance, régler soigneusement votre intérieur et \otre extérieur afin d'é\iter toute faute: ainsi vous obtiendrez, la félicité ici-bas, et vous vous préparerez pour les siècles des siècles un bonheur cjui ne finira jamais."
Le roi ajouta foi à ces instructions, salua respectueusement Lao-tse et suivit ses prescriptions.
Lao-tse, s'adressant alors à In-Hi, lui dit: "j'ai prêché ma doctrine dans tous les pays de l'Ouest; ces royaumes, jadis imbus de fausses doctrines, connaissent et suivent la voie du salut. Pour les royaumes cpii ignorent encore la véritable doctrine salvifique, je vais organiser une assemblée plénière, oii je pourrai les instruire et dissiper leurs erreurs. J'ai choisi Pi-mo-tch'eng WC )$ W- (ISbimâ, à ;!:i() b i^st de Khotan. -Le temple de P'i-mo-se |I1|(; ^ ^: a été souvent \isité; c'est là (pie Lao-tse aurait convocpié les trois et les fonctionnaires des 80 royainnes, y compris ceux de l'Inde. 11 y aurait eu dans ce temple un pilier pol3gonal en pierre, portant cette inscription : "Un saint du pays
44 CHAP. I. — LAO-TSE AVANT CONFUClUS.
oriental, appelé Lao-kiun. est venu convertir notre pays.") (1).
Lao-tse donc, ])ar un acte de sa toute-puissance, éciaira d'une lumière surnaturelle ces contrées jusqu'aux extrêmes limites, et réunit ainsi tous les rois des cjuatre-vingts royaumes. Tous ces souverains, accompagnés des grands dignitaires de leur Cour, entendirent de la bouche de Lao-tse les vérités du salut; ils se prosternèrent devant son trône, offrirent de l'encens et des fleurs, et promirent de suivre désormais la loi bouddhicjue : Sin fongfou t'ouo i^ $ f; f^ (2).
Voici les noms des 80 royaumes dont les souverains furent convoqués :
Yu-tien -^ [^] Kéria ( Yu-tien-hien actuel),
Sin-kiang.
Ki-ping M^ Cachemire (Kapiça).
Tiao tche {[^ ^ Chaldée (B.E.F.E.O.. T. 8, p.
Ngan-si ^ J, Parthie (Pahlava) id. [219
Ta yué-ti -j^- j^ J^ Udyana (Les Gètes).
Tchou kiu ])an ^ fâ -^ Kargalik, Sin-kiang.
K'o-pan-t'ouo -(U) M f^'È Tach-kourgane (?)
llou-mi touo f^ i^ ^ Homi, Sin-kiang (?)
Kou tchouo t'ouo -^^ PlJi l^t: Koutcha, Sin-kiang (?)
Kiu-mi ffl- ^ Kauçambi (?)
Kiai sou j^ |^
Pa-yu-na ^fl ff ^ Bayana ( ?)
Kiecju yué té-kien ^ M % ^Ik Koutcha ( ?)
Lta fg 'l'g.
Ou-la-ho ]^ jfii Hg Région des Ourates.
Che fan yen -^^ f}^ Jî
Hou-che-kien =j| Ir^- fi| Djouzdan.
llo-ta louo-tche Pl îÉ H ^
P'ouo-se 'i^ ibff Perse.
(2) Hoen-yuen eheng-ki, K. lY, p. 1^-20: K. V, p. 1-2,
Sou-lei Soei kong' Koei-tse
Fou-lin
Yen-ki
Kong-yué
Ché-gni
K'aiig kouo
Che-kouo
Tsai-kouo
Se-mou-p'an
Ts'ao-kouo
Ho-kouo
Ta siao ngan kouo
Mou-hou
Ou-na-ko
Siun-ou
Houo-siun
Si-niu
Ta-ts'in
P'ouo-louo-nai
Ti-na-hou
Kia-mo-lou
K'ien-l'ouo-louo
Ou-tchang
Tan ling"
Touo-lei kien
1'a-che
Tche fou
Chou-man
Ta-mou
Kiu-}-o
Ts'ouo-kou
Kia vé mi loue
Kachgar.
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Kucha (Sud du Tourfan,
ouest du Tsing liai).
Empire Byzantin.
Kharachar.
Samarkand.
Kesch (Chahr-i-salz).
Humi (Camul).
Pays des Arsacides.
Monde Gréco-Romain.
Bénarès.
Royaume au Nord de ITnde Gandhara. [Kanara?
Udyana.
Darel (du Dardistan) ?
Tashkand (Tadjik ) .
Gaya
Kia-louo
mm
Kharostra ?
Pou-lou-louo
Hondou-kouch oriental ; Gilgit (Bolor. Est du Tchitral)
Gni p'ouo-louo
ifl^ B
Népal.
Che-tse
Ceylan.
Kiu-che-na-kié-loLio
^ Kucinagara. •
Pi-ché-li
Vaiçali.
(Kié)Tsié-pi-t'ouo
^j it l'b
Kapilavastu.
Che-louo-fa
•M mit
Tchan-pouo-louo
mij^m
Camp à (Champa),
San-mo-ta-tch'a
= m "fi p^
Ou-tch'a
Soii-la-tch"a
M M nî
Sin-tou
Indus (Sindhu).
Ou-li-che
Hou-li
Ché-kia-li
Ê ti ^
Man-tou-man
Gni-pa
Népal.
Yué-ti-yen
Ché-mi
Tchitral.
Siao-jen
Hien-kiu
Toun-loun-i-louo
Lang-kié-louo
Ché wei
Çravasti.
Mo kié-ti
Maghada.
Lin gni
Lumbini.
T'ien-tchou
Inde (1).
Le roi de Ché wei % ^ (Çravasti) et celui de Mo-kié-ti ^ (Magadha (2) saluèrent Lao-tse, et lui demandèrent:
(1) Tao-tsang, Tome 552, Xo 785 (762), K. V, p. 1, 2.
(2) L'auteur dit que la capitale du Magadha est située sur la rive du Gange, et que dans ce royaume on trouve la montagne du Vautour, Ling-tsleou-chan M i^ lU-
Art. I. ~ LES ORIGINES. 47
"En quoi consiste la doctrine du "Fou-t'ouo" f^ ^1^ (l:)ouddhique), et comment la pratiquer?" Lao-tse leur répondit: "Vous faites bien de me demander comment pratiquer ma loi. \"ous devrez ériger un temple très décent, }' Inn'iler de l'encens matin et soir, prier pour vous et pour le salut du ]n-ochain, \ous adonner aux œuvres charitables, distribuer des remèdes aux malades nécessiteux, honorer les vieillards, aider les orphelins, ne jamais tuer les êtres \ivants, et éviter aussi les autres péchés; de cette façon vous aurez la félicité terrestre, et vous mériterez le Ixinheur sans lin dans le Ciel."
Les rois de Çravasti, du Magadha et de l'Udyana Ou tchang ,^ ^ résolurent de renoncer à la couronne, d'abdiquer leur dignité et de se faire moines, et tous les auditeurs pensèrent à travailler à leur perfection.
Lao-tse, vi\vant la conversion sincère de tous ces pays, annonça cpi'il allait remonter au Ciel. Ces rois firent maintes instances pour le retenir chez eux, déclarant qu'ils ne pouxaient se passer de lui. Alors Lao-tse leur dit: "Faites sculpter une statue à ma ressemblance: elle restera au-milieu de \ous, et sera comme un autre moi-même; honorez-moi, et je vous apparaîtrai pour vous instruire. Mais je dois remonter au Ciel, pour contrôler les registres des fautes et des mérites: ensuite, je redescendrai sur terre."'
L'histoire des Heou-Han f^ j^ mentionne ces faits sous le règne de Hoan-ti ^^ ^ (166 ap. J.-C.) (1). "J'ai entendu dire cjue dans le palais on a élevé un temple sous le vocal)le du Bouddha Hoang-lao, Hoang-lao fou t'ou tche ts'e "^ -^ -ff. J^- ;^ p]. Sa doctrine est celle de la pureté, du xide et du non agir (du laisser aller) : elle aime laisser la vie aux êtres vivants et défend de les tuer; elle cherche à éteindre les désirs et à réprimer les passions,"
(1) Lp texte Hu Hoen yuen cheng ki, K. V, p. 5, diffère quelque peu de celui (lui est indiqué dans le lUilIotin de l'IOcole Frîiri(;aise K. O., T. 6, p. 385-3S6.
Lao-tse le premier se rendit chez les barljares de l'Ouest et les convertit au Bouddhisme. Le Bouddha ne couchait pas trois nuits sous le même mûrier (1) ; il ne souhaitait pas faire naître longtemps le bienfait et l'alTection: c'est le degré extrême du raffinement. Les Devas lui donnèrent de belles filles, et le Bouddha leur dit: "Ce ne sont que des sacs de cuir pour contenir du sang"."' (des outres pleines de sang). 11 ne daigna pas même les regarder. Quand on est ferme de propos à ce point, on peut arriver à la perfection. C'est pourquoi, ajoute notre auteur, on sait que le Bouddha qui fonda le Bouddhisme fut le roi du Cachemire nommé Fan-t'i)UO 'f$^ \)\£, cpii abdiqua la royauté. et se retira dans la montagne pour \aquer à la perfection. Ce fut ce Fan-fouo qui revint sur terre sous le nom de Çakyamouni Lao-kiun. en ([uittant les rois de Pi-mo-tch'eng, leur avait prédit qu'après quelques siècles naîtrait dans le royaume de Chen-toukouo ^ ^ \^, dans l'Inde, le roi Fan-t'ouo-wang 'f$ P'g jE, qui serait le chef du Bouddhisme: Fou t'ou kiao tchou }^' ^ f^ ^. Or ce roi Fan t'ouo ne fut autre (|ue le roi du Cachemire, Fou t'ouo li-che fijj; |)|^' j^ t, qui reprit naissance la 9" année de Tchoang Wang |£ 3£, l'année Koei-se ^ £,, 688 av. J.-C. le 7 de la lA''' lune, au milieu de la nuit. Il reprit naissance dans l'Inde; sa mère fut Alo-yé ^ J}^ (Ala-}a), et son père était le roi Sié-t'eou-yé )|[5 ^ 5|^ (Suddhodana) (2). Le commentaire ajoute que la I\^^ lune de la d}nastie des Tcheou est- maintenant la IL' lune, et que la naissance de Bouddha est maintenant céléi^rée le S de la IL lune (•')).
Il suit de là que Çakyamouni est l'avatar de Fan-t'ouo, disciple de Lao-tse. L'auteur donne ensuite en résumé la biographie de Çakyamouni.
(1) Sous le même toit. Pour marquer le parfait détachement du cœur.
(2) Hoen yuen cheng ki, K. V, p. 1 à 11.
(3) ibid. K. V, p. 11-12, 16.