III. I.ao-Jso, l,ao-l.ai-tso, 'l'an
L'ou\rage L(ju-che ji'^ ^ et son commentateur identiiîent Lao-tse à Lao-Lai-tse ^ ^ -^ et à Tan [§'. iils de Li Yuen-k'ao ^ 7C ^- D'après eux. ces trois personnages n'en font ({u'un. Voici comment ils étal)lissent leur thèse.
1^ Lao-Lai-tse ^ >|^ -^. — Lao-Lai-tse était du royaume de Tch'ou ^^. Au moment des troubles, il alla se réfugier au Sud de Mong-chan ^^" |i|, dans la préfecture de Ngan lou-fou -^- |5^ /f|, au Hou-pé. (1) C'onfucius eut un entretien avec lui (|uand ii se rendit dans le ro}'aume de TclTou ; il avait alors plus de deux cents ans. ou même deux cent cinquante! 11 a\ait été archiviste sous les empereurs lioanAA'ang fa 3: (719-(ii)6) et Tchoang-Wang If rE (096-681), puis gardien des archives sous Kien-^^'ang ^ ]£ (585-")71) et Ling-Wang" |S| JE (•)~Lr)44). Le commentaire ajoute luême (pi'il avait exercé la charge de grand liistorien sous l'empereur P'ing-Wong ^ 3E (770-71!)).
Invraisemblable pour l'époque, ce récit ne paraît guère mieux documenté; pour assimiler Lao-Lai-tse à Lao-tse, il s'appuie sur l'argument suivant:
Lao-Lai-tse veut dire "le Sage du pa}'s de Lai.". 11 pourrait se faire, ajoute-t-il, que le caractère Lai ^ eût été pris pour le caractère Lai î]i|| de Lai-hiang •■i^,^[ ^§[5. le pays natal de Lao-tse. — C'est une supposition gratuite, et plutôt même une objection contre la thèse soutenue, car on ne trouve nulle part le pays de Lai hiang écrit avec ce caractère.
Par ailleurs, tous les auteurs ont coutume de regarder la conversation de C'onfucius .-'vec Lao-Lai-tse comme tout-à-fait distincte de celle (pu 'il eut a\ec Lao-tse.
(1) Après son retour à Po-tcheou, il prit le nom de J.ao Tan ^ )f. C;hen-sien-t'ons-kien ^i]i fll| jl g^ liv. (ï, art. 5, p. 4.
ART. II. A QUELLE EPOQUE VECUT LAO-TSE
2° Tan ff . — Tan est l'historiogTaphe des Tcheou M], fils de Li Yuen-kao -^ yi ^, dit le Liju che {ff^ ^, an passage déjà indi(|né. Il partit ponr le pa}-s de Lieou-châ Int f}/ et de\"int Bonddha à l'âge de 400 ans. I! ent nn fils nt)nmc Tsong ^. — Il reste ])\en des dontes snr la vérité de cette assertion.
a) Tan {^. le nom de l'historiographe, s'écrit tout autrement et a un tout antre sens cpie le caractère Tan ][? de Lao-tan ^ ^]^-, surnom de Lao-tse.
b) Le commentaire du ("hc ki rp nC 'lit (pie l'historiographe Tan j§ vit le duc Mien ^, du royaume de Ts'in î^f. Or, Hien kong" /|ji ^ régna de o64 à ilfil ; il s'ensuit donc ([ue Tan {p, vivait encore 16S ans après la naissance de Conlucius. (pii \int au monde l'an ■^■>'2 a\. j. C.
c) Le Nien-piao if ^ nie formellement (|ue Tan f§ soit le même personnage, cpie Lao-4\'in ^^ Jf^, ou Lao-tse, pnis- <p;'il vi\-ait plus d'un siècle après Coniucius.
Enfin, contre l'assertion du Lou-che 0 ^. nous avons l'autorité du Che-ki iji f£, écrit par le célèbre Se-ma Ts'ien fi] ,^ 3§. historiographe des Han j^. mieux placé et vraisend)lab'ement mieux renseigné (jue le lettré Louo Tchang-} uen |fi' ^ 'jf^,, l'auteur du Lou-che, cpii \écut sous les Song ^.
Se-ma Ts'ien déclare nettement qu'on ne connaît aucun document qui permette d'identifier Lao-Lai-tse et Tan à Lao-tse. Le commentaire clu C"he-ki condamne aussi ceux cjui attribuent à Lao-tse le titre de Pé-}'ang-fou f^ f^ 3^, et l'identilient a\ec l'archiviste de Yeou Wang [^| J^ (781-770 av. J.C.),
Une réflexion très jiulicieu:^e de l'auteui du Sou-wen-hient'ong-kao ^ "^ /|)i j^ -^ l)arait bien résumer les débats: "On trouve la nais.sance de Lao-tse à toutes les épocpies de l'histoire et sous tous les régnes!" (1).
(1) Che-ki-tsé-i ^ |E igll ^, liv. 63. p. 1, S.
Ts-ieji Han chou |ji| ^ :^:, liv. 25 ( ±). p. 4. Viicn kien-h'i-lKin ^ij ^ :|fi [Jq, liv. .SIS, ]^. G.
T.ou-che-heou-ki ^ ^ 'i% ^, liv. 7, i). \1. Lou-che-fa-hoei ^ Jfe |g |¥, liv. 3, p. 17.
CHAP. II
ARTICLE III
kong I
Appai'iiions do lao-lse à la (in «les 1 elieoii M el à^répo<ni<' «le li) dynastie «les 'i's'iii ^.
Hien-wang }M\ ï (:5GS-321).
L'année -561 fut mar((uée par l'intronisation de Ts'in Hiao ^: ^ et le retour de Lao-tse, ([ui, après sa tournée d'inspection dans l'Ouest, rentra en Chine. Bientôt il repart pour l'Est, en ct)mpagnie du génie In-Hi. passe au Chang-yu J^ }^, à Mong-chan ^ lL|. va assister à la réunion des génies à Fou-sang ^ ^, i)uis finaleincnt re\ient à Song-chan -^ ]\\ (1), où il mène la vie bienheureuse des génies, tantôt montant la grue, tantôt voyageant sur l'aile des vents, porté par les nuées du ciel. La il compose des ouvrages renfermant plus de cent mille caractères écrits en lettres d'or (2).
Nan-^yang j^ 3E (314-256).
En ;]0.), Lao-tse députa des génies avec char et escorte pour inviter Chen-Hi \% ^ à monter au Ciel. Chen-Hi était un tao-che parvenu à une haute perfection. 11 était originaire de Ou-kiun -^i ^1^. et s'était retiré dans une solitude à l'Ouest du Se-tch'oan (3). \ oici en résumé son histoire. C'était un méflecin célèbre du royaume de Ou ^. Il ([uitta le pa}'s pour aller trou\er le génie Ma Tclreng-tse ,^ ^ '(- au Se-tch'oan. Pendant assez longtemps il étudia la sagesse avec lui sur les montagnes de Lou-fong-chan -/{f; |||^ lL|. Un jour cpi'il voyageait avec son épouse Kia-che W J^. ils rencontrèrent trois chars, traînés le ])remier par un cerf l)lanc, le second par un dragon vert, le troisième par un tigre blanc. Ces trois chars étaient
(1) Les montagnes de King che chan ^ :^ |ll et de T'ai-che chan pk .^ UJ fout partie du bloc de Song-chan ^ \[\.
(2) Hoen-yuon chenç-ki, K. YI, p. 24 seq.
(3) Ifoen yurn chong-ki, p. 2^-26.