‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 29 sur 100 · ART. III. -APPARITIONS DE LAO-TSE JUSQU'AUX HAN · texte numérisé non relu

ART. III. -APPARITIONS DE LAO-TSE JUSQU'AUX HAN

conduits par trois officiers de Lao-tse ; une l^rillante escorte accompagnait les célestes voyageurs. L'un d'eux s'adresse à Chen-Hi jj^ ^ et lui dit : "La somme de tes mérites est complète; ta diligence à guérir les malades mérite récompense: Hoang-lao nous envoie pour t'introduire auprès de lui." Les génies l'emmenèrent au Ciel avec son épouse. Pendant que les équipages montaient vers la voûte azurée, soudain un nuage vint à les dissimuler, et tout disparut : il ne resta sur terre que le char et le bœuf de Chen-Hi. Quatre siècles après, Chen-Hi apparut à Hoai-Hi f^ ^-, un de ses descendante, et lui raconta les di\-erses péripéties de son voyage au Ciel. Il fut introduit devant Lao-tse entouré de ses bayadères. ([ui lui offrirent des pilules de vie dans une coupe de nectar. Lui et sa femme burent le contenu, et leur \ie fut prolongée de dix mille années. Elles leur donnèrent aussi à chacun une jujul:ie grosse comme un œuf. Axant son retour sur terre. Chen-Hi reçut un talisman et un recueil de recettes médicales. \'n-niu 31 -/^ lui dit au départ: '■Quand tu \-oudras monter au Ciel, dessine ce talisman et sus- ])ens-le au bcjut d'un long bandjou : aussitôt j'irai te chercher."' Ces derniers mots à peine achevés, Chen-Hi s'endormit; à son réveil, il se trouva revenu sur terre. (1).

Ts'in Che-Jiomio-ii ^ 1é ^^ ^ (246-210).

L'année Jen-ou -3^ ^, 219 av. J.-C, Ts'in Che-hoang-ti fit un voyage à T'ai-chan ^ |Jj . au Chan-tong, pour y accomplir la cérémonie "fong-chan" -^'\ ||| ; de retour il fit élexer le temple Lao-kiun ts'e -^ /',■ ^jjjil.au Sud du temple de Leou-koan ^^ |||, à Tchong-nan-chan, offrit lui-même un sacrifice à Lao-tse, et lui adressa une prière. Lao-tse descendit des Cieux, et se posa sur un trône pour recevoir les congratulations du Souverain. Ts'in Che-hoang-ti. saisi tout à la fois de respect et de joie, se prosterna devant Lao-tse et le pria de lui donner la recette pour

(1) Hoen-yuen cheng-ki, K. ^'I, p. 25, 2G. 27. T'ai p'ing' koang-ki, K. ^'. p. T., 6. Chen-sien t'ong-kien, K. \'I, art. ^"II, p. 9.

rimmortalitc. T.ao tse regarda l'empereur avec un air de grande l)ienveillance. mais se contenta de sourire et remonta au Ciel. Cependant, a\ant de disparaître, il a\ait remis à un génie, son assesseur, un traité: Koti lin king J,^ ^^{ ,^. pour !e donner à l'empereur, ([ui ne cessait de le supplier. (1).

L'empereur Che-hoang-ti était à la recherche de l'élixir de longue vie; il avait envoyé plusieurs tacxdie dans les iles de P'ong-lai ^ Ijl, i)our demander aux génies l'herbe des Immortels. L'un des plus célèbres imposteurs (|ui abusèrent de sa crédulité fut le tao-che Siu-Fou f^ fg, qui se taisait passer pour a\atar de Siu-Kia f^ ffi. le cocher de Lao tse. L'empereur lavait envoyé une première fois à P'ong-lai pour lui Cjuérir l'herbe d immortalité: Ling-tche ts'ao f|f( ~^ 1^. L'expédition ne réussit point, comme (lien l'on pense! Pour é\'iter le châtiment cpi'il méritait, cet aigrefin prétendit avoir vu l'herbe en question, mais le génie avait refusé de la lui donner: il exigeait en échange des garçons et des filles \ierges, des ouxriers. des artisans, etc. Che hoang-ti donna à Siu-Fou et à ses compagnons trois mille jeunes gens, des ouvriers de tous métiers, 10 grands bateaux, des provisions en vivres, des outils, et une forte somme d'argent. La flottille prit le large, mais on ne la rexit plus. A'^ainement rem])ereur explorait la haute mer du haut de sa tour Wang liai t'ai (il f^ ^ ou "Belvédère de la mer": Siu-Fou ne re\int pas. On raconte qu'il arriva- à une grande île oii il établit une colonie; cette île prit le nom de Siu Che-tao f^ TfT f^, <bi nom du tao che. L est ])rolKiljle (pie c'est l'une des îles du Japon, oii il est honoré, Siu-Fou était un lettré taoïste du ro}aunie de Ts'i f^. (2).

L'emiiereur demanda au tao-che Ngan K'i-cheng -^- JtJ] ^ ])our(pioi .Siu-Fou tardait tant à re\enir. "C'est, répondit-il, parce que lui-même a mangé l'herbe de l'immortalité; il ne ])ourra

(1) Hoen-yuen chen-ki, K. I, p. 34; K. VI, p. 27.

(2) Cf. Tschepe, Textes historiques, p. 263. Wieger. Royaume de Ts'in, p. 207.

Chen sion l'ong-l^ien, K. \'II, art. II, p. 8. 7; art. III, ]i. 1.

Page 1