‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 41 sur 100 · I.ao-tse prétlil ravèiieineiit des T-aiig,' jj · texte numérisé non relu

I.ao-tse prétlil ravèiieineiit des T-aiig,' jj

La dernière année du règne de Soei Yang-ti \ît'i 'f^M '^ ' ^1^- Lao-kiun députa le dieu du pic sacré de Ho-chan f^* |Jj (2), pour annoncer à Li Yuen -^ \}^\, duc de T'ang /=|^, qu'il monterait sur le trône impérial. Avant l'avènement de Kao-tsou "i^ jji|, l'année suivante, Lao-kiun ai)parut à Ki Chan-hing '^ ^ fx sur la montagne de Yang-kio-chan ^ p\ [[], dans la sous-prcfecturc de Fou-chan-hien ff: [ij m, du Tsin-tcheou ^- jlj (:>), et lui renouvela la même prédiction (4).

Ki Chan-hing était un homme droit et probe, natif de Kiu-wodiien \^ j^ |^,. au Llian tcheou |^ ji]. En ce temps-là Tsin-tcheou H j'\] et Hiang-tcheou jf^. jf] tomljèrent aux mains du général Song Kin kang ^ ^ ||]ij, un des lieutenants du grand chef de rebelles Lieou Ou- tcheou fij '^ j§]. vulgairement appelé Lieou lié-ta fij M ^. Li Che min ^ -jij: |^, lils de Kao-tsou, commandant des armées impériales, reprit ces pays sur son adversaire. Pendant ces troubles, Chan-hing ^ <t s'était enfui à Ta-t'ong-pao i^ 'j^ ^, au Lin-fen bien |^^ i:^ j|f,- Etant retourné à Yang-kio-chan pour s'acquitter d'une mission dont on l'avait

(1) Hoen yuen clieng-ki, K. \'II, p. o5-42. T'ong-kien-kang-moutcheng-pien il il H^ @ ÎE li. l'v. 24, p, 80-S2. Tao-tsang-tsi-yao |t ^ % ic, P- 50-51-52. Chen sien-t'ong-kien if,tti fl ii gt, liv. 12, art. VII, p. 7, S ; liv. 12, art. S, p. 8. Cf. Ile i'artie. Tchang Tao ling (Maître du Ciel.)

(2) Cf. II. Partie. Les cinq monts .sacrés. — Ho-chan ^ [Jj , mont sacré du Sud, sous les Tang ]^.

(3) Du P'ing-yang-fou, au Clian-si.

(4) Hoen yuen cheng-ki, K. I, p, 36-37.

chargé, il vit tout à coup accourir du Nord de la montagne un cavalier montant un cheval blanc : Chan-hing" prit peur et s'enfuit à Kan-t'ang-\vo -^ ^ ^.

Quelle ne fut pas sa surprise d'}' trouver encore ce cavalier qu'il venait d'éviter! Barbe blanche, cheveux blancs, habits blancs et chapeau noir, il montait un cheval blanc, à la queue et aux fanons rouges. Il était accompagné de deux jeunes enfants de lo à 14 ans, chaussés de souliers en cuir rouge, vêtus d'habits gris et la tête ceinte d'un turban; ils se tenaient de chaque côté du cavalier; l'un portait un chasse-mouches et l'autre une enveloppe de sceau. Le vieillard, qui était Lao-tse en personne, dit à Chan-hing: "Fais savoir à l'empereur des T'ang qu'il doit me bâtir un temple à l'Est de sa capitale de Tchang-ngan ^ •^, et y exposer ma statue; alors il verra renaître la paix par tout l'empire." A ces mots il disparut dans les airs.

Pendant la nuit du 27 de la IV" lune, un messager vint prier Chan-hing de se rendre à Kan-t'ang-wo, où il trouverait Lao-tse. De fait, le même cavalier lui apparut; la seule dififérence, c'est que, cette fois-ci, sa tête était ceinte d'un diadème d'or. "Vous souvenez-vous, lui dit-il, de l'ordre que déjà je vous ai donné? — Oui, reprit Chan-hing. —Allez donc sans tarder le communiquer à l'empereur. — Je suis pauvre et ignorant: comment oserais-je me présenter devant l'empereur? — Allez quand même et soyez sans crainte. — Mais quelle preuve lui donnerai-je de la véracité de mes paroles? — Quand vous serez arrivé à la capitale, vous y trouverez un homme qui vous donnera une tablette de pierre : ce sera votre témoignage." La vision disparut. Le 5 de la V*^ lune, Chan-hing se présentait chez le gouverneur de Tsin-tcheou ^ ^'H, nommé Ho-jo Hiao-i ^ ^ ^ ^, qui le reçut poliment et lui dit d'attendre quelques jours; puis, le 11 de la V'^ lune, il l'introduisit au palais de Li Che-min ^ [jf ^. Celui-ci écouta avec bienveillance le narré de l'apparition de Lao-tse ; il commanda ensuite au gouverneur Ton Ngang :^ ^ d'aller au lieu même de l'apparition, pour y

offrir un sacrifice. Le 18 de la V^ lune, le gouverneur offrit un sacrifice; à l'instant où il se relevait, il aperçut dans un nuage violet un majestueux vieillard, le même qui déjà était apparu à Chan-hing.

"Qui es-tu? demanda-t-il au gouverneur. "Je suis Tou Ngang, le député du roi de Tsin. Je viens vous offrir un sacrifice en son nom. — Je ne l)ois ni ne mange, répondit Lao-tse; à quoi bon ce sacrifice?"" Et désignant de la main Chan-hing, il ajouta: "Cet homme est mon chargé d'affaires pour vous manifester mes volontés." Tou Ngang, à son retour, rendit compte de sa mission, et rapporta à Li Che-min les paroles mêmes qu"il avait entendues. Celui-ci écrivit un mémorial pour l'empereur Kao-tsou.

Le 19 de la V'^ lune, Tou Ngang et Chan-hing arrivèrent au pa!ais impérial. Soudain un nommé Tchang Ta ^ j^, de Kiong-tcheou J\] '}[], leur remit une tablette de pierre sur laquelle étaient gravés les mots suivants: "Paix à Tempire, prospérité au peuple, dix millions d"années de règne, pendant dix millions de générations." L'empereur reçut avec une joie visil)le l'ambassade de Lao-tse, et, le 11 de la V'I lune, il accorda une charge officielle à Chan-hing ; 100 pièces de soie lui furent données en cadeau. Le G de la Vll'^ lune, Lieou Hien ||jl j^, délégué de Tempereur Kao-tsou. partait pour Yang-kio-chan, avec mission d'y élever un temple commémoratif de l'apparition de Lao-tse. Fou-chan-hien î^i |1| J|^,, nom de la sous-préfecture où se trouve cette montagne, fut changé en Chen-chan hien jji^ ^J )|f,, c'est-àdire "la sous-préfecture de la montagne de l'Esprit."

Le 25 de la VHP lune, Lao-tse manda de nouveau Chanhing dans sa pagode, et lui apparut sous une superbe tente dressée entre deux arbres. Il reposait sur un lit d'ivoire, près de tables à thé ornées de fleurs; deux employés en livrée grise le servaient, et, en arrière, un écuyer au costume jaune tenait son cheval. — "L'empereur est-il content? dit Lao-tse — Fort content, répliqua Chan-hing. — A-t-il encore quelque doute? — •

Il ne sait pas votre nom. — Je suis l'immortel Ou chang' ^ J^ ; je me nomme Li Pé-yang -^ f|Q |I^, et mon surnom est Lao-kiun ; je suis l'ancêtre de sa famille. Après la défaite des brigands, la paix va renaître; son règne sera long et glorieux." Il disparut en prononçant ces dernières paroles.

Ho-jo Hiao-i ^ ^- ^ ^. apprenant cette nouvelle prédiction, se hâta d'en\oyer Si T'ong )^ ^, sous-préfet de Siangling-hien ^ l^J^,. et Chan-hing. en avertir Kao-tsou. L'audience impériale eut lieu le .") de la X'^ lune. Le souverain, au comble de la joie, donna à Chandiing une robe de cour et 40 pièces de soie. Tous les mandarins félicitèrent l'empereur à l'occasion de la nou\elle marque de faveur que lui accordait Lao-kiun.

Une nouvelle apparition de Lao-tse eut encore lieu dans la même pagode de Yang-kio-chan, le 7 de la XIP lune. Une dizaine de génies l'accompagnaient; il était assis à côté d'une table à thé en jade.

En signe de bienveillance à l'endroit des tao-che, Kao-tsou donna une charge officielle à Wang Yuen-tche 3: 'M. ^P. tao-che de Tsin-yang -^ p^, qui lui avait prédit son élévation au trône. Ce tao-che reçut un bonnet rayé d'or et un habit de soie violette. C'est le premier exemple de la faveur impériale, accordée aux tao-che marquants, de porter des habits violets.

Wang Yuen-tche 3E js ^L' monta encore en dignité l'an 627, et l'impératrice Ou-heou -^ ^ l'honora d'un titre posthume.

L'année 6'22, le 17 de la IIP lune, Lao-tse revint dans la pagode de Yang-kio-chan, avec une imposante escorte de génies montant des dragons et des animaux fabuleux. Une cohorte de soldats célestes formaient sa garde du corps; des porte-drapeaux et des troupes de cavaliers parcouraient les airs. Lao-tse était assis dans la grande salle; il dit à Chan-hing: ''Maintenant que mes descendants vont être promus a la dignité impériale, le genévrier de mon temple à Po-tcheou a poussé un rejeton. J'envoie Tan 0 (c'est-à-dire Tcheou-kong J^ ^) à la tête d'un million de soldats célestes pour combattre Lieou Hé-ta :glj M ^,

le chef des rebelles: pendant la IV® lune il sera défait, et la paix va être rendue à l'empire." (1).

Ho-jo ^ ^' députa Chan-hing et un officier nommé King Tsing ^ i5j1|], pour faire connaître à l'empereur cette heureuse prédiction. (2). Le jour même où Chan-hing. porteur d'un édit impérial pour Lo-tcheou j^ j'\], quittait la capitale, le chef de la rébellion éprouvait une sanglante et irrémédiable défaite: c'était le 21 de la I\'' lune. La paix revint, et le genévrier de la pagode de Lao tse reprit vie.

L'an 637, le 25 de la L' lune, parut l'important édit de T'ang T'ai-tsong }0; ^ '^y^, dont xoici le résumé: "I.e Taoïsme est la doctrine primitive du genre humain (8) ; il peut donc être adopté comme religion nationale. Le Bouddhisme au contraire vient des pays d'Occident, et n'a été importé en Chine (|u'au temps des Han Orientaux. En conséquence les taoche doivent avoir le pas sur les Iwnzes. J'ordonne que le présent décret soit exécuté dans tout l'empire".

T'ai-tsong -i^ 9^ et l'impératrice Wen-té ^ @, fournirent les fonds nécessaires pour la construction du temple Tong niingkoan ^ H^ 11^. une des merveilles de l'époque. Tous deux s'y rendirent en grande cérémonie, pour présenter leurs hommages à Lao-tse. (4).

En (}47 parut un édit ordonnant la traduction du Tao-téking dans tous les dialectes de l'Inde, afin de le faire connaître dans ces pays (5).

(1) Lieou Hé-ta gi] M |i| revint en 622 dans la province du Chantong, à la tête d'une armée de Tartares; il fut pris et décapite.

(2) Ces apparitions de Lao-tse à Yang-kio-chan sont racontées avec tous leurs détails dans le traité du Canon taoïste, Tome 610, Xi^' 982 (960) et intitulé Long-kio chan ki.

(3) Ceux qui soutiennent que le Taoïsme primitif était l'ancienne philosophie chinoise, donnent ce décret comme un des arguments qui prouvent leur thèse. Cf. Hoen-yuen cheng-ki, K. VIII, p. 9.

(4) Tao-tsang-tsi-yao M M M ^^ P- ^.2-55.

(5) Hoen-yuen cheng-ki, K. VIII, p. 9-10,

ARTICLE IX

Faveurs diverses accor<lées pai* Lao-lse à la «Iviiastie <les 'l'aiig- ^.

Pendant le règne de Kao-tsong "j^ ^ (650-6H4 ap. J.-C).

A la IP lune de l'an 662, l'empereur demanda à ses courtisans s'ils ne connaissaient point c|uelques anciens vestiges du Taoïsme. Les vieux ministres lui dirent c|ue sur la montagne, au Nord de la capitale, il existait une pagode où l'on ne priait jamais sans être exaucé. Kao-tsong commanda aussitôt à Hiu Li-che f^ -j) i» de Lo-tcheou -/g. ;Ji], d'y bâtir une pagode. En creusant la terre pour les fondations, on trouva une table de pierre dont l'inscription était rongée par le temps; les seuls caractères encore lisibles étaient les suivants: "Cette pierre a été érigée par Pé Tchong-li i^ fi|i g|.". Elle avait quatre pieds de long, deux pieds de large et deux pouces d'épaisseur; elle était soutenue par huit pieds de pierre sur lesquels étaient gravés ces mots: "T'ai-chang Lao-kiun." On apporta cette table de pierre au palais. L'empereur fit venir les tao-che Kouo Hing-tcheng IP ^f ^, Hoang Yuen-i % ^ Iïïp(, Lieou Tao-ho fij ^ ^. etc., et leur commanda de faire leurs cérémonies rituelles. Or, le 27 de la II' lune, la nuit, pendant qu^ils récitaient leurs prières, une l)lanche et éblouissante lumière remplit le palais: au sein de ces rayons lumineux apparut Lao-tse. Ses cheveux et sa barbe étaient blancs comme neige, il était vêtu d'habits blancs, et deux serviteurs se tenaient à ses côtés. Au bout de quelques instants, l'apparition s'évanouit. Le mandarin Yang Hou-che |î^ f^' Éif) de Lo-tcheou ;§ ^i'], et treize autres personnes, furent témoins du prodige. Un mémorial fut immédiatement rédigé et envoyé à Kao-tsong. Celui-ci fit peindre une image en tout conforme à l'apparition, et lui donna le nom de Lao-kiun-joei-siang ^ "fî" ïflg \$. '• "miraculeuse image de Lao-kiun."

Tout le corps ofiiciel s'empressa de féliciter l'empereur.

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Statue colossale de Lao-tse dans le temple T'ai-ts'ing-kong, à Po-tcheou,

(Hauteur 3"^ 90)

Eègne de T'ang Hiuen-tsong Ji^S^ ou T'ang Ming-hoang

A K'iu-tcheou ^|f '}\\. vers 727, en fouillant la terre pour construire une pagode, on découvrit une pierre ressemblant à du jade, sculptée en forme de poisson, et mesurant trois pieds de longueur; elle était de couleur l)leu-violet, couverte de gravures merveilleusement ciselées, et rendant un magnifique son. L'empereur lit venir tous ses officiers: personne ne put lui dire le nom de cette pierre étrange. Il l'appela Joei-yu-k'ing ïf^j ,# ^ "Pierresonore-poisson de bon augure", puis il commanda qu'on la suspendît dans le temple T'ai-wei-kong -j^ \jik 'B'- Défense fut faite de la faire résonner en dehors du temps consacré aux cérémonies taoïstes.

Dans tous les autres temples, on fit sculpter des poissons de pierre ou de bois qu'on se mit à faire résonner pendant la récitation des prières (1).

Au cours de l'année 746, on trouva sur la montagne de T'ai-pé-chan -y^ ^ \\\ un précieux recueil de talismans, qu'on se hâta de porter à T'ang Ming-hoang. Le livre fut conservé dans le temple Ling-fou-tien g f^ ^. ii la capitale. Le mont T'aipé-chan -ic è lil reçut en récompense le titre de duc (2), et on donna le nom de Kia-siang-tong ^ fjf: \\^ i\ la grotte (|ui le renfermait.

Bcgnc de Té-tsong fg ^^ (780-805).

L'an 794 est mémorable par le prodige suivant : Wang mou JE -^ descendit sur la montagne de King-ts'iuen-chan ^ ^ [il, au Kouo-tcheou ^ j'\], et indiqua à une femme ermite, nommée Sié Tse-jan |^f- g fji, la formule de la coagulation de l'air

(1) Da cette époque date l'adoption, dans les temples taoïstes, des "mou-yu" y|v M., poissons de bois, h l'imitation de ceux des bonzes.

(2) Iii apparaît clairement le sens do cette cérémonie "Fong" Jf, pratiquée par les empereurs, qui conféraient des titres aux esprits des montagnes.

pour la composition de la pilule d'air comestible. Quand elle eut réussi sa combinaison, elle monta au ciel, le 16 de la X'' lune, en plein jour.

Règne de King-tsong ^ "^ (825-827).

L'an 826, à la première lune, l'empereur fit un voyage au Sud et résolut d'aller remercier Lao-kiun dans son temple T'aits'ing kong :ic ï^ 'S'- Avant son arrivée, Lao-tse apparut à Tcheng Kien ^|5 ||, mandarin de Tchang-ngan-hien -0^ ^ j|^, et lui dit: "Vite, lais combler ce vieux puits en ruines; sinon un grand malheur te menace." Tc'neng Kien, après examen, vit que la terre commençait déjà à s'ébouler: sans retard il fit combler le puits (1).

Le mandarin ne manqua point de raconter à l'empereur cette marque visible de la protection de Lao kiun. King-tsong commanda de suite à Wei Tchou-heou ;^ ^ J^, assistant du tribunal de la guerre, de faire graver sur une stèle de pierre le récit de ce prodige, rédigé par le lettré Lieou Kong-k'iuen |||| ^ m. La stèle fut érigée près de l'ancien puits en ruines.

Pendant qu'on travaillait à cette inscription lapidaire, le 18 de la XIP lune, un ^'ent violent se leva soudain. Lao-tse apparut, habillé d'habits violets, portant un diadème d'or et des souliers dorés; ses pieds reposaient sur de blanches fieiirs de lotus; dans sa main droite il tenait un éventail à cinq brillants, et sa gauche était ballante; il paraissait comme environné d'un nimbe d'or éblouissant. L'apparition se maintînt pendant un temps assez long pour que le graveur pût dessiner sur le sol le portrait de Lao-tse. Dès qu'il l'eut achevé, l'apparition remonta dans les airs; Lao-tse désigna du bout de son éventail le faisceau lumineux qui l'entourait, et on ne vit plus rien. L'empereur fit ajouter sur la stèle le narré du prodige (2).

( 'O II était chargé de réparer les routes sur le passage de Tenipereur: un éboulement lui eût attiré la peine de mort. Hoen-yuen cheng-ki, K. IX, p. 11 seq.

(2) Tao-tsang-tsi-yao îi |i |5 S, P. 65.

Annarltion de Lao-tse à C/uni-hiiiif.

Art. IX. — LAO-TSE ET LES T'aNG.

Règne de Hi-tsong fg: ^ (874-889).

L'an 881, Wang' Tchong-yong ^ g ^'1, mandarin de Hotchong 'JpJ pf3, apprit à l'emperenr une réjouissante nouvelle. Le cyprès du temple King-t'ang-koan ^ }§ |||, à Long-kio-chan fi ^ |li' desséché au temps de la révolte de Ngan Lo-chan -^ '4^K llj? sous Hiuen-tsong ^ ^ et pendant les troubles suscités par Tchou Tse ^ '^ihf;, sous l'empereur Tai-tsong f^ ^f^*, venait subitement de reprendre vie: en dix jours il [)oussa une tige qui atteignit 50 pieds de hauteur (1).

A la 3'' lune de l'an 882, P'an Tcheou f^ ^^, mandarin de Po-tcheou, députa les tao-che Ma Han-tchang ,^ ^ ^, Suen Si-ou ^% 1^ ^- et autres, pour présenter un mémoire à l'empereur, et l'informer que depuis de longues années les rebelles avaient vainement tenté de s'emparer de Po-tcheou et de détruire le temple T-ai-ts'ing-kong ; tous les pays environnants étaient tombés en leur pouvoir, mais Lao-tse, du haut du ciel, armé de foudres et de tonnerres, avait toujours dispersé les armées rebelles.

Un arrêt impérial déclara (|ue la sous-préfecture natale de Lao-tse deviendrait territoire soumis directement à l'empereur, et s'appellerait Ki-hien ^ jÇf;.

Hi-tsong s'inclina vers l'Est pour témoigner sa reconnaissance à Lao-kiun. P'an Tcheou se montra plein de zèle pour restaurer le temple de Lao-tse: ameublement et statues, tout fut remis à neuf. L'empereur le nomma Ministre des Travaux publics.

Les tao-che, porteurs du mémoire, reçurent la faveur de porter des habits violets. La même distinction fut accordée au supérieur du temple T'ai-ts'ing-kong. nommé Ou Tchong-yuen p^ S TU ' on y ajijuta même un titre honorifique (2).

(1) Hoen yuen chen^ ki, K. IX, pp. 17-19.

(2) Hoen yuen cheng-ki, K. IX, pp. 19 et scq.

Le 29 de la Ville i^ne, en 882, Li Té-li ^#jï, membre de la famille impériale, et le tao-che Li Ou-wei ^ M '^^ faisaient leurs dévotions dans le temple Yuen-tchong-koan j£ t^ M» bâti sur le marché de la Chèvre grise (Ts'ing yang che ^ ^ ^^), à Tcheng-tou )^ ^\), au Se-tch'oan. Tout à coup, ils aperçurent un cercle lumineux dans la bambouseraie au S. E. de la pagode; puis cette couronne de lumière vola lentement vers l'Ouest, sous un prunier en fleurs. Ils creusèrent la terre, et découvrirent, à une profondeur de trois pieds, une brique merveilleuse, de 1 pied 1 pouce et demi de longueur, sur 7 pouces 4 lignes de largeur. Ses deux extrémités étaient d'inégale épaisseur: l'une était épaisse de 1 pouce 3 lignes, et l'autre de 1 pouce 8 lignes; cette brique pesait 12 livres. Sur l'une de ses faces étaient gravés G caractères de 2 pouces carrés; la gravure avait environ 3 lignes de profondeur. "T'ai-chang p'ing Tchong-houo tsai "ic Jl ^ 4" ^ "4": tels étaient ces six caractères, dont voici le sens: T'ai chang (Lao-tse) rend la paix à Tchong-houo. — Tchong-houo 4" fp était le nom de règne de Hi tsong, à l'époque de cette trouvaille. On n'oublia point d'apprendre à l'empereur le résultat de ces fouilles, et de toutes parts les félicitations arrivèrent à Sa Majesté.

Chacun des deux témoins et acteurs de ce qui vient d'être raconté reçut en récompense 200 pièces de soie; le tao-che eut le droit de porter la robe violette, et Li Té-li obtint un titre d'honneur.

L'empereur commanda d'agrandir l'ancien temple Yuentchong-koan, et changea son nom en celui de Ts'ing-yang-kong

Ce temple avait été doté de 200 meous de terre, qui étaient loués à des cultivateurs; ceux-ci y plantaient des légumes proscrits par l'abstinence taoïste, v.g. de Lail, des oignons, etc. Hitsong fit cadeau de trois cents ligatures pour permettre aux taoche de racheter le fermage et de reprendre leurs terres.

En moins de dix mois, tous les rebelles étaient soumis. L'empereur ordonna de restaurer toutes les pagodes de Lao-tse,

et d'y célébrer des offices d'actions de grâces. Le collège des académiciens et l'assistant du Ministère de la Guerre reçurent l'ordre d'élever une stèle commémorative (]).

ARTICLE X. Apparition <le rao-iiiiin sous les Song; ^.

L'an 1014. Song Tcheng-tsong 515 ^ ^ fit un pèlerinage au temple de Lao-tse, à Po-tcheou. Il vint avec une suite nombreuse : chars, chevaux, équipages de toutes sortes couvraient les routes; une multitude énorme accourut pour jouir du spectacle. L'empereur passa la nuit à Wei-tchen-hien ^^ m. jP ; dans son pavillon Koan-miao-ting f| -^ ^. il se mit en prière, le visage tourné vers le temple T'ai-ts'ing-kong. Quand il entra dans ce temple, le lendemain, Lao-tse lui apparut sur son autel. L'empereur écrivit de sa main l'attestation de ce prodige, et commanda qu'on la gravât sur pierre.

Quand il s'agit de restaurer la grande salle du temple Hiu-ou-t'ang ^ M 'j^, on s'aperçut qu'une branche du genévrier de Lao-tse touchait le toit au Nord ; on résolut de la couper. La nuit suivante, il survint un orage terrifiant, accompagné d'éclairs, de tonnerre et d'un vent impétueux qui fit rage toute la nuit. Le matin venu, on remarqua que la branche du genévrier, qui, la veille, était dirigée vers le Sud, se trouvait maintenant tournée vers le Nord. Les lettrés composèrent une poésie pour rappeler ce prodige aux générations à venir.

Les habitants de Ngan-lou ^ [5^ offrirent en présent à l'empereur un cert blanc, chose bien rare au monde; ils furent magnifiquement récompensés. Song Tcheng-tsong composa une

(1) Tao-tsang-tsi-yao M M M 15, PP- C.6-69, Hoen yuen cheng ki, K. IX, p, 20 et seq.

94 CHAP. ir. — LAO-TSE APRÈS CONFUCIUS.

pièce de poésie et une préface, pour commémorer le souvenir de son pèlerinage à Po-tcheou (1).

Toutes ces légendes sont comme un commentaire explicatif de tous les noms de pagodes tao'istes, qu'on voit gravés au-dessus de la porte d'entrée; qui veut en bien comprendre le sens et l'origine, doit connaître ces récits fabuleux.

(1) Tao-tsang- tsi-yao M M 'l'5 le. -i^" "^"ol., pp. 70-74. T'ong-kien-kang-mou-sou-pien M ^ M ^ M. Wi- li'^'- 3, PP. 64-65.

La Doctrine taoïste

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