‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 59 sur 100 · AÎIT. VII. — LA TAOÏSME À SES DIVERSES PÉRIODES · texte numérisé non relu

AÎIT. VII. — LA TAOÏSME À SES DIVERSES PÉRIODES

sul)ir les examens sur les classiques du Confucéisme ; défense fut faite aux tao-che de vivre séparément: ils durent être réunis en communauté ; défense de porter des habits rouges comme les lamas mongols. En 1384. un taoïste de Hiu-i-hien |^T [jj^ présenta à l'empereur une lettre tombée du Ciel : pour récompense, il fut exécuté sur l'heure !

Les successeurs de Hong-ou se montrèrent plus ou moins mal disposés à l'égard du Taoïsme; aucun d'eux ne le favorisa effectivement; plusieurs se montrèrent plutôt hostiles, en particulier l'empereur Hiao tsong (Hong-tche) # ifi {% j-^) (1488-1506), qui défendit sous des peines sévères les pratiques taoïstes sur l'alchimie et d'autres coutumes superstitieuses. Il tournait en ridicule toutes les jongleries des tao-che. On raconte qu'un jour, à propos d'un temple taoïste incendié, il dit à un tao-che en se moquant: "Si ces personnages que vous honorez étaient vraiment des dieux, permettraient-ils que leur temple devint la proie des flammes? Se laisseraient-ils brûler eux-mêmes?"

L'avènement des Mandchous apporta peu d'espoir à la secte taoïste, car l'un des ])remiers décrets de l'empereur T'ai tsong, période Tch'ong-té ^ ^$i, (1636-1643), fut dirigé contre les magiciens et les taoïstes, *'qui, par leurs doctrines perverses, jettent le trouble dans l'Etat."

L'empereur K'ang-hi (1661-1721) ordonna que tout magicien taoïste convaincu d'avoir usé de moyens magiques pour le traitement d'un malade, serait déféré au Tribunal des Peines, et que le malade (|ui l'aurait mandé serait lui aussi susceptible d'une peine. Toutes les sectes issues du Taoïsme furent cundamnées comme criminelles. Pendant le règne des empereurs de la dynastie des Ts'ing '^, les grands Maîtres taoïstes, "Maîtres célestes", résidant à Long-hou-chan ni j^ iJj au Kiang-si, furent laissés en libre possession de leurs propriétés; ils furent souvent admis aux audiences impériales, et reçurent même des présents et des titres honorifiques; mais la décadence de la secte ne fut pas enrayée. En 1752, le Censeur Mei ;ji^

adressa un mémorial à l'empereur Kien-long, le priant d'enlever aux descendants de Tchang Tao-ling la dignité de T'ien-che. Seul, le sinistre Kia k'ing (1796-1821) honora de ses faveurs le Taoïsme décadent.

Enfin la grande rébellion des T'ai-p'ing -jx, ^, Rebelles aux Longs Cheveux, (1860-1863), ruina les temples taoïstes de Long-hou chan f| ^ llj. et mit fin à la succession régulière des chefs du Taoïsme, qui n'eurent plus dès lors qu'une existence précaire, à la merci des secousses politiques.

Malgré tout, le Taoïsme continua d'exister; bon nombre de fonctionnaires et même de grands lettrés aiment à terminer leur carrière dans les temples taoïstes, agréablement situés sur les montagnes célèbres. Là ils finissent leurs jours en dilettantes, dans la solitude et la paix, philosophant une coupe à la main, et no}ant leurs derniers soucis dans de copieuses libations.

6° Le Taoïsme sous la Bépuhlique.

Après 1911, sous la République Chinoise, le Taoïsme a partagé le sort du Bouddhisme : il a été expulsé et spolié, ses grandes propriétés de Long-hou-chan |ï j^ |JL| au Kiang-si ont été confisquées, et son grand chef, le T'ien-che ou Maître céleste, harcelé et chassé hors de ses temples, qui ont été livrés au pillage. La plupart des propriétés des grandes pagodes taoïstes ont été saisies au profit de l'Etat.

Il n'est plus question de philosopher: c'est la lutte pour ne pas mourir. Depuis 1928 surtout, le gouvernement Kouoming-tang de Nan-king tend à détruire toutes les religions. La nouvelle édition du Tao-tsang-king ^ ^ |^, Canon taoïste, est venue à son heure pour conserver la collection des ouvrages taoïstes, qui en grande partie auraient fini par disparaître, avec les grandes pagodes où ils étaient encore conservés.

La "Commercial Press" de Chang-hai a achevé en 1927 l'édition complète du Tao-tsang-king, (|ui comprend 1120 volumes.

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