‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 60 sur 100 · CHAPITRE it · texte numérisé non relu

CHAPITRE it

PRINCIPES GÉNÉRAUX, (i)

ARTICLE I

l-es lois de la ci'oîssaiice et de la débilllé.

Tout homme ([ui ne comprend pas le grand secret, té tao ^^i M, est infailliblement condamné à la mort. Le Yang |(^, ou principe actif, s'épuise peu à peu dans sa personne; il n'y reste plus que le Li [î^, principe passif, et la mort arrive. Il ne faut donc pas s'étonner de voir les saints des trois religions consacrer leur existence entière à l'étude praticiue de la vie, et aux moyens requis pour éviter la mort et la renaissance. Le Confucéisme enseigne que l'homme doit suivre les inclinations de sa nature, <|u'ii a reçue du Ciel, et conserver soigneusement le précieux dépôt de la vie. Le Taoïsme expose la méthode pratique pour atteindre l'immortalité, soit au moNcn des produits médicinaux de l'alchimie, soit par la gymnastique respiratoire, la diététique, la photothérapie, le massage, etc.. Le Bouddhisme emploie la

(1) Tjîi théorie sur l'immortalité et les moyens pratiques cl'j- parvenir sont exposés longuement et d'une manière fort diffuse, dans les quatre volumes de l'ouvrage intitulé: Sing-ming-koei-tche -f4£ 'niT ^-: nr.es deux chapitres suivants sont un petit résumé, aussi clair que possible, de cette fantasmagorie nuageuse, où les tao-che ont exposé leurs idées sur la méthode î) suivre pour devenir immoitel. D'après eux, le premier auteur de cet ouvrage serait In tchen-jen ^ ^ \, qui vécut sous la dynastie des T'ang ^. Nous suivons le texte de la belle édition de Wanîi M M- Ces notions ont été complétées par les ouvrages du Canon taoïste dont nous donnons des extraits.

méditation et Tabstraction, dans le but de parvenir à l'illumination finale, après laquelle l'homme est transformé en Bouddha. Ces trois religions, c|U()i(|ue distinctes nominalement, ne sont en fait qu'une seule et même religion, puisqu'elles ne poursuivent (|u'un même but: la conservation de la vie.

A. Lois de la croissance.

L'embryon dans le sein maternel reçoit du couple producteur, en dehors du k'i primordial, 24 tchou ^ (1) de in, principe passif. Le petit enfant de 1 à 3 ans reçoit en plus 40 tchou de in; à l'âge de trois ans il ne possède donc que 64 tchou de in; aussi est-il la faiblesse même, et l'intelligence ne s'est pas encore éveillée en lui.

ang

De 3 ans à 5 ans. il reçoit G4 tchou ^ de y

De 5 ,, 8 ,, „ 64 tchou ,

De 8 „ 10 „ „ 64 tchou

De 10 „ 13 „ „ 64 tchou

De 13 „ 16 „ „ 64 tchou

A l'âge de 16 ans, l'adolescent possède donc 320 tchou de yang et 64 tchou de in. C'est-à-dire un total de 384 tchou de k'i primitif, émané du Ciel et de la terre: en tout une livre. Il est alors arrivé à la pleine force de l'adolescence: le k'i et le sperme atteignent leur parfait développement. Si on lui apprend la vraie méthode pour conserver sa vie, il arrivera à un heureux résultat.

A cette étape de la vie, un écueil attend le jeune homme. En effet, ses appétits sensuels et ses passions deviennent impérieux; s'il ne sait pas se modérer, son k'i constitutif s'échappe peu à peu et diminue, et, sans que jamais ses désirs soient assouvis, il subit une déperdition continue du k'i primordial. (|ui est remplacé par la même quantité de in.

(1> 2 4 tehou font un liang ^fg ou une once, et la livre chinoise est de 16 onces. Donc 384 tchou font une livre chinoise.

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