IV. Le double creuset. Le médicament interne et externe
1° On distingue un double creuset, le creuset interne et le creuset externe.
Le creuset interne, appelé encore le petit creuset, se trouve dans l'intérieur du corps humain. Il n'est ni d'or, ni de fer; le fourneau n'est ni de jade ni de pierre ; la cavité de la poitrine contient ce creuset, cjui est en communication avec toutes les veines du corps, et dans le bas de l'abdomen se trouve le fourneau.
Le creuset externe, nommé le grand creuset, contient le In, le Yang et les cinq éléments; le couvercle du creuset est dominé par le Dragon du feu ; sur le fourneau on remarque l'image du Tigre de l'eau: cette disposition a pour but de garantir le bon résultat de l'alliage. Le Yang, par nature, tend à monter, mais le Dragon, qui a le pouvoir de voyager dans les nuages et de commander en maître dans les régions supérieures, peut susciter une brise rafraîchissante et entraver son évasion.
Le In, au contraire, tend essentiellement à descendre; or le Tigre excite le feu du fourneau pour obvier à sa descente.
2° Ce double creuset suppose par le fait un double médicament, l'un interne, l'autre externe.
On doit d'abord manger le médicament externe, élaboré dans le fourneau extérieur; ce n'est qu'après usage de cette potion, que le remède interne combiné dans le creuset intérieur peut produire son plein efifet.
Cette loi générale ne souffre d'exception qu'au cas où l'opérateur est un homme particulièrement intelligent: un tel sujet pourra quelquefois se dispenser de recourir au médicament externe (1).
Cette double médication, (le traitement interne et le traitement externe) est désignée d'une façon technique par l'expression
(1) Sing-ming-koei-tche -E ^ il h, vol. I, p. 23-3C.
Symboles des cinq éléments
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taoïste Lien-tan J^ ;PJ-. ce qu'en langage ordinaire nous nommons : composer le breuvage d'immortalité, la pilule d'immortalité, l'élixir d'immortalité, etc.
La drogi'.e composée par les alchimistes pour immortaliser la vie se nomme Wai-tan ^\^ ff : le médicament externe. De plus ils prescrivent un régime compliciué pour immortaliser le corps, le spiritualiser : abstinences, aspiration de l'air et de la quintessence de la lumière, dispositions morales, invocation des génies, talismans, formules incantatoires, etc. Ce procédé constitue la thérapeutique interne^ le Xei-tan f^ ^Pj-, qui, de concert avec la thérapeutique externe, engendrera l'embryon de l'Immortel, le fortifiera et le nourrira jusqu'à sa parfaite maturité. Alors il quittera sa vieille dépouille mortelle, son cocon, sa gaine, et s'envolera glorieux vers l'élysée tao'iste (1).
La thérapeutique interne se nomme encore Long-hou-tan fl )È ff' oi^^ la génération de l'enfançon par les deux principes In et Yang, figurés le l*"'" par le Tigre blanc (Ouest), et le 2" par le Dragon vert (Est) (2).
Itésiiiiié «le la IlicMU'io de riiiiinoi'lalilé (I ien laii -^^ if).
Les tao-che désireux d'atteindre le degré de Génies et d'Immortels s'adonnent à une pratique connue sous le nom générique de Lien tan 'j^ ^ (composition de la pilule ou du médicament de l'immortalité.) Deux méthodes sont employées ou séparément ou simultanément: l'une tout interne, l'autre au moyen de médicaments externes.
Quiconque empkjie avec succès la méthode interne simultanément avec l'une des métliodes externes, parvient au degré supérieur de Saint (Cheng îp?). Ceux (|ui s'appliquent seulement à la méthode interne, on seulement à l'une des deux méthodes externes, n'arrivent qu'au degré de Génies (Sien f[lj), ou à celui de Surhommes (Tchen-jen ^ J\,).
(1) Cf. Tao-tsang, Tome 112, N" 227 (225).
(2) „ , Tome r.S2, NO 895 (873).
Les Saints sont admis dans le Ciel taoïste supérieur Yu ts'ing 3E ïfl, Ciel de Yuen-che t'ien-lsuen.
Les Surhommes (Tchen j'en ^ A) sont les hôtes du second Ciel Chani^" ts'in.^- J^ ïpf- Ciel de Tao-kiun.
Les Génies (Sien-jcn fd) A) sont admis dans le troisième Ciel T'ai-ts'ing -j^ ïf-f. Ciel de Lao-kiun.
L Les deux méthodes externes.
Elles exigent l'usage de médicaments composés avec des recettes alchimiques.
1° Le Kieou tchoan kin-yé tan :hj '^ ^ ^J^ ^\- '■ la pilule de vie, composée par neuf manipulations successives du cinabre décomposé neuf fois et recomposé neuf fois. A chaque nouvelle manipulation, il est censé acquérir une nouvelle vertu merveilleuse.
2° Le Pa-che-tan A ^ :^ '■ la pilule aux huit composants, ainsi nommée parce que 8 ingrédients divers entrent dans sa composition (Cf. N° 873, vol. 576, et surtout N" 964 (942), vol. 600).
IL La mrtJiode purement interne.
. La méthode interne est connue sous le nom générique de Long-hou-tan f| ^ :P[ : la pilule du Dragon et du Tigre. C'est la conception, la formation, le développement et la maturité de l'enfançon de Tlmmortel à l'intérieur du corps humain, par Tes deux principes Yang et Li. Il consiste à introduire dans l'organisme le principe actif ou vivifiant pour remplacer totalement le principe passif ou mortifiant. Quand ce dernier a complètement disparu, il ne reste plus que la vie: c'est l'immortalité désirée. Les deux symboles du Yang et du In sont le Dragon et le Tigre.
Le Dragon, Ts'ing long ^ f|, Dragon vert, figure le Yang, parce que le vert est la couleur de l'Est. Le Tigre, Pé hou ^ J^,
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Tigre blanc, figure le In, parce que le blanc est la couleur de rOuest. De là vient le nom symbolique de cette opération interne: pilule du Dragon et du Tigre, c'est-à-dire: médicament interne du Yang et du In.
Divers noms de la pilule d'immortalité.
D'après la théorie taoïste expliquée au N'' 232 (230), vol. 113 du Canon taoïste, chaque manipulation (décomposition et recomposition) du cinalire lui donne une efficacité nouvelle. L'idéal est obtenu après 9 décompositions et recompositions successives; de là vient le nom générique de Kieou-tchoan-hoantan j\^ %% ^ ji^\ : pilule manipulée neuf fois. A chaque recomposition elle prend des noms différents.
Annioiiiîc chinoîise.
T'ong-ti M êS Le canal entre le cerveau et la colonne vertébrale.
Heou t'ong k'i n|^ iS ^ L,e larynx. Yen t'ong che pH j® ;^ Le pharynx.
Le centre de la poitrine.
Les poumons, (les six lobes yé ^).
Le cœur.
La péricarde (sac membraneux où est logé le id. Lcœur).
La jonction avec le fiel.
,, ,, le foie.
,, ,, les rognons.
,, ,, l'estomac.
Le diaphragme.
Le foie.
Le fiel, vésicule biliaire.
La rate.
L'estomac.
L'extrémité du cardiaque. Le pylore.
L'omentum.
Le nombril.
Le champ du cina))re où se forme l'Immortel. I.,e petit intestin.
Entre l'intestin grêle et le gros intestin.
Cheng tchong
Fei
Sin
iC>
Sin pao
Pao lo
Pi hi
Kan-hi
ff m
Chen hi
Wei hi
Ko mo
Kan
fp
Tan
Pi
Wei
Fen m en
Ycou men
Tche man
Tsi
Tan t'ien
^ ffl
Siao tchang
Lan men
Ta tchang
Le gros intestin.
Tche tchang
Le rectum.
Kou-tao
I/anus.
Kang men
Chen
Les rognons.
Ming men
''Les portes de la vie".
Pang koang
La vessie.
San tsiao
"Les trois passages".
Tsing tao
Le conduit du sperme.
Niao tao
L'urètre.
Xao
Le cerveau.
Soei hai
Le réservoir de la moelle.
Tche in
,, du principe "in".
Cf. FJg. A.