‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 71 sur 100 · I-a g'% iiuiasliquo l'ospii-aloire · texte numérisé non relu

I-a g'% iiuiasliquo l'ospii-aloire

Diverses cavités dans lesquelles l'air aspiré pénètre aux heures diverses du jour et de la nuit.

1° Les Kicou lovg ^, "g ou neuf cavités du crâne.

IMing t'ang B^ ^

Tong fang fi^ J^

Tan hiuen (Tan t'ien) f]- -^^ {^ ffl)

Lieou tchou f;^ 3^

Ti i (Yu-ti) %' Z: (3: ^)

T'ien ting ^ |g

Ki tchen ^{i ^

Ni-wan (Hiucp tan) -ffi il {-^ fi-)

T'ai-hoang -j^ ^

Cf. Tao tsang ^ ^, Vol. 68, No 155 (153).

Chang ts'ing tong tchen kieou kong tse fang-t'ou .h îW 3^ M

2" Les autres cavités de la tête et du visage.

Kiao niu tîjg -^ Le derrière de l'oreille.

Yeou t'ien f}i{ \[\ La cavité en avant de l'oreille.

Yu t.sin ^ i]i La salive.

Li ts'iucn gS ^ La source (la cavité) d'où sort la salive.

Yu tche 3^ flli La bouche.

Hiuen ts'iurn :è ^ La langue.

Iliufn ing -^ }^ Le fond du palais.

Tchong Itou ^ tg L'aorte.

ART. IV. — LE MÉDICAMENT CONFERANT l'iMMORTALITÉ. 149

3° La région du cœur, de la poitrine et du huste.

Elle est divisée en cinq grandes cavités dont chacune est composée de cinq lobes.

a) Cavité centrale du T'ai-ki -^ j^.

I.e T'ai-ki est le tout premier principe des choses, l'ultime origine avant la séparation de la matière cosmique.

b) Cavité du T'ai-i -^ f,.

Le T'ai-l est la grande mutation, à l'époque où la matière primordiale commença à évoluer en deux modes alternatifs: liang-i.

c) Cavité du T'ai-tch'ou % ^.

Le T'ai tch'ou est le grand commencement: la première apparition de la matière dans le monde,

d) Cavité du T'ai-che % ^.

Le T'ai-che est la première origine, le grand début, l'origine des choses matérielles et sensibles, la première apparition des formes sensibles,

e) Cavité du T'ai-sou pk ^.

Le T'ai-sou est le grand affinage, la séparation des corps simples mêlés confusément aux divers alliages, la mise en ordre, la classification des simples.

Outre ces cavités centrales, on en compte encore 4 autres:

a) Cheng-men ^ p^ La porte de la naissance, au-dessus du nomliril.

b) Ming-men pjT P*] La porte de la vie, au-des.sous du nombril.

c) Mi-hou ^ /3 Au-dessus des reins.

d) Yeou-kiué ^ p^ Au-dessous des reins.

4° IjCs cavités du buste inférieur.

Là est le fourneau interne où s'élabore la conception, la formation et la nutrition du fœtus de l'Immortel. L'Immortel ainsi formé et développé n'aura plus A redouter les tempêtes de la mer des douleurs K'ou hai ^ ^, ni les peines de l'enfer Fong-tou ^[5 $^. Il se développe et se perfectionne dans les 4 cavités: Tou-fou jt ^, Koan yuen H^ 7c, K'i-hai % ^, Tchongki i|i |«jj.

Cf. Sin ming koei tche -[^f: fp Éâ ^, Yuen 71;, p. 21.

Cf. Fig. B.

CHAP. II. — LA THÉORIE DE l'IMMORTALITÉ,

Fig. A. Anatomie chinoise.

ART. IV. — LE MÉDICAMENT CONFERANT l'iMMORTAI^ITÉ. 151

¥ïg. B. Gymnastique respiratoire.

152 CHAP. IT. — LA THÉORIE DE l'iMMORTALITÉ.

ARTICLE V

l*rocédé alclnini(|iie p(Mii' la composilioii de la pilule d'iiiiiiiorlalité. l)e>>ei'iplioii.

Les ouvrages taoïstes décrivent par le menu les manipulations alchimiques en usage pendant des siècles, dans les laboratoires des tao-che. Il est au moins curieux d'en avoir une idée, et nous croyons intéressant d'en donner ici un résumé succinct, avec l'indication des traités où se trouvent de plus amples détails.

1° Le laboratoire.

L'appartement où se fait l'expérience doit avoir 30 pieds de long sur 16 pieds de large et 16 pieds de haut. Le toit est de paille ; les murs de terre sont parfaitement enduits à l'extérieur, et percés de deux portes, l'une s'ouvrant à l'Est et l'autre au Sud. Des talismans sont collés sur les murs, des lames de sabre sont fixées menaçantes tout autour du toit, pour tenir à distance les malins esprits, et on brûle une pilule chasse-démons

2° Le fourneau (Tsao ^).

Le fourneau est élevé au milieu du laboratoire; sa hauteur est de 2 pieds 5 pouces au-dessus du sol, et la porte du foyer est tournée vers l'Est.

Cette porte de chaufifage doit avoir 5 pouces de haut et 4 de large. Les parois de terre, épaisses de trois pouces, sont soigneusement enduites avec du mortier dans lequel on a mélangé du vin chinois, des crins de cheval, des poils de bœuf, de daim et de cerf. Ce mortier est pétri avec de l'eau d'un cours d'eau orienté vers l'Est. Des barres de fer placées horizontalement

(1) ïao tsang, Tome 583, No 898 (S7G).

Le grand et le petit creuset.

ART. V. — LA PILULE d'iMMORTALITÉ. 153

et engagées par leurs extrémités dans les parois du fourneau, forment le foyer sur lequel on dispose la marmite de terre contenant les substances composantes. Pour 1 "érection du fourneau, il est très important de choisir un jour faste.

S° La marmite.

La marmite ou le creuset dans lequel ou déposera les ingrédients chimiques, doit avoir les conditions requises indispensables pour le plein succès de la composition demandée. Elle ne doit pas être en métal, mais en terre. Dans la pâte ou terre délayée, ou mêlera les éléments ci-dessous énumérés :

a) Mou-lai ifi ^ Une huître mâle.

b) Fen-lou ^ 4^ Un grillon.

c) Ma-mao ^ ^ Des crins de cheval très-fins.

d) Hoa-chc ^"l* ^ Du gypse (un genre de plâtre).

e) Tch'e che-tche f^ Jg" fi^ De l'argile rouge, vulgo Hong-t'ou

f) Yang-mao ^ '■% Des poils de chèvre très-fins, [fx i

g) Yen Eg Du sel (sel gemme.)

Ces matières, bien pétries et mêlées à la pâte terreuse, lui donnent une très grande solidité après un certain laps de temps. La marmite est façonnée avec cette pâte, qu'on étend sur ses parois par couches très-minces, peu à peu, pendant 100 jours, jusqu'à ce que l'épaisseur de la paroi atteigne un pouce et demi.

4° L'eau.

L'eau employée pour la cuisson des substances composantes de la i)ilule de vie doit être tirée ou d'un puits, ou d'un cours d'eau s'écoulant vers l'Est.

a) Veau de puits.

On creuse un puits, et (juand la source a rempli toute la partie inférieure, on le vide complètement, alin d'afin d'avoir de l'eau très-pure. Mais cette eau peut avoir les jjropriétés du

154 CHAP. II. — LA THÉORIE DE l'iMMORTALITÉ.

rang ou du in, suivant la composition des terrains et de la couche de terre qu'elle traverse.

Si l'eau sourd d'un terrain sablonneux, d'où elle s'échappe comme hltrée, elle a les propriétés du } ang. Si elle sort de terrains marécageux, boueux, elle a les défectuosités du in, et il sera nécessaire dans ce cas de creuser le puits plus profondément, car cette eau serait impropre à l'opération chimique.

b) L'eau courante.

Comme il a été dit, elle doit être puisée dans un ruisseau on un cours d'eau s 'écoulant dans la direction de l'Est.

Un rite religieux est accompli avant de puiser l'eau. L'opérateur récite un hymne en l'honneur des Esprits de la mer, des fleuves, des cours d'eau, des montagnes et du sol. Avant la récitation de cet h}mne. il verse dans le cours d'eau, en guise de libation, une coupe de vin de première qualité. Ce rite a pour but de rendre propices les divinités de la terre et des eaux, pour la pleine réussite des manipulations alchimiques qui vont avoir lieu (1).

5° Eléments constitutifs de la pilule de vie.

a) Matières composantes de la pilule dite Pa-kiong-tan A 3^ yy (c'est-à-dire composée de 8 substances diverses).

10 Le Cinabre, Tan-cha ^|- ^ ou Tchou-cha ?$ fij-^: Sulfure de mercure (vermillon).

2o Le Rêalg'ar,Hiong-hoang i$ ^: Sulfure d'arsenic rouge (As S-).

3" L'Orijiment, Tsehoang litf ^: Sulfure d'arsenic jaune (As- S^).

4° Le Soufre, Lieou-hoans' ?i^ Jf.

5" Le Borate de soude, Jong-yen j^ ^.

GO Mica (Margarite), Yun-mou :g -fij- (Minéral médicinal chinois).

70' Nitre ou Salpêtre, Siao-che îf ^J.

8° Sulfate de cuivre, Kong-ts'ing ^ ^ (2).

(1) Tao-tsang, Tome 113, Xo 232 (230); Tome 120, No 254 (252).

(2) Cf. Tao-tsang, Tome 112, No 227 (225).

„ „ 5S2, NO S95 (S73) (autre formule à peu

près similaire).

ART. V. — LA PILULE d'iMMORTALITÉ. 155

Mayers remarque judicieusement qu'il n'y a pas lieu d'être surpris, en lisant l'histoire chinoise, d'y trouver maints faits d'empoisonnement, causés par les fameuses pilules d'immortalité que les tao-che donnèrent aux hauts fonctionnaires de l'Etat et à plusieurs empereurs. (Cf. Chincse reader's Manual, N° 66:3).

b) Eléments constitutifs de la pai faite pilule d'immortalité neuf fois recomposée: Kieou-tch'oan-hoan tan ^ ||[ jg i^j-.

1° Tan cha fj- ^p Sulfure de mercure. Cinabre, VermUlon.

20 Hiong-hoang t$, ^ Sulfure d'arsenic ronge, Réalgar. (As- S-).

30 Pé-che-ing Q Ç '^ Quartz blanc, hyalin.

4° Kong-ts'ing ^ ^ Sulfate de cuivre.

50 Ts'e-che-ing ^ ^ ^ Quartz violet. Améthyste.

6° Che-tai Ç ^ Plombagine (sorte d'encre avec laquelle les

femmes se noircissent les sourcils).

70 Siao-che ît ^ Nitre, Salpêtre (KAz O^).

8° Lieou-hoang ?;f ^ Soufre.

90 Yang-k'i-che [^ ^ 5 Actinolite, Actinote.

100 Yun-mou :g # Mica, Margarite.

11° Kin-ya-che ^ ^ ^ Vulgo "Dent de tigre" (Pé-hou l'ouo-tche Q

12" Hou-fen t]\ f^ Céruse (pour poudre de toilette). [J^ M ■^•

13° Jong-yen 3^ ® Borate de soude.

140 Ts'e-hoang lltt ^ Sulfure d'arsenic jawnp, Orpiment. (As- S^). (l)

Le borate de soude Jong-yen ^ R^, 5 onces, est déposé tout au fond de la marmite. Le cinabre est à la surface supérieure. On arrose le tout avec ;> livres de mercure, puis on ferme la marmite et on procède à la cuisson.

6° Le chauffage..

On se sert de balle de riz; on chauffe lentement, doucement, à feu très doux, surtout au dél)ut ; la cuisson dure cent jours. Quand la décoction est refroidie, aj^rès trois jours, on recueille l'écume qui s'est formée au dessus du mélange, en se servant d'une ])lume de coc). Toutes les i)etites bulles de cette crème écumeuse, appelée Lang-kan hoa-tan 'ij^{ Jf- ^ ;^j-, sont

(1) Tao-tsang, Tome 12 0, No 2 54 (2 «2).

CHAP. II. — LA THÉORIE DE l'iMMORTALITÈ.

des pilules de vie. Il suffit d'en manger une once pour devenir Génie. Mais il n'y a que trois jours favorables dans une année; ce sont: le T''" de la IV" lune, le l"'' de la VHP lune, le 1«'' de la XP lune.

7" La production de Vargent artificiel.

Kien ^ : du plomb; Choei-in y\s. 1^: du mercure. A ces deux, matières en ébullition on ajoute ~ d'once de Long-kan hoatan ï^ Jf ^ :^J-. l'écume ci-dessus indiquée: instantanément on obtient de l'argent artificiel.

8° Production de l'or artificiel.

Kien fS" '■ du plomb ; Choei-in 7)^ IM : du mercure. A ces deux ingrédients en ébullition, on ajoute J"^ on un huitième d'once de Lang-kan hoa-tan Jj^ Jf ^ ;fj'' ^t de suite l'or artificiel apparaît dans le creuset !

9° Le traitement du cinahrc.

Les alchimistes se servaient d'ordinaire d'un appareil trèssimple, dont voici la description et l'usage. 11 est formé d'une tige de bambou, sur laquelle on a eu soin de laisser les trois nœuds en A B D. Le nœud supérieur est foré en A [[ir;, ^iiiiiiijjM d'une ouverture assez grande pour y introduire I aisément le cinabre C et deux feuilles de la-tche ^.<i^'c'M il ^ (sorte de papier huilé), étendues au-dessus du second nœud R. Ce second nœud B est percé au centre d'un petit trou (o) par lequel le mercure, séparé du cinabre sous l'action dissolvante de la chaleur, devra descendre peu à peu et tomber en M.

L'orifice A est ensuite bouché soigneusement et solidement avec du chanvre, puis le tuvau est placé dans une marmite en terre où on le chauffe pendant un jour. On le revêt ensuite d'une couche de terre épaisse de o lignes, puis on le plante en terre verticalement.

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