MOYENS PRATIQUES
ARTICLE I
L'Iiygii'ne du c<ï»iii*.
Le fondement de la conservation de la vie, c'est l'hygiène du cœur, qui consiste à écarter toute pensée fâcheuse, tout désir désordonné, toute passion troublante. Pour en arriver là, une obligation s'impose: c'est la garde des sens; car rien n'éparpille les forces comme le tracas des affaires extérieures et les vains bruits du monde.
Les yeux doivent concentrer leurs regards vers le cœur; les oreilles doivent être fermées aux nouvelles du dehors; l'extrémité de la langue doit être dirigée vers la cavité du cœur; qu'on soit debout, assis ou couché, en marche ou au repos, une seule pensée doit dominer sur toutes les autres: garder son cœur.
Les sens sont des voleurs qui troublent la paix du canir; mais les plus astucieux et les plus entreprenants de tous ces larrons sont les yeux; aussi, qui veut commander à son cœur doit d'al)()rd commander à ses yeux. Quand l'œ^l ne se porte point sur des objets délectables, le cœur reste calme. L'œil est une porte par laquelle l'esprit sort pour vagabonder; de ses vaines pensées naissent de pernicieux désirs; et ([ui ne sait réprimer ses regards, ne réprimera jamais les mouvements de son cœ'ur.
1(56 CHAP. III. — GENèsE ET EXODE DE L'ENFANÇO^.
A peine l'œil at-il perçu un objet dangereux, que déjà est né le mauvais dé.-ir du cœur, et le trouble succède à la paix.
Chose étrange: tous les jours de sa vie l'homme fait usage de son cœur, et il en ignore la nature; de même que le poisson ne connaît point la nature de l'eau où il demeure plongé.
Après avoir purifié son cœur, il faut ijien se garder de le salir de nouveau. L'or sorti de la mine ne s'enlise plus dans la boue; et comment le bois réduit en poussière pourrait-il de nou\eau reverdir, pousser des branches et des feuilles?
Ce travail est une œuvre de longue haleine. Il faut monter de bas en haut; un pas est un pas: telle est la loi de l 'ascension ; il faut marcher avec persévérance et non par bonds. La purification du cœur, c'est le gouvernail de la \ie et le moyen d'échapper aux renaissances; dans un cœur pur et pacifique, on peut nourrir le Chen ^^. et le Chen devient nature.
Cette doctrine peut à bon droit être appelée: le vestibule de l'immortalité (1).
ARTICLE IL
I,a g-.vninasliqiie l'espîraloîro.
On a coutume de donner le nom de gymnastique respiratoire au système d'aérothérapie taoïste. Dans le langage de l'école, il est nommé le "bain du cœur" ou le "bain d'air". Il faut déboucher et nettoyer le tube conducteur de l'air et du Yang. ces deux grands réparateurs de l'organisme. Ce nettoyage s'efl'ectue à l'aide du feu du ca>ur et de l'eau du dos: alors, les deux portes de l'épine dorsale se trouvent en communication avec les lobes du cerveau et les parties inférieures du bas ventre; au centre, les communications sont rétablies entre le cœur et le rein;
(1) Sing-ming-koeitche ^ ^ El r, vol. II, p. 1-13.