‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 77 sur 100 · ART. II. — LA GYMNASTIQUE RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

ART. II. — LA GYMNASTIQUE RESPIRATOIRE

le Yang et l'air peuvent librement circuler par tout le corps; le terrain est préparé pour l'exercice respiratoire. Le souffle a précédé l'existence de mon corps, et il cesse avant la mort de mon corps, ou plutôt son extinction amène la mort; il est donc de la plus souveraine importance de lui établir une libre \'oie de communication.

L'enfant dans le sein maternel a reçu la vie par l'insufflation de sa mère, et celle-ci avait reçu, par l'entremise du ciel et de la terre, le K'i, l'air du grand vide. L'origine de la vie est donc l'entrée en communication avec l 'air du grand vide, par l'entremise du souffle de la mère, inoculé à l'enlant. La respiration maternelle joue le rôle d'un soufflet, qui, adapté sur le nombril de l'enfant, lui insuffle l'air du grand vide; cet air pénètre dans le rein, remonte l'épine dorsale, entre dans l'occiput, forme les lobes du cerveau, puis redescend et donne naissance aux deux fosses nasales; de là vient son nom d'"ancêtre du nez". Peu-àpeu il s'établit une communication régulière entre la respiration de l'enfant et celle de sa mère, et par le fait même, une participation à l'air primitif du grand vide. Quand les voies respiratoires sont bien établies et que l'air peut circuler librement, C[uand l'enfant devient capable d'exercer par lui-même les fonctions respiratoires, la matrice s'ouvre, et la naissance s'ensuit: c'est alors qu'on coupe le cordon ombilical. Le nou\eau-né vit de sa vie propre, son souffle ne communi(jue plus avec celui de sa mère, et cette scission a interronq^u les communications entre son souffle et le grand courant d'air émané du ciel et de la terre: il demeure ])ar le fait exclu de la sphère d'inllnence ^\u i)rincipe producteur de la \ ie éternelle.

Lao-tse est venu enseigner aux humnu's, l'art de renouer les communications avec le souffle du ciel et de la terre, ])(Uir participer de nouveau au grand bienfait de riniiiiortalité : tel est le but prati([ue de la gymnastique res])iiatoire. C'est i)ar ie nez (|ue l'homme se relie au courant de vie émané du grand \i(k'; par l'expiration il exjjulse son proi)re souffle, et par l'asjjiration il attire dans ses fosses nasales le souffle vivifîcateur du ciel et

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de la terre. Le point délicat pour lui, c'est de rattacher ce nouveau courant avec les restes de l'air ])rimitif. que sa mère lui a soufflé dans le nombril. Or cette réserve d'air se trouve dans la mer d'air du bas ventre (1), au-dessous du nombril; la colonne d'air aspiré doit donc descendre assez bas pour se souder avec lui : de la sorte, le courant de vie interrompu par en bas se trou\e rétabli par en haut, et l'immortalité est de nouveau assurée. La plupart des hommes iji^norent cette théorie; l'air aspiré descend dans la gorge, pénètre dans la poitrine, mais ne descend jamais dans le ventre; aussi le courant n'est pas rétabli, et la vie est instable. De tels hommes peuvent être comparés au poisson, qui aspire l'air, l'introduit dans sa gorge et le rejette aussitôt par les ouïes. Tchoang-tse |tE -?■ a dit quelque part: "La majorité des hommes ne font pénétrer l'air que jusqu'au fond de la gorge; si cet air pouvait descendre jusqu'au fond de la poitrine, et suivant l'épine dorsale, parvenir au Ming men ■^ P^ (à la porte de la vie), dans le bas ventre, il renouerait communication avec le souffle de leur mère, et ces deux airs s'uniraient comme deux aimants qui se collent l'un à l'autre. Le Tchen jen ^ A (héros, Immortel du second degré) peut faire descendre son souffle jusqu'à ses pieds, et renouveler constamment par l'aspiration cette réserve d'air primitif qui tend à s'exhaler par le souffle.

Ce fut ce souffle maternel qui engendra dans le corps de l'enfant le rein et le cœur. Le cœur ressemble à une fleur de nénuphar dont le rein serait la racine; la racine et la fleur sont reliées par une tige creuse de 8 pouces 4 lignes de longueur; juste au milieu se trouve une cavité de 1 pouce 2 lignes; or le feu du cœur et l'eau du rein ont une tendance constante à entrer en communication. Le cœur, c'est le ciel ; le rein, c'est la terre; donc, en aspirant l'air du ciel et de la terre et en le mettant en communication avec le courant du rein au cœur, daus la cavité médiane entre ces deux organes, on a un courant

(1) Le K'i-hai.

La gymnastique respiratoire.

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