ART. III. — LE TAOÏSME ET LES TCHE-MA
20° T'ai-i ± Z^, le grand Un.
21° Ko-sien-wong- !^ f llj ^ (+244), un des principaux tao-che du Néo-Taoïsme, qui se posa en Voyant. Il est honoré comme génie. Son tche-ma a été acheté à Jou-kao ^ ^, en 1912.
22° Tse-wei-sing ^ fjjj[ ^, esprit stellaire.
23° Eul-lang-chen ^ ^ f^, génie setchoanais, fils de Li Ping.
24° Kin-kia tche-chen :Ér ^ i! f^- les esprits Kin, Kia.
25° Hoa-touo ^ j^t:» tlieu des médecins.
26° Yo-wang ^ 3E) ^e roi des remèdes.
27° Teou-mou yuen-kiun i|- # tc ^, divinité des pagodes taoïstes.
28° Hiuen-tan 3^ ^. dieu des richesses,^ ordinairement Tchao Kong-ming |§ ^ FIj^, dans les idées du peuple.
29° Tchao-tsai Jg ^, le pourvoyeur de la richesse; Tsin pao j^ ^. l'introducteur de la fortune : deux assesseurs de Tchao Kong-ming. Li-che ^J Tfî, l'intendant du lucre; Tchao-pao JS ^' le donateur des trésors: deux autres assesseurs du dieu des richesses.
30° Li-heou-wang ^ l^ jE-
.31° San-ts'ing ^ ^, les Trois Purs (Triade.)
32° Li Lao-k'iun ^ "^ 1^, Lao-tse.
33° Wang] Ling-koan ^ g '^, guerrier du taoïsme, gardien des temples.
34° Lieou Hai-sien ^Ij % ^, patron des commerçants, avec son crapaud à 3 pattes et son enfilade de sapècjues.
35° Tchang Tao-ling ^ M 1^- le promoteur du Nouveau Taoïsme.
36° Pa-tcha i^ Èf ; Lieou-mong tsiang-k'iun f ij ^nli; )}Ç '^, les dieux des sauterelles.
37° Yué-tsiang ^ ^, les esprits des 12 mois.
38^ Kiao-Hang ^ i^, l'esprit des ponts.
39° Ou koei Jl ^, les cinq diables, satellites de Yen Wang iî ï.
40° Ts'ing-miao tong-tse ^ pa m "T- -^-cs tao-che honorent cet esprit sur le bord des champs, pour le prier de protéger les moissons. (P'ang-t'ong ^ ^, +20.').)
41° Ts'ing-long; Pé-hou ^ f| Ù Ê^'- deux divinités taoïstes à l'entrée de leurs pagodes.
42° San-mao H ^- Le centre de leur culte est à Kiu-kiu chan, (Kin-yong-hien, au Kiang-sou.)
43° Ché-ling f}^ ^. deux bons génies qui avertissent Yu-hoang des torts et des vertus des hommes.
44° L'"Arc de feu" et la "Flèche ignée"', deux exécuteurs des ordres du dieu du feu et des incendies.
45° Tchoang-kong; Tchoang-niou : les deux génies du lit, ''un mâle et l'autre femelle, présidant à la génération des enfants. On leur offre des sacrifices près du lit des deux époux.
ARTICLE IV
Autres modes de popularisation.
I, Par les tracts populaires illustrés.
Le tract illustré est un moyen très employé en Chine pour moraliser le peuple et répandre dans le public les idées religieuses. Les tao-che sont trop habiles pour avoir négligé cette façon d'agir; aussi trouve-t-on des tracts taoïstes ayant trait à peu près à tous les points de morale. Comme les lettrés, ils prêchent les vertus sociales et la piété filiale; avec les bonzes, ils exhortent le bon peuple à ne pas tuer les bœufs, à rendre la liberté aux oiseaux détenus en cage, et aux poissons tombés dans les filets des pêcheurs; à recueillir soigneusement tous les grains de riz, pour éviter les coups du capitaine du tonnerre, le terrible Lei-kong ^ ^.
ART, IV. —AUTRES MOt)ES DE POPULARISATION. 20^
Le plus souvent ils représentent sur l'image un exemple mémorable de telle vertu, ou une punition éclatante de tel défaut : ces traits sont empruntés à l'histoire chinoise ou à la tradition.
Au-dessus du tableau, une légende explicative est suivie de quelques mots d'exhortation adressés au lecteur.
Nous en donnerons ici deux exemples. Il s'agit d'un vice plus spécial à la Chine, et tristement vivace de uns jours encore : la coutume d'exposer ou même de tuer les petites filles. Déjà nous avons entendu les lettrés s'indigner contre ce vice; écoutons maintenant les tao-che.
F^- Trait.
Sauver les petits enfants est une vertu bien méritoire.
Mr Tchang Cheou-ling ^^ ^ ^. originaire de Hangtcheou -^^jî j'\], se dévoua à l'enseignement, et dans cette fonction réalisa une petite fortune.
Déjà il avait atteint la quarantaine et n'avait point d'enfants; il fit alors le voeu de se consacrer à la protection des nouveaux-nés. Dans ce but il organisa une souscription, invita tous ses amis à verser leur obole, puis fonda un établissement de charité qu'il pourvut d'un règlement ainsi conçu:
"Toute femme pauvre qui pendant sa grossesse est venue se faire inscrire, par le fait même qu'elle a donné le jour à une fille, a le droit de toucher des habits, du riz et mille sapèques. De plus, pendant les six premiers mois, elle touche une aumône mensuelle de mille sapèques.''
Ces secours (ju'on lui accordait avaient l'avantage de permettre de la surveiller pendant les premiers temps; puis, quand la petite lille avait grandi, la mère ne pensait plus à la tuer. (1)
(1) Il faut avoir vécu longtemps en Chine pour foniprendro tout ce que ce raisonnement renferme de vérité et de bon sens pratique. C'est bien ainsi que les choses se passent.
204 CHAP. tV. — LE TAÏOSME MODERNE ET SES MOYENS.
Mr Tchang acquit ainsi de grands mérites, en sauvant une multitude d'enfants. Sa récompense ne tarda guère: il eut lui-même deux fds lettrés et illustres, qui furent membres de l'Académie.
2« Trait.
Châtiment réservé à ceux qui noient les petites filles.
L'épouse de Tchou Ngo-ta fa\ f^ -:k^ t^e Tan-t'ou-hien ^ fÉ M- (préfecture du Tchen Kiang fou H fx /ff )» avait noyé deux petites filles, en les plongeant dans un seau d'eau. Quand vint de nouveau pour elle le moment des couches, elle resta trois jours et trois nuits dans les souffrances de l'enfantement, poussant des hurlements de douleur, et ne cessant de répéter : "Ces deux petites diablesses m'arrachent la vie pour assouvir leur vengeance! Après nous avoir enfantées, disent-elles, tu nous as tuées. Penses-y donc; n'as-tu pas eu une mère qui t'a mise au monde et nourrie? Vainement tu as prétexté ta pauvreté: les filles sur terre n'ont-elles pas droit à la nourriture et au vêtement aussi bien que les hommes? Maintenant tu comprends ta faute, mais ton repentir est trop tardif!"
Vous tous, je vous en prie, ne tuez jamais vos petites filles.