TA-\AI-FOL-JE\ :^ M ^ A LA TRÈS HONORÉE DAME
Son nom était Tch'en-^e P^ ffl : la quatrième Tch'en : elle habitait à Hia-tou T 'â, sous-préfecture de Louo-hien B U' dans le département du Fou-tcheou-fou fg fW J^ ■ ï^He eut pour père Tch'en-kieng-imUW.^ dignitaire du tribunal des revenus, sa mère était de la famille Ko M- Ses deux frères aines s'appelaient, l'un Tclien-eul-sicmg U ::: ffi» l'autre Tch'en-hai-tsing
La première année de Kia-hing ^^ ft, 417 ap. J.C un génie malfaisant apparut sous la forme d'un serpent, appelé Ché-mou ife'Ê# "la mère des serpents", d;.ns la gr(.tte de Ling-ld-ta-tong M ^ -k m au Kou-t'ien-hien ,', EH % ; ce m..nstre dévorait les gens. Les habitants du villag.- de Ling-clwci-ts- lum ^ 7^ # l^i avaient bâti une pagode, et chaque année le 9" jour de la ÎX' lune, on lui sacrifiait deux enfants, un garron et une lille, pour l'empêcher de dévorer les gens.
Koan-in-p'oii-sah ^ ^^^i au retour du banquet des dieux, passait par Foic-tcheou fg ^'H pour se rendre dans les mers du Sud ; du iiaut des nuages elle aperçut une émanation diabolique monter vers le ciel, elle se coupa un doigt qui se changea en un rayon de lumière dorée, et tomba dans le sein de Madame Ko 1^, femme de Tch'en-kien-i |^ ^ ^ ; elle se trouva enceinte.
Le jour où elle enfanta, tous les immortels semblaient s'être réunis, des concerts de musique, des roulements de tambour éclataient dans les airs, la maison se trouva illuminée d'un merveilleux éclat, et Tair était parfumé d'une délicieuse senteur. Pour ce motif l'enfant fut appelée Tsing-kou ^ ji^, c'est-à-dire : "Introduite" (par les dieux). C'était le 15 de la l^'^lune, la première année de Ta-li 'X M' 766 ap. J. C, sous le règne de T'ang-taitsong M i^ ^- Son frère aîné Eul-siang Zl '^, disciple de l'immortel Yii-kia-ta-che Ji? ^/D :k. Bip, avait reçu de son maître un pouvoir magique qui lui permettait de commander les guerriers célestes et les soldats de l'autre monde. Quand il passa par le village de Ling-choei-ts'uen ^ 7K l^i l'organisateur des fêtes et tous les habitants le prièrent de les délivrer de ce monstrueux serpent qui leur causait tant de maux. Malheureusement Eulsiang ZI ^ se trouvait ivre quand on vint lui faire cette proposition ; il appela vainement ses soldats transcendants, et le serpent voulut profiter de l'occasion pour le dévorer. Soudain, l'immortel Yu-kia ï^^ |//IJ, le maître de EuL-siang Zl i^. apparut dans les airs, et laissa tomber une cloche d'or qu'il tenait en main; la cloche engloba Eul-siang ~ ^i, et le serpent ne put arriver à le mordre, mais le prisonnier ne pouvait plus sortir de sa cloche, sous peine d'être dévoré.
Sa sœur Tsin-kou ^ j[^, ou Ta-nai-fou-jen :k. j^ ^ A, eut grand pitié de voir son frère dans ce piteux état ; elle partit de suite pour Liu-chan [^ |lj, où elle trouva le maître Kieoulang-fa-che jl ê|^ -^ Éijî ; celui-ci lui indiqua un procédé mystérieux pour manipuler la foudre et l'employer à son service. Le premier usage qu'elle en fit fut pour foudroyer le serpent et délivrer son frère.
Plus tard l'impératrice fut sur le point de mourir en couches, le péril devenait extrême ; Ta-nai-fou-jen :M W ^ ^ fut introduite dans l'appartement de l'impératrice, et la délivra de son malheureux état, elle mit au monde l'héritier de l'empire. L'empereur au comble de la joie lui accorda pour titre d'honneur : Très honorée Dame, protectrice du royaume, miraculeuse bienfaitrice de rhumanité. De plus il lui bâtit une pagode à Kou-t'ien ■É" EB pour qu'elle continuât à protéger le peuple contre les petits serpents transcendants, issus de la mère des serpents qu'elle avait foudroyée.
Ta-nai-fou-jen :k '^ ^ A jura de protéger le peuple contre les vexations de ces méchants esprits.
Elle fut canonisée avec le titre de Ts'^oei-cheng-cheng-mou f^ ^ H # : La sainte mère qui hâte l'accouchement. Son père, sa mère, ses deux sœurs, et quatre autres personnages. Messieurs Tchang ^, Siao ^, Lieou fij. Lien ji, qui l'avaient aidée à détruire la pagode du serpent transcendant, furent eux aussi honorés de titres posthumes. (A)
Deux acolytes. «
Dans les pagodes des bonzes il y a encore deux aides de Tsoei-cheng-niang-niang fi ^ ^ ^ ou de Pi-hia-yuen-kiun ^ W.yt JE '■ L'une s'appelle P'ei-che-niang-niang ijf ia 1^ ^ : la bonne d'enfant; l'autre In-mong-niang-niang ^| ^ ^ M : ^^'lle qui attire les enfants. Deux acolytes imaginées par les bonzes pour compléter le cortège de Pi-hia-ifuen-kiun. (Voir le plan de la pagode Hai-yiié-se ïft ^ ^.)
(1) Cheou-chen-ki (hia-kiuen) ^ # |E, (T #) p. 5-0.
KO-KOU M fÈ LA SAGE-FEMME KO-KOU.
A part l'Accoucheuse, il y a encore des sages-femmes locales, qui sont divinisées et vénérées par les habitants d'une contrée, en reconnaissance des services qu'elles ont rendus. C'est le cas de celle qui nous occupe ici. Ko-koii M iè naquit à Ko-outs'uen ^ ^ ^, à dix lys du bourg de Pouo-kia-tsi, à 25 lys de Houo-tcheou ^ ^'l'I au JSgan-hoei ^ ^. Elle se fit tant remarquer par son habileté pour présider aux accouchements des femmes du pays, qu'on finit par la regarder comme une divinité, et après sa mort, on lui éleva une pagode dans le village de Lieou-kouo-siang §(j ^ j^
Dans la pagode il y a deux statues, celle de la sage-femme Ko-kou ^ :^ et celle de sa fille. Voici par quelle voie cette jeune fille est arrivée aux honneurs de la divinité. Un jour on vint chercher sa mère pour un accouchement, elle était absente ; sa fille alla en sa place, le cas était, paraît-il, très délicat, elle s'en tira à merveille et sauva la mère et l'enfant.
Quand sa mère fut de retour, elle apprit ce qui venait de se passer, et gronda sa fille: "Il n'est pas convenable à une jeune fille, lui dit-elle, d'aider aux accouchements." Honteuse et confuse d'avoir désobéi à sa mère, elle se donna la mort. Son fiancé fut désolé, toute sa famille et tous les habitants de son village partagèrent ses regrets, tous disaient: "C'était une fille vraiment remplie de piété filiale, elle s'est suicidée par obéissance à sa mère." Ils firent sa statue, et la mirent à côté de celle de Kokou ^ ^.
Cette superstition prit vogue vers les débuts du règne de Koang-siu :)1é H", il y a une trentaine d'années; dans tout le pays, et même dans la ville de Houo-tcheoii ftl 'J'H, on célèbre la fête anniversaire de sa naissance.
Le 15 de la deuxième lune, au soir, on brûle des bâtonnets d'encens et on tire des pétards en son honneur; puis le 16, jour
de sa naissance, a lieu la grande fête, connue sous le nom de Ko-kou-hoei M ^ ^- Une procession s'organise avec musique et oriflammes.
Dans le pays on met très souvent la tablette de Ko-kou %
^ dans les pagodes de Koan-in sur cette tablette :
iM H
Voici les caractères écrits
tel
Ko-kou-ts'oei-cheng-song-tse-niang-niang-tche-wei: Tablette de la matrone Ko-kou, accoucheuse et donatrice d'enfants.
Dans les trois villages voisins de sa pagode, on porte la tablette de Ko-kouM ^ dans chacune des maisons, à tour de rôle, depuis le premier jour de la première lune, jusqu'au 15 de la seconde lune ; elle reste donc quinze jours dans chacun de ces
villages. Il est d'usage de porter cette tablette dans la maison d'une femme, dont l'accouchement est trop laborieux; on l'expose alors sur une table, entre deux bougies allumées, et après avoir allumé l'encens dans le brùle-parfums, tous font la prostration devant elle.
^ IV
TEOU-CHETV M W (B T) C