‹ Recherches sur les superstitions en ChineChapitre 30 sur 47 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

TEOU-CHEX S W (TB)

LE MlMSTKKi: DE LA PETITE VÉROLE.

L'Esprit de la petite vérole est Yu-hoa-long ^ ffc II qui partage ses fonctions avec ses cinq fils : Yu-ta 4^ ^, Yu-tckao -^ ?I(S. Yu-koang ^ ^, Yu-sien ^ ^, Yii-té ^ ^^. Yu-hoa-long ^ ffc f I était gouverneur militaire de l'importante forteresse de T'ong-Jcoan "^'m H. (i ) sous le règne de Tcheoii ^+, le dernier empereur de la djmastie des Chang ]^, i 154-1'! 22 av. J. C. Kiangtse-ya ^ -P ^, généralissime des Tcheou M], qui combattait la vieille dynastie des Chang ^, s'avança jusqu'en face de T'ongkoan j'M m et y établit un camp retranché. Yu-hoa-long ^ ffc f| et ses fils voulurent l'en déloger, mais ils échouèrent dans leur entreprise, et Yu-hoa-long fut blessé au cours du combat. Son fils Yu-té ^ ^, pour venger cet échec, eut secrètement recours à un procédé magique. Pendant la nuit, il prit cinq boisseaux de pustules de la petite vérole, et à la faveur des ténèbres il alla les semer dans le camp ennemi.

Ou-wang ^ ^ (2), Kiang-tsc-ya ^ -?" ^ et tous les soldats du camp furent atteints de la variole. Le général Yang-tsien j^ ^, qui fortuitement se trouvait alors absent, fut seul préservé de la contagion. Kiang-tse-ya H -P ^ l'envoya à la grotte de Houo-yun-tong iK ^ -il^l demander à Fou-hi j)t ^ (3) des pilules contre le virus de la petite vérole. Fou-hi jji ^ commanda à Chen-nong jji^ M (4) de lui remettre trois pilules magiques. "La première, dit-il, guérira Ou-wang |Si 3E, la seconde guérira Kiang-tse-ya ^ -f- ^, et il suffira de faire dissoudre la troisième

(1) Cette forteresse commande une passe célèbre, située au coude du Ftnançi-ho f¥ fBf, dans la sous-préfecture de Iloa-in-hien '0 [fj^ ig au Chcn-si |^

(2) Fils de Wen-ivang % 3E t't le fondateur de la dynastie des Tchenu f^,].

(3) Le premier empereur chinois, mentionné dans les Annales.

(4) Le second empereur de Chine, connu encore sous le nom de Yen-ti

dans de Feau, puis d'asperger les quatre coins du camp avec ce liquide, pour anéantir le virus de la petite vérole.'" Yanq-tsien i^ ^, de retour au camp, se conforma à la prescription, et instantanément tous se trouvèrent guéris. Kiang-tse-ya ^ -^ ^ passe en revue toutes ses troupes, et remarque que chaque soldat porte sur son visage les traces indélébiles de la variole ; à cette vue il entre dans une violente colère, et pour venger cette injure, sur l'heure, il donne l'ordre d'un assaut général contre la forteresse de T'ong-koan î^ ||. Yu-hoa-long ^ ft fl et ses cinq fils firent une sortie pour repousser les assaillants, mais au premier choc ses cinq fils furent tous tués. Fou de douleur, le malheureux père se jeta sur son épée et se donna la mort. Après sa victoire sur les Chang ^, Kiang-tse-ya H -f ^ canonisa Yu-hoa-long ^ 'ffc f ï '■ Premier prince souverain de la petite vérole.

Son fils Yu-ta ^^ ^ reçut le titre de : Vrai Esprit, maître de la petite vérole dans l'Est ; Yu-tchao ^ j/IS fut honoré du même titre pour les régions de l'Ouest; Yu-koang -^> ^ pour le Sud. Yii-sien ^ ^ pour le Nord, et J^ii-té -^ ^, pour le Centre.

Tchang-yuen-choai est aussi un esprit de la variole- [Voir sa notice Ch. IV, art. 37,1.

Ce récit purement légendaire se trouve raconté et dramatisé dans le Fong-chen-yen-i ^ ftfj /If ^. 81^ 82* et 99* Hoei.

Dans la grande édition. Liv. 17, p. 3, dO, 13, 16 ; liv. 20, p. 55.

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