‹ Recherches sur les superstitions en ChineChapitre 37 sur 47 · IV. Choei-mou-niang-uiang 7K # M M (TB · texte numérisé non relu

IV. Choei-mou-niang-uiang 7K # M M (TB

La vieille mère des eaux est l'esprit légendaire de Se-tcheoii /H ji] au Ngan-hoei ^ %. : c'est à elle que l'opinion populaire impute la destruction de l'ancienne ville de Se-tcheoii ^^ j\'\, qui a été totalement submergée la seconde année de Wan-li ^ /g, 1574 ap. J. C. (2). Les eaux du Hong-tché-hou '^ |^ f^ couvrent complètement l'ancien emplacement de cette ville.

La légende locale de Choei-raou-niang-niang 7K"& ^ ^ s'est peu à peu répandue dans toute la Chine en raison de la gravité du désastre.

Un auteur prétend que cette déesse des eaux était la sœur cadette de l'éléphant blanc transcendant, gardien de la porte de Bouddha. Cet éléphant est le principe subtil de l'eau métamorphosé. (3)

Laissons de côté les trouvailles plus ou moins heureuses par lesquelles on a essayé de décrire son origine, toutes sont de purs mythes. Ici je veux conter les fables locales que bien souvent j'ai entendues raconter en traversant ces pays, et qui sont du reste popularisées par les images.

Choei-ynou-niang-niang 7K "^ M ^ inondait presque annuellement l'ancienne ville de Se-tcheou î[f^ j'I] ; un rapport fut pré-

(1) Fong-chen-yen-i $\ jj^ {|^ ^- Hoei 99, p. 40.

(2) Ou-tclxeou-fou-h'an Ji \]\\ g ^, Ya-tchenu \\'?, f-JJi, Ngan-hoei ^ fi p. 2G.

(3) Koan-in-tchoan |g -^ f$ vol. 2, p. 76.

Fig. 235

Choei-mou-niang-niang.

The Goddess of water.

sente à Yu-hoang 3E M. le maître des cieux, pour le supplier de mettre fin au fléau qui désolait la contrée, et coûtait la vie à nombre d'hommes. Le dieu du ciel commanda aux grands rois du ciel et à leurs généraux de lever des troupes et de se mettre en campagne pour saisir cette déesse et la mettre dans l'impossibilité de nuire. Sa ruse triompha de la force et tous les moyens employés ne réussirent à rien ; périodiquement les inondations revenaient désoler la ville.

Un jour on aperçut Choci-triou-niang-nicing 7K "9^ Ile M> cjui transportait deux seaux d'eau près de la porte de la ville, Li-laokiun ^ ^ M se douta qu'elle méditait un mauvais coup; brusquer une attaque ouverte c'était courir gros jeu, il préféra agir par ruse. Il s'en alla acheter un àne qu'il conduisit près des seaux d'eau et lui fit boire le contenu. Malheureusement la bête ne put boire si complètement l'eau qu'il n'en restât un peu au fond des seaux. Or ces seaux magiques contenaient la source des cinq grands lacs, et pouvaient inonder toute la Chine avec leur contenu. Choei-mou-niang-niang 7K # M 1l^ renverse du pied l'un des seaux, et ce qui restait d'eau suffit pour produire une formidable inondation, qui submergea la malheureuse ville, et l'ensevelit à tout jamais sous l'immense nappe d'eau Hong-tché '^ #.

Un tel crime méritait une punition exemplaire; Yu-hoang ^ ^ envoya des renforts à ses armées, et une chasse à la déesse fut organisée méthodiquement.

Suen-heou-tse ^ |^ ^, le courrier rapide, qui d'une seule pirouette fait 10800 h^s, se précipita à sa poursuite et l'atteignit, mais l'astucieuse déesse fut assez habile pour se tirer de ses mains. Suen-heou-tse M M ^ ^ furieux de cet échec, alla prier Koan-in-p ou-sah H W # ^ de venir à son aide : elle le lui promit. On conçoit que la course furibonde, que la déesse venait de faire pour échapper à son ennemi, était bien de nature à lui ouvrir l'appétit. Exténuée de fatigue, et l'estomac creux, clic vit une marchande de vermicelle, qui venait d'en préparer deux bols et attendait des acheteurs. Chocî-mou-niang-niang 7K # 1(ti llti

va droit à elle et se met à manger avec avidité le précieux réconfortant A peine eut-elle mangé la moitié du vermicelle qu'il se changea dans son estomac en chaînes de fer, qui lui lièrent les entrailles; le bout de la chaîne sortait par sa bouche, et le contenu du bol devint une longue chaîne de fer qui se souda à l'extrémité qui dépassait ses lèvres. La vendeuse de vermicelle était Koanin-p'ou-sah en personne; elle avait imaginé ce stratagème pour s'emparer de la déesse malfaisante. Elle commanda à Siien-heoutse ^ 1^ "F de la conduire dans un puits profond au bas de la montagne de Hiii-i-hien \]f ^f^ ]^,, et de l'y attacher solidement. C'est là que CJioei-mou-niang-nicnig 7K "^ M M reste dans sa prison liquide; seule l'extrémité de la chaîne apparaît aux eaux basses.

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