‹ Recherches sur les superstitions en ChineChapitre 41 sur 47 · T^\I-80EI ^K M (TB)C LE MINISTÈRE 1)L TEMPS · texte numérisé non relu

T^\I-80EI ^K M (TB)C LE MINISTÈRE 1)L TEMPS

T'ai-soei ic M est un esprit céleste qui préside à Tannée, c'est le président du Ministère. Ce génie est très redouté, quiconque l'offense est assuré de sa perte ; aussi les païens font d'innombrables superstitions pour se mettre en garde contre ses coups, on peut dire qu'il est d'autant plus craint qu'il est plus imparfaitement connu ; c'est une sorte de divinité vague, qui frappe au moment oi^i on s'y attend le moins. Bien plus, T'ai-soei est un vrai Ministère, dont les membres sont préposés au temps, aux années, aux mois et aux jours. Pour mettre un peu d'ordre dans cette notice, nous la diviserons ainsi qu'il suit.

1" T'ai-soei : dieu inytirKiue on dieu stellaire.

D'après le mémorandum du Ministère des Rites, au début de la dynastie des Ming B^, sous le règne de Hong-ou #t ^, 1368-4399 ap. J. C:

"L'esprit Taisoei -jk M n'est point mentionné dans le rituel des Tang^et des Song ^, mais sous les Yiien 7C, on lui off'rait des sacrifices dans le collège du grand historiographe, chaque fois qu'on devait entreprendre un ouvrage de quelque importance; ces sacrifices n'étaient point réguliers." Ce ne fut qu'au commencement de la dynastie des Ts'ing ^^, 1644-1911, qu'il fut décidé qu'on lui offrirait des sacrifices à époque régulière. Sous la dynastie des Yiien 7C, on offrait des sacrifices à Taisoei, à l'esprit régent des mois, et à l'esprit régent des jours.

T'ai-soei ic M serait la planète Jupiter : elle fait le tour du ciel en passant par les douze stations sidérales; c'est un esprit du ciel, la chose paraît évidente. Il convient donc de lui élever une terrasse, et de lui sacrifier en plein air. (1)

(1) Cf. Ou-li-fong-k'ao % ta J^ ^ liv. 30, p. 10.

Fig. 239

T'ai-soei.

T'ai-sui (the God of the year).

L'histoire des Ming B^ ^ ajoute: "Dans les temps anciens personne ne parlait de T'ai-soei "ic ^ et du régent des mois, ils n'avaient ni temple ni autel. (1) Ce ne fut qu'au début de la dynastie des Ming 0j§ qu'on commença à attacher de l'importance à ces sacrifices.

Ming-t'ai-tsou B^ -jk Jflâ, 13681899 ap. J. C, ordonna de sacrifier aux esprits T'ai-soei -jsc ^ dans tout l'empire, puis il commanda au président du Ministère des Rites d'examiner s'il ne serait pas mieux de leur offrir des sacrifices sur une esplanade entourée d'un mur. Le Ministère des Rites répondit : "T'ai-soei •j^ ^ est l'esprit des douze mansions sidérales. D'après le ''Choico-wen ^ ^", Soei M est composé des deux caractères Pou ■$^, pas, et Ou jTJc- nom d'une des stations stellaires. La planète Jupiter fait le tour du ciel annuellement en passant par chacune des douze mansions sidérales, comme si elle marchait pas à pas. Les devins et les astrologues disent qu'il y a douze esprits des mois, les esprits régents des décades, et les esprits régents des douze heures du jour (2^."

"Personne ne les a vus, mais la coutume veut qu'on agisse ainsi, et aux temps de la dynastie des Yuenyt^ l'habitude prévalut d'oftVir des sacrifices à T'ai-soei -j^ M, aux régents des mois, des jours et des heures, toutes les fois qu'il s'agissait d'entreprendre un travail de quelque importance. T'ai-soei -j^ M était honoré sur la même terrasse que les esprits flu vent, des nuages, du tonnerre et de la pluie (3)."

Par le fait môme qu'un di'cret impérial détermina l'époque et le mode de ces sacrifices, les notions sur la nature de cet esprit se dessinèrent un peu plus nettement.

(1) Pms d'.'Hilcl )Dormanent, s'ontond, cnr l'historien rcc-oniiiilt liii-nic'me que sous la dyuastii' prôcédi'iilc, on leur sacrifiait des victimes, lorsciu'ii s'agissait d'entreprendre la construction d'un grand édifice, ou (|uel(|u'autre travail important.

(2) I, 'heure chinoise, Clic-tcli'cn IJ# Jk . é(jui\aiit à deux de nos heures. Il s'a git donc ici du jour et de la n iiil . inni prenant \ ingt-ipiatre de nos heures.

(3) Cf. Ou-li-t'ong-h-ao JL fig M ^ li\ . 'M\, p. 11.

"Après que Ming-t'ai-tsou ^M "^ M. eut fait régler les cérémonies pour les sacrifices à offrir à ces esprits, T'ai-soei -jlst Mt avec les esprits des forêts et des fleuves eurent leur autel dans la principale salle du temple, tandis que les régents des mois préposés aux quatre saisons, c'est-à-dire les quatre régents du printemps, de Tété, de l'automne et de l'hiver reçurent leurs sacrifices dans les appartements latéraux. T'ai-soei -jk J^ est le régent suprême des quatre saisons, de l'année entière ; les esprits régents des mois sont ses subalternes, préposés à chacune de ces quatre saisons, c'est-à-dire, les agents du froid et de la chaleur.

Donc par ces sacrifices à T'ai-soei -M M>^ o^i honore aujourd'hui le régent suprême des quatre saisons, et les agents du froid et de la chaleur. Mais les opinions varient dès qu'il s'agit d'en préciser la nature intime. Les uns disent que T'ai-soei "ic Mi est la planète Jupiter, d'autres disent que c'est l'esprit des douze stations sidérales.

Les uns confondent T'ai-soei -jk Wi avec l'étoile de l'année, d'autres prétendent que T'ai-soei -jk Mi est différent de l'étoile de l'année (d).

T'ai-soei :fc M est la lune qui tourne à gauche dans le ciel, par rapport à la terre. L'étoile de l'année est le soleil qui tourne à droite (2).

D'où vient ce nom de "Grand Maréchal" T'ai-soei -jk M^ qu'on a coutume de donner maintenant à cet esprit?

Ce sont les devins qui lui donnèrent cette appellation ; ils s'appuient sur une phrase du Pao-p'oiio-tse f^ "^Y 'f' ^ qui qualifie la lune du titre de: Grand maréchal, et ils appliquèrent cette dénomination à 7'Va'-soei -jk M- L'usurpateur Wang-mang ï^, de la dynastie des Han d'Occident, donna à l'étoile de l'année, T'ai-soei, le qualificatif de Ta-tsiang-lnim -j^ ^ '^: grand maréchal, et ce nom commença alors à lui être appliqué par les devins. (3)

(1) Ou-li-Vong-kao 3. îf ii # liv. 36, p. 13.

(2) Tnu-chou-ld-chnu-lio gf # ^E Wi Wrf 'i^- 2, p 8

(3) Hai-yu-ts'nng-kao \$, fè îg # Hv. 3/i, p. 4.

2" T'ai-soei dieu <lc la lé<jonde : In-yucn-choai B^ 7C ÛIP-

T'cii-soei, le maréchal In ^, eut pour père l'empereur Tcheoii It, le dernier de la dynastie des In %%, 1154-1122 av. J. C. ; son nom d'enfance est In-kiao ^ xP ; il eut pour mère la reine Kiang ^. Quand il vint au monde, il ressemblait à un paquet de chair informe. La trop fameuse Tan-ki ^ji 2.- la concubine chérie de ce inéchant empereur, l'avertit aussitôt qu'un monstre venait de naître dans le palais; le trop crédule souverain commanda aussitôt qu'on le jetât hors de la capitale. Chen-tchen-jen ^ ^ A vint à passer par le faubourg ; il regarde le petit abandonné et dit : "C'est un immortel qui vient de naître". D'un coup de couteau il fendit la poche de chair qui l'enveloppait, et l'enfant vint à la lumière.

Son protecteur le prit et l'emporta dans la grotte de Choeilien 7K ïil oi^i il menait une vie d'ermite, il confia l'enfant à Ho-sicn-kou ^ f [Ij ^ qui fut sa nourrice et l'éleva.

Son nom de solitaire fut K'in-ting-nou 11^ HT P^ ; on lui donna comme nom ordinaire K'in-na-f'ouo 11^ l^}\[ ^, Mais dans son enfance on l'appelait toujours In-kiao ^ xP, c'est-à-dire : In le Délaissé du faubourg (L'enfant tix)uvé). Quand il eut l'usage de la raison, sa nourrice lui apprit qu'il n'était point son propre fils, mais bien le fils de l'empereur Tcheoii qui, trompé parles calomnies de sa favorite Tan-ki ^Ji Q, l'avait pris pour un monstre malfaisant et l'avait jeté hors du palais. Sa mère avait été précipitée à terre d'une chambre haute et s'était tuée. In-kiao ^ ^ se mit à pleurer, s'en alla trouver son sauveur, et le supplia de lui permettre d'aller venger sa mère. La déesse T'ieyi-fci ^ j^ choisit dans l'arsenal de sa grotte deux armes magiques, une hache d'armes et une massue d'or, elle en fit cadeau à In-kiao ^ ^. Les généraux de l'armée des Cliang j^ furent complètement battus à Moii-yé ^ |^ et se suicidèrent. In-kiao j^ x|) pénétra dans la tour où se trouvait I\in-ki tH. £,, s'empara d'elle, et la conduisit devant le vainqueur, le roi (ht J^ 3E, qui lui permit de lui fendre la tète avec sa hache. Mais l'an-ki 1ji[ Q était une faisane transcendante, (1) elle se changea en fumée et disparut.

(1) Le Fong-chen-yen-i ^ fii|i ï§^ jë la, donne conmic un renard transcendant, ou lin llou-li-tsing % % ^ ft'^niiiiin. 105

Yu-ti 2 ^ pour récompenser In-Jdao ^ % de sa piété filiale, et de sa bravoure à pourfendre les diables, le canonisa avec le titre de : "T'ai-soei ± M, le maréchal /n J^." (1)

Cette légende est racontée d'une façon un peu différente dans louvrage Fong-chen-yen-i i^ t^ /!,& ^ (2). In-kiao ^ % avait pour mère la reine Kiang ^, femme légitime de l'empereur Tcheou |+. La concubine Tan-ki j[3 £, jalouse de voir sa rivale donner à l'empereur un héritier du trône, finit par le discréditer dans l'opinion de son père, et le faire condamner à mort. In-kiao ^ ^P avait alors quatorze ans. Deux officiers militaires emportèrent l'enfant pour le soustraire à la vengeance de cette femme perverse. L'empereur les fit poursuivre et finit par faire ramener le jeune enfant au palais, oiî il devait subir la peine capitale. Tch'e-tsmgtse #fio^, immortel de la montagne de T'ai-hoa-chcm -jk^ \\S, et Koang-tch'eng-tse M J^ -?, immortel de la montagne de Kieousien-chan jl ii\\ UJ, commandèrent à Hoang-kin~li "^ ifl ;/} de monter sur les vents et de le saisir dans un tourbillon pour le transporter sur la montagne des "Neuf immortels.''

Pendant les guerres du changement de dynastie, Koangtch'eng-tse M. Jk ^ commanda à In-kiao ^ ^{5 de descendre de sa montagne pour embrasser le parti des Tcheou j^ contre l'ancienne famille des In ^. In-kiao ^ % désobéit à son maître et se jeta dans les rangs des In ^ pour combattre Ou-wang ^ ï. Koang-tch'eng-tse M ^^ -? se fâcha et lui prédit qu'il périrait d'un coup de bêche. Dans un combat suivant, In-kiao ^ ^ se battit avec le général Jan-teng 'j^^ ^1 et fut vaincu. Il s'engagea dans un défilé de montagnes pour s'enfuir, mais arrivé entre deux hautes montagnes il vit l'ennemi fondre sur lui en avant et en arrière ; il s'élança dans les airs pour franchir les montagnes environnantes ; au moment ot^i sa tête dépassait déjà le sommet, Jan-teng :^C ;)§ saisit entre ses mains robustes les deux montagnes entre lesquelles il se trouvait suspendu, les réunit, et In-kiao

(1) Cf. Cheou-chen-ki (hia-iiien) ^ ;îiiji |E (T #) p. 22 Notice sur T'ai-soei ^k M-

(2) Fong-chen-yen-i |t |ij) ?g Jg liv. 1. Hoei 7, p. 39; liv. 2. p. 26, 27,32, 48,44, 45, 40; liv. 1.3, p. 38, 5'J ; liv. 20, p 54. (Edition populaire, 65 Hoei, 66 Hoei, 99 Hoei.)

Fig. 240

Yn-kiao, personification de T'ai-soei.

Yin-kiao. A personification of T'ai-sui

1^ ^ se trouva pris entre deux rochers, sa tête seule apparais sait au-dessus de cette masse rocheuse. Le général Ou-lci ^ saisit une bêche et lui coupa la tête. Après la victoire complète des Tcheou jgj, Kiang-tse-ya H^^ canonisa In-làao ^% "Esprit de T'ai-soei -jk M-'

3" A ([uelle époqiio remonte le culte de T'ai-soei "jk M '? Nous avons déjà vu que Muing-mang ZE # (6-23 ap. J.C.) décernait à Tai-soei ic ;^ le titre de grand maréchal ; à la vérité il n'est fait aucune mention de culte ou de sacrifices, mais il n'en reste pas moins vrai que cette idée hantait déjà les esprits dès cette époque reculée.

La première apparition de son culte dans l'histoire date du règne de Song-chen-tsong ^ï^ i^ 1068-1086 ap. J. C. Le ministre d'Etat Wang-ngan-che ï ^ ^ composa une ode sacrificale en Fhonneur de T'ai-soei -jkM, quand on le pria et quand on lui offrit des sacrifices pour Theureux succès des travaux de construction du palais impérial King-ling-kong -^ S 'S'- Au moment d'élever la charpente de la salle du trône, le ministre adressa la prière suivante à T'ai-soei: "Nous inclinons le front pour vous offrir nos hommages, o immortel errant, nous avons choisi un jour favorable pour monter cette charpente, nous avons préparé des offrandes que nous vous prions d'accepter; en retour daignez éloigner toute adversité, et attirer sur cette demeure la bénédiction du ciel." (1)

Pendant le règne des empereurs de la dynastie des Yuen yt, il était d'usage de sacrifier à 'T'ai-soei 'k. ^, aux régents des mois et des jours, chaque fois qu'une construction importante était commencée; nous l'avons vu précédemment. 11 n'est point fait mention dans l'histoire d'un culte permanent et réglé qui lui aurait été rendu à cette époque, son culte officiel remonte à l'arrivée de Hong-ou '^ ^ sur le trône impérial, 1868 ap. .). C.

De nos temps le culte privé de T'ai-soei k. M est à peu près universel dans Ti'lémcnt païen. Cette divinité n'a pas

(1) Cf. Ou-li-Vnng-kan 5. M 'M '^ liv. 30, p. H.

Cf. 'l''(nt-chnu-tsi-tcli'cng-pniio-(nt-pic)i-chen^i-tien : 'l'ai'soei-tsong'

beaucoup de pagodes dans nos pays du Kicing-sou ft M, mais elle est infiniment redoutée.

4" En «|uoi consiste le culte de T'ai-soei tC M-

C'est plutôt un culte de pure crainte, on se met en garde contre ses vexations; si on lui offre quelques sacrifices, c'est surtout pour se débarrasser de lui.

Les mventions imaginées pour se soustraire à sa colère datent de l'époque des Premiers Han M- L'an V de notre ère, sous le règne de l'empereur Ngai-ti ^ ^, Chan-yu ^ -^ vint offrir ses hommages à l'empereur; il se trouva que T'ai-soei menaçait le palais impérial ; alors Ngai-ti ^ "^ quitta ce palais et alla s'établir dans une autre résidence impériale. (1)

Sous la dynastie des Han Orientaux, pendant le règne de l'empereur Tchang-ti # i#, 76-89 ap. J. C, vivait l'écrivain Warig-tch'ong ï ^. qui composa un livre intitulé Luen-heng pîw W, où il expose les caprices de T'ai-soei, la manière reçue de se mettre à couvert de sa malveillance, et donne une réfutation détaillée de ces pratiques ineptes. (2)

11 est dangereux de se trouver au-dessous ou au-dessus de T'ai-soei; tous ceux qui entreprennent des travaux dans une région menacée par cet esprit sont assurés d'être frappés de mort. T'ai-soei :ic ^ ne nuit pas à la région où il se trouve, mais aux habitants des régions voisines. Donc si on entreprend des travaux de construction dans la région où se trouve T'ai-soei -^ M, les habitants, qui se trouvent menacés dans les régions voisines, devront parer les coups de cet ennemi capricieux. Le moyen ordinairement employé est de suspendre en l'air l'élément protecteur de cette direction.

Nous donnons ici le tableau des géomanciens, qui indique la manière de calculer, à l'aide des 12 Ti-tche :^ ^, la position géographique de Tai-soei -M M pendant l'année courante, la

(1) Cf. IWien Han-chou Wi M % liv. 94, T, p. 12.

(2) Cf. Ilai-xju-ts'ong-k'ao 0, UM^ 'i^'- •'^■'*. P- '^•

Ifeou Han-chou '(A fà ilî l'v. V.», p. 1.

position des contrées menacées, et les éléments à emplo3^er pour se prémunir en cas de danger.

Ce tableau est en somme une rose des vents, composée avec les 12 tiges terrestres Ti-tche ife ^, et les 10 troncs célestes, "T'ien-kan % •^", indiquant les quatre points cardinaux et les quatre points intermédiaires: NE. NO. SE. S O.

Les quatre points cardinaux et le centre sont encore désignés à l'aide des cinq éléments, des cinq couleurs, et de cinq tri grammes.

Nord

.Sud

Nord

Eau

Noir.

Sud

Feu

i^ouge

l'ist

Bois

Vert.

Ouest

Or

r.lanc.

Centre

Terre

Jaune.

Le calendrier Hoang-li M. M donne chaque année les caractères cycliques qui déterminent la position géographique de T' ai-soei is: M ', il suffit de connaître ces caractères, de les chercher sur le tableau ci-joint et on saura la direction exacte qu'il occupe. Le même tableau peut servir encore pour trouver la direction occupée par l'Esprit de la Joie Hi-chen $ #. Les païens en tiennent grand compte pour leurs fêtes, leurs réjouissances et surtout pour les mariages.

Ces principes donnés, voici maintenant la manœuvre à exécuter, v.g. T'ai-soei -j^M^e tient dans la direction Tse ^ , c'est-à-dire au Nord; les gens qui habitent la région Yeou ^, à l'Ouest, sont menacés, et si au Nord de leur maison on creuse la terre, si on construit une maison etc. l'esprit T'ai-soei ic ^ troublé dans son repos se vengera infailliblement sur eux et les fera mourir. Que faire? c'est alors qu'on a recours aux mo3'ens inventés par les devins et les géomanciens. Les habitants menacés se défendent en suspendant en l'air l'élément protecteur de la direction qu'ils habitent : à l'Ouest il faudra suspendre de l'or, au Sud du feu, à l'Est un morceau de bois, au Nord de l'eau; grâce à ces éléments protecteurs, ils seront à couvert des coups du génie ennemi et éviteront la mort.

Ces pratiques sont contre le bon sens, comme le fait justement remarquer Wang-tch'ong ï ^, car T'ai-soei -Jx: M se vengerait sur des innocents, plutôt que de punir ceux qui sont censés l'avoir offensé en troublant son repos.

Dans toute la contrée du T'ai-tcheou ^ j'\] et du Tong-tcheou 3g ^ii au Kiang-sou iH ,#, il existe une coutume aussi ridicule que vexatoire; voici en quoi elle consiste. Toute famille qui doit bâtir une nouvelle maison sur un emplacement nouveau, pendant le cours de l'année, doit commencer les travaux durant la période appelée Ta-han Jz^,\e grand froid, c'est-à-dire entre le 21 Janvier et le 5 Février, précisément pendant le temps où tous ces travaux deviennent impossibles à cause des gelées. Celui qui oserait enfreindre cette prescription serait assuré qu'un membre de la famille mourrait. Aussi voit-on tous les menuisiers du pays, et

tous les maçons très affairés, courant d'un lieu à un autre, pour monter quelques charpentes provisoires, sur le futur emplacement de la construction projetée. Ces travaux préparatoires terminés, un crible est suspendu sur le chantier, et au retour du printemps a construction pourra être faite, sans crainte de heurter les susceptibilités du fantasque T'ai-soei i^ W<-

Impossible de noter par le menu toutes les sottises débitées sur le compte de cet esprit vindicatif. J'ai entendu affirmer par plusieurs païens que T'ai-soei -JK ^ serait un crapaud transcendant ; il paraît que dans le bas peuple bon nombre ne seraient pas éloignés de le croule.

Le T'ai-soei chinois est à proprement parler le Ministère du Temps ; ce Ministère comprend toute une légion de fonctionnaires, cent vingt, si nous en croyons le Nan-liai-koan-in-p'oii-sahtsiun-tchoan, chargés de diriger le cours de Tannée, des saisons, des mois et des jours, et dont l'esprit qu'on est convenu d'appeler T'ai-soei serait le président.

Peut-être que le fonctionnement de cette administration céleste a été calqué, du moins en partie, sur le mythe chaldéo-assyrien.

Ne voyons-nous pas aussi dans l'Avesta quelque chose d'analogue. Les génies des douze mois de l'année sont : Farvardîn, Ardsbahisht, Khordàd. Tir, Murdàd, Shahrêvar, Mihr, Abàn, Adar, Dai, Bahman, Asfandârmad, ce sont les régents des mois. Chaque jour du mois est consacrée un génie spécial, ce sont les préposés aux jours, que nous venons de voir dans le svstème chinois.

r>" Coniposilion tlii Ministrro.

Le Fong-chen-yen-i, 99 ]ioei, donne la composition du Ministère, et c'est sous cette ff)rme concrétisée qu'il est le plus connu de nos jcnirs.

<'.(>iii|K>si(ion (lu JVIiiiis(èr*> 'l'ai-soei 'K f^

Président: hi-kiao ^ 'x[S

Membres :

1" Pour le service de jour: Wen-liang 'Im ^•

2° Pour le service de nuit : Kiao-k'oen ^ Jl]'.

3° L'esprit accumulateur du bonheur : ^an-foif-ior^g H^ # tl-

4° L'esprit porte-malheur: Soei-ngo-lwu p ^ j^.

5° L'esprit guide de la route : Fang-pi ^ 5i5-

6" L'esprit héraut : Fang-siang if 4@.

7° L'esprit préposé à l'année : Li-ping ^ ^•

8" L'esprit préposé au mois: Hoang-tch'eng-i'^j^ Zj-

9*" L'esprit préposé au jour: Tcheou-teng jp) ^.

10° L'esprit préposé au temps : Lieou-hong #J •^.

6" Se-ta-koii(j-ts'ao ^ :k J^] "§ .

On appelle de ce nom les quatre derniers employés du Ministère T'ai-soei -jk W*- Dans les grandes pagodes on trouve les statues de ces personnages rangées des deux cotés de l'autel principal. D'ordinaire ils portent en main une tablette Koei ^ sur laquelle est indiquée la fonction qu'ils exercent: Ce sont les officiers de service dans le palais du dieu.

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