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I. Le pus s'est épancTié dans une vavilé close riaturelle

Il est sans exemple qu'un malade ait survécu longtemps à l'ouverture d'un abcès du foie dans le péritoine ; et , chez le petit nombre d'individus dont les jours se sont prolongés après cet accident, les changements observés du côté du viscère se réduisaient à ceux que la fonte morbide avait déterminés en continuant de détruire les tissus jusqu'à l'époque de la mort : ou bien, si , avant de s'ouvrir, l'abcès s'était constitué des parois spéciales , ces changements se montraient trop peu caractérisés pour qu'on dût en tenir compte.

L'épanchement du pus dans le péricarde semble être encore plus rapidement funeste ; mais , si le liquide est versé dans la plèvre, la vie du malade est susceptible d'avoir ultérieurement assez de durée pour que la cavité purulente du foie devienne le siège de modifications.

Le premier phénomène qu'on remarque alors , c'est qu'au bout d'une certaine période , le viscère , s'il s'était dilaté sous l'influence de l'accumulation du pus a recouvré , au moins en partie , sa configuration physiologique. Ce phénomène se rat-

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tache à deux causes. La plus puissante est un retrait moléculaire qu'éprouvent les parois des abcès , comme aussi le tissu glanduleux: une seconde cause, c'est le ressort combiné des organes que la dilatation du foie a éloignés de leur situation normale. A cet égard , il faut mentionner en première ligne la rélraclion du diaphragme , rétraction qui s'opère avec d'autant plus d'énergie qu'elle fait naître au-dessus de ce muscle un vide croissant, où une quantité proportionnelle du contenu de l'abcès peut être repoussée.

Le retrait lié aux seules propriétés intrinsèques des tissus s'effectue sous un degré égal en chacun des points de l'excavation : par suite, il n'aboutit qu'à diminuer uniformément en tout sens l'étendue de celle-ci. Quant au ressort des organes déplacés, il agit d'une autre manière : i° La pression qui en résulte sur la face supérieure et sur la face inférieure du foie, conduit de bonne heure les parois de l'abcès à se rapprocher (a) selon une direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans, si le mal a envahi la grosse extrémité du parenchyme, (S) selon une direciion verticale, si le mal s'est localisé ailleurs ; 2» La pression développée simultanément par la même influence sur le reste, c'est-à-dire sur la face antérieure et sur la circonférence du viscère , oblige le mince segment antéro-latéral de ce dernier à se replier vers la profondeur des hypochondres, ce qui facilite d'autant le rapprochement dont nous venons de parler.

De ces phénomènes dérivent des changements dans le rapport mutuel des expansions qui émergent à la superficie du foyer.

Ainsi, lorsque ces expansions sont assemblées en lacis par leurs bases, la couche qu'elles forment de la sorte se resserre progressivement , et arrive à prendre l'apparence compacte d'un kyste (obs. XXVIII).

De leur côté , les portions flottantes de ce premier ordre d'expansions , et , pareillement , les expansions isolées , sont amenées à se confondre latéralement par voie d'adhérence. En ce cas , si l'ouverture du foyer dans la plèvre ne remonte qu'à

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une époque peu éloignée , on ne les irouve encore réunies que par ceux de leurs points qui, auparavant , étaient le pins rapprochés , ou par leurs extrémités flottantes, El comme il existe une certaine quantité de pus dans les espaces qui se sont conservés vides entre elles, leur agglomération représente une couche butyreuse , au sein de laquelle se dressent d'innombrables filaments opalins.

A une période ultérieure, la couche constituée de celte façon ne renferme plus aucune trace de pus : les pertuis qui livraient passage à ce liquide se sont oblitérés, et les filaments font corps partout avec une production plastique blanche , qui n'est autre que celle.doni ils étaient d'abord recouverts séparément.

Enfin, cette production plastique s'est changée en une trame fibro-celluleuse ; un riche réseau sanguin s'est développé sur les divers points de son épaisseur. Les expansions ont perdu de leur cohérence : frappées d'atrophie, elles se sont réduites en d'imperceptibles filets tomenteux. Aussi, de leur fusion avec la pseudo-membrane qui les récèle, est-il résulté une masse floconneuse , que sa légèreté , son extrême mollesse et une faible teinte rosée rendent bien distincte du kyste (obs. XXIX).

A l'égard de ce kyste, que sa formation soit due au refoulement périphérique, ou qu'elle se rattache à une fusion survenue entre les expansions postérieurement à l'ouverture de l'abcès, il paraît n'éprouver, durant les changements précédents, que les modifications inhérentes au fait de son organisation. Ainsi, à aucune période, son tissu ne cesse d'être blanc et très-vasculaire : il finit également par acquérir celte résistance cartilagineuse , cette densité qu'on lui remarque dans les abcès qui n'ont pas franchi la circonscription du parenchyme. Ce dernier changement, toutefois, ne se produit qu'à une époque déjà fort éloignée de l'origine du mal. Il ne saurait donc guère lui en succéder d'autres; car, à la période à laquelle on le rencontre, le séjour prolongé du pus dans la plèvre a épuisé les efl'orts de l'économie , et une terminaison funeste ne larde pas à en être la suite.

Si simple que soit la marche des abcès ouverts dans la plèvre,

deux circonstances , cependant , l'empêchent quelquefois de s'accomplir. Ces circonstances sont la grandeur excessive des cavités et la destruction trop considérable du diaphragme: quand elles existent, nulle modification n'a lieu tant que l'abcès est dépourvu de communication avec l'extérieur.

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