Annexes du foie
Une collection purulente , située à proximité de la vésicule biliaire, est susceptible de se frayer une issue jusque dans la cavité de ce réservoir ; M. le docteur Blondeau en a rencontré un exemple sur le cadavre (Blondeau, Thèse inaug., p. 22). Outre cela , des auteurs affirment que du pus sécrété au sein du viscère a quelquefois atteint, puis traversé les parois du conduit hépatique, du conduit cystiqueou du canal cholédoque, et s'est épanché au dehors par ces voies d'évacuation. Toutefois , à défaut de détails établissant que les communications notées en pareille circonstance ne résultaient point de simples ruptures survenues durant l'autopsie, nous regarderons la question comme trop litigieuse pour être admise autrement que d'une manière théorique.
Les canaux excréteurs du foie et de la vésicule sont fréquemment comprimés par la sailie de certains abcès. Dans un fait de ce genre, le canal cholédoque avait subi une oblitération absolue; puis, la bile ayant continué de refluer vers la vésicule, celle-ci s'était distendue au point de soulever la paroi de l'abdomen en tumeur largement fluctuante (Haspel, loc. cit., p. 206). Dans un deuxième cas , l'oblitération avait exclusivement frappé le conduit cystique; et la vésicule, fortement rétractée, ne renfermait plus qu'une matière jaune concrète, ressemblant à de la graisse granulée (Cambay, loc. cit., p. 263).
Dans un troisième cas , oii le parenchyme avait été détruit en totalité par la suppuration , la vésicule était tellement revenue sur elle-même, qu'on eut beaucoup de peine à la distinguer au milieu des tissus d'alentour (Gauverit , Thèse inaug., p. 9).
Chez un quatrième sujet, dont le foie avait élé frappé de suppuration sur tous les points, nous avons trouvé les parois de la vésicule dans un état d'hypertrophie extraordinaire;
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peut-être celle iiypertrophie, resiée ignorée durant la vie du malade, n'avait-elle rien de pathologique (obs. XXIV).
A propos d'un cinquième individu, M.Éon rapporte des détails nécroscopiques trop remarquables pour que nous n'en reproduisions pas ici le résumé. «Le foie déborde d'environ S cenii- « mètres la limite inférieure du thorax. Une couche pseudo-mem. « braneuse en unit la face convexe à la pajro'i abdominale et au » diaphragme, pour s'étendre ensuite sur la grande courbure de « l'estomac et sur l'arc des colons. A la face inférieure de l'organe « existe une tumeur volumineuse, formée par un abcès d'où s'é- <t coule un liquide séro-purulent. Tapissé par une pseudo-mem- « brane lomenteuse , cet abcès est creusé aux dépens du lobe «•droit. En haut, il arrive à 1 centimètre de la face convexe du «viscère; en bas, il a détruit le tissu glanduleux depuis le sillon « transverse jusqu'auprès du bord trancham, de telle sorte qu'il < n'est circonscrit de ce côté que par des pseudo-membranes et «par la vésicule biliaire, laquelle se trouve réduite en une «lame fibreuse. Les parois du canal hépatique sont dilatées et, «indépendamment de cela, épaissies au point de posséder le «volume et la consistance de celles de l'aorte. Le canal cholé- «doqiie offre jusqu'au duodénum le volume d'une plume d'oie. «Le conduit cystique s'est changé en un petit cordon fibreux « imperméable. Un stylet poussé par le canal cholédoque pénètre «dans l'abcès par une des branches, dilatées aussi, du canal «hépatique» (voy. Eon, Thèse inaug., p. 44, Paris 1847).
Quelques personnes ont voulu expliquer le développement de l'ictère, qui assez souvent accompagne la suppuration du foie , par une compression que la saillie d'un abcès exercerait sur les canaux excréteurs de la bile : la pratique des autopsies ne justifie pas une telle généralisation.