Habitude extérieure
a. Décubitus.
Lorsque la présence des abcès du foie donne lieu à de la gêne dans le mouvement des côtes, ou à de vives douleurs, le sujet ne quitte pas le décubitus dorsal. Le besoin de rester ainsi couché sur le dos est assez fort pour empêcher toute attitude difiérente qu'une complication commanderait; il faut excepter cependant le cas où cette dernière surgit vers l'appareil respiratoire : ici, la position demi-assise et celle de l'orlhopnée sont les seules que puissent garder les malades.
Si la respiration se trouve libre, et si , de plus, les douleurs sont faibles, le décubitus latéral est celui qui s'observe habi-
luellement. 11 a lieu alors sur le côté du mal, comme durant les affections chroniques de la plèvre.
Les sujets chez lesquels le pus, après avoir pénétré au sein du poumon , se trouve sur le point d'être expulsé brusquement par les voies aériennes, ces sujets, disons-nous, se tiennent presque toujours couchés sur le côté sain et dans un état de demi-flexion générale, jusqu'à ce que la vomique ait été rejetée. Ils prennent ensuite le décubiius dorsal, mais de manière à avoir le tronc légèrement relevé.
b. Déviation de la colonne vertébrale.
Quand, sous l'influence du développement d'abcès, le lobe droit du foie a acquis un volume considérable, il arrive, chez certains individus , que la portion coi respondante du rachis soit repoussée à gauche, de façon à offrir une concavité dans le sens opposé. A cette déviation s'ajoute un abaissement propoi-lionnel de l'épaule droite, ce qui communique une apparence insolite à la posture du sujet lorsqu'il marche.
Indiquée pour la première fois par M. Haspel, la lésion dont il s'agit serait d'un grand secours comme moyen de diagnostic, si elle se rencontrait plus fréquemment.
c. Ictère.
Sur un total de 455 malades , l'ictère n'a été noté qne 26 fois, soit chez il individus p. 100. 11 s'est produit :
comme accident du début 2 fois.
consécutivcmenl à ce début, mais avant la suppuration ... 4 —
à l'origine de celle-ci 7 —
après le début de la suppuration, mais avant la période ultime
du mal 10 —
comme accident ultime s —
Eu dehors d'un petit nombre de cas d'hépatite suraiguë, où sa coloration était aussi foncée que possible , il s'est en général montré peu intense; et même, dans les cas ultimes, il ressor-
lait à peine , ou bien était simplemeni limité à la conjonctive. Les icières apparus avant la supputation oni persisté quelquefois après le développc-menl de celle ci ; presque toujours, au contraire, ils ont été fugaces, quand ils se sont manifestés pendant l'invasion de ce phénomène pathologique ou à des périodes ultérieures.
d. Embonpoinl anormal.
Si, sous l'influence de la suppuration du foie , beaucoup d'individus sont frappés d'un état d'épuisement, d'aulres semblent se dérober à celle règle ; car, malgré la dysenterie qui les mine , malgré l'étendue de la suppuration , ou les voit acquérir un embonpoint des plus prononcés. Dans trois de nos observations (obs. I , II, XXVI) , ce développement du lissu adipeux datait du début de la fonle morbide, et ses progrès ne s'arrêtèrent qu'à la mort des malades. Chez un quatrième sujet qui guérit après que son abcès se fut fait jour dans les bronches , il ne se déclara que lors de la convalescence, mais se maintint excessif pendant plusieurs mois que survécurent des traces de la dilatation phlegmoneuse de l'organe (Cambay, loc. cil., p, 230). Cet embonpoint anormal peut coïncider avec une atrophie du système musculaire; en pareil cas, il communique à l'habitude extérieure, et principalement au faciès , un aspect tout spécial.
o. Signes de In suppuration.
Les signes propres à l'arrivée de la suppuration ont existé dans 91 cas sur M9 , soit 75 fois p. 100 : leur marche a donc été latente chez un quart des malades. Ils ont débuté :
avant tout autre accident 5 fois.
on môme temps que d'autres accidents, tous primitifs aussi . 9 — postérieurement au début de rafTcction 77 —
Dans 60 cas, ils ont pris naissance:
de 20 à 1 jour, avant tout autre accident 4 fois.
en môme temps que d'aulres accidents, tous primitifs aussi . 7 —
du 2« au 20e jour, après le début du mal 13 fois.
du 21= au 40« jour, idem 23 —
du 4-l« au 60« jour, idem 8 —
du 61e au 80« jour, idem 3 —
du 91« au 100» jour, idem 1 —
vers le 240^ Jour, idem 1 —
Dans un total de 85 cas, la fréquence respective de ces signes s'est traduite par les chiffres ci-dessous ;
mouvement fébrile survenant le soir 18 fois.
exacerbation vespérienne de la fièvre liée au fait de l'inflammation 2 —
fièvre d'accès /quarte 1 —
diurne, re- j tierce 1 —
vêtant le | quotidien 3 —
type . . . 'quotidien, puis double ou triple quotidien . . 3 —
frissons étrangers à ces fièvres d'accès 21 —
sueurs pendant le sommeil 35 —
sommeil lourd, agité, nul 37 —
rêvasseries, délire 1 —
disposition continue à la somnolence 2 —
stupeur b —
adynamie , prostration , 4 —
irrégularités dans le pouls 8 —
dépérissement lent 3 —
douleurs pongitives 39 —
douleurs lancinantes 23 —
douleurs pulsatives 4 ■ —
exacerbation nocturne des douleurs 1 —
suspension totale des douleurs 1 —
Il est très-rare que la suppuration s'annonce par nn seulement de ces phénomènes ; cela n'a été observé que 10 fois sur les 91 cas cités en premier lieu , et les signes apparus alors
ont été :
des sueurs pendant le sommeil 2 fois.
des frissons isolés 3 —
des douleurs pongitives 5 —
Dans les 81 cas restants , l'appareil symploniatique a éic constitué, tantôt par l'alliance ou la succession de divers acci-
dents généraux, tantôt par celles d'accidents généraux et d'accidents locaux. Voici l'énumération des variétés sous lesquelles il s'est produit en ces dernières circonstances.