PRONOSTIC
vrant la seule coUeciion dont l'existence fût admissible, se trouve au-dessus des ressources de l'art [ 5° quand les abcès sont recouverts par une forte épaisseur de substance glanduleuse , leur contenu ne se rapproche du dehors que par une dilatation énorme de leur cavité , ce qui ajoute aux chances originelles du danger celles qu'entraînent les suppurations démesurément étendues ; d'ailleurs cette dilatation a pour effet d'altérer la texture du parenchyme ; 6° on aurait à redouter l'obstruction des canaux biliaires ou des bronches, si on avait des motifs de croire que ces voies se fussent ouvertes aux fluides renfermés dans l'abcès.
On doit regarder comme suspects les signes annonçant qu'un engorgement aigu ou subaigu persiste au sein du viscère après que l'abcès a débouché au dehors.
La dysenterie est une des complications les plus fâcheuses de suppuration du foie ; les abcès ne sont même susceptibles de guérir qu'autant que les malades sont entièrement débarrassés de ses alleinles.
Si elles n'empêchent pas toujours une terminaison favorable, la fièvre intermittente rebelle et la cachexie palustre n'en ajoutent pas moins à la gravité du pronostic, attendu l'état d'épuisement qu'elles déterminent. Dans 3 cas cependant , sur 26 , un rétablissement complet a eu lieu , malgré la situation déplorable à laquelle elles avaient réduit l'économie.
L'engorgement de la rate ne nous a jamais paru entraver la tendance du mal vers une guérison.
Du moment où elle soulève des symptômes , l'inflammation du péritoine se montre constamment funeste , quelle que soit son origine , quels que soient sa marche et son siège. Seule , la péritonite latente reste parfois inoEfensive, quand elle se limite à une faible étendue.
Nous avons déjà dit que l'épanchcmenl du pus dans le péricarde occasionnait très-rapidement la mort.
L'hypersécrétion passive qui s'opère du côté de la plèvre quand le poumon est refoulé par le foie, celte hypersécrétion, disons-nous, n'a aucune espèce d'importance ; car outre qu'elle
est minime , elle se dissipe avec les effets du travail destructeur. En revanche on classera au nombre des complications graves la pleurésie liée à la propagation du mouvement fluxionnaire que suscite la présence des abcès. Il faut enfui regarder comme à peu près irrén)édiables les accidents qui se déclarent lorsque du pus s'est déversé du foie dans le sac pleural. Sans doute on a vu ces accidents s'acheminer vers une heureuse terminaison en certaines circonstances où une issue extérieure avait été ouverte au Iluide épanché ; mais les succès de ce genre sont entourés de trop de chances défavorables pour ne pas former des exceptions ; des suppurations interminables, la carie ou la nécrose des côtes situées aux abords de l'issue ; en dernier lieu, la difficulté avec laquelle le poumon, emprisonné sous des pseudo-membranes , recouvre la place d'oîi l'épanchement l'a écarté, voilà autant d'éventualités dont il est nécessaire de se préoccuper dans le cas qui nous occupe.
A lui seul l'engouement apyrétique de la base du poumon est rarement de nature à inspirer des craintes quand il reconnaît une origine semblable à celle de la pleurile passive mentionnée ci -dessus. Par contre l'engouement apyrétique survenu sous l'influence d'autres causes , l'engouement fébrile et l'hépatisation rouge peuvent créer de grands dangers , quel que soit leur siège au sein de l'organe respiratoire. L'hépatisation grise est inévitablement funeste , alors même que l'arrivée du contenu de l'abcès jusque dans les bronches a ouvert à l'inflltration purulente du poumon un débouché vers l'extérieur.
Il serait inutile de nous arrêter aux périls qu'entraîneraient l'existence de tubercules ou l'albuminurie.
La guérison des abcès du foie paraît indépendante de la voie que le pus a choisie pour s'écouler au dehors; mais elle se rattache de très-près à l'état de conservation où se trouvait l'organisme quand les sojets sont entrés en maladie.