I. PROPHYLAXIE
11 suffit de jeter un coup d'oeil sur les causes énuraérées cir dessus pour comprendre le rôle que l'hygiène esi appelée à jouer dans la prophylaxie des abcès du foie. Aussi nous bornerons-nous à exposer rapidement les mesures relatives à cette dernière.
a. Circumfusa.
Rechercher comme lieux d'habitation temporaire ou définitive les points à la fois découverts et quelque peu élevés par rapport à ceux d'alentour, telle est la première précaution qu'il I importe de prendre. On fuira les expositions au nord et à l'ouest, , expositions auxquelles se rattachent des refroidissements brus- • ques et étendus. Quoique précieuse durant l'hiver, l'exposition i australe ne vaut guère mieux que les précédentes durant l'été, , attendu le libre accès qu'elle donne aux vents les plus chauds: et à l'intluence solaire. Exemple de ces divers inconvénients,, l'exposition à l'est doit toujours être préférée.
On s'attachera à ne fixer aucune habitation dans le voisinage (les lieux marécageux, quand bien même on aurait pour soi ta direction des vents régnants ; car, pendant le calme des nuits d'été, les vapeurs fournies par les eaux dormantes s'y disséminent en tout sens, et y stagnent jusqu'au moment où le soleili se rapproche du zénith. Les travaux à exécuter dans les contrées de ce genre seront réservés autant que possible pour la saison froide; et, si on est obligé de les accomplira une autre époque de l'année, on s'abstiendra de les commencer avant le milieu de l'après-midi, de manière qu'on n'ait à redouter ni le
brouillards qui couvrenl chaque malin les nappes insalubres, ni la plus ferle chaleur du jour.
En dehors des travaux qui ne doivent pas se prolonger ; en dehors du temps exigé pour la fondation des centres et les expéditions n)iliiaires ; en dehors des cas d'épidémie infectieuse ou d'encombrement , on évitera d'employer la tente comme moyen d'habitation , car elle ne prémunit que très-imparfaitement contre les variations de la température atmosphérique. Elles-mêmes, les barraques et autres constructions légères, ne peuvent être acceptées que provisoirement.
b. Applicala.
L'une des nécessités hygiéniques de l'Algérie , nécessité aussi promptemeni comprise en ce pays qu'elle l'est peu en France, c'est que la surface du corps soit toujours convenablement protégée. A cet égard rien ne saurait remplacer de minces tissus de laine interj osés à cette surface et aux vêtements du tronc ; outre qu'ils préviennent avec efficacité les chances de refroidissement , ces tissus ont encore l'avantage de rendre supportables les transpirations développées par les hautes températures. Une seconde nécessité du climat, c'est l'usage de bains frais , de bains tièdes ou de bains de mer , selon la nature des individus. Il est enfin une règle capitale à observer pour le sommeil de nuit : c'est que si, durant le cours de l'été , l'organisme repousse instinctivement l'accumulation 1" de moyens protecteurs trop nombreux sur le corps , la pruy dence n'en impose pas moins l'obligation de le garantir contre i le décroissement auquel la température extérieure est vouée : après le coucher du soleil.
I c. Ingesla.
\ Pour ce qui concerne les ingesta, nous dirons qu'en Algérie i on est généralement loin de s'astreindre pendant la saison 1 chaude à une alimentation sobre et légère : les viandes lourdes,
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les mets de haut goût , les légumes secs , les vins , les spirU tueux y figurent trop fi équemment alors sur les tables. Alors aussi on accorde une trop large place à certains fruits , dont beaucoup, pour être mangés suns inconvénient, auraient besoin d'une cuisson préalable. Durant la même saison, il serait avantageux: de limiter à trois le non)bre des repas de chaque jour. Le premier de ces repas aurait lieu de très-bonne heure, el ne comprendrait que des alimcnls à la fois toniques et de digestion aisée. Le second , qui serait le plus substantiel et le plus stimulant, aurait lieu de neuf à dix heures du matin , afin que la digesiion stomacale fût très-avancée au moment où le maximum de température se fait sentir. Le dernier repas s'efifecluerail à sept heures du soir : moins fourni d'excilanis que le second , il se composerait outre cela d'aliments plus légers el pris en moindre quantité; sinon, il préparerait pour la nuit une digesiion pénible ou un mauvais sommeil , car, à la suite des chaleurs du jour, les forces de l'estomac demandent à être respectées comme celles des organes appartenant a la vie de relation.
Quant à la quantité absolue d'aliments que devra comprendre chaque repas , elle sera établie ..d'après la dépense à laquelle l'économie se trouvera soumise. Ainsi, tandis que le soldat en garnison ou l'homme exerçant une profession peu fatigante réparent aisément leurs forces à l'aide d'une médiocre ration, ceux dont les travaux ne s'accomplissent qu'au prix d'une grande activité physique ont besoin , comme partout ailleurs, d'une plus abondante nourriture.
Proscrivons l'abus du café, des alcooliques, des épices; proscrivons également l'abus des boissons aqueuses , en particulier celui des boissons aqueuses très-froides , abus auquel tant de personnes se laissent entraîne);' durant la saison des chaleurs, et qui presque toujours occasionne des troubles intestinaux graves sans jamais désaltérer; déjà pendant la même période, l'usage modéré de ces dernières boissons devient la source de transpirations énervantes. De l'aveu des hommes qui ont vieilli dans les climats chauds, le meilleur moyen d'ob-i
vier à la soif qu'éveillent les hautes températures estivales , le meilleur moyen aussi de faciliter les fonctions de l'estomac, c'est de prendre à la fin du deuxième repas une infusion aromatique chaude ; aux heures subséquentes , il faut s'abstenir de toute espèce de boissons, car, froides ou chaudes, celles-ci rendraient la digestion pénible.
d. Gesta, percepta.
Si, durant les chaleurs, le défaut d'exercice plonge inévitablement l'économie dans un état de langueur profonde , il y a Keu néanmoins de restreindre le degré d'activité dont elle est capable sans inconvénient à d'autres époques. Dès lors , on s'aitachei-a à diminuer les fatigues liées à certaines professions ou entreprises, et il y aura grand avantage à renvoyer les travaux de tout genre aux heures extrêmes de la journée ; on accordera au sommeil un temps suffisamment long; et, pour les soldats , la condition de travailleur devra dispenser du service de garde.
e. Excréta.
Les principales fonctions excrétoires ne sauraient jamais être surexcitées sans péril : en effet , la sollicitation qui en résulterait à l'adresse des forces digestives serait au-dessus des ressources de l'économie.
Telles sont les mesures prophylactiques à adopter. Ainsi que nous l'avons fait ressortir on parlant des causes, c'est à leur oubli ou à l'iinpossibiliié de les exécuter que se rapporte habituellement la suppuration du foie. Par contre , en multipliant de plus en plus les moyens de les mettre en pratique ; en multipliant aussi l'expérience, sans laquelle l'homme se plie rarement aux conseils d'autrui, le progrès local a rendu évident le bénéfice qu'elles permettent de réaliser.
II. TRAITEMENT CURATIF DE LA PHLEGMASIE QUI DONNE LIEU A LA FORMATION DES ABCÈS.
Si de simples règles d'hygiène suffisent pour prévenir la phlegmasie d'oîi dérive la suppuration du foie , Texislence de cette plilegraasie requiert une thérapeutique rigoureuse et dont les moyens doivent varier selon la forme revêtue par le mal.