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près. Celle-ci est légèrement taillée en biseau, pour éviter que les réflexions multiples de la lumière sur ses faces n’introduisent un phénomène optique parasite dans l'appareil de prises de vue.
Enfin, le compartiment supérieur du deuxième étage contient l’appareil de prises de vue. Je n'ai pas fait de photos sur plaques fixes, mais exclusivement du cinéma. Comme appareil, j'avais un Debrie à grande vitesse, pour film standard de 35 mm. Théoriquement, cet appareil peut fonctionner avec une fréquence de trois cents images par seconde. Pour mon usage, je n'ai jamais été amené à dépasser la fréquence de 60 à 80 s. Le cinéma était élastiquement suspendu, d’une façon analogue aux organes du premier élage et soigneusement isolé de toute pièce, capable de transmettre des vibrations à la cuve. Actionné par deux moteurs électriques de 1/3 ch chacun, couplés élastiquement, j'avais une marge de surpuissance el une vitesse sensiblement uniforme, sauf au moment du démarrage, qui me faisait perdre un petit bout de film; celui-ci a été récupéré d’ailleurs, en collant 2 ou 3 mètres d’amorce et toujours le même, au commencement de chaque bobine de film, prévue pour une expérience. J'ai diminué ainsi le prix de revient général des expériences. Comme une image a 18 mm de largeur, la longueur du film consommé pendant une seconde, en raison de soixante-dix images, est un peu plus d’un mètre. Une expérience ne durait jamais plus d’une dizaine el très rarement une quinzaine de secondes, de sorte que j'avais une consommation totale de 15 ou 20 mètres de film par expérience.
Le temps de pose correct a été obtenu non pas en agissant sur le diaphragme de l'objectif de cinéma, dont l'effet aurait été nul, en vertu du raisonnement fait sur la luminosité de l'appareil, mais par le choix de l’angle de l’ouverture du secteur tournant, faisant fonction d’obturateur. J'ai choisi pour celui-ci une ouverture de 150° environ; de sorte que pour une fréquence moyenne de soixante-dix images par seconde, le temps de pose + était :
2 —. — de l'ordre de . à je de seconde,
pose suffisante pour impressionner correctement le film. J’ai employé comme matériel cinématographique du film négatif « Spécial Grainfin » de Gevaert. Sans autres procédés artificiels, comme l'aurait été l'emploi d'un révélateur spécial, je suis arrivé à des images suffisamment fines, pour supporter un agrandissement tout à fait raisonnable.
L'ouverture de l'objectif de ciné n'ayant aucune influence sur la luminosité (voir page 28), j'ai pris pour ce dernier un Télé-Tessar de Zeiss, f = 32 cm, ouvert à 1:6,3, qui me donnait entière satisfaction. La distance focale de 32 cm a été choisie pour que le champ de 24 em de la surface liquide, corresponde exactement à 18 mm sur le film. La mise au point a été effectuée sur la surface libre du liquide, celle-ci vue naturellement à travers la lentille supérieure de l’appareiïl.
Les grandes dimensions de la cuve m'interdisaient l'emploi d'autres liquides que l’eau, à cause du prix de revient trop élevé d'une telle quantité
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d'huile de vaseline, de glycérine ou d’autres liquides encore, dont Pemploi aurait été pourtant intéressant, à en juger d’après les expériences de Ch. CAMICHEL (°), et M. Lunrz et moi (?), portant sur des sujets analogues.
N'ayant ulilisé que de l’eau, je n’ai pas fait varier la viscosité. Par contre, j'ai tâché de faire varier les autres paramètres, comme la nature et les dimensions de l'obstacle et la vitesse de son déplacement. J’ai fait varier d'autre part la distance des parois (s'il y en avait) par rapport à l'obstacle. Jai noté la température de l’eau, pour connaître approximativement sa viscosilé.
Avant d’avoir fait une expérience, la surface de l’eau devait être soigneusement nettoyée, en la débarrassant de toute poussière qui tombait continuellement sur elle. H. BÉNARD m'a suggéré de prendre pour cela du tulle de mousseline, tendu sur un cadre rectangulaire, celui-ci ayant une longueur égale ou légèrement inférieure à la largeur de la cuve. En déplaçant ce cadre dans une position verticale et à moitié immergé dans l’eau, les mailles fines du tulle enlevaient toute improprelé de la surface par un effet de tension superficielle. Après avoir répété cette opération deux ou trois fois, je suis arrivé à une surface libre visiblement très propre. Ce qui ne m'a pas empêché d’ailleurs de renouveler l’eau de temps en temps et de soumettre la cuve à un nettoyage général très soigné, pour enlever les algues qui se développent sur le fond et les parois latérales de la cuve.
J’ai fait aussi très souvent le nettoyage soigné des lentilles. Pour éviter de les rayer en les débarrassant de la couche de poussière, je ne les ai pas essuyées : j'ai étalé à leur surface une couche mince de collodion. Après séchage, celle-ci s’enlève comme une pellicule entière, en la soulevant par le bord. Ceci faisant, toute la poussière accumulée sur les lentilles s’en va avec cette pellicule. De cette façon, je n’ai pour ainsi dire pas touché aux lentilles.
5. Le réglage précis du plan de symétrie de l'obstacle me posait un problème important. Comme j'ai employé dans la presque totalité des cas, des obstacles en forme de lames planes à faces parallèles, arrondies aux deux bouts, il était d’une grande importance que leur plan de symétrie coïncide avec la direction du mouvement, à moins qu'on ne veuille leur donner exprès un réglage défectueux.
Voici comment je fais ce réglage :
Je prends un cathétomètre (/ig. 27), que je règle suivant le procédé classique, pour que sa colonne soit verticale. La lunette peut tourner autour de l'axe de la colonne, ainsi qu'autour d’un axe horizontal quelconque, passant par ce dernier. Ces deux mouvements peuvent être exéculés par une vis de rappel ou une vis sans fin, d'une façon précise. Pendant foules les opérations qui suivent, la posilion de la lunette sur la colonne n’a pas été changée: celle-ci se trouve légèrement plus haut que le niveau de l'obstacle.
Le cathélomètlre repose sur un appareil, destiné à lui imprimer un déplacement horizontal el en principe perpendiculaire au mouvement de l'obstacle,
(t) Chap. I, loc. cit.
(2) Publications scientifiques du Ministère de l'Air, n° 71,
mais tel cependant que ce déplacement soit rigoureusement une {ranslalion. L'appareil qui effectue ce déplacement, se compose essentiellement de deux barres en acier, de 4 cm de diamètre, (rempées et rectifiées. Leur parallélisme rigoureux a été réglé au préalable par une méthode classique. Le plateau supérieur de cel appareil glisse sur les deux barres, en restant parallèle à lui-même.
À cet effet, 1e plateau s'appuie sur les deux barres par l'intermédiaire de trois pièces en acier trempé, rectifiées, dont deux sont des « V » qui glissent sur l’une des barres, tandis que la troisième est une pièce à face plane et horizontale et repose simplement sur l’autre. L’entraînement du plateau s'effectue par lintermédiaire d’un écrou carré, entraîné par la rotation d’un arbre fileté; l’écrou peut glisser sans tourner, dans une pièce solidaire au plateau.
Pour régler alors l’obstacle, deux opérations doivent être exécutées l’une après l’autre :
1° amener l’axe de la lunette dans un plan vertical, contenant le vecteurdéplacement de lobstacle;
2% faire coincider le plan de symétrie de l'obstacle avec son vecteurdéplacement.
Je suppose que tout le réglage se fait dans un plan horizontal. Il en est d'ailleurs effectivement ainsi, sauf pour la seule opération qui consiste à faire pivoter la lunette autour de l’axe horizontal passant par l’axe de la colonne; mais ce pivotement ayant lieu dans un plan vertical, ne change pas la projection de la ligne de visée sur le plan horizontal. Soit TT’ une droite parallèle au déplacement de l’obstacle et SS’ la direction suivant laquelle l'appareil déplace le cathétomètre. Cette direction est de préférence perpendiculaire à TT’, mais cette condition n’a pas d'importance.
Choisissons alors un point quelconque, mais déterminé de l'obstacle, O; par exemple (fig. 28) et réglons la lunette à viser ce point. Si par le mouve-
Fig. 28
ment du chariot on amène le point O, en O.,, ce déplacement se traduira dans la lunette L, à une mise au point près, par un déplacement apparent PO,, où P est un point sur la ligne de visée primitive LO,. On fait alors pivoter la lunette autour de EL d’un angle PLQ supérieur au déplacement apparent PO,, opération qui est suivie d’un déplacement du cathétomètre parallèlement à lui-même, jusqu'à une position L’, où O, tombe dans la nouvelle ligne de visée L/O,.
Ramenons maintenant le chariot vers sa position initiale. Le point repéré O, de l’obstacle viendra ainsi en O; (fig. 29). Ce nouveau déplacement apparaîtra encore dans la lunette comme étant effectué, à une mise au point près, de P en O,, puisque P se trouve sur la ligne de visée L'/0,. On tourne alors la lunette autour de L’, comme on l'avait fait tout à l'heure, cependant ni dans le sens, ni au delà de O;, mais en sens opposé, d’un angle PL'Q, ayant de préférence une valeur de l’ordre de O;L'P. Puis on déplace le cathétomètre parallèlement à lui-même le long de SS’', jusqu’à ce que la ligne de visée de L contient de nouveau O,.
En procédant ainsi de proche en proche, on amène le cathétomètre au point d'intersection de TT’ et SS’ et avec une ligne de visée parallèle à TT”. À partir de ce moment-là, sans toucher à la ligne de visée, on agit uniquement sur l'appareil à déplacement parallèle. En visant le point R de l'obstacle RR'
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(fig. 30), le point R; n'apparaît pas dans le prolongement de LR. On fait alors pivoter l'obstacle autour de O de façon que la nouvelle position R’ de R soit du côté de R;; puis on déplace le cathétomètre suivant SS’ jusqu'à L/. On continue ces opérations de proche en proche jusqu'à ce que les points extrêmes R et R, de l’obstacle apparaissent simultanément sur la ligne de visée de la
lunette. À ce moment-là, l'orientation de l'obstacle se trouve réglée.
Je remarque que ce réglage est long à décrire, mais s'effectue très rapidement. En général, il demande un travail de cinq à dix minutes.
C’est de la même façon qu'on règle les parois solides (fig. 24) pour les orienter parallèlement au mouvement de lobstacle. Bien entendu, on ne fait cette opération qu'après avoir effectué le réglage n° 1 sur un obstacle. Quant à l'opération n° 2, qu'on applique seule ici, elle est exactement la même que pour un obstacle.