CONTE CAP
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FIG. 8. — Coupe transversale de la feuille d’'Ulex europæus croissant sur le littoral de la mer.
Indépendamment de la nervure médiane, le bord du himbe renferme une nervure marginale, formée par un mince faisceau libéro-ligneux. Cette nervure est accompagnée d'un cordon de sclérenchyme qui se prolonge même jusqu'au bord du limbe. Entre la nervure médiane et la nervure marginale se voient quelquefois un seul, quelquefois deux faisceaux libéro-ligneux très réduits.
Dans l'air humide les tissus sont moins différenciés, les cellules s’agrandissent notablement en diminuant l'épaisseur de leur paroi. La cuticule est légèrement réduite. La paroi épidermique n’est pour ainsi dire pas plus épaisse que les autres parois. Le tissu conducteur de la feuille subit aussi une réduction, mais ce qui frappe surtout, c'est la faible différenciation de l'appareil de soutien. IL est seulement indiqué par la forme de ses fibres, qui tranche avec celle du parenchyme environnant, mais les parois des fibres sont restées minces et très peu lignéfiées.
Toutes choses égales d’ailleurs, les feuilles de l'Ulex europæus L., croissant à l’ombre, ont un parenchyme palissadique à peine apparent tandis qu'au soleil il acquiert un grand développement.
Vers la pointe de la feuille les bandes sclérenchymateuses sont peu développées, elles ont perdu la forme caractéristique en Ÿ et ne sont plus allongées transversalement. La feuille est peu large, très épaisse ; le tissu chlorophyllien est très développé surtout à la partie supérieure du limbe (4 à 5 très palissadiques), la cuticule est très épaisse.
À sa base, cette feuille possède le sclérenchyme en Y et du tissu chlorophyllien non régulièrement palissadique.
Les feuilles d'Ulexz europæus L. provenant d’ajonc cultivé (Ossé) sont très larges et très épaisses, surtout les Jeunes. Par suite de leur développement en climat humide, leur appareil conducteur comprend un faisceau libéroligneux médian et quatre marginaux.
U. europæus L.).
Présente tous les caractères d’une feuille jeune, vivant dans un climat humide et dont la différenciation des tissus est très peu marquée. Toutefois, la partie supérieure du limbe, possède deux ou trois assises de cellules allongées et très régulièrement palissadiques ; ce fait que j'attribue à l'influence du climat humide, doit être encore plus marqué pendant la jeunesse de la feuille.
Par suite du faible développement du sclérenchyme chez les feuilles jeunes, elles sont très peu piquantes.
L'étude de la coupe de la foliole médiane, de la première feuille d’une plante venue de semis d’U. europæus L. nous montre :
La partie supérieure du limbe, très large dans ce cas, est entièrement palissadique; les cellules en général deux
(1) Echantillon provenant du Jardin des Plantes de la ville de Rennes.
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fois plus longues que larges laissent entre elles de nombreux méats. Ce tissu chlorophyllien est encore plus nettement palissadique aux angles de la feuille et se prolonge à la face inférieure de la feuille tout près de la nervure marginale où alors il a complètement disparu (fig. 9).
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FIG. 9. — Foliole médiane de la première feuille d’un Ulex europæus. (ajonc cultivé) provenant de semis.
La face inférieure du limbe est formée de grandes cellules isodiamétriques peu riches en chlorophylle et laissant entre elles de nombreux méats.
À la nervure médiane se trouvent adossées quelques cellules peu sclérifiées et qui en trop petit nombre ne rappellent en rien la forme d'ensemble en Y des autres types précédemment cités.
Les -faisceaux libéro-ligneux marginaux, ainsi que les autres faisceaux sont dépourvus de cellules scléreuses.
L'épiderme est faiblement cuticularisé.
U. GALLII Prancu.
Les deux échantillons que nous avons observés (Jobourg, Manche), (Morlaix, Finistère) présentent les caractères des feuilles d'U. europæus L. (V. fig. 8).
Le tissu chlorophyllien est très important et nettement
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palissadique sur les deux faces du limbe, et le sclérenchyme en Ÿ. Toutefois, par suite du climat humide, les cellules scléreuses moins fortement épaissies ont un lumen très apparent.
U. NANUS Forsr in Symons Ü.
Les feuilles sont petites et piquantes, aussi les bandes sclérenchymateuses sont-elles développées, surtout la marginale en Ÿ et plus nous allons vers la pointe et plus les bandes se rapprochent, le lumen de ces cellules est moins apparent et le tissu chlorophyllien régulièrement palissadique.
U. HYBERNICUS G. Don. (Rennes).
Présente tous les caractères d'une feuille jeune et développée dans un climat humide.
U. AUSTRALIS CLem. (Montpellier).
Comme le précédent, toutefois l'épiderme est assez fortement culicularisé.
U. PARVIFLORUS Pourr. (Pyrénées-Orientales).
Grandes cellules épidermiques et tissu chlorophyllien principalement à la parlie supérieure du limbe. Le sclérenchyme des nervures marginales est très allongé transversalement.
U. DENSUS WEzw. ex. Wegs. (Portugal).
Caractérisé par un grand développement du sclérenchyme en Ÿ de la nervure médiane el des nervures marginales, aussi ces feuilles sont-elles piquantes.
La cuticule très épaisse recouvre un épiderme formé de grandes cellules.
(1) Echantillon du Jardin des Plantes de Rennes.
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Feuilles très larges, avec tissu chlorophyllien très peu palissadique à la base ; nombreux stomates.
U. JUSSIAEI Wess. (Portugal).
Le tissu de soutien est extrêmement impor tant, les bandes sclérenchymateuses se réunissent, et le tissu chlorophyllien peu développé.
U. WELWITSCHIANUS Prancu. (Portugal).
À la pointe de la feuille, tout comme précédemment, les bandes sclérenchymateuses forment une zone continue, le parenchyme chlorophyllien très réduit, et la cuticule très épaisse.
U. WILKOMMI Wesss. (Portugal).
Les bandes sclérenchymateuses très développées, cuticule épaisse et tissu chlorophyllien très réduit.
U. AFRICANUS Wess. (Afr. bor. occid.).
Très grand développement du sclérenchyme marginal dans le sens tangentiel ; dès la base de la feuille 1l est très rapproché du sclérenchyme en Y.
Cellules épidermiques petites, très peu épaisses, mais allongées et cuticularisées. Les cellules chlor OAI sont peu nombreuses.
D'après l'examen des feuilles provenant d'échantillons d’origine géographique des plus variées, on peut faire quelques observations générales.
Les plantes au littoral de la mer, ont un système foliaire réduit, et l'assimilation chlorophyllienne se fait par les rameaux et les piquants. Les feuilles plus courtes sont plus épaisses et gorgées de tissu aquifère.
Quand ces végétaux servent dans l'alimentation des animaux et sont soumis à des coupes bisannuelles, le système foliaire se développe sensiblement et corrélativement diminue le tissu scléreux.
Les piquants sont devenus moins fibreux et moins lignifiés.
La cuticule de ces feuilles renouvelées par les coupes successives est également très mince et ces transformations morphologiques ne sont pas pour surprendre.
Mais il n’en est pas de même dans les feuilles d’Ulex L. de provenance portugaise, espagnole et de l'Afrique occidentale du Nord que nous avons étudiées.
Plus nous nous rapprochons de ces régions chaudes, plus certains caractères prennent de l'importance.
Les feuilles ont un tissu de soutien de plus en plus développé (U. parviilorus Pourr.; U. densus Welw. ex Webb. Portugal; U. Jussiaei Webb., Portugal; U. Welwilschianus Planch., Portugal; U. Wilkommi Webb., Portugal; U. africanus Webb., Afr. bor. occid.).
Le lissu sclérenchymateux parvient même à former une bande continue et le parenchyme chlorophyllien très peu important.
Aussi dans ces contrées les piquants des Ulex L. sont développés, leur épiderme fortement cuticularisé et dépourvu de stomates ou en tous cas peu riche: le lissu chlorophyllien est abondant et nettement palissadique.
Les piquants sont donc bien organisés pour résister à la transpiration et par leur tissu chlorophyllien abondant et bien différencié concourent pour une forte part à l’assimilation de la plante.
E -Ve
d) Piquants