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ETUDE HISTOLOGIQUE DES PFIQUANTS

Envisageant la question sous un point de vue tout à fait général nous savons qu'il faut distinguer dans les plantes pourvues d'organes épineux, deux sortes de piquants :

1° Ceux qui sont pourvus de faisceaux conducteurs ;

2° Ceux qui n’en ont pas.

Les premiers ont un cylindre central les reliant à l'organe qui les porte ; ce sont des rameaux ou des organes foliaires transformés, ils sont désignés communément sous le nom d’épines et sont soumis aux lois ordinaires de la phyllotaxie.

Les seconds, d'origine purement corticale ou même épidermique sont appelés aiguillons, leur distribution tout à fait irrégulière n'est soumise à aucune loi.

Les piquants des Ulex ne sont autre chose que des rameaux arrêtés dans leur développement : ils appartiennent à la première catégorie.

De même que ceux du Genista et du Colletia, les piquants des Ülex ne produisent pas de liège, l'épaisse cuticule dont ils sont revêtus suffit à les préserver des agents extérieurs. Au bout de quelques années, ils se dessèchent et tombent

Les rameaux piquants des Ulex sont disposés en quinconce.

Les piquants des Ulex ainsi que ceux des Genisla, des Colletia et des Citrus, présentent une couleur nettement verte tranchant avec la terminaison brusque en pointe brune. Les piquants du Maculra aurantiaca (1).

Dans les Ulex et dans les Genista, les cellules miocellaires s'allongent en fibres, il n’en est pas ainsi chez le Cratægus oxyacantha.

(1) Thèse LOTHELIER (Transformation des rameaux en piquants), Faculté Sciences de Paris.

MR) ee

ULEx EurRoPæÆus L. — Prenons pour +ype les rameaux piquants de l’Ajonc commun (Ulex europæus L.) si abondant dans les terrains siliceux de l’ouest de la France.

La disposition générale des tissus est la suivante :

1° Tout à fait à la base, c'est-à-dire au delà de la dernière ramification, le piquant présente au centre : une moelle à parois lignifiés dont les cellules diminuent de grandeur à mesure qu'on approche de la périphérie.

Autour de cette moelle des faisceaux libéro-ligneux (7 à 13) alternent avec des rayons médullaires à parois plus ou moins sclérifiées, suivant l’âge du piquant.

FIG. 10. — Reproduction microphotographique d’une coupe faite à la base d’un piquant d'U. europœus L.

En face des côtes extérieures, correspondant aux faisceaux libéro-ligneux, se trouvent des bandes radiales sclérenchymateuses d'origine péricyclique, qu'un endoderme très sinueux contourne.

EN. Pres

+ Entre l'endoderme et l'épiderme, et principalement en face des sillons, une gaîne de tissu palissadique contribue pour une grande part à l'assimilation chlorophylienne. L'assise épidermique est sinueuse, cuticularisée, et les stomales sont situés principalement dans les sillons.

2° Une deuxième coupe transversale faite vers le milieu des piquants nous montre que tous les éléments de soutien épaississent leurs membranes.

La moelle se lignifie davantage; il en est de même des rayons médullaires dont le lumen tend à se réduire à un point; les bandes sclérenchymateuses s'élargissent; l'épiderme fortement euticularisé est moins sinueux.

FIG. 11. — Coupe schématique vers le milieu d’un piquant.

Par contre, il y a réduction de la masse vasculaire et parenchymateuse : lés faisceaux libéro-ligneux (5 à 8) sont minces, le tissu chlorophylien revêt de plus en plus la forme palissadique, l'endoderme est moins distinct, il ne

es

contourne plus entièrement les bandes sclérenchymateuses. Les stomates sont moins

FIG. 12. — Coupe schématique vers le quart supérieur d’un piquant. 3° À mesure qu'on avance vers la pointe du piquant, les caractères précités ne font que s’accentuer, la masse scléreuse l'emporte sur les masses vasculaires et parenchymateuses. L'endoderme disparaît presque entièrement, l’épiderme est toujours riche en stomates, toutefois ceux-ci sont de moins en moins nombreux.

FIG. 13. — Coupe schématique à la pointe d’un piquant de l’Ulex europæus.

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Il en résulte qu'une coupe faite au milieu de la pointé brune du piquant, se présente sous l'aspect d’une masse homogène dont tous les éléments (moelle et rayons médullaires) fortement sclérifiés sont allongés en fibres et où le lumen a disparu (fig. 12).

L'épiderme devenu circulaire, fortement cuticularisé est

dépourvu de stomates; ses cellules sont également allongées dans le sens du piquant.

En somme c'est le cylindre ligneux central fortement sclérifié qui, se prolongeant sous l'épiderme, alors que tous les autres tissus corticaux ont disparu, forme la pointe du piquant. Ce résultat méritait il nous semble d’être précisé, car 1l n'avait jamais été mis nettement en évidence par les auteurs qui ont abordé la question avant nous.

Le rôle de soutien des piquants, leur rôle de défense purement mécanique au moins pendant quelques mois de l’année est dévolu principalement à la moelle et aux rayons médullaires; le sclérenchyme péricyclique a perdu presque toute son importance.

L'examen des jeunes piquants d'Ulex europæus L. vient confirmer dans cette observation. Chez eux, où l'organe de défense est réduit au minimum, la moelle et les rayons médullaires ont tout au plus quelques cellules. Les faisceaux libéro-ligneux sont développés et surtout le parenchyme chlorophyllien; les bandes sclérenchymateuses sont nettement radiales et allongées.

Dans l'étude de l'évolution des plantes à piquants, trois facteurs sont à considérer :

1° le sol, 2° le climat, 3° l’éclairement.

Pour le premier, nous ne pouvons en parler, quant aux deux autres, nous allons mentionner succinctement les

prie

résultats de M. LoTHELIER et faire suivre de nos remarques sur les différents Ulex.

Dans les mêmes conditions de sol et d'éclairage, les jeunes rameaux piquants de l'Ulex europæus L. tendent à s'’allonger considérablement dans l'air humide et à devenir des rameaux feuillés.

D'une façon générale tous les tissus sont moins différenciés, les tissus de soutien, assimilateurs et tégumentaires sont particulièrement réduits.

Le stéréome disparaît en partie, et dans les tiges le tissu palissadique, comme nous avons pu l’observer dans l'Ulex Gall, est remplacé par un parenchyme homogène dont les cellules iso-diamétriques sont pauvres en chlorophylle.

La cuticule disparaît complètement.

Chez les plantes évoluant dans un milieu où la transpiration est difficile à cause de la teneur en vapeur d’eau, celte dernière disposition des issus favorise singulièrement la transpiration.

Les jeunes pousses de l'ÜLEX EUROPÆUS soustraites à l'action de la lumière directe du soleil offrent une diminution considérable dans le développement total de la plante.

Dans les piquants, le {issu de soutien, moelle et rayons médullaires, est réduit d’une façon très notable; 8 minces faisceaux libéro-ligneux au lieu de 11.

Les diverses coupes de rameaux d'Ulex que nous allons examiner proviennent d'échantillons prélevés à différentes époques de l’année, et qui ont vécu, sur des sols, sous des climats plus ou moins humides, avec un éclairement plus ou moins intense. À ces trois facteurs qui agissent ensemble avec plus ou moins d'intensité nous devons en ajouter un autre, l'âge de l'échantillon.

Si chez le Cytisus, le Sarothamnus, il y a une diminution progressive des folioles, chez l'Ulex europæus L. et

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