‹ Recherches sur les UlexChapitre 29 sur 33 · EMPOISONNEMENT · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT

Symplômes chez l'homme. — Salivation, sensation de brûlure à la gorge, soif, nausées, vomituritions, presque toujours vomissements sanguinolents pouvant persister plusieurs heures, gastralgies et coliques, diarrhées, expulsion de fragments de l'épithelium de la muqueuse intestnale.

Nora. — Voici, à litre documentaire, le rapport fait par l'expert loxicologiste en celle circonstance laffaire Penhoët, cour d'assises de Rennes, 1876) :

Nous, Jacques PERSONNE, membre de l'Académie de Médecine, chef des travaux chimiques à l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, commis par M. le Procureur de la République Blonquard des Salines, en vertu d'une commission rogatoire de M. le Juge d'instruction de Saint-Malo, à l'effet de faire connaître quelles sont les propriétés de la graine d’ajonc; quelles conséquences elle peut produire; si son absorption à des doses plus ou moins fortes et répétées pourrait amener des désordres graves ou même la mort,

Serment prêté et après avoir pris connaissance des questions posées, voici la réponse à ces questions :

1o Aucun des nombreux traités que nous avons consultés ne fait une mention spéciale des propriétés plus ou moins délétères des semences d'ajonc ;

20 Cependant l'ajonc ou genêt épineux (Ulex europæus) fait partie de la grande famille des Légumineuses (tribu des Lotiers) qui, à côté de plantes alimentaires, renferme un assez grand nombre d'espèces diverses (surtout les semences) de propriétés purgatives et même drastiques au suprême degré et peuvent par cela même causer de graves accidents; on peut citer parmi ces plantes : le baguenaudier, le cytise ou ébénier et presque tous les genêls dont un est désigné sous le nom de genêt purgalif (Genisla purgans) fortement drastique: ajoutons qu'il nous souvient, mais sans pouvoir en préciser l’origine ni l'époque, d’un cas d'accidents graves proluits chez des enfants qui avaient mangé imprudemment des semences d’ajonc ;

30 Expériences. — Mais en présence de cette incertitude et de l’absence de tout document bibliographique, nous avons jugé nécessaire pour répondre à la question posée, de faire des expériences sur des animaux,

Chez les animaux. — La paralysie débute par les terminaisons périphériques des nerfs moleurs. Céphalée, somnolence, vertige, engourdissement, pâleur, refroidissement, rarement rougeur scalaliniforme de la peau, cyanose, frisson, météorisme de l'abdomen, oligurie ou même anurie, et pouls d'abord accéléré, plus tard ralenti et devenu arythmique. Dans des cas isolés tandis que c’est la règle chez les animaux des secousses musculaires, surtout aux membres supérieurs, accompagnés de : mutisme, perte de connaissance, mydriase (rarement myosis), délire ainsi que hallucination. Dans la marche ultérieure de l'affection la température se relève, le pouls devient normal, des sueurs apparaissent el la guérison a lieu ou bien la mort survient par asphyxie au milieu des convulsions.

afin de bien préciser les effets plus ou moins nuisibles produits par l'injection des semences d’ajonc.

Dans ce but, nous avons administré successivement à trois chiens et mélangé avec leurs aliments des quantités de semences d’ajonc pulvérisées, variant de cinq à douze grammes par jour, et cela pendant quinze jours chacun.

Résultals. — Les résultats de ces expériences, tous semblables, sont les suivants :

Vomissements peu de temps après l'injection; à la seconde ou troisième dose, vomissements et déjeclions obvines: les animaux refusent la nourriture et, pour la leur faire accepter, il faut déguiser la semence d’ajone à l’aide d'aliments dont la friandise les invite à les prendre. Malgré lout, les vomissements se succèdent ainsi que les déjections obvines; les animaux maigrissent à vue d'œil et il est ceriain que si ce régime était continué longtemps, ils finiraient par succomber d'épuisement.

Conclusions. — Ces expériences démontrent d'une manière évidente que les semences d'ajonc jouissent d’une propriété 6émélo-calharlique ou draslique violente el que leur usage prolongé peut causer des désordres graves chez des animaux qui possèdent cependant la faculté de vomir facilement.

L'administration de ces semences chez l'homme doil avoir des conséquences plus graves, n'ayant pas la facullé de vomir comme les animaux mis en expériences, la matière drastique doit traverser en entier tout le tube intestinal et y produire des désordres qui peuvent avoir les plus fâacheux résultats.

Enfin, la récolte des semences d'ajonc est assez difficile; le fruit capsulaire s'ouvrant avec violence à la maturilé, les semences sont projetées au loin et leur petitesse les rend difficiles à voir et à ramasser sur le sol.

La difiiculté de cette récolte peut faire présumer l'intention arrêtée d'employer ces semences dans un but bien déterminé.

Paris, le 17 octobre 1876.

(Signé) : PERSONNE.

NT ee

En cas d’empoisonnement la cytisine se trouve dans le cerveau et la moelle épinière, l'urine ainsi que dans le lait, les glandes et les muscles n’en contiennent presque pas, on l'extrait au moyen du chloroforme, et le perchlorure de fer et l'eau oxygénée le caractérisent.

Traitement. — Administration d’un éméto-cathartique, purgatif énergique. Lavage de l'estomac; forte infusion de café noir, ensuite magnésie calcinée avec boissons mucilagimeuses. Mixture à la craie avec opium.

Breuvages toniques.

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