‹ Recherches sur les variations de la fragilité leucocytaire dans le cours de certaines maladiesChapitre 10 sur 32 · LOS · texte numérisé non relu

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Les quelques observalions auxquelles nous venons de faire allusion sont les seules que nous ayons pu trouver dans la littéralure médicale. Achard les cite dans un article paru dans la Semaine médicale de 1909; il y publie quelques graphiques : Un cas de Iymphangite aiguë,

Un cas de fièvre typhoïde,

Un cas de pneumonie et un cas de pneumonie double mortelle, Un cas de méningite cérébro-spinale,

Un cas de chloroformisation,

Un cas d’abcès tuberculeux.

Ces graphiques, sauf celui de la méningite cérébro-spinale, sont établis sur un nombre de jours très restreints. A tel point que, par comparaison avec les graphiques que nous avons oblenus, il nous sera permis de constater qu'ils ne traduisent qu'une faible partie de la résistance de l'organisme. Nous verrons ainsi que les conclusions à tirer pourront être quelque peu modiliées de ceschel: -

Le nombre des observations de maladies aiguës, bien que n'étant pas indiqué dans l’article dont nous venons de parler, est sûrement très faible, car il y est parlé d'un cas de scarlatine, d'un cas de Iymphangite, etc. Pour la pneumonie et la fièvre typhoïde, Achard parle de ce qui parail se produire. Ces seules expressions semblent prouver que les recherches n’ont pas porté sur un grand nombre de cas.

Dans ce même article, Achard étudie les variations de l'activité leucocytaire, il établit d'une façon schématique que, dans les maladies aiguës, l'activité leucocytaire s’abaisse pendant la période d’élat, puis se relève à la guérison.

L'injection intra-veineuse d'argent colloïdal est suivie d'un abaissement de l'activité.

Nous retenons ces deux derniers faits, car ils pourront être d'un certain intérèt dans nos conclusions.

A partir de ce moment, les études sur la résistance leucocylire semblent diminuer. L'Ecole d'Achard semble s'occuper surtout, pour apprécier la valeur léeucocytaire, de l'activité et du pouvoir leuco-activant des humeurs. Ces études aboutissent à uu Lravail fort intéressant, la (hèse de Ch. Foix (1911).

2e À ET CR

La résistance leucocytaire n’est plus étudiée que par Feuillié ; elle lui sert à établir sa théorie de l'albuminurie leucopathique. En effet, les observations qu'il publie n'ont plus trait qu'à des cas d’albuminurie.

Dans sa thèse, en 1909, sur les leucopathies, il pose les premières bases de sa théorie de l’albuminurie. Il conclut, en eftet, en disant que bien souvent l'albuminurie peut être d’origine leucopathique sans néphrite.

En 1910 et 1911, il fait une série de communications à la Société de biologie, dans lesquelles il démontre que souvent il existe de l’albuminurie sans lésions apparentes des tubuli, alors que, dans d’autres cas, des lésions profondes de ces derniers ne donnent point d'albuminurie.

Il appuie sa théorie sur des expériences :

1° Quand on provoque chez un chien une série d’abcès de fixation, on cause une véritable saignée de leucocytes. Chez ces chiens, une injection de sublimé, qui entraine une tubulite intense, ne donne pas d’albuminurie, parce que, dit-il, la rénovation des leucocytes les a rendus plus résistants et il ne peut y avoir d’albuminurie.

2 Quand on injecte à des chiens du sublimé pendant plusieurs jours, on obtient de l’albuminurie les premiers jours, mais elle disparait vers le sixième ou le septième jour. Si on sacrilie les animaux, on trouve des lésions très marquées de tubulite.

Les globules blancs ont été détruits lors des premières injections; il y a eu albuminurie; puis les globules blancs, devenus plus résistants, ne se laissent plus détruire, partant plus d'albuminurie..

Disons tout de suite cependant que, relaites par Castaigne, ces expériences n'ont pas tout à fait donné les mêmes résultats. Feuillié affirme avoir pu les renouveler. Nous ne pouvons prendre parti, nous nous bornons à signaler le fait.

IL est indubitable que, dans certains cas d'albuminurie, la résistance leucocytaire est fortement abaissée, comme l’indiquent les observations publiées par Feuillié à la Société médicale des

hôpitaux de Paris, le 14 juin 1912, ainsi que les observations que l’on trouvera dans ce travail.

Feuillié emploie le mode de numération que nous avons indiqué; d’après lui, l'indice qu’on peut considérer comme normal est compris entre 425 et 450. Voici les résultats qu'il a obtcnUS :

Observ. Albuminurie Résistance I. 6 à 18 grammes par litre... ...... 344 Ts 6 à 15 grammes par litre... ...... 322 IL. L'ÉTAMME PS ANNEE LE EL PEER 257 EVER AN RP A PRE ER SM SR nn 252 Ve Pas de calcul de résistance Nate DAC CTAININES RE ER 345 VIL. LEORESTANINÉS ER RE EP ERTE Pas de calcul de résistance VII. S'a10 Srammes ne Free 330 IX. Albuminurie intermit., pas d'album.

au moment de l’expérience...... 453 X. O'1OICENTISTAMEMES RER 429 XI. Dr DS PTAIMNES TENTE, 493 XIL. 1 gr. 50 à 2 gr. sans symptômes... 495

Les premières observalions correspondent au type classique des néphrites hydropigènes et urémigènes. Dans les quatre derniers cas, au contraire, l'état général est très bon etil n'y a point d'œdème.

Feuillié conclut en donnant aux leucocytes la place prépondérante dans la pathogénie des albuminuries. Il ne nie point que dans certains cas les reins ne soient lésés, mais lorsqu'ils le sont, c'est parce que, dit-il, la défense pré-rénale, à laquelle prennent part les leucocytles, n'existe pas à cause de Icur peu de résistance.

Là s’arrète la série des travaux qui, à notre connaissance, ont Gé faits sur la résistance leucocylaire, jusqu'au jour où MM. Jacques Carles et Pierre Mauriac, qui nous ont inspiré ce travail, ont publié leurs observations dans le Journal de médecine de Bordeaux (4 mai 1913). Nous nous permettons avec leur autorisation de les reproduire ici. :

Nous avons lâché de faire l'historique le plus complet possi-

ble de celte question de la résistance leucocylaire. On pourra peut-être nous reprocher d'être parfois un peu trop entré dans les détails; mais en faisant ainsi, nous avons tenu à donner la genèse de cette question relativement peu connue et nous sommes persuadé qu'elle gagnera ainsi en compréhension.

De l'exposé que nous venons de faire il ressort que le nombre des travaux sur la résistance leucocytaire est très réduit. L'étude de ses variations dans les maladies aiguës nous a surtout tenté. Malgré les difficultés de technique que nous avons éprouvées, nous avons essayé de faire œuvre scientifique, nous espérons y avoir réussi.

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