‹ Recherches sur les variations de la fragilité leucocytaire dans le cours de certaines maladiesChapitre 30 sur 32 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Résumé et Essai de conclusion

Nous allons maintenant ordonner les faits épars que nous ont livrés nos recherches et les grouper, afin que de leur simple juxtaposilion Jjaillisse d'elle-même une conclusion. Nous aurons ainsi réduit au minimum la part que prendra notre interprétation. Les faits seuls doivent s'imposer, car eux seuls ont une valeur réelle.

Nous diviserons nos observations en deux groupes: Dans l’un nous mettrons celles qui concernent les albuminuries et les maladies chroniques que nous avons suivies, et dans l’autre les observations relatives aux maladies infectieuses aiguës et subaiguës.

Dans le premier groupe, nous remarquons que, tout au moins pour les maladies que nous avons étudiées, la fragilité leucocytaire est constante. Pour les albuminuries, nous avons donné l'explication qui nous paraissait la plus vraisemblable ; les variations du milieu sanguin, tant en ce qui concerne sa concentration moléculaire que sa teneur en urée, peuvent rendre compte du plus ou moins grand degré de résistance des leucocytes.

Pour les autres maladies chroniques, nous ferons remarquer que celles que nous avons observées sont des maladies cachectisantes. Il est probable que les leucocytes n'ont point à lutter contre des agents infeclieux, mais contre des loxines qui imprègnent l'organisme cachectique. Les leucocytes au contact de ces toxines sont amoindris dans leur résistance comme les autres cellules des divers parenchymes peuvent l'être.

Dans le second groupe, nous voyons que, durant la période de début et pendant la période d'état, il se produit une diminution de la résistance des leucocytes ; ils deviennent fragiles. Vers la fin de la période d'état, cette fragilité diminue; mais durant la convalescence, d’une façon constante, nous voyons apparaitre une fragilité qui est souvent plus considérable que pendant la période d'état. Nous avons vu que cette fragilité se faisait attendre dans les cas de complications et que, dans ces cas, lorsqu’elle se produisait, elle élait peu élevée. Nous avons vu également que dans trois cas terminés par décès, un cas de pneumonie, un cas de fièvre typhoïde et un cas de tétanos, la résistance des leucocytes était fort élevée.

Dans la tuberculose pulmonaire, nous avons trouvé une résistance au-dessus de la normale ; de plus, à mesure que l'affection progressait, à mesure que l'organisme perdait du terrain sur la maladie, le degré de fragilité diminuait. Nous avons eu les pourcentages les plus bas dans la troisième période.

De tous ces faits il ne nous est permis de tirer qu'une seule conclusion. La fragilité leucocytaire est fonction de la résistance de l'organisme. Résistance leucocytaire n’égale point résistance de l'organisme.

Nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher de ces résultats les recherches sur la cholestérinémie publiées par Chauffard, Laroche et Grigaut dans la Semaine médicale (6 décembre 1911). Ces auteurs établissent que dans les affections aiguës la période de moindre réaction est aussi la période de moindre cholestérinémie ; moindre résistance de l'organisme et hypo-cholestérinémie marchent de pair, de mème que l'hypercholestérinémie accompagne les progrès de l'immunisation active.

A la suite des recherches que nous avons faites, les faits nous apparaissent ainsi d'une façon si nette qu'il nous est permis de dire que, dans le cours des maladies aiguës, la recherche du degré de fragilité leucocytaire est fort intéressante. Plus elle sera nelle, plus elle se fera franchement, plus le pronostic devra être favorable. Sa recherche dans la convalescence pourra également guider le clinicien. Lorsque la période d’ascension se fera

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