II. — Leucocytolyse
De nombreux auteurs, parmi lesquels nous citerons Hayem, Kikodze, Wassermann, Evrard et Demoor, Türck, Chauffard, Lœper, Achard, ont constaté que dans de nombreuses maladies aiguës il y avait augmentation du nombre de leucocytes el que celte hyperleucocytose disparaissait avec la chute de la tempé-
rature.
En même temps que cet abaissement de la leucocyltose, on à observé que les formes de leucocyles détruits augmentaient brusquement. On établit facilement qu'il existait entre ces deux phénomènes une relation de cause à eflet et l'on comprit l'intérêt qu'il y avait à juger de celte destruction de leucocytes.
Jean Maumus (Th. Paris 1906-1907) étudie la mort du noyau. Achard et Ramond établissent que chez le leucocyte vivant Île rouge neutre fait apparaitre des vacuoles qui n'existent pas chez le leucocyte mort. Mais certains auteurs, comme Tchistovitch, Benario, Niessen, s'élevèrent contre cette prétention de juger la leucocytolyse d’après les débris de leucocytes. Selon eux, ces débris ne seraient que des produits artificiels résultant des divers temps de la préparation. On répondit à ces allégations qu'à côté de formes détruites existaient des formes absoluments intactes et que, d’ailleurs, Gumprecht n'avait point constaté de destruction de cellules comprimées entre deux lamelles chargées du poids de 5, 10, 20 et même 50 grammes.
Ce dernier jugement est à retenir par nous; joint à l’expérience que nous avons acquise à ce sujet, il nous servira à prévenir certaines critiques qui ne manqueraient point d'être formulées au sujet de notre méthode de manipulation.
On ne songea point à faire subir aux leucocytes une épreuve qui servit à apprécier la résistance; on se borna à observer leur destruction spontanée à l'aide de procédés détournés: degré de coagulabilité du sang, variation des nucléo-albumines du plasma (Wright), variation de l’alcalinité du sang, et enfin Rubinato en Italie, Robin et Weil en France jugèrent de la destruction leucocytaire d’après la décharge urinaire de l'acide urique.
La théorie de l'Ecole d'AT. Schmidt est celle qui est le plus à retenir, elle est basée sur la quantité de fibrin-ferment dans le sang; celle quantité varie, en effet, avec la destruction des leucocytes.
IT. — Résistance leucocytaire
Là s'arrêlait la série des recherches sur l’état des leucocytes durant les infections. Achard est le premier à avoir essayé de
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trouver une méthode qui soit aux globules blancs ce que l’hémolyse est aux globules rouges.
À Ja suite de travaux effectués avec Lœper, Paisseau et Ramond, dans lesquels il signalait les modifications artificielles éprouvées par divers éléments sous l'influence des changements de la concentration moléculaire du milieu, il se proposa de mesurer la résistance leucocytaire.
Son premier travail sur ce sujet fut fait en collaboration avec E. Feuillié, il le communiqua à la Société de biologie le 28 décembre 1907.
Comme moyen d'épreuve il employait une solution équimoléculaire de chlorure de sodium et d’urée congelant à — 0°60. Il plaçait le sang dans cette solution pendant quarante minutes.
Sous cette influence apparaissaient des modifications du protoplasma et du noyau, ils se gonflaient et certains même disparaissaient.
Achard décrivait quatre degrés de destruction :
1° degré. — Le noyau normalement contourné se déploie.
2 degré. — Il est élargi.
3° degré. — Il forme une masse pâle de forme bizarre.
4° degré. — Il forme des débris méconnaissables, sorte de chevelu.
Il a apprécié ainsi l'influence de la température artiliciellement modiliée hors de l'organisme. Il a trouvé que la fragilité était accrue par un chauffage à 50°, le refroidissement à (?° avait la même action, mais à un degré moindre. Certaines intoxications (gaz d'éclairage, sublimé, sérum d'anguille), certains états morbides (infections par bacilles d'Eberth, tuberculose, syphilis, asystolie, iclère grave, cancer, cirrhose, néphrites) ont été jugés comme augmentant la fragilité.
Le 7 février 1908, Achard et Feuillié font, à la Société médicale des hôpitaux de Paris, une communicalion sur un cas d'hémoglobinurie paroxystique. Ils ont trouvé une fragilité leucocylaire excessive, alors que les hématies au contraire étaient résistantes
En même temps, Achard et Feuillié faisaient des recherches
sur ce qu'ils ont appelé l'activilé leucocytaire. Frappés de ce que dans la recherche des opsonines les variations dans la phagocytose dépendent pour une large part des qualités du parasite, ils apprécièrent l’activité des leucocytes vis-à-vis de corpuscules inertes. Ils employèrent, suivant leur communication du 11 janvier 4908 à la Société de biologie, de faibles quantités d'encre de Chine, qui est formée de fines particules de charbon. Depuis ce moment ils font marcher de pair l'étude la résistance leucocylaire et celle de l'activité. Dès le début ils reconnaissent qu'il n’exisle aucun parallélisme entre elles.
Le 18 janvier 1908, les mêmes auteurs donnent à la même Société les résultats d'éludes sur la résistance et l’activité leucocylaires dans les épanchements.
Ils trouvent que leur fragilité est plus grande. Dans le liquide pleural d’une congestion pulmonaire, les polynucléaires, malgré toute leur apparence d’intégrité, étaient moins résislants que ceux du sang.
Le 11 juillet de la même année, Achard, Ramond et Feuillié font une nouvelle communication.
Ils constatent que l’anesthésie par le chloroforme prolongée pendant une heure a diminué la résistance des leucocytes en même temps que leur activité,
L'asphyxie, au contraire, produit une diminution de la résistance en même temps qu'elle augmente l'activité.
A la suite de l'exposition de résultats expérimentaux sur animal, ils rapportent ce qu'ils ont observé dans un cas de lièvre typhoïde chez l'homme.
La résistance a diminué durant la période d'état pour se relever dans la convalescence. Ce résultat est à relenir, car il sera à approcher des faits que nous avons pu constater dans le même as. Il en est de même des faits qui vont suivre.
Daus un cas de pleurésie purulente et hémorragique due au slaphylocoque la résistance a diminué dans le cours de l’infec- Lion fandis que l'activité s'élevait.
Dans un cas de pneumonie, la résistance, assez forte le troisième jour, à diminué jusqu'au septième, puis s'est relevée le