Document n"* XL
290 DOGUMBKTS.
moiseUe de la Villaubran, chacun par moitié. Le tout aiàsi qu'il est plus au long mentionné par ledit testament, en suite duquel sont deux codiciles passés par devant lesdits notaires, le quatorzième féTTier ensuivant, par lequel die nomme pour exécuteur dudit testament M*" Charles Gardé, trésorier de la Chancellerie, au lieu du Bîeur ChÂteaufort, et autres explications dudit testament^ inventorié au bas de ses codiciles pour le tout Dix-huit.
Item. Un billet sous seing privé, signé De Brie, en date du dixneuf mars dernier, par lequel la soussignée confesse devoir aa feu âeur de Molière la somme de huit cent trente livres portée audit billet, inventorié. Dix-neoL
Item. Un extrait tiré des tablettes * dudit défunt, contenant plusieurs articles de ce que ledit feu sieur de Mohère a déboursé pour ses meuUes, inventorié Vingt.
Déclarant ladite veuve que, sur les mille livres dues par le sienr du Perche et sa femme, contenues en leur obligation sus-inventoriée sous la cote nx, elle en a reçu, du vivant de sondit mari, deux cents livres dont elle n'a donné quittance, et que partie des meubles qui ont été donnés en nantissement de ladite somme ne sont plus en pareil état qu'ils ont été donnés.
Plus déclare ladite damoiselle qu'il est dû par le sieur Baron, de la troupe, trente livres, ainsi qu'elle a appris.
Plus par les sieur et damoiselle de Beauval' la somme de cent dix livres.
1. Tablette, « espèce de petit livre on agenda qu'en met en poche, qui a qudque peu de feuilles de papier ou de parchemin préparé , sur lesquelles on écrit les choses dont on veut se souvenir. 9 (Furetière).
On a souvent cité ce passage de Zélinde qui fait allusion aux tablettes dont Molière avait l'habitude de se servir : « Je l'ai trouvé, dit Àrgimont, appuyé sur ma boutique, dans la posture d^un homme qui rêve. Il avoit les yeux collés sur trois ou quatre personnes de qualité qui marchandoient des dentelles; il paroissoit attentif à lenrs discours, et il semUoit par le mouvement de ses yeux , qu*il regardoit jusques au fond de leurs âmes pour y voir ce qu'elles ne disoient pas : je crois même qu'il avoit des tablettes, et qu'à la faveur de son manteau, il a écrit, sans être aperçu, ce qu'elles ont dit de plus remarquable. — Peut-être, dit Oriane, que c'étoitun crayon, et qu'il dessinoit leurs grimaces , pour les faire représenter au naturel sur son théâtre. — S'il ne les a dessinées sur ses tablettes, reprend Argtmont, je ne doute point qu'il ne les ait imprimées dans son imagination. » {ZéUnde^ comédie, ou la véritable critique de l'École des fimmes et la critique de laCritiquCf 1663, in-12, scène vi.)
2. M. Parent de Rosan a bien voulu me communiquer encore l'acte solvant trouvé par lui sur les registres de la paroisse de Saint-Germain en Laye, à la date du 15 novembre 1670 : « FYit baptisée, Jeanne-Catherine, fi9e de Jean Pitel , officier du Roi, et de Jeanne Olivier, sa femme; le parrain Jean-Baptiste Poquelin Molière, tapissier varlet [sic] de chambre ordinaire du
Par la Rad^oll» d'Aotoufl, jiardiiièrp da «fe«r 4« BMadbrt^ o«nt dix livres.
Déclare ladite damoiselle qu'il est dû, par ladite communauté et saœession dodU défunt, c% qui emsuil 2
Premièrement : An sieur Gaultiar, P9Ar9b9od> poup Ja 4ml, d#WE cent soixante livres douze sols.
Au sieur Boucher, %>ioier, ceat ({uiiao livres.
Au sieur D«but, franger, six cent soixante deux livres sept sols.
Au siauF HIs, serrurier, deux cent cinquante-qmrtfe itnvs.
A la dame de Verteuille, lingère, soixante-sept livres.
A la d« Laforest, tapissière, quarante-neuf livres xv*.
Au sieur Baraillon, tailleur, quatre-vingt-dix-neuf livres, ci. 99*.
A la dame Rouen, trente- neuf livres XV» 39*15*.
Au sieur Besnard, brodeur, irais cent quajtre-vingt-trois livres 2 s.
A un vitrier, huit livres dix sols.
Au sieur F<mtaîne, marehAnd, seixante-dix livres*
Au sieur Le Comte, viogtrtcois livre» quinze sols.
A la dame Le Roy, couturière, vingt-sept livres.
Au sieur Locre, ébéni«te, deux cent qoarante-quatre livres.
Au sieur George May, vingt-cinq livres quatre sols.
Au sieur Gamart, cent quarAnte-troia livxeis, àixrnei4 ^9k^
A la dame Lamour, quijQze livres..
A la d« de Lesclaçhe, quatre-vingt-une livres,
A l^blanchisseusç demeurant à Ajuteuil, ^euf Uvrçs,
A Mlle Marescbal , soixante-six livres.
A Monsieur et Mlle Aubry, sa wsur, cent deux livres 10 s.
Aux sieurs Frapin et Dupré, apothicaires, cent soixante-six liyres quatorze sols, d'une part, jçt vingt livres dix sols, dlautre.
Au sieur Carol, soixante-onze livres cinq sol/s^
Au sieur Juif, cent quarante livres.
Au sieur Courtois, rôtisseur, tToi^ œnt quatre-vingt-douze livres huit sols.
Sauf à régler, augmenter ou diminuer tous les arl^joles cirdessus^ attendu que ladite damoiselle n'en a que de? méimoirâÇi dont partie d'iceux ne sont arrêtés.
Déclare encore ladite damoiselle qu'il est dû audit sieur Boudet , subrogé, ce qu'il justifiera par ses mémoires.
plys : à CaUsierii^e ^t la Forest, ]les sçrvaates^ 1^ rei^ç de Ieur$ gage;i.
Koi; la marraine CaàheritM Leclere, fcaiDie d'Aadrê Vill&qaain (ne), aussi <^ficler de Sa Majesté, tous de la suke de la Cour. » On lait que Jean Piiel, sieur de Beauval, avdt ^ousé Jeanae Olivier Bourguignon et qu'il en avait eu un grand nombre d'enfants. Il était entré dans la troape de Molière dans la mtoie année 1670, quelques mois avant la date de cet acte de baptême.
A la dame Louise, perraqaière, et au sieur Legn^and, tailleur, ce qu'ils justifieront par leurs mémoires.
Ce fait, tout le contenu audit inventaire a été délaissé en la possession de ladite damoiselle veuve Molière, qui s'en est chargée pour le tout représenter à qui et quand besoin sera, et ont signé :
Arbiande Gresinde Glaire Eslisabet Bejart.
A. BOUDET
De Beaufort. Levasseur.
1673. — 26 juillet.
TRàNSPORT DB BAIL FAIT PAR LA YEUVE DE IfOUÊRE AU COMTE DE LA MARK.
Minutes de M* Durant.
Fut présente damoiselle Glaire-Armande-Grésinde Béjard, veuve de feu Jean-Baptiste Poquelin Molière, valet de chambre ordinaire du Roi, demeurant rue Saint-Honoré, paroisse Saint- Germain P^uxerrois, laquelle a cédé et transporté à haut et puissant seigneur messire Henri-Rob'^rt de la Mark, chevalier, comte de la Mark et de Bresne, maréchal des camps et armées du Roi et colonel de son régiment de Picardie, de présent à Paris, logé à Thôtel de Brissac, rue des Deux Écus, paroisse Saint-Eustache, à ce présent et acceptant, le droit de bail à loyer qui a été fait audit défunt sieur de Molière [et] à ladite damoiselle sa veuve, par le sieur René Baudellet, tailleur et valet de chambre de la Reine, des lieux mentionnés audit bail, passé par devant Routier et Pauyot, notaires au Ghâtelet de Paris, le 26 juillet 1672, et ce pour le temps qui en restera à expirer du jour Saint- Remy prochain en avant, qui sont cinq ans *, et ce aux mômes prix,
1. Le 21 mai 1679, Madeleine Dumont, veuve de René Baudellet, tailleur de la Relue, demeurant à Paris, rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache , baille à loyer à « haute et puissante dame Agnès dé Bailleul, veuve de messire Henri Foucault, chevalier, marquis de Saint-Germain Beaupré, etc., demeurant rue Neuve-Saint Honoré, paroisse Saint-Koch, les lieux qui ensuivent dépendant de la maison de ladite bailleresse, en laquelle elle est demeurante, sise en ladite rue de Richelieu » , savoir : trois caves, une salle, une cuisine et une écurie au rez-de-chaussée avec la remise de carrosse , plus cinq chambres en entresol dont trois sur la rue et deux sur l'aile, les premier et second étage de ladite maison« en toute leur étendue avec
charges, clauses et conditions portées audit bail, dont copie lui en a été présentement fournie, que ledit seigneur preneur promet entretenir et exécuter de point en point, selon sa forme et teneur; et attendu que ledit seigneur entre dès à présent èsdits lieux en* l'état qu'ils sont, il sera tenu de payer la moitié du présent quartier, qui écherra audit jour saint Remy, et après continuer de terme en terme, conformément audit bail. Ce fait en présence dudit sieur Baudellet, qui a eu le présent transport pour agréable, et consent que ledit seigneur de la Mark fasse, si bon lui semble, agrandir Técurie de ladite maison, quoi faisant il abandonnera audit sieur Baudellet le second entresol en entrant par la galerie, où il n'y a de cheminée, attenant celui qu'il occupe, le tout sans augmentation ni diminution dudit loyer, comme aussi ledit seigneur se pourra servir de la remise de carrosse de ladite maison, pour et au lieu de celle qui servira à accroître ladite écurie, sans augmentation ni toutefois déroger audit bail. Fait et passé audit hôtel de Brissac , Tan mil six cent soixante-treize, le 26^ juillet avant midi, et ont signé :
Henry Robert de la Mark.
Armande Gresinde Glaire ëslisabet Bejart.
f Ogier. Levasseur.
1673. — 16 août.
location de l'hôtel d'ARRAS par la veuve de MOLIÈRE.
Minutes de M* Durant.
Fut présent M« Glaude Butin, avocat en Parlement, demeurant rue du Battoir, paroisse Saint- André des Arcs, au nom et comme tuteur onéraire de Nicolas et Jean-Louis Grespin, etc., propriétaires de rhôtel ci-après déclaré, lequel sieur Butin, auxdits noms, confesse avoir baillé et délaissé à titre de loyer à prix d'argent, du jour saint Remy prochain venant jusques à six ans après ensuivant, finir et accomplir, etc., à damoiselle Glaire-Élisabeth-Armande-Grésinde Béjard, veuve de feu Jean-Baptiste Poquelin de Molière, vivant valet de chambre du Roi, Jean-Baptiste Aubry, sieur des Garrières, paveur ordinaire des bâtiments du Roi, et damoiselle Geneviève Béjard, sa femme, demeurant rue Saint -Honoré, paroisse Saint-Germain
le grand grenier d'icelle,» moyennant quatorze cents livres et en se réservant une place pour mettre un cheval dans récurie. {Minutes de M* Turquet.)
Ce sont bien les termes du bail passé par Molière le 26 juillet 1672 (Document n*> XLIII) et nous avons ici, la preuve que cette maison avait au moins trois fenêtres sur la rue.
S94 D0G01ISirr8.
VkaÈKfm»i à ce pféseufe^ ete*, nno maison^ sisie k Paris , rua âe S«i&e» appdée l'hôiel à' Arras, eonsiatant en âem eorp» de k^^ ea^ T0Î7 : un dans le miliev duquel dépend âeoz omsinee et xm» saUe diBB Ta ptemière eour^ el raatre corps de lo^e dans le fond et sur le derrièf e de la seeos^ eoor^ toateo les earee, ôeuries, i^emisea de oarroases, sans en ries ezetpter, ainsi qae ladite maison se ponratiit et eompottOi et cofmme en a joni oi^derant le sienr de la Raynaie; oe présent bail fait moyennask «iaoBO cents lÎTres de loyer par chaonne desdites six années que lesdits sienr et damoiselles {Hrenenrs promettent, etÊ4 Et a été accordé que lesdits siemr et damoiselles pre* nenrs feront faire nne ouverture de porte sur la montée du coips de logis de derrière y ou en tel autre lieu qui sera par eux avisé, pour avoir par eus communication au théâtre oh Ton représente mainte^ nant la comédie, dans le jeu de paume visrà-vis la rue de Gnénôgaud'y à la charge de rétablir les lieux et de les rendre enVétat qu'ils sont, en fin dndit bail ; pourront aussi lesdits preneurs faire abattre la cheminée pour la faire refaire k leurs dépens à la me derne ; sera permis auxdits sieur et damoiselles preneurs de faire dépaver en quelque endroit des cours, pour y pouvoir planter et avoir de la verdure , en rétablissant par eux, en fin des temps, le pavé désdites cours, etc. Fait et passé, etc. , Fan mil six cent soixantetreize, le seizième août, etc.
XLYIII
1674. — Î2 février.