‹ Récherches sur plusieurs points de l'astronomie egyptienne appliquees aux monumens astronomiques trouves en Egypte:Chapitre 11 sur 16 · POSITIONS · texte numérisé non relu

POSITIONS

DU SOLEIL AUX TROIS ÉPOQUES DES THOTS CANICULAIRES DE - 2782, — ‘ 322 , + ,3 9 CALCULÉES POUR LE PARALLÈLE DE DENDERAH.

Longitude du Soleil compté de l'équinoxe vrai, à l’époque du lever héliaque de Syri us .

Rétrogradation du point équinoxial vrai sur l'écliptique mobile, depuis chacune de Ces époques jusqu’à i 7 5o.

Somme, ou longitude du Soleil à chacune des trois époques, comptée de l'équinoxe vrai de 17 5o.

Dénomination de la constellation zodiacale placée à cette longitude.

En — 2782

En — 1822

En H- 1 3 q

3 S ii° 23 ' 29"

Lion.

Lion.

Lion.

our se convaincre de cette constance de dénomination, il n’y a qu’à jeter les yeux sur a j eau suivant, qui présente les longitudes des principales étoiles, des constellations du aon et t u Cancer, comptées comme les précédentes à partir de l’équinoxe vrai de 17^0.

IO

Lion.

DK DENDERA.H.

les étoiles de l’écliptique situées à ces mêmes longitudes, et ce seront celles parmi lesquelles le soleil se trouvait lors du lever héliaque de Syrius, aux trois époques assignées.

Ces explications données on comprendra sans peine le tableau ci-joint qui contient les résultats des divers calculs que nous venons d’indiquer.

On voit que les étoiles de la constellation du Lion, et celles de la constellation du Cancer se mêlent les unes parmi les autres, vers la longitude de quatre signes plus onze ou douze degrés. Mais, en deçà et au delà de cette limite commune, elles se séparent. Les longitudes moindres appartiennent à la constellation du Cancer, les plus grandes à celle du Lion. Or, la plus petite de nos trois longitudes calculées, qui est celle de l’année 4 - i3q, appartient évidemment à ces dernières : elle place donc encore le soleil dans le Lion. Ainsi il est bien certain que, pendant toute la durée embrassée par les deux périodes sothiaques antérieures à lere chrétienne, le soleil, au moment du lever héliaque de Syrius n’a point, comme M. Fourrier le suppose, successivement passé de la constellation du Lion à celle du Cancer. Il est resté constamment dans celle du Lion. Et il ne s’est pas déplacé davantage parmi les signes mobiles, comme on peut le voir par la première ligne des longitudes qui est rapportée à l’équinoxe vernal de chaque époque; car il en résulte évidemment que, pendant toute la durée des deux périodes, le soleil, au moment du

lever héliaquede Syrius en Égypte, s’est toujours trouvé dans le signe du Cancer. Ce serait donc sa permanence et non son déplacement successif, soit dans les constellations, soit dans les signes, qui devrait être représentée sur les zodiaques égyptiens , si le mode de partage des douze signes y était déterminé d’après la position du soleil à la fin de l’année héliaque, ainsi que M. Fourrier l’a supposé : et alors, au lieu de commencer par des constellations différentes, comme M. Fourrier le suppose encore, ils devraient tous commencer par la même ; car personne ne contestera que les époques qu’ils représentent tombent dans les limites de temps embrassées par les deux périodes que nous venons de calculer.

Si l’on avait quelques doutes sur l’exactitude des résultats numériques qui nous conduisent à ces conclusions, il serait très-facile de les vérifier avec une approximation suffisante, sans recommencer les calculs des trois levers héliaques, et sans recourir aux formules de la mécanique céleste pour calculer l’arc de précession correspondant à chacun d’eux. On n’aurait qu’à prendre dans Baimbridge, ou dans M. Ideler, ou dans quelqu’autre auteur, les longitudes du soleil aux instans des trois levers héliaques, longitudes qui se trouvent toujours rapportées à l’équinoxe mobile de cha' cune de ces époques, et l’on y ajouterait l’arc de précession calculé avec la valeur constante de 5 o » par année; ce qui reviendrait à négliger seule'

ment les inégalités séculaires de ce phénomène. Les nombres ainsi obtenus, différeraient très-peu de ceux que nous avons trouvés par des calculs plus précis, et ils conduiraient absolument aux mêmes conclusions.

Le mode divers de partage des signes célestes dans les zodiaques rectangulaires de Denderah et d’Esné , n’est évidemment pas un résultat que Ion puisse exiger comme une déduction, et par conséquent comme une vérification nécessaire de la construction que nous avons assignée au premier de ces monumens. Rien ne prouve, en effet , que les uns et les autres eussent la même destination, ni qu’ils dussent seulement exprimer des choses analogues; mais je signalerai cependant une relation singulière qui existe , de fait entre ce mode de partage et la direction azimuts de l’axe longitudinal des temples où les monumens sont sculptés.

Les trois temples ont leur façade extérieure tournée vers la partie boréale de l’horizon, mais leurs axes longitudinaux ne sont point dirigés suivant la ligne méridienne. Les extrémités nord de ces axes , qui aboutissent aux portiques , dévient toutes vers l’est. Pour le temple de Denderah , cette déviation est d’environ 17 degrés; à Esné G e est tle 46 ou 47 degrés pour le grand temple, t de 71 pour le petit temple situé un peu plus au nord.

Nous avons remarqué qu’à Denderah le zo-

24* SlJ11 LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

iliaque circulaire était placé de manière que la tige de lotus , sur laquelle Syrius tombe en position astronomique , se trouvait dans l’axe longitudinal du temple du côté du nord; nous avons également reconnu que le solstice d’été tombant sur un cercle horaire plus occidental de 17 degrés, se trouvait ainsi ramené sur la direction du vrai nord. Si donc, sur le monument ainsi disposé, l’on conçoit une ligne méridienne passant par son centre , cette ligne ira couper l’anneau zodiacal au nord sur le Cancer, ou plutôt sur l’emblème qui en tient la place, et au sud sur l’extrémité de la tète du Capricorne. Elle isolera ainsi du côté de l’ouest six signes et six signes du côté de l’est. La série occidentale comprendra toutes les constellations qui, à l’époque de la période diurne que le monument représente, ont traversé le méridien supérieur, et marchent vers le méridien inférieur; ce sont ceux que l’on appelle descendans. La série orientale, comprendra les six autres signes qui, au même instant, marchent vers le méridien supérieur, et que l’on appelle pour cette raison ascen dans. A la tète de la série descendante est le Lion qui va le premier traverser le méridien inférieur et rentrer dans la série orientale, à la suite du Cancer qui l’y a immédiatement précédé. De même , à la tète de la série ascendante ou orientale est le Verseau qui va passer au méridien supérieur et rentrer dans la série occidentale, à la suite du Capricorne qui la termine. Or, on peut remarque*'

que ce mode de partage des douze signes est précisément le meme que présente le zodiaque rectangulaire du portique ; la série orientale et ascendante du zodiaque circulaire répondant à la série qui entre dans le temple et qui se trouve composer la bande orientale, tandis que la série occidentale et descendante , répond à la série qui sort du temple , et qui est comprise dans la bande occidentale du zodiaque rectangulaire.

Transportons maintenant par la pensée, le zodiaque circulaire de Denderah dans le petit temple au nord d’Esné, dont la déviation orientale est de 71 0 , et plaçons-le de même à sa voûte, de façon que l’emblème de Syrius se trouve encore sur l’axe longitudinal du temple du côté du nord. Alors, si par le centre du médaillon, nous concevons, comme tout à l’heure, une ligne nord et sud, elle ne coupera plus l’anneau zodiacal aux mêmes points à cause de la direction différente du temple; mais elle le partagera encore en deux séries de six signes chacune; l’une occidentale et descendante, qui commencera par la Vierge et finira par le Verseau, l’autre ascendante et orientale, qui commencera par les boissons et finira par le Lion, dont la tête et presque tout le corps auront déjà passé au mér, dien inférieur. Or ce mode de partage se trouve encore être le même que retrace le zodiaque rectangulaire sculpté sur le portique du temple; f t, comme à Denderah, la série des signes descen-

iG.

dans marche vers le temple, la série des signes ascendans se dispose à en sortir.

Répétons enfin la même construction pour le grand temple d’Esné, dont la déviation orientale est seulement de 46°, et plaçons-y toujours l’emblème de Syrius sur l’axe longitudinal du temple du coté du nord. Dans ce cas, si 1 on conçoit, comme tout à l’heure, une ligne méridienne menée par le cercle du médaillon circulaire , ou trouvera qu’elle coupe l’anneau zodiacal du coté du nord au milieu de la poitrine du Lion, presque sur le cercle horaire de Régulus; en sorte qu’à la vérité le premier signe entièrement descendant sera encore la Vierge comme dans l’autre temple, mais cependant on ne pourra pas considérer le Lion comme complètement passé de l’autre côté du méridien : il faudra donc le figurer comme étant à moitié oriental et à moitié occidental. Vers le sud, une pareille ambiguité n’existera point, et la ligne de partage passera encore entre le Verseau et les Poissons. Or c’est encore là précisément le mode de partage qu’offre le zodiaque rectangulaire sculpté sur le portique de ce temple ; seulement, par une particularité dont on ne saurait se rendre compte* si elle est réelle, le sens général de la marche des signes est contraire à celui des deux autres zodiaques ; et la situation des bandes est aussi renversée ; celle qui se compose des signes orientaux étant à Toceident de l’autre. Il est vrai que l’on a seulement

une moitié de plafontl de ce portique qui est la partie orientale, et peut-être la connaissance de J autre donnerait-elle quelque lumière sur cette Diversion; mais, quant au mode de partage des signes,il est lié avec la déviation du temple comme dans les deux autres zodiaques rectangulaires.

Les relations que nous venons de décrire peuvent également se vérifier, et meme d’une manière encore plus intelligible, en se servant d’une sphère à pôles mobiles que l’on monte pour lepoquede 700 ans avant l’ère chrétienne, et dont on place le pôle au zénith. Car, en orientant d abord cette sphère de manière que le solstice d été se trouve au nord , si on la fait tourner ensuite autour de son axe vertical de manière à amener successivement Syrius dans les trois directions assignées aux trois axes des trois temples, on verra à chaque fois que le plan du méridien supposé fixe, coupera la sphère et les douze signes du zodiaque, conformément au mode de subdivision que les tableaux des portiques présentent.

J’ignore quel peut avoir été le motif de ces rapports ; mais c’est assez qu’ils existent pour montrer que le partage différent du zodiaque dans ces trois raonumens , n’est pas un signe de précession aussi certain, aussi caractéristique *ï u on 1 avait voulu supposer, puisque les relations précédentes, et peut-être bien d’autres encore en peuvent donner une raison suffisante. La haute antiquité que l’on attribuait aux zodiaques

246 SUll LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

d’Esné, d après la certitude que l’on accordait à ce caractère, n’en est donc plus une conséquence inévitable ; et ainsi la détermination de l’époque à laquelle ils ont été construits, ou plutôt celle des phénomènes astronomiques qu’ils représentent, se doit tirer d’ailleurs que de cette apparente nécessité.

Or, sans rien prononcer sur la nature du sujet que peuvent exprimer les zodiaques d’Esné , ce que l’on ne saurait faire que par conjecture , puisque leur construction n'offre point de rapports géométriques qui puissent décéler avec précision l’intention de leurs auteurs, nous ferons remarquer dans les emblèmes astronomiques qu’ils renferment, certaines particularités qui indiquent que l’état du ciel auquel ils se rapportent, est, ou le même, ou du moins très-peu différent de celui que représentent les zodiaques de Denderah. Le zodiaque du petit temple au nord d’Esné en offre surtout des preuvés manifestes. Car, outre le petit Harpocrate sortant d’une fleur de lotus qui s’y trouve accompagner le Bélier comme dans les monumens de Denderah , et qui semble par conséquent désigner de même la position de l’équinoxe vernal dans cette constellation, l’on peut remarquer que le médaillon des sacrifices s’y trouve , comme dans les premiers zodiaques, placé entre le Verseau et le Capricorne, par conséquent dans le même point de la période annuelle. On y voit de même, sous le Cancer,

un personnage d’une apparence supérieure aux autres, dont la tète est environnée d’étoiles, et auquel répond une légende hiéroglyphique , précisément la même que portent dans le zodiaque circulaire les personnages placés sur le cercle horaire du Cancer, et que nous avons interprétés comme désignant les diverses parties de la constellation du Navire, dilatées et séparées par la nature de la projection. Mais ici, comme dans le zodiaque rectangulaire de Denderah, cette dilatation n’a pas lieu ; et le chef de la constellation , Canopus, a pu être seul employé pour la désigner. Conformément à la même analogie, le Sagittaire du petit temple d’Esné est également figuré avec une barque sous ses pieds, emblème dont nous avons trouvé le sens dans les rapports de position qui existaient entre cette constellation et celle du Navire à l’époque représentée sur les zodiaques de Denderah. Enfin, la direction même de ce petit temple correspond exactement à l’observation du coucher de Syrius pour le même temps. Le zodiaque du grand temple d’Esné offre des indices moins nombreux de cette correspondance ; et, en général, on peut remarquer que les emblèmes astronomiques y semblent figurés et disposés avec moins d’intention ; mais on y trouve cependant un caractère saillant d’analogie dans la figure d’un homme tenant à la main une fleur de lotus et porté sur le dos du Capricorne. Car ce personnage, qui a aussi son correspon-

dant sur le zodiaque rectangulaire de Denderah , se voit de meme, et se voit porté sur le dos du Capricorne, dans le zodiaque circulaire, où, à la vérité, il tient une légende hiéroglyphique au lieu d’une fleur de lotus. Or nous avons trouvé que l’étoile marquée dans cette légende, fixe précisément le lieu astronomique du quadrilatère du Dauphin , lequel, à l’époque représentée sur le zodiaque circulaire, avait une relation de position extrêmement remarquable et importante avec le point équinoxial. Si donc une relation pareille existait aussi dans l’état du ciel que les monuraens d’Esné représentent ; si le Sagittaire étant au méridien supérieur, le Navire se trouvait sous ses pieds ; si les parties principales de cette même constellation du Navire se trouvaient sur le cercle horaire du Cancer; si les emblèmes religieux y répondaient aux mêmes temps de l’année; si enfin le Bélier s’y trouvait également désigné avec les caractères de l’équinoxe vernal; il faut incontestablement reconnaître que cet état du ciel appartient à la même époque céleste que représentent les zodiaques de Denderah, ou à une époque très-peu différente ; et cette conclusion qui concilie toutes les autres analogies de dessin, d’exécution, de lieu même, quecesmonumensrassemblent , achève de faire évanouir le prestige de cette antiquité prodigieuse dont on les avait revêtus.

DE DENDERAI1.

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