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Voilà surtout ce que je voulais établir dans cet avant-propos.
Au reste, je dois confesser que si, d’un côté, 1 on m’a attaqué pour avoir rendu le zodiaque de Denderah trop moderne, on m’a aussi attaqué d’un autre comme le faisant trop ancien. Cependant les détails de mon travail n’étaient pas plus connus de mes nouveaux adversaires qu’ils ne l’avaient été des autres; et, quant à moi, je n’avais aucune envie de rendre le zodiaque ancien ou moderne ; je voulais seulement le présenter tel qu’il est. Soutenu par la conscience de cette intention , j’ai mis pour ainsi dire mon premier travail aux prises avec la critique; j’en ai examiné de nouveau avec soin les points fondamentaux ; je les ai soumis à une discussion plus approfondie ; et j’ai ensuite examiné de meme les autorités sur lesquelles on avait fondé des explications différentes. Ceci, en généralisant la question, a naturellement étendu mes recherches au delà de leurs premières limites ; et il en est résulté l’ouvrage que le public a sous les yeux.
On y trouvera d’abord le mémoire sur le Zodiaque circulaire, qui a excité une opposition si v ivc- Il est ici tel à peu près que je l’ai lu à l’Académie des sciences et à l’Académie des inscriptions. Cependant les attaques hâtives dont il a été
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l’objet, m’ont fourni comme je l’ai dit, l’occasion d’y faire plusieurs améliorations de détail qui lui donnent encore plus de force. Par exemple, en cherchant à reconnaître sur le monument quelques indications d’étoiles qui fussent marquées dans leur vraie position astronomique, ce qui est réellement l’idée mere de tout mon travail, je n avais pas fait assez valoir les raisons que l’on pouvait tirer de la manière dont les Egyptiens écrivaient en hiéroglyphes les noms propres d’individus. Car, bien que cette manière m’eût été indiquée par M. de St-Martin, et que j’en eusse compris toute l’importance, je n’avais pas osé insister beaucoup sur cette considération, redoutant toujours qu elle ne fût contestable. Mais, puisque c’est aujourd hui un point sur lequel tous les critiques se sont accordés, et qu’ils ont fait valoir contre moi comme une ehose certaine, j’ai pensé que je pouvais en toute sécurité m’en servir à mon avantage, et montrer que l’on ne pouvait rien dire de plus fort en faveur des premières inductions sur lesquelles je m’étais appuyé.
Ai-je toutefois la prétention de présenter l’interprétation que j’ai proposée du Zodiaque de Denderah comme absolument et mathématiquement indubitable? Non, et je suis bien aise de pouvoir ici m’expliquer sur ce point avec la sincé-
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rité la plus entière. Je ne la présente pas comme indubitable, parce que les figures que l’on peut reconnaître avec certitude pour astronomiques dans le monument, s’y trouvant mêlées avec d’autres dont la signification nous est inconnue, et sur lesquelles aucune projection exacte du ciel ne peut amener d’étoiles qui justifient leur configuration et leur présence ; il s’ensuit que la distinction qu’il faut faire de ces deux classes d’emblèmes, entraîne nécessairement quelque indétermination , et exclut la parfaite certitude que l’on obtiendrait si la coïncidence du ciel avec les figures du monument pouvait être générale et complète. Mais, après avoir fait au doute philosophique cette juste part, qu’il faut toujours lui réserver dans toute recherche scientifique où l’on veut réellement la vérité, je ne crains pas d’avancer que l’interprétation dont il s’agit est non-seulement la plus vraisemblable, mais la seule que l’on puisse géométriquement déduire du monument, lorsqu’on veut faire accorder le mieux possible avec le ciel les figures reconnaissables de constellations qui y sont tracées. Alors l’époque céleste qu’il représente, se trouve être celle d’environ 7°° ans avant l’ère chrétienne, ce qui n’empêche pas que sa construction ne puisse être d’une date fort postérieure. Les données que l’on peut tirer
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des positions d’étoiles ne permettent pas d’éviter sur l’époque précédente, une indétermination d’une cinquantaine d’années. On atteindrait une précision beaucoup plus grande si l’on parvenait à reconnaître sur le monument des indications de planètes, ou de la lune, placées en position absolue ; mais c’est ce que je n’ai pas cherché à faire, n ayant pas assez de connaissances des signes hiéroglyphiques pour m’y hasarder, et je me suis borné à considérer les constellations. Si l’on demande d ailleurs quelle pouvait être la destination du monument, le motif qui l’avait fait ériger, et qui 1 avait fait rapporter à l’époque à laquelle les calculs nous conduisent, je ne puis offrir à cet egard que des conjectures, et j’ai rapporté celles qui in ont paru les plus vraisemblables. Car la solution rigoureuse de ces questions doit se dériver des considérations archéologiques, et non pas cl une simple restitution astronomique qui, par sa nature, ne peut donner qu’une date céleste, sans faire connaître la raison pour laquelle cette date a été spécialement choisie. C’est aussi à la détermination, mais à la détermination précise et géométrique, de cette date, que se bornent toutes mes prétentions.
A la suite de ces recherches sur le Zodiaque circulaire, j’ai placé un examen des trois zodia-
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ques rectangulaires sculptés au plafond des portiques des temples à Denderali et à Latopolis. Je discute les analogies de ces monumens avec le Zodiaque circulaire ; je fais remarquer les rapports de disposition, de forme, qui existent entre les figures emblématiques qui les composent. Enfin, considérant le . mode divers suivant lequel les douze signes du zodiaque sont séparés, sur chacun d’eux, en séries de six signes, je montre qu’il se trouve en rapport avec la déviation des temples relativement à la ligne méridienne ; de façon qu’on peut le prédire pour les trois édifices lorsque leur déviation est donnée, et réciproquement. De là il résulte que ce mode de subdivision n’est nullement l’expression nécessaire et certaine d’une position différente des équinoxes parmi les constellations de l’écliptique, comme M. Fourier 1 admet dans son système (i), puisqu’on peut l’interpréter , et même le déterminer, sans avoir aucun égard à ce déplacement. La considération qui semblait mettre entre ces monumens un intervalle nécessaire de vingt siècles, se trouvant ainsi exclue, les analogies qui les rapprochent se présentent avec toute leur force, et rendent très-
(i) Recherches sur les sciences ^et le gouvernement de l’Égypte.
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vraisemblable que, s’ils ont une application astronomique, ce que le défaut de liaison géométrique de leurs parties ne permet pas d’affirmer avec une entière certitude, ils se rapportent à un état du ciel analogue à celui du Zodiaque circulaire, c’est-à-dire, peu éloigné de 700 ans avant l’ère chrétienne ; d’où l’on ne doit pas néanmoins conclure qu ils ont du être nécessairement construits à cette époque même, mais seulement qu’ils n’ont pas dû 1 être à des époques antérieures à celle-là.
S il était vrai, comme M. Fourier le suppose, que ces monumens remontassent à une antiquité de quarante siècles, et s’il était certain que l’inégale division des signes du zodiaque qui s’y trouve tracée, exprime la situation différente des équinoxes lors de leur construction, ils attesteraient que les Egyptiens possédaient aux mêmes époques, c’est-à-dire, dans des temps très-reculés, une astronomie déjà fort savante. L’état plus ou moins avancé de cette astronomie n’est donc pas un élément étranger à l’interprétation des monumens, et aussi M. Fourier s’en est appuyé pour leur donner la haute antiquité qu’il leur suppose. En conséquence, j’ai voulu déterminer d’après les faits, c’est-à-dire, d’après les documens littéraires qui nous restent, quelle idée on devait se former de l’ancienne astronomie égyp-